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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 16:57

 

 Je n'ai pas pu terminer ce livre.

 

Je l'avais pourtant commencé avec enthousiasme, échaudé par sa réputation de chef-d'oeuvre du roman d'amour. Mais aussi bien écrit soit-il, aussi "intelligent" soit-il, je le trouve surestimé.

Son côté humoristique finit par lasser. Toutes les interminables descriptions des Deume sont exaspérantes. Au début, j'ai trouvé cela amusant, puis caricatural. Comment peut-on être aussi bêtes, aussi vils ? Et enfin, l'horreur, l'effroi sont venus clôre la franche rigolade quand j'en suis venu à douter : Existe t il réellement des êtres humains aussi suffisants, aussi creux, aussi plats, dénués de la moindre ambiguïté ?

 

Le philosophe Russel disait que l'ennuyeux avec les êtres humains, c'est que ce sont ceux qui doutent le plus d'eux-mêmes qui ont le moins de raisons objectives de douter, et que ce sont les plus abrutis qui doutent le moins.

L'oeuvre de Freud a expliqué pourquoi, à partir de son parallèle entre culture, inhibition et névrose.

C'est un peu le problème de la lecture. Il y a souvent une rupture totale entre les grands lecteurs qui sont comme enfermés dans les livres, enchaînés par une sorte de quête névrotique livresque dont finalement ils n'ont plus vraiment le besoin pour s'enrichir et s'ouvrir au monde, et ceux qui n'ouvrent jamais un bouquin de qualité, et qui resteront enfoncés dans leurs petites certitudes, leur confort, leurs préjugés jusqu'à la fin de leur vie, les conformistes de tous bords !

 

Les Deume, pour moi, c'est l'incompréhensible, c'est le mari de Thérèse Desqueyroux. C'est de l'invraisemblable, c'est de l'inconcevable, c'est pire que du Jean D'Ormesson, un autre monde.!

Mais finalement, le mépris de Solal, et d'Albert Cohen pour les Deume est à peine justifié tant Solal est aussi l'incarnation d'une domination de classe. Il n'y a pas tant de différence entre eux. Il s'agit simplement d'un autre niveau. Plus de beauté, plus d'argent, plus de culture, plus d'élégance, plus de panache, plus d'avancement dans la hiérarchie, tout en mieux pour Solal mais pas suffisamment pour faire émerger une autre nature. C'est le même schéma qui s'exprime. Et quelle naïveté que stigmatiser le sexe et l'amour parce que son aspect fondamentalement animal, biologique, est découvert et explicité. Oui, et alors ?

Rien de nouveau sous le soleil.

Schopenhauer ou Darwin l'ont développé sur des milliers de pages, ce n'est pas une révélation, et il n'y a pas là de quoi dégoûter de l'amour ou du sexe, sauf pour l'être désincarné, en conflit avec lui-même, prisonnier d'une conception idéaliste dont la sensualité est réléguée du mauvais côté  d'un dualisme destructeur.

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