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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 13:30

 

 

Si les Bouddhistes épargnent les animaux, c'est pour leur permettre de se réincarner en une forme plus complexe, les laisser aller au bout de leurs possibilités, mais pour qu'ils puissent sortir du cycle des renaissances, donc qu'ils meurent véritablement.

C'est doublement absurde, et parce que la joie est aussi positive que la souffrance en cette vie, et parce que nous mourrons tous de notre première mort hélas, le système des renaissances n'étant qu'une fiction consolatrice, un habile stratagème inconscient puisqu'en inversant les données du problème, la  vie étant l'enfer dont il faut sortir , ( ce qui nous serait  difficile ), et la mort définitive ou nirvana étant la solution, les Bouddhistes se rassurent en fait puisqu'ils se croient à peu près certains de se réincarner ( ce qu'il désirent au fond, aucun homme n'adhérant totalement, du fait de la vie elle-même, aux quatre nobles vérités )

 

Mais je ne suis pas Bouddhiste, et comme je crois que la vie a une valeur, je pense qu'il faut respecter celle des animaux.

Les tuer pour manger me paraît légitime, dans la mesure ou si l'humain est supérieur il le peut, et s'il ne l'est pas, pourquoi devrait-il se priver de l'activité régulière d'autres animaux ?

Ceci dit, puisque pour moi la distinction nature/culture est arbitraire ( nous sommes du monde et si nous comprenons ses lois, c'est que nous sommes nous-mêmes ses lois, et le pensons avec notre cerveau qui est un arrangement de la matière -voir Lévi-Strauss ), toute culture est comprise dans la nature, et l'écart entre nous et les animaux n'est que de degré de complexité.

 

Rien à voir avec le point de vue de Descartes, car si au corps automate de l'homme est associé la substance pensante, l'âme des Chrétiens,  au corps automate de l'animal n'est rien associé du tout, ce qui fait qu'il s'y réduit et qu'on peut le traiter comme une machine  ( pour Changeux l'homme lui-même est réductible à son corps ).

 

Or, j'ai un point de vue plus Animiste ou Panthéiste. Comme l'écrivait Nerval : "Tout est sensible, et tout sur ton être est puissant" ( Vers dorés )

 

Donc, si je crois que l'on peut tuer pour se nourrir, ce n'est pas dans n'importe quelle condition, pas dans les conditions actuelles par exemple.

L'élevage industriel, le transport, le fait l'on supprime des millions d'animaux pour se préserver, sans qu'on ait l'air d'y accorder de l'importance, tout cela est criminel et un mensonge que l'on se fait à soi-même.

 

En effet, on sait bien quel degré d'affection on peut éprouver pour un animal, et on sait qu'on est forcé de tricher avec soi-même pour en manger.

On ne peut manger du chat et du chien parce qu'on a appris à aimer le chat et le chien, qu'ils nous sont familliers, et la seule pensée de s'en nourrir nous répugne.

Les Chinois mangent du chien parce que les chiens leur sont moins proches. 

Nous pourrions donc développer des attachements avec quantité d'animaux que nous mangeons, et cela nous ne voulons pas y penser. Nous ne pouvons pas, parce que nous ne pourrions pas les manger alors.

 

Quand un fermier tue un cochon pour le manger, il le tue pour une bonne raison et cela a sa place, sa joie et sa tristesse.

Mais élever des millions d'animaux en batterie, les leurrer et les tuer, comme s'ils n'étaient rien, c'est mépriser ce qui vit autour de nous et s'en couper. C'est contre-nature en quelque sorte.

 Et je pense qu'à chaque vie animale sacrifiée, une petite cérémonie devrait être jointe, un petit rituel consacrant l'importance de cet acte, pour ne pas oublier que ce n'est pas anodin, que l'on se nourrit d'une vie enlevée.

Redonner aux événements leurs places pour ne pas en perdre le sens !

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Published by FRED V - dans Philosophie
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