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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 13:48

« Le génie n’est pas un don mais l’issue qu’on s’invente dans les cas désespérés, ou le désespoir surmonté à force de rigueur » Sartre


Que m’arrive-t-il ? C’est un début extrêmement banal. Je suis malade, encore. Je redoutais le pire, le pire n’est pas venu, pas encore. Mais encore une fois, je suis exclu. Ou plutôt je me suis exclu. Mais, je ne me force pas, jamais pour ça, cela m’est hélas naturel. Hélas, car je ne progresse pas réellement. Et j’ai soif de grâce. Le documentaire sur Kinski m’a influencé, peut-être trop, peut-être pas assez. Trop car je prends des risques et suis antipathique. De plus, ce n’est pas forcément une bonne influence. Pas assez car je reste dans les limites et n’ai pas franchi suffisamment un cap pour être libre, affranchi des contraintes qui m’empêchaient, et m’empêchent d’agir. Cette famille est étonnante, ou plutôt sans doute commune, mais étrange pour un homme qui émane d’une famille de fous (si extravagante que la mienne). Deux locataires sont avec moi, assez sympathiques bien que mon caractère spécial les dérange, mais cela est habituel avec moi. Les gens fuient à mon contact, toujours. Je m’inquiète et m’interroge : Comment la masse des hommes qui constitue chaque pays, comment ne la surveille-t-on pas davantage, pourquoi ne l’enchaîne-t-on pas, ou alors, humaniste, pourquoi ne la forme-t-on pas ? Je ne sais, mais le constat de l’idiotie et de la bassesse des gens m’exaspère chaque jour davantage. Ils ne pensent qu’à faire de l’argent, à vivre le plus longtemps possible, et n’ont aucune pensée personnelle. Ici, je suis seul contre tous. Seul à penser que la démocratie est un rêve est inapplicable, seul à déplorer l’ascendance qu’ont prises sur nous les nouvelles technologies, seul à préférer la lecture aux écrans, seul à me considérer comme une simple amélioration des animaux, restant tout de même un animal, régi et contrôlé par mes instincts, moi qui le suis peut-être le moins. Un homme des plus stupides, sans doute un ingénieur qui aime l’informatique, souriait d’une façon grotesque et pleine de suffisance, ridiculement béat d’admiration, l’air de l’approuver, devant un sale démagogue américain, à lui seul méritant l’appellation si représentative de son pays : « Le grand Satan », et qui nous conviait à approuver l’idée d’une toute puissance des savants dans leurs entreprises sans qu’ils en réfèrent (aient besoin d’en référer) aux politiques. Un conservateur, ouh ! le vilain conservateur, n’était pas de cet avis, il pensait que nous devrions laisser aux politiques, détenteurs de l’éthique (à priori seulement), le droit d’imposer aux savants des interdictions, des limites. Evidemment, si les savants pouvaient être moins bêtes ! S’ils pouvaient être des littéraires par exemple, mais tout le monde sait bien que c’est impossible, sauf eux et leurs admirateurs bien entendu. Ainsi, il n’y a pas, plus, en fait jamais eu de pensées personnelles, cohérentes, présentes chez les représentants du peuple. Mon rêve : une majorité d’hommes qui cultivent si bien leurs profondeurs réflexives que sans le chercher, sans jouer du sophisme, ils puissent se justifier en tout, sur tout, et cela sans difficulté mais de façon réellement efficace, et s’ils ont à un moment des failles, failles qu’en réalité ils auront forcément sur au moins un point, car autrement, c’est qu’ils auraient atteint le niveau maximum, qu’ils puissent clairement définir pourquoi leur système (qu’ils n’auraient pas inventé pour parfaire leurs perceptions du monde, mais qui serait une suite logique, un simple constat, de leurs recherches, une suite de révélations qu’ils auraient transcrites) fait défaut.
Une obsession : suis-je un génie ? J’en suis à ce point de solitude que cette idée seule me fait vivre. Et parfois, je n’en doute pas, la lecture de mes propres textes et les intuitions nombreuses, communes sans doute dans le fond mais qui me sont propres dans la forme, me confirme dans cette haute idée de mon talent, et donc je suis rassuré quant à l’avenir, puisque je sais que mon rôle n’est pas vécu, enfin je le pense, et il me semble que lorsque j’aurai accompli ce pour quoi je suis né, je le saurai, et pourrai partir, tranquille et apaisé. Mais si cette confiance, cet espoir, en un avenir prometteur de conquêtes grandioses, ne m’est plus sûr, simplement, s’il cesse de m’être inhérent, comme quasi collé à moi-même, alors, je sombre dans des abîmes d’incertitudes et d’angoisses et j’aime alors, plaisir narcissique, mais nécessaire et vital, plonger en mes textes et me nourrir de leurs puissances, de leurs originalités, de leurs incontestables grandeurs et de la supériorité qu’ils me confèrent. Seulement, la plupart du temps, si cela m’aide à survivre, je n’en suis pas rendu fort et sûr pour autant, surtout quand de multiples et très sournois démons, prenant la forme d’obsessions cruelles, de lancinantes questions, d’idées n’existant qu’en moi, de souvenirs pernicieux et effrayants, paralysants, se montrent simplement, puis peu à peu prennent de l’ampleur et vont jusqu’à me submerger et me dominer, m’anéantir. Ainsi, il me faut croire à mon génie, et j’y crois quand j’écris, alors j’écris, puisque je ne peux plus véritablement m’en passer. Mais pourquoi suis-je toujours balancé entre deux extrêmes, le dépit le plus absolu ou l’assurance la plus ferme, toujours ? Un psychiatre dirait que je suis un grand cyclothimique , c’est vrai, mais tous les génies, tous les grands personnages ne le sont-ils pas ? Et si j’ai peur de devenir un homme commun, ou de l’être, est-ce qu’un homme commun, ou inférieur, est obsédé par son génie ou par son incertitude quant à sont génie ? Non, je ne pense pas. Un fou peut-ête, mais un homme fou, quel qu’il soit, n’est pas un homme commun, ordinaire. Ainsi, de toutes les façons, je ne suis pas un homme ordinaire. Suis-je retombé d’une euphorie particulièrement longue et intense ? C’est possible ; cependant il est vrai que ne rencontrer aucun être humain partageant avec moi des émotions et des goûts communs, ne peut que davantage me conforter dans un isolement toujours plus redoutable et plus à craindre. Aussi, fort, quand je croyais en un avenir, je parlais et m’exprimais librement, sans me soucier d’un acquiescement possible de la part de mes camarades ; seul contre tous, je n’en riais pas moins. Maintenant, faible et désespéré, je me tais ; à peine je tente quelques brèves objections, mais je n’écoute même plus, torturé par de coriaces et perpétuelles questions, obnubilé par toutes sortes de démons, rendu incapable de la moindre concentration. Cela devrait au moins me rassurer sur mes capacités d’imagination, de réflexions, mais celles-ci se nuisent énormément à elles-mêmes car elles apportent le doute sur ce qu’elles sont en train de faire, bref, le doute sur tout, mais non réellement dirigé, plutôt imposé, et donc incontrôlable ; enfin c’est la folie, mes chers amis, dont il s’agit. Et toujours les mêmes questions : si un chien se fait contrôler par ses yeux qui se font contrôler par son physique, pourquoi moi, j’échapperai à cette loi naturelle qu’est le contrôle du caractère par des dispositions physiques déterminant et maîtrisant totalement le faible esprit de tout être vivant ? Je me pose la question ; et quand je vois un chien aux yeux tristes, je me dis qu’il est triste, et quand on me dit qu’il ne l’est pas, car il appartient à une race aux yeux tristes, mais que malgré cela, il est gai, moi je dis qu’il est triste et par extension, que tous les êtres vivants n’ont pas les yeux tristes parce qu’eux sont tristes mais qu’ils sont tristes à cause de la tristesse de leurs yeux leur imposant d’être triste. Aussi, un chien aux yeux tristes, s’il est condamné à rester malheureux toute sa vie, au moins ne se rend-il pas compte de la vraie raison, mais si un homme prend conscience de cette raison, alors, c’est une fatalité, car à la place du paysage, toujours, il ne peut voir que ses propres yeux, et que contempler la forte mélancolie, impuissante, fragile, et incapable, de son âme soumise aux aléas de l’expression de ses yeux, mais pas de leur bon vouloir car eux aussi obéissent et suivent les injonctions du corps dans lequel ils sont placés, qui lui se contente d’être, soumis seulement, et c’est déjà beaucoup, à ses propres caractéristiques.


