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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 14:21

A minuit, Brian et Maharo sentirent la pression monter. Les impératifs de l'action focalisèrent leur attention. Ils prirent un café, silencieux, dans le cuisine de Marek. Erreur pour Brian, car son estomac lui rappela qu'il ne le tolérait plus, et il le vomit. Ne plus pouvoir prendre de café! Ils attendirent une demie heure, puis sortirent. Parvenus à proximité du loft de Kyrill, ils se posèrent un moment, prêts à bondir comme des tigres, l'esprit de Sandokan en eux. A 2H, ils décidèrent de l'assaut. Ils se rapprochèrent du loft. Maharo ferait le nécessaire et laisserait le champ libre à Brian, une fois l'accès libéré, et le garde du corps neutralisé. A l'angle d'une rue jouxtant le domicile de kyrill, Brian attendit, anxieux. Maharo venait de le quitter, et même s'il connaissait son habileté et son goût pour le combat, l'imprévu dominait ce monde. Et justement, Brian était perspicace. Maharo, seul, s'occupa de la neutralisation des alarmes et des manipulations nécessaires pour forcer l'entrée. Tout se passa sans heurts. Kyrill dormait dans une chambre à l'écart, qui plus est insonorisée, et les somnifères ingurgités le rendaient totalement amorphe et inconscient. Pas de souci de ce côté-là. Maharo aperçut le garde du corps, somnolant, dans un local bardé de caméra. Une chance qu'il ne fut pas bien vif. Maharo s'approcha, se glissa par derrière et s'apprêta à l'étrangler. Au moment ou il fut sur le point de verrouiller sa technique, le garde du corps se retourna et lui lança un violent coup de tête qui projeta Maharo contre un mur. L'homme de main de Kyrill était plus alerte que prévu. Sonné, le nez fracturé, Maharo fut pris sous une avalanche de coups puissants, directs, crochets, uppercuts, dans la pure tradition de la boxe anglaise. Il se protégea avec une garde et des réflexes approximatifs, réussit quelques contres issus du wing chun, des directs le poing non vrillé et attaques du tranchant de la main, mais ils n'ébranlèrent pas son adversaire. Celui-ci était coriace. Maharo tenta une frappe du pied, proche d'une technique de savate, dans le genou, mais il ne perturba pas le garde du corps qui en profita pour une amenée au sol classique, un double leg. Sacrée remise en question pour Maharo qui se faisait rarement déborder. Au sol, il subit une avalanche de coups, un ground and pound. Le wing chun, avec les frappes préconisés aux yeux ou à la gorge ne fut pas d'une grande utilité pour Maharo. Les techniques d'aïkido, qui passaient rarement debout, étaient inappropriées dans cette configuration, sur le dos avec un adversaire coriace s'acharnant à vous détruire. Heureusement, Maharo ne s'était pas contenté de wing chun et d'aïkido. Il était de ces passionnés qui vont de stage en stage découvrir différents arts, apprendre et se confronter à d'autres styles. Il avait aussi une base en boxe anglaise et en ju jutsu brésilien. Et ayant pratiqué le krav à la légion, il avait assimilé des mouvements pour se redresser le plus vite possible, techniques que le krav avait d'ailleurs emprunté au ju jutsu brésilien. Ainsi, coinçant le bras et la tête de son adversaire, il tenta un triangle pour l'étrangler, qu'il ne finalisa pas, mais cela lui dégagea un espace qui lui permit de se relever. Et c'est finalement avec un coup de coude à la gorge effectué de son bras droit, suivi d'un coup de tête et d'un crochet du bras gauche, techniques basiques, qu'il sonna son adversaire. Cependant, comme Bruce lee en son temps, c'était une remise en question. Se spécialiser en wing chun et en aïkido était peut-être une erreur. Ca fonctionnait dans des bagarres de bar contre des individus quelconques, mais pas contre des types endurants et efficaces. Le krav était plus pragmatique, avait de bons principes et plus d'options. Mais il s'appuyait en définitive sur des arts existants, notamment la boxe, le karaté, la lutte, le ju jutsu brésilien, en les appauvrissant. Revenir aux fondamentaux, reconsolider les bases, du pied poing, du grappling comme les gars du MMA décriés par les adeptes de la self défense, voilà qui était à envisager. Comme le pensait Brian, Douieb pour le krav, Joussot ou Ropers pour le silat ont beau expliquer que le ring ce n'est pas la rue, ils prendraient quand même une trempe dans la rue contre Lebanner, oyson, ou un champion de MMA d'une catégorie même légère. Maharo entrava le garde du corps, le baillonna, et sortit. Dès que Brian le vit, il fut rassuré et s'engagea. C'était prévu ainsi. De toute façon, Maharo était auto-suffisant. Il n'avait pas besoin de Brian et aurait pu tuer Kyrill lui-même. Brian était en quelque sorte superflu. Mais c'était l'idée de Brian, et Brian avait besoin de Maharo.

