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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 01:22

Je vais aborder la critique du Bouddhisme.

Le Bouddhisme est fondé sur les 4 nobles vérités :

-la vérité de la souffrance. ( Toute vie implique souffrance )
-la vérité de l'origine de la souffrance. ( le désir, les attachements )
-la vérité de la cessation de la souffrance. ( elle est possible )
-la vérité du chemin à suivre pour triompher de la souffrance. ( couper le désir à la racine )

La souffrance l'emporte donc sur la joie dans la vie. Elle est même le propre de la vie puisqu'elle seule a une existence "positive", et puisque la joie, qui consiste en la diminution de la souffrance, est"négative".
Le problème, c'est qu'on est enchaîné à la vie par le désir. Il nous faut le vaincre, mais pas superficiellement, car alors nous nous réincarnerions dans une autre vie, et ainsi de suite,  alors qu'il nous faut atteindre  l'extinction totale du désir, donc de la vie, la résolution définitive des tensions., bref, le nirvana et la mort.

Plusieurs difficultés apparaissent déjà.

1 Comme la renaissance est un phénomène des plus contestable, tout l'effort Bouddhique aboutira à ce que nous atteindrons tous naturellement et sans efforts, la mort.
( La croyance en un cycle de mort et de renaissance est un stratagème inconscient afin de se rassurer, car les Bouddhistes, par ce subterfuge qui fait de la mort, de l'extinction bien définitive, un but presque inatteignable, se persuadent  ainsi qu'ils vont continuer à vivre indéfiniment, ce qu'ils espèrent au fond ).

2 Toute la doctrine est fondée sur le primat de la souffrance sur la joie. Il suffit d'accorder une valeur positive à la joie, et donc à la vie et au désir, pour que toute la doctrine s'effondre.
La vie n'est pas oscillation perpétuelle entre le manque ( désir non satisfait ) et l'ennui ( désir satisfait ), comme l'écrivait Schopenhauer.
Elle est aussi affirmation et joie.
Certes, la réalisation d'un désir déçoit partiellement, mais elle comble aussi partiellement et provisoirement. Et c'est en allant de réalisation en réalisation que l'homme progresse, que l'homme se trouve.
Il est de toute façon préférable d'avoir "tout" vécu et d'avoir été déçu, et du coup, rassasié, de quitter le monde sans trop de peine, que de n'avoir "rien"  vécu, être passé à côté de sa vie, et plombé par les regrets.
Les Bouddhistes ignorent que toutes les  formes de détachement sont des méthodes inconscientes pour mieux gérer l'attachement. Mais parvenir à rompre tout attachement, de son vivant, serait une aberration, un crime contre la nature de la vie.

3 Si les Bouddhistes respectent toute forme de vie, c'est pour que la créature vivante puisse aller au bout de ses possibilités, afin de lui permettre de se réincarner en une forme plus complexe. On lui laisse vivre sa vie dans ce but.
Ainsi, on n'interfère pas avec le "karma" de l'animal, ce qui est aussi bon pour notre propre karma. Et on accroît les chances de l'animal épargné ( ainsi que les siennes d'ailleurs ) d'être "délivré" lors d'une future renaissance.
On lui épargne donc sa vie pour accroître ses chances de mourir pleinement et véritablement, en aucun cas par respect de la vie.

D'autres difficultés qui proviennent de la doctrine du Bouddhisme résultent de sa vision "non dualiste" de l'existence et du monde. En condamnant toute scission générée, arbitrairement croient-ils, par l'ego, le langage, la science, ils réintroduisent systématiquement ce fameux dualisme tant critiqué, sans même s'en apercevoir.

Et puis, on peut s'interroger sur la notion " trancher l'ego". Certes, celui-ci peut être hypertrophié ( narcissisme ), mais il a sa place.
Pourquoi la nature nous aurait-elle pourvue d'un ego ( comme d'une conscience ), s'il n'avait son utilité, sa fonction ?
 Il faut être déjà bien malade ( comme se prendre pour objet quasi exclusif de sa libido, libido du moi ) pour chercher à se débarrasser de son ego !
 
Cela vaut pour les mots et concepts. Les "koan", sortes de formules rituelles absurdes, servent à nous faire prendre conscience des limites de la spéculation pour appréhender le réel "tel qu'en lui même".
Pourquoi pas ? Mais il faut au moins justifier ce primat de l'intuition sur l'intelligence, comme l'a fait Bergson, ou cela peut conduire à toutes sortes de dérives sectaires et incontrôlables.
N'importe quel charlatan peut s'emparer de ce procédé pour masquer son ignorance.
Pourquoi la nature nous aurait-elle attribuée la capacité à créer les concepts, s'il ne fallait en user ?

Et, dernier point, le Bouddhisme me paraît en contradiction avec la nature elle-même, le désir naturel d'expression, de communication, de transmission.
Son "idéologie", bien éloignée des exigences vitales, de la lutte pour la vie, me semble donc contre-nature.
Je ne la sens conciliable, ni avec Darwin, ni avec Lamarck.