Moi ce que je veux, c’est une femme, car j’aime les femmes, et j’aime la femme, car je doute quant à l’apport que me ferait une amitié, et surtout d’avoir l’inestimable bonheur de rencontrer un homme aux mêmes aspirations, aux mêmes affinités, disposant d’une puissance dialectique équivalente et suffisante pour pouvoir me suivre, et si cela était, ce qui n’a pour l’instant jamais été, ce serait comme un miracle, et un miracle plus extraordinaire si rencontrant un tel homme, nous parvenions à nous entendre sans nous entre-dévorer. Aussi, j’ignore volontairement, pour l’instant, les délicieuses entrevues que me confèrerait la présence, et l’appui, le soutien d’un véritable ami. Mis à part la grâce, qui reste la bienvenue, et dont je ne refuserai pas les bienfaits si elle daignait fondre sur moi, grâce m’apparaissant hélas, de plus en plus inaccessible, et dont l’existence elle-même m’est maintenant incertaine, je jugeais la rédemption possible grâce à l’homme dont j’ai toujours rêvé, comme étant celui qui pouvait, allait me sauver, le sage dans toute la grandeur que le terme comprend, l’homme-Dieu, l’homme divin, Socrate, Jésus, Bouddha, Ueshiba, Nocquet, ces hommes dont j’ai cru comprendre l’enseignement, dont j’ai eu l’extrême naïveté de croire qu’à travers les âges, ils allaient me parler et m’expliquer ce qui doit être entendu et expliqué, directement, ou par un lointain disciple, ces sages, dis-je, dont j’ai eu l’audace, peut-être l’inconvenance, de m’en croire l’héritier, eh bien soit j’ai outrepassé mes droits envers eux de manière virant au sacrilège car je me suis proclamé l’élu, certes extérieurement, mais aussi beaucoup plus souvent, intérieurement, et c’est tout aussi mauvais, soit j’ai dépassé ces hommes dans la profondeur d’une théologie jusqu’où nul autre n’est parvenu (je sais ; tous ont déjà dit ça). Cependant, sans chercher la modestie, car ce n’est pas mon fort, je préférerais mon importance moindre que je le croyais, plutôt que d’avoir dépassé tous ces sages, car sinon, la situation serait vraiment dramatique ; et je crois qu’elle l’est.


Ainsi, je veux une femme, et je sais que je n’en aurai pas, car la nature ne le veut pas. La garce ne le désire pas. Car, certainement, avec une femme, je serais heureux, et alors, fini, adieu l’introspection, les recherches sur la nature de la pensée, sur toutes les natures, sur la nature de la nature, qui pourtant me dirige, et dont je suis la victime la plus tordue et une des plus tristes. Et la nature, je ne pense pas qu’elle soit juste, la nature, et sur la balance des maux et plaisirs, de la joie et des heurts, l’équilibre existe, certes, mais pas de la bonne façon. Chez l’homme par exemple, l’équilibre se fait à la mesure d’une race entière et non d’un homme unique, c’est là le problème ; deux hommes assez heureux d’une part, deux hommes assez malheureux d’autre part, un homme extrêmement joyeux puis un homme extrêmement triste, voilà l’équilibre, et on ne demandera pas de quel côté je suis ! Aussi je suis triste, terriblement. Seul, toujours seul, je me lamente et insiste sur ma solitude si tragique pour moi qui peut-être ne voit pas assez ce qu’elle m’apporte, dans tous mes textes. Aussi j’implore, cela ne sert à rien, je crie, j’essaie de crier, cela ne sert à rien, je pleure, cela ne sert à rien. Et le temps passe, lui, inexorable, et il n’a pas pitié. Et un jour viendra où mon cerveau débile ne pourra plus aligner toutes ces belles idées, où l’âge ingrat m’infantilisera, me ridiculisera, où je serai la proie de la bêtise et des moqueries les plus abjectes, et je ne pourrai rien, et j’y serai impuissant, et je ne saurai me défendre et les Dieux ne s’occuperont plus de moi et la vie terrestre continuera sans moi, et les hommes idiots et ingrats me survivront et je n’aurai rien changé des désolantes capacités qui règnent ici sur la Terre, et ça j’aurais voulu le faire, et ça je voudrais le faire, changer, améliorer les hommes en vue du bonheur de tous les êtres et du rayonnement visible de l’Intelligence, présente en tous les cœurs, et mes deux œuvres, mes deux écrits, mes projets autobiographiques et universels, la nature-Dieu me laissera-t-elle le temps pour les réaliser ? Et mes idées politiques, sociales, promotionnelles de grands desseins, je crois providentiels, aurai-je la force, le courage, l’audace et l’ardeur, les moyens suffisants pour les créer, les imposer et d’une certaine façon les enfanter ? Mais le contact avec la normalité me fait toujours prendre conscience, et davantage encore, de mon génie exceptionnel, de mon incomparable talent, du fait que, décidément, je suis le plus grand, tellement que ma vie est un combat incessant et terrible avec les obscurs servants de la folie, dont je sors toujours et vainqueur et meurtri, mais pour une fin qui sera triomphale, et elle sera de ne plus me poser de questions. Enfin, j’aurai trouvé l’apaisement, le calme, le silence, la sérénité, j’aurai agi, je serai « rassasié d’esprit, de cœur, d’âme et de chair », et je pourrai partir, enfin heureux, bien entouré, serein, vers un monde dont la reconnaissance pour moi sera sans bornes, (d’abord parce qu’il n’en connaît pas), ensuite parce que je lui aurai tout donné.


Ps : Je crie, je chante plus que je ne crie, mon amour des femmes comme le fou dans « Amarcord » de Fellini, car tout le monde y a droit, le fou aussi, et moi aussi.


Un ami, je n’en trouverai pas, une femme ne m’apporterait rien et ne me sauverait pas, elle ne suffirait à calmer mes angoisses, et les sages n’existent pas.