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 13:47

Tous les types fabuleux qui servaient à Brian de modèle avaient un point commun. Ils avaient pris le risque de perdre la vie, pour vivre véritablement. Ce n'était pas facile. On a beau tous savoir qu'on va mourir de toute façon, et très rapidement, il y a toujours la peur. Parfons, on se lance dans le vide, et on en réchappe. On en sort grandi. Mais parfois, on se lance et on y reste. On en ressort très, trop abîmé. Ce n'est pas évident d'affronter la mort. Ce qui fait peur, ce n'est pas nécessairement la crainte des Dieux, le jugement dernier. C'est peut-être tout bonnement de cesser de vivre. Et c'est pourquoi les argements des Epicuriens ou des Stoïciens ne sont pas très efficaces pour triompher de l'angoisse. Brian avait peur, très peur de la mort, et ce n'est pas Dieu, les Dieux, les djinns ou le Diable qui l'effrayaient, c'était de partir sans jamais avoir réellement vécu, été heureux, avoir aimé et s'être senti aimé. C'était ça qu'il craignait, et c'est ce qui l'enchaînait à ses peurs et le retenait prisonnier de la vie.

Alors il appréciait des types comme Mike Birch "le cowboy des mers" ou Franceshi, le baroudeur aux multiples facettes. Eux avaient vécu l'aventure. Ils s'en étaient sortis, grâce à de la prudence mêlée à leur courage, à de la perspicacité au milieu des dangers mais aussi, beaucoup, à la chance, et la chance aussi, d'être ce qu'ils sont, des types bien balancés, bien doués, et favorisés par le sort.

Il y a un côté Hégélien dans le processus. Oser risquer sa vie pour être libre, plutôt qu'être esclave de la vie, de la peur, et donc aussi des hommes et des situations. Mais comme chez Hegel, préférer l'esclavage à la mort, ça a aussi des avantages à long terme. La lâcheté sauvegarde et développe des compétences. Elle est aussi indissociable d'une certaine lucidité. L'excès de courage et de dureté, la témérité, détruit les hommes si inflexibles qu'ils préfèrent à toute souillure, comme les Japonais optant pour le seppuku plutôt que se rendre, ou les kamikazes allant à la mort certaine. Le courage n'exclut pas la souplesse, et quelques accommodements. Au final, la vie triche, les animaux trichent, et les tricheurs sont récompensés. Ils vivent, et profitent.

Le machiavélique l'emporte sur l'homme d'honneur. Sun Tzu triomphe de Musashi. Les conseils rédigés dans "l'art de la guerre", faits pour survivre, préservent la vie des guerriers tandis que le bushido, fait pour mourir, la leur enlève. Comme dans le film "Rusty James", les types trop épris de mythologie finissent souvent mal, et ne sont pas suivis. Ce que veulent la plupart des hommes, c'est leur confort, et ils choisissent celui qui le leur donnera. Il y a bien sûr des exceptions, comme Napoléon.

