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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 23:55

Brian avait lu un article sur Paul Auster qui l’avait déprimé. Auster écrivait qu’il était important, pour l’enfant, avant le développement de l’intérêt érotique, d’avoir des amis. Brian n’avait, dans sa jeunesse, connu ni l’un ni l’autre. Il se demandait comment il avait survécu à tout ça. Il en avait marre du reste, depuis longtemps.

La réouverture de ses plaies, avec Maria, puis Clara, avait ravivé ses manques, et enclenché l’urgence de vivre.

 

Relisant « Le loup des steppes », il s’était apercu qu’il était devenu le loup. Mais il y avait des différences aussi. Hesse avait ses naïvetés. Il restait prisonnier des croyances de son monde. Brian n’était pas rentier, lui. Tout le développement sur le suicide dont l’idée aide le loup à vivre est très théorique. En réalité, lorsque l’on est prêt du suicide réellement, ce n’est pas la même histoire. Et puis, Hesse tente de réconcilier la « Sainteté » et la « Sensualité », qu’il continue d’opposer en quelque sorte. Il ne voit pas que s’efforcer à la Sainteté est rester prisonnier d’un idéal du moi, et que refuser la sensualité, la sexualité, non seulement n’est pas une bonne chose, mais est un crime contre le désir, la vie, donc même contre l’Esprit. Etre contre l’amour, y compris charnel, c’est rejeter le meilleur, et offusquer Dieu ou les Dieux.

 

Brian évoluait à différent points de vue. D’abord, il savait que la première impression était souvent trompeuse, et qu’il fallait attendre un peu, laisser sa chance à la personne rencontrée. Puis, il n’était plus prisonnier d’un type féminin. Il appréciait des femmes dont les morphologies s’éloignaient de son genre habituel, des femmes plus grandes que lui par exemple.

 

Il essayait également de se concentrer sur les personnes avec qui il était. Avant, quand il se trouvait en compagnie d’êtres qui lui étaient indifférents, et qu’il voyait une jolie femme passée à côté, il se désintéressait des gens avec qui il était, ou bien, il ne pouvait détacher son imagination d’une femme à laquelle il pensait, et s’absentait psychiquement du lieu. Maintenant, il se disait que dans le moment, la personne qu’il côtoyait était la plus importante, que le reste, la femme désirée, était peut-être une illusion, le fruit d’ajouts subjectifs, mais qu’il pouvait apporter quelque chose d’unique dans le réel, que peut-être, l’échange sauverait la vie de la personne présente, ou qu’elle sauverait sa propre vie.

 

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