Aujourd’hui, un reportage horrible sur les progrès de la médecine, perçu de cette façon par moi seul, m’a été imposé à voir sur un écran. Je savais déjà qu’on pouvait et qu’on avait cloné des animaux mais je ne savais pas qu’on avait déjà réalisé des fusions entre animaux différents, par exemple entre chèvres et moutons, des êtres hybrides et monstrueux ont déjà été crée, et personne en France n’en sait encore rien. Car les Français, les Européens, tous les hommes qui ne sont pas américains pourraient mal réagir. Mais quand ces informations leur parviendront, il sera trop tard, la réaction ne sera plus possible, car elle sera impuissante et trop faible, ses tenants seront trop éparpillés pour assure la victoire de l’Intelligence. Mais il y a pire, j’ai vu ce matin les Français ne pas s’indigner devant une démonstration de la bêtise scientifique dans sa pleine magnificence ; une information nous venant droit des Etats-Unis nous montrait des expériences sur les singes, hélas courantes, où on découpait leurs têtes et où on les greffait sur des corps de congénères. Et pourquoi ? Pour appliquer cette opération aux humains au cas où un homme serait par exemple paralysée, afin de lui redonner les moyens de bouger. Mais a-t-on pensé qu’un homme et son corps sont indissociables et qu’un homme qui aime son corps le préférerait mort qu’en récupérer un vivant, mais ne lui appartenant pas ? Et l’amour ? Imaginez la femme que vous aimez, imaginez qu’en changeant de corps, elle change de forme, mais de peau aussi, et d’odeur, et d’énergie même, comment un tel changement n’influerait-il pas sur son mental, sur son caractère, sur ce qu’elle est ? Les scientifiques nous attèrent car ils veulent tuer l’amour, avec leurs expériences inutiles et dérisoires, capables seulement de supprimer tout ce qui était bon en nous, ou s’ils n’en sont pas conscients, ils le tuent en tout cas, et ils changent l’ordre du monde, pourquoi ? Ils n’amènent que du mal, ne font que des erreurs. Je hais les scientifiques. Les littéraires n’aiment que les femmes et ils ont raison car elles suffisent à remplir une vie, et à l’occuper de la meilleure manière. Les littéraires n’ont pas besoin de créer de nouvelles technologies, un livre (non essentiel), une femme (essentielle), cinq sens et un sexe suffisent à leurs esprits, ils savent jouir comme il faut et se contenteraient volontiers de respirer un air pur si les scientifiques ne l’avaient pas pourri.


J’ai presque fini, je crois, mes recherches. Il me manque la connaissance de l’exacte relation entre l’homme, la nature et Dieu. Quand je saurai quelle est la place de chacun et comme il doit en être, alors j’aurai trouvé et je serai guéri. Je pense sincèrement que l’eldorado spirituel est accessible mais l’est il pour moi ? Je ne sais, et je ne sais si la nature me laissera l’atteindre. Peut-être mon destin est-il d’endurer toutes sortes de souffrances, de n’être jamais heureux en cette vie et d’accroître le bonheur des autres, d’améliorer leurs forces (de me sacrifier, en somme). Mais cette perspective, je ne l’accepte pas car il me semble qu’il est peut-être vain mais normal que je sois moi aussi aspiré vers cette idée de la joie et que j’y ai droit.
Pourquoi cela ne va pas ? A cause d’un manque de sérieux dans la préparation de mon départ, d’un lever tardif, d’un pull nouvellement acheté que j’ai oublié, de clés que je ne trouve pas, de pensées martiales que j’ai dans la tête que j’aimerais chasser, de Hawk qui ne m’a pas dit au revoir, sans doute tout cela en même temps, ces raisons qui se confondent ne font qu’ajouter à mon désarroi constitutif, qu’hier, j’avais pourtant réussi à sublimer par de grandes promesses de libération et d’avenir extraordinaire, de conquêtes morales et spirituelles. Enfin, je rentre à la maison !


J’ai compris que le génie, ayant été choisi par la nature qui a des desseins sur tous, mais promet un rôle plus appuyé pour certains d’entre nous, ne pouvait périr ou perdre un organe essentiel à son art avant de l’avoir exprimé. Car le génie a peur d’une chose avant tout, peur de ne pouvoir réaliser son œuvre avant qu’un accident fatal le prenne ou l’estropie gravement, l’empêchant (étant aveugle, paralysé, ou déficient mentalement par exemple, la pire chose qui puisse lui arriver et qu’il craint le plus terriblement est bien sûr la perte de ses facultés intellectuelles et morales), l’empêchant donc de créer et de sortir de lui-même ce qui d’ailleurs n’aura peut-être alors plus de raison d’être sortie, sa force actuelle et son condensé d’émotions, de sensations, de science et de sagesse. Qu’il se rassure ! car la nature ne pourvoit rien en vain. Qu’il ne craigne pas pour sa vie ; quant à ses organes, à ses sens, qu’il soit persuadé qu’ils ne l’affecteront pas d’une manière irréversible, essentielle, l’empêchant d’exprimer son énorme talent. Même si sa vue baisse, elle ne s’éteindra pas, et si elle s’éteint c’est alors qu’elle ne lui est pas indispensable, ou reviendra en temps voulu ; même s’il est paralysé, il pourra toujours bouger un bras, ou alors il parlera, clignera des paupières ou encore exhalera un parfum si puissant que tous comprendront et tous sauront quel devoir et quelle voie sont les leur.


Mon Dieu, je ne comprends pas. Quel espoir pour moi et les hommes ? Car il y a chez les hommes, comme chez les animaux, des nobles et des rustres, et un homme au physique abject ne peut avoir une attitude digne, un moral digne, car ces gestes ne le seront (sont) pas et ne pourront (peuvent) pas l’être. Un nain par exemple, sera toujours ridicule, quoi qu’il fasse, ses caractéristiques physiques l’y obligeant. De même, un porc sera toujours risible et grotesque, on ne pourra, sauf plaisanterie, le nommer « seigneur ». Au contraire, un tigre, sans efforts, sera un seigneur, naturellement. Ainsi, puisque nous avons vu que les dispositions physiques de base étaient tout, dirigeaient tout, et conditionnaient tout, quel espoir pour l’homme ? Car au mieux, on peut approfondir, puis finir par accepter ces problèmes de base, mais simplement si on est noble, et si on ne l’est pas ? Et comment savoir si on l’est, (ou non) ? N’est pas chevalier qui veut !
En effet, même si un non noble peut comprendre, et ce n’est pas sûr qu’il le puisse, les rapports qu’il doit entretenir avec la nature et que celle-ci lui assigne, il ne peut les accepter car il verra clairement quelle place il occupe : une irrecevable place inférieure. Aussi, quelle indignation ! Et c’est pour cela que je dis qu’il ne peut peut-être pas s’en rendre compte, car si cela était, il s’offusquerait d’une façon qui serait certainement néfaste aux lois naturelles, qui cherchent la conservation des espèces. Ainsi un homme qui se ferait une obsession d’un sentiment d’infériorité serait obligatoirement supérieur (un noble).