Et puis comme l'écrit Joseph Campbell, ce qui compte finalement, ce n'est pas de trouver un sens à la vie, ou d'en créer un, c'est de vivre plus intensément, d'accepter, de rechercher les épreuves qui font se sentir plus vivant.

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 13:35

"Celui qui comprendra le fonctionnement du babouin fera davantage progresser la métaphysique que Locke" comme l'écrivait Darwin, qui fascinait Brian. Darwin qui, sans l'enchaînement exceptionnel de circonstances et son propre courage, n'aurait pas pris la mer avec le Beagle, et n'aurait pas , malgré la richesse de ses recherches antérieures, écrit l'oeuvre que nous connaissons.

Quelque part, Darwin, également grand philosophe en plus d'être un grand scientifique, est aussi un écrivain voyageur, comme le fut Von Humbolt dont la lecture fut un grand stimulant pour le pousser à l'aventure.

Le Voyage! Les gênes de Brian, d'origine malouine, vibraient dès qu'il était question de grand départ. Dans "Vies minuscules", Pierre Michon écrit en première page que son héros n'avait pas d'ascendance malouine, ni grand capitaine ni aventurier exalté. Brian lui, était traversé de part en part par une énergie, un bouillonnement "bigger than life" qui l'apparentait à ces hommes de légende et ces grandes épopées, les Terre Neuvas les Cap Horniers, la compagnie de Indes, Chateaubriand, Jacques Cartier, Surcouf, Duguay Trouin, Lamennais, Maupertuis, Charcot, La Mettrie. Il y tant de radicalité, d'ardeur dans la vie et l'oeuvre de ces homme que c'était une réjouissance dont s'énorgueillissait Brian d'en être un héritier et d'en partager l'esprit, d'être un combattant mais aussi un homme d'esprit.

"Ni français,ni breton, malouin suis"; "Malouin d'abord, breton peut-être, français s'il en reste".

Est-ce un hasard si le festival "Etonnants Voyageurs" se déroule à Saint-Malo? La ville doit beaucoup à Michel Le Bris, qui en fait rayonner le nom et l'âme, et grâce à qui elle n'est pas réduite à être une ville musée, certes incomparable, mais qui doit rayonner à nouveau.

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 12:40

Par association d'idées, Brian se souvint de son vieil ami Alexei. Alexei, d'ascendance russe, était trop beau pour être honnête. Malgré ses excès, il ressemblait toujours à Peter 0 Toole, en plus féminin. Une sorte de Peter Orlovski, petit ami de Ginsberg, détruit par les drogues. A lui s'appliquait parfaitement les premiers vers de Howl:

"J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus, se traînant à l'aube dans les rues nègres à la recherche d'une furieuse piqure, initiés à tête d'ange brûlant pour la liaison céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne"

Il avait été terrassé par une sorte d'effondrement psychique, et il s'en sortait par la fuite, l'annihilation dans les drogues, les saloperies chimiques amoindrissantes des psychiatres. Cela le dissuadait, l'empêchait de chercher en lui-même la véritable origine de ses problèmes, d'en tirer une cohérence et des buts. Il était, comme Burroughs, essentiellement passionné par toutes sortes de substances psychotropes, et n'opposait aucune résistance à l'espèce de lobotomie chimique dans laquelle on l'enfermait. Et pourtant, il lui venait quelque lucidité. Son attirance pour l'univers de Lovecraft par exemple, s'expliquait aisément. Son esprit était pris au piège, submergé, dépassé par quelque force obscure, qu'il n'était pas parvenu à assimiler. Ctulhu pour lui, c'était du concret. Il était le "fou" de la famille. C'était sa fonction. Il payait pour des problèmes antérieurs non résolus, et de névrose en névrose, de psychose masquée en psychose intégrée il était, au bout de la chaîne, celui qui ne pouvait plus faire comme si, plus tricher, celui par qui le scandale arrive, le déstabilisateur, la vérité dévoilée, exposée, et bien sûr, tout serait fait pour l'étouffer.

