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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 22:29

Brian appela Dominique, mais pour Brian, celui-ci s’illusionnait en valorisant les pensées orientales, notamment l’hindouisme. C’était, pour Brian, complètement fumeux et incohérent, mais une nouvelle amie lui avait dit d’être compréhensif, car, comme tout le monde, Dominique cherchait son point d’équilibre en cette vie. Si ça lui plaisait, lui permettait de vivre. Certes, mais toutes ses considérations sur le Brahman, l’Atman… Même si on se détache de son flux d’images mentales, la libération se réalise à partir de sa subjectivité, et celle-ci disparaît mort. Que nous importe de réintégrer une conscience, un Soi sans qualités, dont nous n’avons pas nous-même conscience ? Et prétendre que c’est le vrai moi par opposition à la construction sociale de l’identité, implique que le vrai moi est semblable en tous les hommes, les animaux également. Ce ne peut être le vrai moi, qui est justement ce qui me distingue d’autrui. Qu’importait à Brian la possibilité de sortir de sa condition de mortel. Est-ce qu’une araignée peut sortir de sa condition d’araignée ? Un homme le peut-il ? Etre indifférent au désagréable et à l’agréable, se détacher de tout et de tous, quel intérêt ? Qu’est-ce qui attirait les femmes chez Brian ? L’Atman universellement partagé, le moi abstrait de Pascal ? Non, ses qualités, que lui permettait son incarnation, sa singularité ; son intelligence, sa volupté, sa profondeur. Ce qu’il voulait vraiment, c’était plaire aux femmes et bander pour l’éternité ; le reste, Brahman, le Tao, le Nirvana, rien à foutre au fond. Et ce qu’il voulait, c’était impossible à atteindre.

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