Le sens su sacré est énergie. Plus un homme a d’énergie, plus il prend conscience de sa force et de sa supériorité, et plus il a peur de la perdre. Aussi, il veut la fixer, la saisir, pour l’immortaliser. Et il n’y a que le sens du sacré, lui permettant d’espérer, de se rassurer, sur la sauvegarde de sa propre force. Aussi tous les grands artistes ne sont préoccupés que d’élevation, de mystique, et de transcendance. Le surnaturel est le point commun qui réunit tous les grands hommes et qui prend sa source dans une énergie hors normes, exceptionnelle. Ainsi, que ce soient des artistes véritables qui par une culpabilité accrue les empêchant d’agir vont créer et tenter de s’assurer l’expérience de l’éternité indirectement, que ce soit les grands conquérants qui vont agir, moins gênés par les démons de leurs consciences, pour gagner l’immortalité, mais eux aussi de façon indirecte car cette postérité qu’ils recherchent est toujours incertaine et quelque part futile et vaine, ou que ce soit les mystiques, qui eux tentent l’action directe car ils veulent se sentir et atteindre l’éternité dans le présent, et donc représentent une voie supérieure en apparence, tous ont une soif d’absolu commandée par la nécessité de conserver leur énergie qui leur apparaît et qui est si supérieure à celle des autres, et qu’ils ne peuvent que souhaiter sauvegarder au départ, comme tout homme, puis la souffrance aidant, entraînée par le mépris et l’incompréhension du reste de l’humanité, tombant amoureux d’eux-mêmes, le désir de la sauvegarde de leur énergie leur devient permanent et obsessionnel.
Si les conquérants qui se rendent comptent de la friabilité et du ridicule de leurs desseins, car la postérité n’est jamais assurée, et aux yeux d’un mort elle n’existe pas, et si les artistes qui agissent moins ou différemment et pensent davantage, car les idées sont le matériau de leurs avènements, et non les combats ou la politique, si ces artistes sont davantage obsédés par l’idée de la futilité de leurs œuvres, et de leurs actes, alors on comprendra que la mystique est la voie royale, la seule permettant l’apaisement car la seule permettant le recul, la distanciation et le détachement à sa propre énergie. Et on comprendra pourquoi l’artiste, plus faible, plus fragile que le conquérant, sera davantage inspiré par le dévouement et la vie religieuse. Mais, cependant, une objection importante est à faire et d’ailleurs immensément considérable, primordiale : si la mystique semble être la voie la plus élevée, seule capable de répondre aux besoins d’une âme ardente, en la rassurant sur tous les points, c’est aussi celle dont les pratiques et les fins sont les moins sûres car elle repose, en tout pays, sur des postulats pratiques qui semblent obstacles insurmontables aux hommes épris de religions mais à l’intelligence vive et hélas trop pointue (car douloureuse). Et puisque tout part de l’énergie, qu’un homme disposant d’une énergie dévorante meurt d’amour pour Dieu, qu’un homme à énergie moindre est moins attiré par Dieu, et qu’un homme sans énergie, une loque, n’est plus du tout attiré (ne ressent plus rien pour…) par Dieu, alors, la mystique, l’envie de Dieu, et donc le besoin de Dieu reposant sur l’énergie reposant elle-même sur de simples conditions et caractéristiques (caractères) physiologiques paraît être une simple science, et des moins probables, très limitée et se résumant finalement à peu de choses. Est-ce le cas ? Et est-ce que malgré toutes ces considérations, l’éveil et la libération intérieure gardent un possible, une signification, un sens, peuvent prétendre encore à l’espérance ? Je ne sais, mais bien sûr, je la saurai (je trouverai).


Hier, une obsession s’est mêlée à un terrible mal de crâne, qui m’a terrassé et m’a donné à ressasser une de mes idées les plus noires : la fatale attaque cérébrale, celle qui te laisse pantelant et bête, qui fait de toi un autre, qui te rend incapable, différent, étranger à toi-même, sans mémoire. Et je voyais défiler les hommes et les femmes que j’aime et j’admire et je les imaginais, tout changé, incapables de pensées cohérentes, véritables pantins ridicules et j’avais pitié d’eux et j’anticipais sur mon cas qui pourrait leur être semblable et intervenir à tout moment. et je me disais : mais quel est finalement le but de la recherche et ses bases sont-elles valides si celles-ci peuvent être anéanties en un instant, si la progression peut de façon irrémédiable cesser, si les plus grands ne sont pas à l’abri, protégés ? Et je pensais alors que de toute façon l’on finissait tous par perdre toutes nos facultés un jour, et que cela était tout aussi effrayant. Et puis, je me disais que la mort était autre chose, non une régression mais un passage (d’un état à un autre), cela pour ne plus en avoir peur. Mais finalement, le démon de la vérité y faisait obstacle en me faisant comprendre que c’était le passage d’une vie pleine et aboutie à un degré zéro, la régression absolue, le néant dans toute son effroyable terreur, le vide, le rien, l’absence de vie et d’énergie, la perte de tout ce qui nous constitue, de tout ce qui nous est propre, de tout ce qui nous est cher. Et moi, forcé d’approuver, je me lamentais, et d’ardent défenseur des fondements de l’humanité, j’étais invité, pressé, et finalement obligé de me faire l’apôtre des sciences nouvelles que j’avais toujours combattu. Et je me rendais compte que les théories communes de toutes les religion et de toutes les sagesses en ce qu’elles ont de meilleures, quand elles préconisent d’apprendre à mourir pour apprendre à vivre, c’était un leurre, une tromperie, une illusion que se donnaient les homme pour croire l’issue possible, car en effet lorsqu’on perd la peur de la mort pour bien vivre, c’est donc pour vivre qu’on entreprend la démarche de vaincre la mort, mais cela ne résout pas le problème de la mort elle-même, car quand elle arrive, finalement, fort ou faible, rassasié ou altéré, c’est toujours un drame et le néant qui nous attend, forcément effroyable, forcément ennemi et forcément inévitable. Ainsi, comme le dit Montherlant, la seule immortalité qui soit digne d’intérêt, c’est celle de la vie, et comme on la connaît, seulement comme on la connaît. Cependant, une autre idée importante, c’est celle de la conservation des espèces et de leurs énergies prêtées à chacune car s’il est naturel à chaque espèce de s’attacher à sa propre énergie, de vouloir la conserver et la sortir de soi, l’exploiter, on pourrait supposer que chez l’homme, le détachement est une aberration, car contre nature, mais n’est-ce pas au contraire le propre de l’homme, qui est le seul à prendre clairement conscience de sa mort et se doit donc d’avoir une spécificité, puisqu’il sait qu’il va mourir, de s’y préparer tout naturellement et ce qui serait contraire à la nature de toutes espèces lui serait au contraire, puisqu’il est unique et différent, tout naturel. Il aurait donc une façon de fonctionner à contre-courant, exactement inverse puisque lucide de ses frères animaux. Et les deux attitudes se rejoignent finalement car le détachement résulte d’une bonne utilisation de l’énergie. Tous les malheurs du monde ne viennent-ils pas d’une incapacité des hommes à libérer correctement leurs énergies, et quand ils la sortent, trop longtemps contenue, c’est par explosion, entraînant lynchages, sadisme, et massacres divers. Des efforts constants pour une projection constante, voilà la solution. Un homme qui sort toute son énergie, et de correcte manière, ne cherche plus à conserver une énergie qu’il ne possède déjà plus tout à fait, qui est autre, qui fait son chemin librement et de sa propre vie, agit pour le bien de tous et l’harmonie universelle pour lesquels on doit lutter. Et cette énergie ne peut être projetée que par un corps en forme et centré. Le corps toujours commande et l’âme suit. Si le corps est heureux, l’esprit aussi. Un corps sain entraîne nécessairement un esprit sain mais un corps sain n’est pas un corps puissant et esthétique, c’est un corps centré, habitué à faire vivre et circuler harmonieusement l’énergie qu’il contient, et à tel point qu’il la sent naturellement et en dispose sans efforts. Le tout, corps/âme/énergie s’est établi de façon gracieuse, et l’équilibre est « parfait » entre les trois éléments qui le composent, sachant qu’énergie et âme sont présentes par le corps uniquement, qui est premier et dont l’influence est première. D’où mes éloges permanents de l’aïkido qui me paraît une superbe éducation, la meilleure, du corps, et dont je conseille la pratique à tous car elle ne peut qu’être bénéfique à tous. C’est une pratique qui agit directement sur l’esprit par l’exercice d’une certaine attention, concentration, mais plus encore sur l’esprit par la corps apaisé, car celui-ci n’est pas surexcité par un épuisement énervant mais apaisé par la qualité des mouvements pratiqués et sa valeur surpasse les meilleurs massages.