Brian ne pouvait s'y substituer pour l'aider à se libérer, à défusionner et à conquérir son autonomie. Il fallait une prise de conscience individuelle, un déclic, quelque chose de mystérieux, du ressort du déterminisme ou du libre arbitre, et qui arriverait ou n'arriverait pas. Brian pensait que l'homme qui s'est libéré n'est pas originairement libre, à l'origine de sa volonté de se libérer car celle-ci est déterminée. Le projet originel d'existence Sartrien, l'existentialisme, c'est de la fumisterie. L'homme n'est pas "un empire dans un empire" comme l'écrivait Spinoza. Il est du monde, et soumis aux mêmes lois que n'importe quelle créature vivante.

 

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 00:47

 

Brian se souvint avec nostalgie de Schonberg, une belle brute nordique, une bête blonde comme l’écrivait Nietzsche. Ils s’étaient rencontrés lors d’un sparring léger en karaté, et malgré des coups bas, ils avaient appris à se connaître. Par bien des aspects, Schonberg, issu d’une lignée de mineurs lorrains, était borné, naïf, adepte des théories du complot les plus farfelues. Mais il n’avait pas d’égal pour le côté pratique de l’existence, inlassablement curieux. Il disposait d’une énergie incroyable pour le bricolage, et aurait pu aider Brian dans ses nouvelles aventures. Ils s’étaient soutenus lors de périodes très sombres, partageant des traumatismes anciens. Et bien qu’ayant très peu de points communs avec lui, Brian aimait sa présence. Mais il ne le reverrait plus. Son ami s’était fourvoyé dans de troubles alliances chinoises, et il ne put s’en libérer. Les triades le tuèrent, après l’avoir atrocement torturé. Schonberg s’était isolé, replié sur lui-même, et il était mort d’avoir oublié qui étaient ses vrais amis.

 

Brian en voulait à la Chine. Il s’était renseigné. Les Chinois, dans leur évolution, avaient pris le pire du communisme, et le pire du capitalisme. Et ils revenaient à leurs traditions, mais pour ne garder que le pire du Confucianisme, à des fins d’obéissance, de soumission et de docilité. On avait l’équivalent d’une trahison de la noble pensée Chinoise avec les entreprises de formation Occidentale usant des concepts de « Tao management » dont le but, la productivité accrue, occultait complètement l’éloge du vagabondage, de l’oisiveté et de la contemplation, chers aux grands Taoïstes. Mais Brian croyait en la Chine, et ne désespérait pas d’un retour de son Peuple à son antique sagesse. La Chine n’a pas besoin du communisme pour être vertueuse, ni des droits de l’homme d’ailleurs. Elle a tout ce qu’il faut pour une croissance harmonieuse, et l’avait bien avant que nous la corrompions par notre matérialisme dialectique, notre productivisme effréné, et nos déclarations universelles intempestives.

 

 Brian avait aussi découvert le ressentiment très fort des Chinois pour les Japonais, à qui ils ne reconnaissaient aucune qualité, ni vertu, ni originalité, ni richesse culturelle, ni sensibilité. Brian s’étonnait car la position des français vis-à-vis de l’Allemagne était bien différente, l’attrait pour la culture Allemande, la fascination même, étant propre à la France. Mais cette animosité s’expliquerait par les positions nationalistes et ambigues des gouvernements japonais successifs, ne reconnaissant pas vraiment les crimes de guerre comme ce qu’ils furent, des exactions si horribles que même les nazis en étaient parfois choqués.

