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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 17:34

Quand on aime, ou qu’on est aimé, ou désiré, c’est toujours pour un intérêt, une ou des qualités. Un texte de Pascal célèbre montre que si on ôte toutes les qualités, il ne reste rien. Le substrat nu est identique en tous les hommes. On est donc attiré par la beauté, l’énergie, la sensibilité, l’humour, le mystère, la sexualité, toujours pour un ensemble de motifs. Il n’y a pas d’amour désintéressé. Dans le règne animal, la sélection est basée sur la reproduction. Chez l’homme c’est plus complexe, mais lié tout de même à des critères sélectionnés par l’évolution. Les femmes sont attirées par la vivacité, l’intelligence, l’humour, pace que ce sont des indicateurs d’une aptitude à survivre et à protéger une descendance, plus que la stupidité, l’apathie et la mollesse. Ce n’est donc pas par le Soi qu’on est attiré chez l’autre. Le Soi fonde la valeur, la permet, mais c’est le moi incarné et singulier qui fait la valeur individuelle. Ce qu’on aime justement, ce sont des qualités, pas un principe impersonnel et neutre. Sinon, les hommes seraient attirés par toutes les femmes, et les femmes par tous les hommes. Sans distinction. C’est contre nature.

 

Parfois, Dominique le décevait, il répondait à côté, sans comprendre, et quand Dominique le décevait, c’était vraiment pénible. Brian n’avait plus personne à qui s’adresser.

Il remarquait tout juste son absence de sensibilité littéraire. Tant pis, Brian le laisserait à sa physique froide et sans âme.

 

Il repartait dans ses ruminations, ces non-dits, la meute humaine l’énervait. On parlait de faux et de vrais résistants. Mais où étaient les vrais résistants pour défendre les femmes tondues à la libération ? C’étaient donc, pour ceux qui n’étaient pas intervenus, des ordures ou des lâches.

 

On voyait des émissions de TV réalité ou des bodybuilders aux muscles hypertrophiés culpabilisaient des gros pour qu’ils maigrissent. Mais pousser de la fonte 4h par jour, et s’y épuiser pour avoir des membres disproportionnés est tout aussi morbide et pathologique.

 

Sur Charlie Hebdo, c’était usant à force d’avoir à les justifier. On peut critiquer l’Islamisme mais aussi l’Islam, comme le Bouddhisme, Spinoza ou Schopenhauer. Quand ils tapaient sur les cathos, ce n’était pas sur les intégristes, c’était sur tous les cathos. Si on considère qu’il faut éviter de blesser la sensibilité des croyants, on en vient à ne plus pouvoir critiquer une doctrine, et puis pourquoi pas un livre, un film, un mouvement, une émission populaire. Se gausser des « Chtis », de Koh Lanta ou d’Hanouna, serait offensant pour leurs millions d’adeptes. Et alors ? Depuis quand le nombre est le gage de la qualité ? Comme le traitement médiatique infligé à Robert Redecker était lamentable (on l’accusait d’avoir provoqué la fatwa), reprocher à Charlie Hebdo, un journal satirique, de choquer, alors que c’est sa fonction, qu’il est là pour ça, ou réveille, aller à contre-courant, c’est absurde. Et on ne peut dire que ses journalistes sont partiaux avec l’Islam puisque bien au contraire, ils se censurent à outrance, et sont à mille lieues de se permettre avec cette religion ce dont ils étaient capables avec les cathos ou les Bouddhistes. Ce qui signifie que la pression émanant des milieux musulmans est bien réelle en France et contraint les journalistes et écrivains, y compris les plus libres. Il y a un problème de liberté d’expression avec cette religion, dans le monde et en France. On doit pouvoir considérer que, tout comme la Bible, les vedas, le tao te king ou le shobogenzo, le Coran est un tissu d’âneries écrit par un charlatan, si on le souhaite, et pouvoir le dire.

 

Il y avait aussi l’affaire Weinstein, puis Kevin Spacey, qui ravivait celle de Polanski. Les deux premiers s’étaient conduits de façon lamentable, mais tout le monde était au courant. Comme pour le peuple allemand coupable de sa docilité et de sa soumission envers les leaders nazis, l’entourage de ces célébrités participait de la lâcheté commune. S’en prendre exclusivement à eux, dans une sorte de lynchage médiatique, quand en plus on sait que la plupart des hommes au pouvoir agissent ainsi, c’est hypocrite. Il y a une sorte d’acharnement.

Quant à Polanski, c’est bizarre tout de même. On ne parle déjà presque plus de l’affaire Strauss Kahn. On sait que des mafieux obligent les femmes à se prostituer, les vitriolent ou menacent leurs familles si elles résistent, on sait que des viols collectifs sont commis par des types qui vont prendre 6 mois de prison, et que suite aux pressions, c’est la victime qui va devoir changer de logement, et on se focalise sur un artiste qui vécut des drames terribles, pour un acte commis il y a 40 ans, dans le cadre de mœurs aux normes différentes de celles que nous connaissons. N’y a-t-il pas un processus de bouc émissaire, ici ? Ne faut-il pas historiciser, et s’occuper des violences actuelles, beaucoup plus glauques, et qu’on ne veut pas voir ?

 

Il était temps de repasser à l’action. Trop d’atermoiements. Reprendre contact avec le Monstre et buter Laurent Jolloré. Si Brian impressionnait le Monstre en maison de correction, et toujours, pour des motifs variés, il était le moins fort désormais. Pour combattre, Brian se servait de son énergie, importante, et d’une synthèse perso entre aïkido, karaté shotokan, kyokushinkaï et différents apports extraits de stage en boxe française, shorinji Kempo, wing chun, lutte et JJB. Le Monstre, lui, n’avait pas besoin de tout cela. Il était efficace tel qu’en lui-même. Il était monstrueusement fort et dangereux, d’une puissance quasi sans limites, préfiguration originale des mutations à venir. On sentait que, tel le criminel protégeant Dostoïevski dans « Souvenirs de la maison des morts », sa décision prise, rien ne pourrait l’arrêter. Il pourrait presque tout, à condition qu’il le désira.

Il y aura toujours plus fort que Hulk, mais Hulk restera, aussi, quelque part, le plus fort, susceptible de dégager toujours davantage d’énergie.

Le Monstre s’était retiré des hommes et vivait isolé, comme s’il était un esprit de la forêt, un kami, puisant son aura à la source inépuisable de la Nature. Brian avait besoin de lui. Il l’aiderait à anéantir le Mal.

Peut-être tout recommencerait alors. Non le retour à un âge d’or fantasmé, mais à un équilibre des forces. Jouets de la Nature, du Tao, de l’Atman, ils apporteraient le correctif nécessaire au maintien du monde, et ce faisant, l’empêcherait peut-être de sombrer dans une phase de chaos, et d’évoluer véritablement. Ils seraient alors, comme dans Matrix, les virus nécessaires au système, croyant lutter contre et le renforçant en y apportant des modifications légères. Ou alors ils seraient de véritables révolutionnaires, amenant un changement décisif, une nouvelle conscience des problèmes et des phénomènes. L’Avenir s’écrirait, imprévisible et à construire, ou déjà là à attendre d’être déroulé. Qui le savait ?

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