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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 20:17

DE L’AIKIDO OU DE L’INCARNATION DE L’IDEE PLATONICIENNE

ET DE LA MANIFESTATION ENFIN CONCRETE

ET APPLICABLE DE L’IDEAL CHRETIEN

 

 

AIKIDO, art magnifique, dont je loue les mérites qui ne le seront jamais assez, tu es une des émanations les plus parfaites de ce qui est bien, bon et grand. Tu donnes enfin à l’idée platonicienne sa preuve la plus évidente. Car UESHIBA ne t’a pas créé, tu existais déjà, forme parfaite qu’il fallait atteindre. UESHIBA s’est mis en état de recevoir, et il t’a senti. La grâce qu’il portait et ses facultés lui ont permis de t’extérioriser et de l’invisible te passer au visible. Les autres arts martiaux sont tous des créations plus ou moins complexes, plus ou moins attractives, mais toi es ce qu’il fallait sentir. Car où est le défaut ? Ni éthiquement, ni philosophiquement, ni physiquement, tu n’as de faille. Evidemment, il faut un corps pour te pratiquer, mais ce corps invalide qui nous entrave s’il est infirme ne nuit en rien à la perfection de ta forme.

 

Il existe des arts martiaux appelés l’art du tigre, d’autres l’art du dragon, ou du singe, ou de l’ours. Mais le tigre ne serait-il pas ridicule à vouloir imiter l’homme ? Et à un homme ne fallait-il pas un art spécifiquement humain, c’est-à-dire participant de la qualité la seule vraiment représentative de notre condition, à savoir celle permettant de sortir du cercle dont les animaux sont tous des victimes, et nous-mêmes avant que d’en être sortis, c’est-à-dire du cercle des dominants-dominés, cercle dont les rapports sont dépassables par nous seulement et qu’il faut donc dépasser, car tel est notre devoir. Ainsi, tous les autres arts ont et gardent ce côté violent de la domination, et pour cause, leurs techniques même les obligeant, car tous s’apparentent au karaté détruisant par les coups, au judo humiliant par les techniques très bestiales et rappelant la soumission ou au mieux au tai-chi-chuan qui seul peut croire rivaliser avec l’aïkido, mais si l’objectif est, comme en aïkido, d’absorber l’énergie de l’adversaire, c’est pour l’en mieux projeter, et là il en diffère totalement ! Le tai-chi-chuan associe pour mieux séparer, l’aïkido associe pour ne faire qu’un de deux éléments séparés, sublime les différences et améliore, fait avancer les protagonistes ensemble, dans un même mouvement. Ainsi, l’aïkido seul efface les antagonismes et appelle l’homme à Dieu. Car il y a une fabuleuse spécificité de l’aïkido, qui se démarque des autres arts " pacifistes ", dont le message et le but sont les mêmes –la formation de l’homme, la maîtrise de soi, la compassion- mais qui se prêtent en dernier recours aux techniques violentes contredisant par là-même d’une façon ou d’une autre leurs messages.

 

L’aïkido, lui, utilise des techniques qui en plus de leurs mérites d’être non violentes et non conflictuelles sont amenées par leur essence même à changer directement la psychologie et les intentions de l’agresseur. Et c’est cela qui est merveilleux, car non seulement, il s’agit de se défendre sans nuire à l’adversaire dangereux, mais en plus de faire prendre conscience à cet adversaire de la vanité, de la futilité de son attaque et finalement de lui montrer qu’il n’est pas cet adversaire qu’il croyait être mais un ami dont on a compris les angoisses et qui grâce à cette compréhension va se mettre lui aussi à aimer et comprendre les autres.

 

Et c’est là que j’en appelle au Christ. Car je ne sais s’il y a eu de la part de UESHIBA connaissance de son enseignement mais les deux attitudes sont étonnantes de ressemblance : même message d’amour appuyé. En effet, qu’un chrétien soit confronté à ce dilemme du pacifisme absolu : comment se défendre physiquement sans trahir le message du Christ ? Qu’il soit soulagé, ce dilemme n’existe plus ! Jésus avait raison sur l’amour et sur la vie, la seule façon d’aimer vraiment, c’est de se sacrifier, il a montré l’exemple. Il a fait ce qu’il devait et a inspiré beaucoup d’hommes. C’est évidemment le message idéal. Mais 2000 ans ont passé et nous ont montré une vérité : que l’homme n’était pas prêt ! Et comme je le comprends, car est-il facile de se sacrifier, donner sa vie, son corps, quand on ne sait pas si Dieu existe réellement et plus encore quand on pense que son existence est indémontrable, ce qui nous condamne donc à l’incertitude et au doute permanent. Facile, j’ai employé ce mot pour dire que ça ne l’était pas, mais ce mot est faible car le sacrifice n’est ni facile, ni difficile, il est ce qui est de plus difficile. Et donc l’homme n’était pas prêt… Aussi, désormais, il nous est permis d’avoir des principes, de nous défendre, si besoin était, sans les renier, et encore d’amener cet homme néfaste qui nous agresse, maintenant maîtrisé et désarmé, à nous suivre dans cette voie qui recherche l’amour, et le professe avec largesse. Ainsi l’homme commun qui se voit une issue au problème de violence et ne renie pas ses idéaux de paix, doit remercier UESHIBA, qui est un autre " celui qui a su trouver ".

 

Le budo japonais est l’aboutissement des arts martiaux d’Orient. L’aïkido est l’aboutissement du budo japonais. Mais il est aussi un excellent moyen de se constituer un bon physique, il est donc un sport. Et je pense affirmer qu’il est le meilleur sport au monde. En effet, non brusque, sans heurts, il ne présente pas, comme la plupart des sports, une atteinte à l’intégrité physique du pratiquant. Ses mouvements sont doux, amples, mais précis et énergiques ; les jambes sont légèrement pliées et à force d’être mues, elles deviennent sûres et puissantes, elles s’assouplissent, deviennent dynamiques ; le corps est droit ; les bras décrivent des mouvements larges, les poignets deviennent puissants, les bras plus forts, la cage thoracique se développe, la posture ainsi utilisée travaille l’énergie, les muscles se détendent, les nerfs se dénouent. Cet art donc, et tout cela sans dommage pour la santé, muscle, assouplit, développe l’énergie, la vitalité, et équivaut par le bienfait qu’il procure et la sensation que l’on éprouve à la fin d’une séance au meilleur des massages. Voilà après l’aspect spirituel, pour le côté physique.

 

L’aspect esthétique n’est pas en reste dans cet art dont les mouvements tournoyants, en spirale, sont magnifiques. Il ressemble à un ballet et évoque les danses fabuleuses des mystiques soufis, les derviches tourneurs.

 

Voilà pour cet art merveilleux qui réunit toutes les qualités qui vont lui permettre, je l’espère, de devenir un des arts phares du XXIème siècle. Mais il faut se souvenir qu’en aucun cas l’aïkido ne peut être suffisant. Il lui faut associer un enseignement intellectuel car aucune technique, aucun art n’est si parfait qu’il peut se suffire à lui-même. Il faut un but et ne jamais perdre ce but de vue. Le but sans la pratique n’est rien ; la pratique sans le but n’est rien non plus. 1999/2000

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