Il faut que je parte, la famille est une véritable torture, un véritable empoisonnement, perfide. Elle agit par la douceur et ne comprend pas. Elle accueille, elle endort ; l’homme dans ses bras s’assoupit, s’infantilise plus ou moins volontairement, car tous les hommes ont une très forte tendance naturelle à replonger en enfance dès que l’occasion leur est offerte, et leur force créatrice s’annihile d’elle-même peu à peu. Mais la révolte gronde, car jamais la famille ne partage les douleurs de ses enfants, elle ne les sait pas et ne veut pas les savoir, elle les ignore. Moi, ici, je me laisse aller, toujours, car au sein de la famille, chacun se laisse aller, se relâche, ne se contrôle plus. C’est insidieux car lorsqu’on veut garder le contrôle de soi et la dignité qu’il implique, si l’on est le seul à l’entreprendre, on se laisse entraîner irrémédiablement vers le verbiage, la résignation des épaules, et le désespoir. Moi, quand quelques jours suffisent, loin de ma famille, pour me redonner la force et le courage, dès que j’y retourne, je résiste quelques heures aux lamentations, aux gémissements des uns et des autres, à l’air triste qui les entoure, les enveloppe de son contagieux et pernicieux parfum, mais jamais je ne tiens plus d’une journée à leurs dérives mentales (morales) et je succombe moi aussi à la folie et aux sombres pressentiments, à l’idiotie et aux questions stupides et inutiles me concernant. Alors, il faut que je parte, car connaissant les pièges et la tentation, j’y succombe à chaque fois, et ici je ne progresse pas. Ici, je stagne et je régresse. En effet, la stagnation ne serait pas une régression si le temps était fixe, ne passait pas, mais comme il passe, tout le temps ou l’on n’évolue pas est du temps perdu, mal utilisé, à jamais irrécupérable, et constitue donc non une absence de progression mais une véritable régression. Enfin, tout ce que je dis ici ne satisfait jamais totalement au besoin que j’ai de m’exprimer et ne me guérit donc pas, mais cela suffit pour m’enlever une partie de ce besoin, juste ce qu’il faut pour m’empêcher d’exploser à l’extérieur ce que je suis et pour que je me complaise dans cette insuffisance. Alors, décidément, la famille n’est jamais propice au génie créateur qu’elle refuse ou étouffe, et cela est normal et bon, la nature l’ayant commandé ainsi, car si l’élu trouvait l’accueil et les réponses, l’attention qu’il souhaite dans sa famille, alors son envie de partir se faire reconnaître et se lancer à la conquête du monde se réduirait trop fortement pour que son influence contribue au développement du monde vers ce bien qu’il chérit tant. D’autre part, ses armes, ses argument, ne pourront se développer qu’à la mesure de l’incompréhension de tous, cela un moment suffisant pour qu’il parvienne à l’éclosion de ses talents merveilleux, au devenir tout puissant, à la grâce de Dieu. Inch Allah, et moi je l’aime. Celui qui sait ne va pas me laisser seul, car un frère l’appelle, un semblable à lui terriblement seul qui crie au blasphème pour les gens qui l’ont torturé, bafoué, humilié. Et lui, il sait, qu’étant constamment seul, toujours seul, ce qu’il prenait pour une malédiction était une bénédiction, et lorsqu’il aura trouvé, lorsque le moment sera venu de s’avouer tel qu’il est, de montrer ce qu’il sait, alors la foule s’inclinera car elle aura trouvé son maître lui indiquant la route, et il resplendira, car il n’aura plus besoin de la reconnaissance, il sera dans la reconnaissance, temporelle et éternelle, et il trouvera de nombreux disciples qui l’aideront, l’aimeront, le soigneront et qu’il établira grands seigneurs, qui rayonneront alors et qui feront resplendir de joie le monde pour l’instant morne et cruel, et tous l’aimeront car il leur aura donné l’amour, et tous le respecterons, car il leur aura montré ce qu’était la teneur du vrai respect. En attendant que cette ère vienne, mon avènement futur qui fera de moi le serviteur aimé de Dieu, il me faut souffrir.


J’ai peur de me représenter et de paraître, dans les jours prochains, comme j’avais rêvé de paraître, mais je connaissais les pièges et je m’y suis livré avec jouissance, comme à mon habitude. Le cours de philosophie avec la Dame intelligente m’impressionne, et les quelques connaissances qui seront présentes m’intimident. Il est inutile, je crois, de m’étendre sur celle de C, ancienne camarade devenue par la force des choses, et surtout leurs fatalités, une ennemie acharnée, et sur Y M qui sachant une part de mes talents essaiera probablement de me confronter avec tout un monde, et il me faudra prouver ce que je vaux, m’efforcer de penser quand j’ai tout écrit et consigné pour que je puisse ne plus penser. D’autre part, la réception des deux courtes scènes de théâtre, que j’ai réalisé il y a quinze jours, par un professeur que je ne connais pas, m’est pénible et source d’angoisses mais je m’attends à être déçu car je ne m’attends plus qu’à ça. Et puis, il y a le Cid que je dois interpréter malgré mes absences répétées, et mon exclusion du groupe. Je ne sais encore quels moyens utilisés pour m’imposer. Vais-je jouer seul, obligé mon ancienne et terriblement fade partenaire à composer de nouveau avec moi, forcé ma professeur de théâtre à me donner la réplique, vais-je porter un sabre, ou aurai-je les mains nues ? Mon interprétation sera-t-elle classique ou suivrai-je les traces de Klaus Kinski ? Suis-je assez fou pour jouer comme lui ? Assurément, mais arriverai-je à faire passer ma folie dans mes expressions, mes mouvements, et ma diction, pourrai-je ne pas lui nuire en l’extériorisant, elle si parfaite intérieurement ? Aurai-je le courage et l’audace, la force nécessaire pour me lancer et m’oublier l’espace d’une représentation et saurai-je être prêt lorsque le moment me l’imposera ? Ces questions me tourmentent et leurs transcriptions, leurs lectures et leurs relectures m’aidera certainement à gagner en assurance, en ma propre connaissance, et en simplicité.