 

Brian s’était aussi renseigné sur les guerres de territoire entre triades et yakusas, la mafia chinoise empiétant sur les zones d’action des Japonais, et ce à Tokyo même. De toute façon, les Triades étaient trop puissantes pour penser à une vengeance personnelle. Il fallait laisser tomber. Brian pleurait son ami perdu. .La vie vous prenait tout.

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 01:33

Brian souffrait de ne pas avoir d’enfants. Les enfants sont la solution naturelle, biologique au problème de la vie. On sait quoi faire, on a une place, une direction, avec des enfants. Et de l’affection. On traîne malgré tout ses problèmes, ils ne les effacent pas, et on peut transmettre ses névroses, ses folies à sa progéniture, mais quoi qu’il en soit, les enfants sont la continuité logique vers laquelle s’orienter, et toutes les doctrines, les idéologies faussement émancipatrices ne peuvent rien contre la nature. Brian se gaussait de certaines revendications féministes. Mais, en réalité, si la reproduction est nécessaire à l’équilibre de la femme, elle l’est tout autant à l’épanouissement de l’homme.  Le conformisme actuel a tendance à se gausser de ces vérités. Cependant, la sagesse chinoise, avec son côté délicieusement réactionnaire, défend ces valeurs. Le tao immuable est le tao et ceux qui s’en détournent le paient. Aussi, Brian, plongé dans des classiques chinois, taoïstes et confucianistes, qu’ils préféraient au bouddhisme et à l’hindouisme, se délectait de leurs subversions ordonnées au flux universel. Dans « Le Vrai Classique du vide parfait », de Lie Tseu, au Chap 6, on voit Lin Lei, un vieux sage, qui se vante auprès de Tseu Kong de n’avoir rien à regretter et de ne pas craindre la mort, car sans femmes ni enfants et détaché de tout. Lorsque Tseu Kong rapporte ses propos à Confucius, celui-ci dit : « Je savais bien que c’était quelqu’un dont les propos seraient profitables ; oui, mais il n’a saisi qu’une partie de la vérité. » Le détachement de la vie sans avoir vécu, forcé, non naturel, le reploiement avec déploiement inachevé, est inaccomplissement mortifère. Seul le détachement comme conséquence progressive d’un nécessaire attachement suit l’ordre naturel, et laisse sans regrets. Et faire des enfants est inclus dans le processus naturel. Lin Yutang, dans le chapitre « La jouissance du foyer » de son essai « L’importance de vivre », développe l’idée que les succès politiques, économiques, artistiques, ne peuvent se substituer au plaisir de voir ses enfants croître et se réaliser. Il cite une anecdote sur Herbert Spencer, le grand philosophe évolutionniste, un peu oublié et néanmoins une des principales inspirations de Jack London : « On raconte que, quelques jours avant sa mort, Herbert Spencer avait les 18 volumes de la « Philosophie synthétique » sur les genoux, et que, sentant leur poids glacé, il se demanda s’il n’aurait pas mieux valu qu’il ait un petit-fils à leur place. Il est assez triste d’avoir des succédanés de sucre, de beurre et de coton, mais il serait déplorable d’avoir des succédanés d’enfants ». Rien ne remplace la nécessité vitale d’avoir des enfants. Et Brian, qui n’en avait pas, ne se le masquait pas, ne travestissait pas la vérité avec de désuètes idéologies avant gardistes.

 

Ce dont Brian rêvait, c’était le rétablissement d’une saine hiérarchie. Non pas un fascisme brutal : « Si j’entends le mot culture, je sors mon pistolet » mais un fascisme culturel, avec la société du spectacle pour ennemi, dans une veine Pasolinienne pourrait-on dire, avec pour mot d’ordre : si j’entends Kyrill Hamdoulah, je sors mon pistolet. Et justement, ça tombait bien, parce que Kyrill Hamdoulah, il allait le tuer.

