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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 17:17


"Ce n'est pas l'événement qui importe mais la façon dont il nous affecte".

Le problème, c'est qu'un ordre naturel préside à la réception émotionnelle d'un événement.
Il est normal d'être affecté durement par un certain type d'événements, et d'éprouver de la joie pour un autre genre  d'événements.
Vouloir modifier cette adéquation naturelle, spontanée, entre un état intérieur et un événement, chercher à se rendre indépendant des aléas de l'existence, c'est, au mieux, se muer en automate, au pire sombrer dans l'incohérence et la folie.

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commentaires

L

Encore cette synthèse entre psychologie de second rang, pour laquelle tout dépend de l'intériorité (outils pour psy à 70 euros de l'heure qui sert en réalité à régler les petits conflits
traditionnels de la famille bourgeoise) et nihilisme soixante-huitard pour lequel tout est relatif (outils qui sert en réalité à reporter sur la responsabilité des individus des causes extérieures
de déstabilisation, comme le durcissement des conditions de travail).

Bien que vérifiable sur le plan de l'hétérogénéïté culturelle, cette version simplette et sans couleur du constructivisme kantien en devient affligeante de mauvaise foi, comme cette posture
anti-fasciste qui permet de ne surtout pas s'attaquer à la subtile violence de notre pseudo-démocratie de marché, tant qu'on ne remet pas en cause la sacro-sainte subjectivité de
l'individu-roi.

Une philosophie de consommateur qui se prélasse dans le confort de sa certitude du "tout relatif" sans ne jamais risquer d'en avoir vraiment une !

Je rejoins donc l'auteur sur le fait que c'est bien l'évènement qui prime, et que l'on s'en sors d'autant mieux qu'on ne se laisse pas hâper par cette arnaque de "l'affectation personnelle", du
"chacun ses valeurs" et autres conneries qui nous empêchent de bien identifier l'origine du trouble.

C'est bien le retour forcé à l'intériorité qui caractérise la violence muette de nos sociétés (culpabilisation permanente), et combien est puissante cette doctrine de lâche, appareillée par trente
ans de sciences humaines officielles !


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M

Le fait est cependant, que ce que nous connaissons d'un événement n'est que la conscience que nous en avons, donc la manière dont il nous affecte. Nous ne connaissons du monde que notre propre
version, avec nos propres yeux, notre propre sensibilité, notre propre expérience. Que le langage permette de les partager avec les mots des autres ne signifie pas un accord fondamental sur ce qui
est réel ou non. D'ailleurs, nous n'apprécions pas tous les mêmes choses de la même façon et rien n'est jamais, dans l'univers, aussi binaire que l'on veut bien le croire...


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F


Nos propres goûts évoluent par ailleurs en fonction de nos besoins. Kant a tort. Il n'y a pas de critères du bon goût, valable universellement.


Maintenant, je pense qu'il faut lier l'objectif et le subjectif. Certes, "le monde est ma représentation" (Schopenhauer), et il ne saurait en être autrement, mais à le prendre au premier degré,
c'est l'autisme assuré. Comme le disait Lévy-Strauss, si nous comprenons le monde, c'est que nous sommes du monde. Le cerveau avec lequel nous pensons appartient au monde, notre pensée est la
conséquence d'interactions naturelles. Et donc, nous pouvons établir des rapports authentiques avec ce monde. C'est pourquoi je pense aussi, qu'au-delà de nos appréhensions nécessairement
subjectives, il y a un fond d'objectivité qui nous englobe, comme une nécessité biologique qui fonde quelques conventions indépassables, et qu'à un type d'événement correspond généralement, ou
doit y correspondre ( si la civilisation ne s'est pas trop éloignée du bon sens ), un type d'état d'esprit. Par exemple, une amputation est en général mal vécue, et si non, elle devrait l'être.
Il y a une foule d'universaux qui appartiennent à ce type de correspondances, à mon avis, et qu'on ne doit pas, qu'il n'est pas sain, de remettre en cause. C'est pourquoi détacher
artificieusement le ressenti subjectif des événements réels, afin de rester impassible et toujours maître de soi, est à mon avis contre nature, et pourvoyeur de folie.