Le problème, parfois, c’est de se sentir bien, alors on aime les gens et ils nous aiment, et ça se voit. Seulement, comme on se rend compte de cet amour qu’ils nous portent et que ce n’est pas toujours comme ça, alors qu’on est aimant naturellement, sans y penser, on s’en rend compte et alors on s’efforce à le paraître, à paraître aimer et cet effort ôte de la force au véritable amour. Même si les intentions sont louables, il faut veiller à rester intransigeant, à ne pas que l’amour évolue peu à peu vers une euphorie qu’on assimilerait rapidement à la sainteté et qui en est radicalement éloigné. Ainsi, après un passage heureux, et naturel, on s’attache à ce bonheur et c’est le début de la fin, on faiblit, puis comme les gens nous aiment moins, et qu’on veut conserver leurs amours, leurs attentions, et leurs bienveillances à notre égard, on s’efforce à ne pas les heurter, on leur cède le passage, on s’efface, et c’est alors la lente ou rapide mais sûre évolution vers le bas, la dépression et la haine. Ainsi, il faut toujours veiller avant toute chose à rester fort et droit.


Ah ! mon Dieu, je suis bouleversé, il n’a fallu qu’un regard, et je pense à elle sans arrêt. De nouveau, comme autrefois, je suis fragilisé par cette apparition que j’avais pourtant réussi à ignorer, mais le regard qu’elle m’a porté n’était ni méprisant, ni haineux, ni antipathique, mais doux, sensible, franchement généreux, voire presque aimant, comme si elle regrettait tout le mal qu’elle m’a fait, qu’elle avait comprise qui j’étais vraiment et maintenant se trouvait sinon éprise, du moins indulgente à mon égard. Et moi, je ne peux plus rien faire, ça y est, les sombres méandres de la mélancolie, de la nostalgie d’un amour heureux, sont revenus empoisonnés mon existence. Et ma mission, il ne faut pas que je l’oublie. Et pourtant, je ne peux plus lire, ouvrage de spiritualité d’Arnaud Desjardins, pièce de théâtre de Calderon, je n’arrive plus à y éprouver d’intérêt, à me concentrer. Une simple présence et la prise de conscience de la félicité sans bornes qui s’emparerait de moi si cette présence était permanente, si elle m’appartenait, me réduit à la tristesse et je suis désemparé mais je sais où puiser la force, la mission est ma sauvegarde, je m’y rattache, trop peut-être, mais si elle est ce que je crois qu’elle est, alors mon attachement pour elle n’aura jamais aucune limite acceptable, car elle ne sera pas illimitée, mais sera dans l’illimité, touchera à l’infini.


Pour l’instant, rien ne se passe comme prévu, j’ai raté le cours de philosophie et j’ai eu à la place, c’est vrai, une discussion très intéressante, comme il m’arrive trop rarement d’en avoir, mais le fait est que je m’étais promis une action peut-être salvatrice et j’ai échoué dans ce projet ; aujourd’hui, de longue date, j’avais imaginé l’éblouissement des camarades face à mon jeu si peu orthodoxe et je ne suis même pas allé jouer. Il est vrai que mon ardeur allemande et Kinskesque a disparu au profit d’une douceur italienne tout aussi agréable mais moins combative. De plus, je n’ai pu remettre la lettre à Madame M faute de conviction suffisante et je n’ai pu attendre la visite possible de Y M chez moi. Ainsi, j’ai tout sacrifié bêtement, par insuffisance, peur et lâcheté. Cependant, je compte remettre la lettre malgré tout à Madame M grâce à l’adresse dont j’espère que j’aurai le courage et l’allant suffisant pour la demander. Cependant, je ne perds pas espoir, car je prends conscience que mon rôle se précise, que ma personnalité s’affine, mes desseins sont plus clairs. Ma pratique de l’énergie par des mouvements peu vraisemblables mais respectant mon éthique, se contente de l’aïkido, car j’ai abandonné les mouvements violents, humiliants et destructeurs. Mon caractère et l’orientation que je lui donne volontairement se tourne résolument vers les traits italiens. Je quitte l’Allemagne et son intransigeance cassante. Ce que je veux est clair, trouver l’apaisement, aider le plus grand nombre à le trouver, m’occuper des plus sensibles en priorité, car ce sont eux qui souffrent le plus ; lutter contre la violence physique et morale quand celle-ci n’est pas formatrice, mais destructrice ; prôner la paix et enfin, plus généralement, mettre fin aux persécutions évitables et réduire les souffrance de tous les êtres vivants, jusqu’au noyau de leurs irréductibilités hélas imposées et indépassables.


Finalement, Arnaud Desjardins qui ne devait constituer pour moi qu’un atout parmi beaucoup d’autres, se révèle, avec les aléas nouvellement survenus, une clé majeure, peut-être celle qui sera essentielle à ma progression, et à mon avènement, ma renaissance au monde.