 

Brian et Maharo, après s’être séparés pour une excursion Parisienne, chacun vaquant à ses marottes, rentrèrent chez Marek. On aimerait dire que les stéréotypes sont la plupart du temps des clichés. Hélas pour lui, pour la Pologne et pour nous, Marek était un gros buveur, un grand bagarreur, et un mauvais dragueur. Et c’est à peu près tout ce qu’on en peut dire. Il ne s’était cependant pas complètement laissé aller, comme certains légionnaires qui se clochardisent, et comme beaucoup qui, trop dépendants d’un cadre pour se maintenir d’eux-mêmes, rongés pas l’alcool et le désespoir, perdent toute condition physique. Marek s’entraînait. Il tenait à ses biceps, ses pectoraux, sa carrure. Il voulait en imposer. Alors il allait à la salle, et enchaînait les séries de développé couché, de dips, de tractions, de squats. Ravi de sa puissance, il aimait exhiber ses muscles, qui étaient comme indissociables de la structure de sa personnalité. Et puis, il avait trouvé un emploi de cordiste. Anciens légionnaires, parachutistes, ils étaient nombreux à s’être reconvertis ainsi. C’était dans leurs cordes, et ça payait bien. Marek y avait eu quelques ennuis en rapport à la boisson, mais il n’était pas le seul à mal gérer ce problème, alors on le gardait. On le gardait jusqu’à ce qu’il ne puisse plus du tout réguler les quantités d’alcool absorbées. Alors on le virerait. Et peut-être il ne pourrait plus se remettre. Adieu le travail, adieu la salle de sport, adieu les biscottos, et il se clochardiserait, comme tant d’ex légionnaires si abîmés, si décalés, si seuls. Ou peut-être il se remettrait, trouverait un nouveau souffle, vivrait véritablement et laisserait loin derrière Brian et Maharo, comme cela arrive parfois. Des hommes, dont on n’espérait plus rien, soudain se réveillaient, et en quelques mois, ou quelques années, se métamorphosaient, engrangeaient les conquêtes, se révélaient, et peut-être se trouvaient, s’apaisaient. Et d’autres, emplis de dons, n’arrivaient jamais à décoller. Des sages, accordés au tao, subissent d’atroces souffrances et meurent tôt, des sots cruels ont une longue vie pleine de plaisirs. Qui peut comprendre ? Relisons, avec Brian, quelques lignes du chapitre « Nature et destin » tiré de l’ouvrage de Lie Tseu « Le Vrai Classique du vide parfait » : « La conduite de Tcheou Sin, de Yin, ne fut pas meilleure que celle des « Trois Parfaits » ; cependant il était installé sur le trône. Ki Tcha, digne d’obtenir le fief de Wou, ne l’a pas obtenu, tandis que l’assassin Heng détenait le pouvoir à Ts’i. Yi et Ts’i moururent de faim sur le mont Cheou yang et la maison néfaste de Ki devint plus prospère que Tchan K’in. Si tout cela est rendu possible par ton seul pouvoir (dis-moi) Li (force de la nature), pourquoi donnes-tu à l’un la longévité et à l’autre une mort prématurée ? Pourquoi les bons échouent-ils et les méchants prospèrent-ils ? Pourquoi abaisses-tu les sages et honores-tu les fous ? Pourquoi la pauvreté à ceux qui ont du mérite et la richesse aux méchants ? ».

 