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commentaires

mhaut 27/03/2010 18:11


Je vais vous proposer, point par point, une autre façon de considérer les choses. Mrci de me dire ce qu'elle vous inspire.
Le principe des 4 Nobles Vérités, est celui, tout à fait incontestable, lamarkien, darwinien de causalité. Si une chose existe, elle dépend de conditions. Aucune condition n'étant permanente, il
est impossible à quelque chose d'exister de toute éternité. La souffrance doit donc avoir des conditions de cessation.
Lorsque l'on considère l'univers avec les yeux de la physique quantique, on constate que l'affirmation bouddhiste que tous les phénomènes apparaissent dans la vacuité se vérifie: à l'état
quantique, on voit apparaitre des choses littéralement du vide. Or, ce sont les constituants de la matière.
Par contre, ce que nous éprouvons est toujours, dirait Lacan, marqué du poinçon du désir, ce qui nous fait avancer, c'est la volonté de combler un manque, toujours, ailleurs, toujours manqué. Ce
qui s'interprète pour un bouddhiste, comme l'expression fondamentale de la souffrance. L'Homme est toujours un sujet pour la mort, c'est une inquiétude fondamentale.
La souffrance et la joie sont aussi inséparables que le jour et la nuit, le bien et le mal et inhérants au samsara (d'où la vérité que la souffrance apparait en même temps que la conscience, en
cela elle est de tout temps).
Pour ce qui fait la préciosité de la vie humaine, c'est qu'elle est la seule forme de conscience à être capable de trouver un chemin qui mène à la cessation de la souffrance. On peut mener sa vie
aussi vite que l'on veut, jamais on ne sera rassasié de vivre; c'est d'ailleurs le moteur de la renaissance. Au moment de la mort, on ne peut éprouver que des regrets, sauf à avoir pris conscience
du caractère illusoire de ce jeu de l'ego, qui tend encore et toujours à accumuler des choses, des idées, des certitudes, des doctrines, des objets reflet de son narcissime... C'est ce qu'enseigne
le bouddhisme.
On n'épargne pas la vie pour les raisons invoquées par vous. La vraie raison de la compassion universelle vient de la conscience qu'au cours de vies innombrables, tous les êtres qui peuplent
l'univers ont été nos mères et nous ont traité avec amour. Nous devons les traiter comme s'ils étaient notre mère.
La vision bouddhiste n'est pas non-dualiste: elle distingue 2 niveaux de réalité: il y a la réalité relative que nous connaissons tous et la réalité ultime, qui est connaissance et vacuité.
Schoppenhauer a interprété à tort le concept de vacuité par celui de néant. La vacuité est le vide qui permet que des choses apparaissent. Des choses existant d'elles-mêmes sans interdépendance ne
peuvent exister. En réalité nous ne connaissons que les étiquettes que nous posons sur les choses, mais non les choses elles-mêmes, qui existent peut-être sur des plans que nos sens humains ne
peuvent capter (et ils sont assez limités, nous devons en être conscients).
Le cadre de commentaire me cache le texte...
Parlons de transmission: l'enseignement du Bouddha se transmet depuis 2500 ans sans interruption par des lignées de méditants qui ont consacré leurs existence à cette véritable "ingénérie de
l'esprit" qu'est la recherche bouddhiste.
Il n'y a aucune idéologie dans le bouddhisme; simplement l'exposé d'un problème universel (la souffrance sous ses diverses modalités) et des propositions pratiques, expérimentales pour en
sortir.
Pas de magie, pas de mystère; tout est expérimentable pour qui veut s'en donner la peine.
Telle est la vraie voie du milieu...


FRED V 01/07/2010 02:25



Le problème est que j'ai été très attiré par le bouddhisme et que je n'y ai pas trouvé ce que j'ai cherchais. J'ai tenté de fonder la mystique rationnellement pour mettre fin à mes doutes, et
comme j'ai échoué, je me suis tourné vers la philosophie, puis la psychanalyse, et aussi, maintenant, la sociologie. Le problème fondamental pour moi, c'est quelle valeur accordée à la vie,
cette vie ci, la seule dont nous soyons absolument certains. Qu'il y ait d'autres formes de vie, de conscience, pourquoi pas. Mais je pense que nous devons faire comme s'il n'y en avait pas, car
alors, ayant épuisé toutes les virtualités qui sont les nôtres, nous ne nourrirons pas de regrets à l'heure du grand départ. Je suis plus Aristotélicien que Platonicien. Je crois à la nécessité
de l'expression de soi, aux vertus de l'actualisation de puissance. Je pense que Nietzsche l'emporte sur Schopenhauer, quand il veut débarrasser l'homme de tout ce qui entrave sa volonté
d'affirmation, de tout ce qui affadit son désir de vivre. Néanmoins, il est possible que l'on ne soit pas au bout de nos surprises question connaissance. Des physiciens comme Capra ( je ne
connais plus son prénom ), avec le Tao de la Physique, vont dans votre sens. Et que dire de réalisateurs comme Lynch et de la série Twin Peaks par exemple. Mais alors, j'inclinerais plus
volontiers vers le Taoisme, et un certain Taoîsme, qui me semble moins mortifère, plus cohérent, que ce que j'ai appréhendé du Bouddhisme. Un taoîsme qui comprend, à partir de la saisie intuitive
du Principe, que tout ce qui nous apparaît comme contingent, inutile, absurde, est aussi nécessaire, est à sa place, a sa fonction, y compris ce qui semble s'éloigner du Principe, comme la
vanité, l'ambition, par exemple. Il n'y donc pas de mépris de la forme, de la différenciation, alors, et je préfère cela à la recherche du retour exclusif vers l'indifférencié unique
effectué du vivant de l'homme, qui me paraît en fait contradictoire avec le vivant. Quelle place resterait à ma révolte dans une telle appréhension, sage, du monde? Eh bien, si le
conformisme a sa place,  ma position, contestataire, est tout aussi légitime, y compris quand je m'offusque de ce qui découle du Principe et m'en prend à ce même Principe.
C'est peut-être contradictoire, en apparence, car cela relativise la portée et le sens de la contestation. Pourtant je ne parviens pas à envisager d'autres perspectives, d'autres issues...



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