[ La nature a-t-elle conscience d’elle-même, a-t-elle une fin bien particulière, Dieu a-t-il conscience de lui-même, la nature et Dieu s’opposent ils ou se rencontrent ils et si Dieu n’a pas conscience de lui-même, est-on alors obligé de le confondre avec la nature qui elle n’a pas besoin de conscience car son existence est imposée, les données avec elle sont claires, mais l’existence de Dieu ne peut se priver de conscience (d ‘elle) sans être aussitôt assimilée à la nature car si Dieu n’a pas conscience de lui-même, soit Il disparaît soit la nature s’élève dans nos consciences à lui, et finalement nous sommes soit animistes soit panthéistes si on comprend une énergie supérieure qui régirait ou plutôt qui serait à la base des lois naturelles auxquelles la nature est soumise. Ainsi, l’issue serait là. Car si la félicité est pour tous les êtres assurés, lors de la mort, pourquoi le sage qui le sait ne se suicide-t-il pas ? Eh bien parce qu’il est aimant et qu’il veut soulager la souffrance de tous les êtres qui restent. Mais alors, pourquoi ne tente-t-il pas de les tuer tous ? Parce que c’est un projet plus qu’improbable et hasardeux, sans doute irréalisable. Mais si cela était possible, pourquoi cet acte paraîtrait malgré tout barbare et monstrueux ? Parce qu’il est contre nature. Mais pourquoi la nature serait-elle contre le bonheur et la cessation de la souffrance pour tous ? Parce qu’elle est soumise à une énergie supérieure, comme nous qui devons lui obéir car nous sommes régis par elle. Mais en réalité parce que la nature n’a ni desseins secrets ni fins ni désirs de conservation des espèces, elle est, c’est tout, et n’a pas conscience d’elle-même. Et nous pouvons en faire ce que nous voulons, car l’homme peut se libérer et la nature ne s’y oppose pas. Il y a une énergie sacrée, qu’on pourrait qualifier de divine et que tous, nous réincorporerons, elle coordonne et assure la cohérence de l’univers. Elle est au-delà de la conscience et sa force nous maintient, nous soutient, c’est à elle que nous devons la vie et donc elle ne veut pas qu’on abrège ses jours, car nous lui portons témoignage à la création entière, et elle est fière de nous. Pourquoi nous a-t-elle crée ? Sans doute ne l’a-t-elle pas décidé, simplement cela devait se faire. Alors, quelles raisons pour ne pas se suicider ? L’énergie qui soutient toute chose existe, mais elle ne s’occupe que des vivants et les morts ne la réincorporent pas et sont livrés au pur néant, et c’est donc normal que l’on veuille (bien) vivre. Il faut s’efforcer de doser l’attachement spontané et minimal avec le détachement nécessaire et imposé pour une bonne vie. C’est d’une certaine manière une perspective effrayante. Ou alors l’énergie s’occupe de nous et au moins une part vivante, celle atemporelle douée de fusion avec Dieu, est sauvée et gagne l’éternité. Et alors pourquoi ne pas se suicider ? L’énergie ne le veut pas. Mais si on est assuré du bonheur ? On ne l’est jamais totalement ou alors si on l’est, c’est par respect qu’on ne le fait pas, ou alors il faudrait admettre qu’elle a conscience d’elle-même et juge la place qu’il faut attribuer à chacun, mais c’est encore exclure les animaux car à quelle place peuvent-ils prétendre ? Et comme je crois en une justice véritable et l’énergie dénuée de toute conscience, je ne peux qu’expliquer l’énergie non comme une force consciente ou inconsciente mais comme étant au-delà de toute conscience. Il nous faudrait alors de notre vivant parvenir à rejoindre cet au-delà de la conscience, à le faire concret en nous, à dépasser la théorie par la pratique car par définition l’homme ne pourra jamais concevoir par les mots un troisième terme entre la conscience et l’inconscience. L’au-delà de la conscience ne peut donc pas s’expliquer, mais simplement s’atteindre, et cela sans l’artifice des mots. Ceux-ci se révèlent tôt ou tard un leurre qu’on doit dépasser pour des progrès véritables.]


Passage très ambigu et peu clair car j’ai mélangé plusieurs idées que j’avais prévu de développer en des textes séparés. Il faudra revoir cela.


C’est la nature de l’homme qui le force à se détacher et à entraîner les autres au détachement.


Acteurs


jean Gabin, Alain Delon, Gérard Depardieu, Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Rutger Hauer, Peter O Toole, Marlon Brando, Victor Mature, Henry Fonda, Klaus Kinski, Toshiro Mifune, Nakadaï, Helmut Berger, Ettore Garofolo, le héros de « Newski » et d’ « Ivan le Terrible, Clint Eastwood, Gregory Peck, Pierre Clementi


Actrices


Agostina Belli, Silvana Mangano, Anna Magnani, Ingrid Bergman, Audrey Hepburn, Emma Thompson, Elodie Bouchez, Isabella Rossellini, Eva Mattès, l’héroïne de « Chacun cherche son chat, Nathalie Wood


Hommes de peu de foi ! Si vous saviez les tourments que j’ai eu et que j’ai encore, vous sauriez qu’il n’y a d’hommes saints qui n’aient été prisonnier de pensées infectes et méprisables. Ne mettez personne sur un piédestal, n’effacez pas (ne déniez pas) les tâches qui s’entassent sur un passé rempli de péchés, mais au contraire, sachez mieux apprécier la valeur d’un homme charismatique qui pourtant autant qu’au Paradis était promis à l’enfer.


J’avais toujours jugé sans importance la question de l’action politique. Savoir si un sage devait chercher à influer sur la société était pour moi un problème superflu, car j’ai toujours compris le sage comme faisant ce qu’il devait faire, ni plus ni moins, ainsi il suffisait d’accéder à un (haut) niveau de plénitude (certain) et alors tout en découlait naturellement. Les choses se sont compliquées et ont pris un nouvel angle quand j’ai compris que pour atteindre la félicité, l’action sociale et politique étaient peut-être le meilleur moyen. En effet si je n’ai jamais été attiré sérieusement par la vie monastique, je l’ai été, et dès le plus jeune âge, par la vie érémitique. Cependant, à mesure que le temps passe, ce genre de vie m’apparaît le plus improbable, j’ai besoin de compagnies, d’affections humaines, car j’ai longtemps été seul, et ce parmi la foule, la pire solitude, la création d’une famille est un besoin que je ressens aussi naturellement, et l’envie et l’impact que je peux avoir sur le monde politique et social, je me rends compte qu’il est énorme. Cependant, n’est-ce pas un piège, par exemple le commencement d’études théologiques à Paris, dans lequel beaucoup sont tombés ? Finalement, je n’y arriverai peut-être à rien, au milieu du bruit, des cris, et dans un anonymat insupportable. Alors que si, en forêt, je renonçais au monde et trouvais l’apaisement, mais le trouverais-je, alors j’agirais ensuite comme il faudrait que j’agisse, tout simplement et s’il faut que je sauve le monde, je le sauverais, et s’il faut que je reste ignoré et inconnu, je le resterais.


Aujourd’hui, paroles du Dalaï-Lama : « Quel que soient votre amour du peuple tibétain et votre vénération pour tous les maîtres que vous avez rencontrés, ne dites jamais de mal des Chinois. »
« On n’éteint pas le feu de la haine par la haine, le feu de la haine ne s’éteint que par l’amour, et si le feu ne s’éteint pas, c’est que la compassion n’est pas encore assez puissante ». Paroles dites à Arnaud Desjardins dans le secret d’une intimité absente de caméras et de journalistes, et inspirées par l’enseignement du Bouddha.


C’est le naturel qui compte, il faut que le naturel s’accomplisse. Mais selon les mystiques, il ne peut s’épanouir que dans la mystique. Est-ce vrai ? N’y a-t-il pas au contraire des hommes dont le naturel est mauvais ou rustre ou vulgaire ? Peut-être, mais il n’en est pas moins vrai que la perception de l’idée Platonicienne du Bien n’en constitue pas moins l’aboutissement idéal pour tout être humain. Je pense qu’il n’y a pas un naturel mauvais d’un côté et bon de l’autre, il n’y a que des êtres plus ou moins portés vers la mystique dont la recherche est conditionnée par leurs énergies et qui évolueront bien si leurs éducations fut bonne ou mal si elle fut mauvaise. Ainsi, la qualité de l’éducation est bien le primordial de toute vie (normalement) humaine.


J’ai peur de donner la lettre en face à Madame M et pourquoi ? J’ai peur d’être rejeté, méprisé, incompris. J’ai peur d’être réduit à l’incapacité de m’exprimer, j’ai peur d’un refus, car que ferais-je alors, la lettre à la main, m’enfuirais-je ? J’ai peur du ridicule, enfin, dont on dit qu’il ne tue pas, moi je pense que si. Bref, j’ai peur, mon cœur bat, ma respiration s’accélère, je suis angoissé et si je n’accomplis pas cette action, je serais triste.