Le moment d’agir approchait. Maharo restait détendu, confiant,  naturellement et constamment concentré, prêt. Brian était plus nerveux, plus angoissé, toujours parasité par quelques idées, obsessions, ses démons familiers et néanmoins forces occultes le submergeant, et parfois, le rendant étranger à lui-même. Et s’il n’était pas essentiellement Docteur Jekyll luttant contre Hyde, si sa vraie nature était Hyde, l’inquiétante étrangeté, pulsionnelle, et le gentil Jekyll une façade ? D’ailleurs les monstres ne se voient pas ainsi, et ils se justifient leurs actes, sans quoi ils ne pourraient se supporter et vivre. Ainsi des criminels de guerre. Et avec ce qu’il allait faire, ne serait-il pas comme eux, un monstre se masquant la gravité de ses crimes en les idéalisant ? Mais Brian, pas plus que les autres, ne pouvait se voir comme cela, accepter cette image de lui-même. Du reste, il s’interrogeait. Il était plus proche de la psyché tourmentée de T.E Lawrence que des justifications hasardeuses D’Eichmann. Et puis, les découvertes Freudiennes ont montré l’importance des forces inconscientes et pulsionnelles. On peut prendre le parti de Thomas Man, et considérer qu’il faut d’autant plus les contrôler et les canaliser au profit d’un surcroît de conscience, de surmoi et de censure. On peut aussi prendre le parti des surréalistes, regretter la perte de l’essentiel de notre vraie personnalité, étouffée par les contraintes de la civilisation, et chercher à la privilégier, à la retrouver, à la faire dominer. Et si c’est Hyde qui doit l’emporter ? Eh bien il faut l’accepter, aimer sa violence, sa vulgarité, ses excès, sa partialité, y adhérer. Et Brian ne se transformait-il pas en Hyde ? En réalité, il avait été Hyde autrefois, lorsqu’il brutalisait des camarades, au Collège, en maison de correction notamment, mais peut-être était-ce la contrepartie d’un excès de refoulement, du rôle joué trop longtemps de l’enfant sage théorisé par Alice Miller, et qu’au fond, sa vraie nature, s’épanouissant spontanément, l’aurait conduit à faire émerger davantage de Jekyll que de Hyde. Comment savoir qui il était vraiment, à présent ? C’était trop tard. Un faux self suivi d’un faux self et précédé d’un autre. Un lavage de cerveau suivi d’un lavage de cerveau et précédé d’un autre. Et puis un moi éparpillé, dispersé, non unifié, qui se retrouvait et se demandait : qui assassiner ? Qui assassiner avant d’imploser soi-même ? Et il avait choisi pour cible une personnalité qu’il exécrait, qui incarnait tout ce qui est bas en l’homme, et qui, s’il l’avait connu en privé, lui aurait peut-être été sympathique. Comment savoir ? Et était-ce si important ? « Un remord vaut mieux qu’une hésitation qui se prolonge » écrivait Montherlant. On tuait et mutilait des animaux par millions, par milliards, alors tuer quelques hommes, qui intrinsèquement et pour l’Univers, n’ont pas plus de valeur que les animaux, et qui par leurs comportements dégradent hommes et bêtes, était-ce si important ? En bien comme en mal ? Si ça n’avait pas grande importance, on pouvait laisser faire, laisser aller. On pouvait aussi agir, intervenir sur le flux, en extraire quelques éléments. Et c’est ce que Brian avait l’intention de faire, supprimer quelques individuations de l’essence, quelques manifestations du vouloir vivre.

 

Ils mangèrent, Brian Maharo et Marek, quelques pizzas. Le plan était simple. Attendre que Kyrill rentre chez lui, dans le quartier du Marais, y aller vers 2h du matin. Maharo rentrerait le premier dans le loft, grâce à une série de manipulations qu’il avait apprises on ne sait où –il avait aussi ses secrets- peut-être un stage co annexe, et « neutraliserait » le garde du corps, sans le tuer. Puis il laisserait le champ libre à Brian. Il pouvait tout aussi bien tuer Kyrill lui-même, maintenant qu’il était lancé. Mais c’était l’idée de Brian, son projet, alors il laisserait faire Brian. Il aimait bien Brian. Bien que travaillé par ses propres démons, il était moins complexe, et il ne comprenait pas sa complexité, mais il sentait qu’elle le dépassait, et il la respectait. Les atermoiements de Brian, ses fragilités auraient pu l’agacer. Et pourtant Brian l’impressionnait. Quelque chose en lui le fascinait, l’intriguait, un mystère qu’il n’aurait su expliquer. Mais il aimait l’idée de mettre sa force, ses compétences à son service, et que ça allait continuer.

