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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 13:44

L'éternité nous précède, l'éternité nous suit. Nous ne reviendrons vivre ni dans un million, ni dans un milliard, ni dans un milliard de milliard d'années sur terre ou dans les cieux. Nous ne sommes qu'une partie infime de l'Univers, notre vie est extrêmement courte, et n'a pas plus d'importance que celle du moucheron, et pourtant nous souffrons beaucoup plus. Nous gesticulons pour tenir. Cela nous paraît absurde, insensé, une vie si courte, perdue et tellement dure que nous nous rassurons avec le suicide, l'envisageons comme une possibilité, une issue, nous fortifiant et nous y préparant avec la lecture des Stoïciens. Mais se tuer n'est en fait pas chose aisée, pas naturelle, et l'instinct de vie s'y oppose. La vie humaine n'est rien dans l'espace et le temps, elle est source d'innombrables tourments et malgré cela, la conscience qu'elle a d'elle-même lui rend l'évasion volontaire de cette prison pratiquement impossible, car la mort est terrifiante, non la mort elle-même mais ce qu'elle signifie, la fin de la vie, la fin des possibles, des aventures, des jouissances et rencontres.

La nature a sans doute mal dosé les composants humains, en nous donnant tout ce qu'il faut pour souffrir, et la conscience de la vie qui nous empêche de nous en délivrer quant tout n'y est en nous que chaos et cauchemar.

Alors, nous pourrions nous relever et méditer, lutter, mais arrive un moment où tout nous semble vain, et si, vraiment, le suicide est trop dur, et tout cela n'a aucun sens, alors s'évader dans les Paradis artificiels, drogue, alcool, peut paraître la seule alternative, et ces substances ne sont-elles pas là pour ça, le remède naturel aux spécificités de la condition humaine, ce qui explique que l'homme y retourne malgré ses effets destructeurs, ce que ne font pas les animaux puisqu'ils n'ont pas besoin de le faire?

Alors, certes, il y a des effets secondaires, un délabrement, mais si vraiment rien n'a de sens, que tous nos efforts sont vains, et que se tuer est trop difficile parce qu'il reste encore un espoir, une force de vie, un instinct nous empêchant de partir mais nous bloquant dans la souffrance, alors les drogues, allégeant la souffrance, au moins provisoirement, sont la solution, car pourquoi, par souci moral, ne pas se servir de ce qui permet d'alléger son chaos?

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Published by FRED V
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