Je suis venu apporter le glaive définitif. Si les hommes ne comprennent pas, ils seront damnés, s’ils comprennent, ils seront sauvés. En fait, il pourra y avoir d’autres événements d’égal importance à celui que je vais créer mais il n’y en eut qu’un jusqu’à présent, la mission divine du Christ. Que m’importe la mission des autres, après tout, je sais la mienne.
Mais peut-être, un jour, vais-je devoir leur indiquer la route et les aiderais-je à s’accomplir en leur offrant les meilleures opportunités. Comme Kierkegaard, je suis maudit avec mon frère, car le même problème s’est produit à cause de mon père. Le père de Kierkegaard avait, dans sa jeunesse, maudit Dieu, les fils ont payé. Mon père, dans sa jeunesse, s’était promis à Dieu en lui déclarant qu’il préférerait mourir que renoncer. Il a changé de voie mais ne s’est pas tué, alors c’est nous qui devons assumer sa lourde erreur. Cependant, j’ai compris que cette malédiction était en fait une bénédiction pour le génie qu’elle procurait et que les souffrances passées allaient servir à soulager celles de tous les autres, et par juste retour, la nôtre également ; mais hélas, bien plus tard.


J’ai dépassé Kierkegaard dans la mystique, Vigny dans la transcription théâtrale du génie (en seulement deux scènes), et Proust dans la profondeur du sentiment amoureux (de la psychologie amoureuse). Que me reste-t-il à conquérir et à prouver maintenant ? Eh bien tout, encore tout, car finalement rien n’est jamais complètement attesté, et la seule chose qui compte, c’est d’être au-delà de la reconnaissance, mais cela sans passer par un assouvissement toujours provisoire et donc illusoire, mais par le changement radical de sa façon de fonctionner, de penser.


Je veux mettre fin aux persécutions, aux humiliations encourues par tous à un moment ou à un autre de leurs existences et qui touchent et accablent certains hommes plus que d’autres, car moi je les juge inadmissibles, car moi je les juge évitables. Les moyens que je vais mettre en œuvre sont ceux-ci :
- une œuvre littéraire qui bouleversera la sensibilité des hommes qui la liront et qui comprendront leurs erreurs.
- une œuvre littéraire, théologique, qui bouleversera la mystique.
- des articles réguliers dans des journaux qui montreront aux hommes la vérité (et le chemin à suivre)
- la création d’un parti ou un seul postulat, une seule tendance sera demandée, celle d’essayer de les détruire toutes pour une recherche plus accrue de la vérité.
- montrer aux hommes quels sont les vrais maîtres, les hommes qu’il faut suivre, et dénoncer les charlatans qui abusent et font beaucoup de mal et empêchent les hommes d’accéder à la félicité.
- instaurer un permis de vote dont la base sera d’au moins connaître le fonctionnement du gouvernement dans lequel on vit.
- créer un service obligatoire, civil ou militaire, pour la cohésion et l’intégration des moins favorisés, mais l’accentuer sur l’aide humanitaire et culturelle.
- Là ou la culture permet de s’en passer, la lecture et l’écriture ne seront pas obligatoires, mais dans nos pays développés, il faut à tout prix réduire le taux d'analphabètes pour que tous puissent agir avec discernement et voter.
- réformer l’éducation
- lever un impôt important dans tous les pays développés (pour la plupart Occidentaux), proportionnel aux fortunes, afin d’aider les pays pauvres et mettre fin aux famines ; pas un homme ne doit mourir de faim, c’est un genre de mort évitable.
- promouvoir l’aïkido et louer ses mérites incomparables.
Voilà, pour l’instant, l’essentiel de mes projets.


Mon gros problème, c’est comment aimer les gens, sachant que s’ils vous aiment, c’est par vous qui les aimez, mais que si vous aviez un problème vous empêchant de les aimer, ils vous haïraient
(Faire en sorte qu’ils changent)
Par exemple, un débile qui ne peut aimer et comprendre les gens de leurs intérieurs ne récolte, par les gens communs, de ceux qui ne savent aimer que quand on les aime, que des quolibets, des insultes, et du mépris.


« Dans le développement des vérités de la foi, il y a un moment où doit tomber l’enveloppe du bourgeon. Il y aurait danger à ce que ce soit trop tôt. »
Citation de Teilhard de Chardin quant aux persécutions dont il fut la victime comme tous les hommes faisant office de précurseurs, comme lui.
« Par le tragique du précurseur méconnu »


Je pensais, que, de tous les êtres vivants, nous étions les seuls à pourvoir réactualiser de notre vivant l’énergie qui nous sous-tend et à l’établir harmonieusement, nous réincorporant ainsi presque totalement au Divin. En réalité, nous sommes simplement différents de nature des animaux. Les animaux n’ont jamais perdu leurs énergies premières, nous si (mais nous n’avons pas perdu l’intelligence, eux si). Mais si on la fait circuler de nouveau de façon correcte, alors notre différence de nature fera le reste et l’intelligence mêlée au physique, nous serons merveilleux. Par contre, si l’on se demande pourquoi les animaux qui sont en phase avec Dieu n’ont pas un comportement très altruiste, c’est que leurs caractéristiques physiques jouent aussi un rôle et que l’énergie sans l’intelligence ne suffit pas. Nous, nous avons le corps intelligent, tellement qu’il en a supprimé la force, retrouvons la force, et nous serons comme des Dieux, imparfaits bien sûr, mais reflets presque idéaux de leurs perfections.
Petite explication : le corps entrave les animaux car il ne leur a pas donné l’intelligence mais seulement la vie, le corps entrave les hommes, car en leur donnant l’intelligence, (intelligence parallèle car si cette intelligence était celle de la pure énergie, elle ne leur aurait pas ôté la vie) il leur a ôté la vie, retrouvons la vie et nous atteindrons l’accomplissement avant de parvenir par la mort au grand accomplissement final.


Le grand problème de la mystique Teilhardienne ? On dirait qu’elle ne s’applique qu’aux vivants, mais qu’advient-il des morts ! Car si la matière dans son degré de complexification le plus abouti rejoint le spirituel, elle n’en cessera pas moins à un moment donné son activité et alors n’est-ce pas un néant pur et simple qui attend la matière devenue absence (de matière) et donc de capacité à réfléchir le spirituel (voir la définition de la Prévie).


L’Ultra-humain de Teilhard m’est plausible, j’y crois moi aussi, mais je pense qu’il ne pourra passer que par la robotisation totale de la race humaine, et finalement par la déshumanisation. Est-ce que Teilhard, à l’aube du vingt et unième siècle, n’aurait pas été surpris par cette évolution inattendue, et choqué, n’aurait-il pas déploré et remis en cause toutes ses théories ? Je pense qu’il en serait bouleversé, cependant, il aurait certainement pu élaborer avec les données actuelles un système plus développé (les incluant) et s’en serait finalement sorti. Conclusion ! Il nous manque un nouveau Teilhard de Chardin. Et ne suis-je pas une espèce de compilation de Kierkegaard et de Teilhard, de tous les génies du siècle enfin et de tous les siècles ? Seul l’avenir, si cela doit être montré, le montrera.


Fin du carnet réalisé entre un Jeudi du mois d’Avril 2000 et le Samedi de la semaine suivante

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Published by FRED V
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