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 09:35

 

Jack London savait de quoi il causait quand il parlait de travaux abrutissants. Il en avait eu plus que sa part, et il avait commencé jeune. Des emplois chronophages, qui, en plus de prendre beaucoup de temps, sont si épuisants qu’ils empêchent de réfléchir, et ne laissent aucune énergie pour permettre la fructification de ses dons, la découverte d’activités stimulantes. La critique des conditions de vie et de travail des exploités est un leitmotiv de son œuvre, et il s’est engagé pour le socialisme, parce qu’il savait que bien peu, comme lui était parvenu à s’en libérer, pouvait s’échapper des déterminismes sociaux. Il était l’exception qui confirme la règle, comme Genêt, Pasolini. Il est des emplois déshumanisants à force de contrainte. Brian avait connu ce genre de travail. Il y avait rencontré des hommes et des femmes intéressants, énergiques, curieux, disposant d’une culture qu’ils s’étaient forgés eux-mêmes, plus ou moins lacunaire et cohérente. Ils étaient broyés par le système. Celui-ci ne leur permettait pas de pousser leur recherche, d’affiner, de s’exprimer, exposant et communiquant leurs interrogations, thèmes privilégiés, certitudes provisoires. C’était, comme à l’armée : « On te demande pas de penser, mais d’obéir », et pour ceux qui avaient des prédispositions et encore la force de se questionner, on les brisait ; le métier, la hiérarchie, les compagnons de chaîne. Comme on était coincé, on ne se permettait pas la plainte, on se l’interdisait, et on paraît cette faiblesse des couleurs de la vertu. Et comme on se dupait ! « Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Quelle connerie ! Brian ne croyait même pas à la maxime modifiée : tout ce qui ne nous tue pas peut nous rendre plus fort. Parfois on plonge, et c’est pour de bon. La réalité, c’est qu’on vieillissait, on fatiguait, tous ses proches mourraient les uns après les autres, et on cherchait désespérément une raison de tenir le coup, encore un peu, et la plupart du temps, on n’en trouvait pas On n’avait plus de ressort.

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 09:34

 

Il arrivait à Brian d’être subjugué par une femme, d’être fasciné, comme si une âme émergeait d’un visage et d’un corps et lui apportait la conviction qu’avec elle, il ne serait plus seul, la vie serait belle et aurait un sens.  Ce n’était pas une question essentiellement sexuelle. Il existait d’innombrables femmes qui plaisaient sexuellement à Brian, mais par une sorte de malédictions seules ces femmes excitant son corps tout en laissant son âme indifférente lui étaient accessibles. Une fatalité répandue ne lui donnait la chance d’éprouver un coup de foudre que tous les 10 ans. Ce n’était pas, alors, un après-midi qu’il lui fallait pour être subjugué, aimanté, ne plus penser qu’à cela, et vivre cette étrange impression que toute la vie, l’essence et la beauté de la vie étaient circonscrites en une seule femme, c’était quelques secondes. Brian pensait qu’une histoire avec un être comme cela lui échapperait toujours. Pourtant il aurait donné sa vie sans hésiter pour une relation de ce type, car elle seule lui aurait donné l’impression de ne plus être seul, et aurait contribué à donner une signification à ce chaos sanglant dominé par la lutte. Il avait été frappé par la foudre une quinzaine d’années auparavant, dans un restaurant universitaire. Il discutait avec des comparses philosophes quand il la vit, une asiatique, mangeant avec d’autres étudiants. Et il avait été foudroyé. Les discussions philosophiques paraissaient si vides, de si peu d’intérêt à côté. Etrange impression. Il l’avait peut-être vue 20 minutes en tout, et il y pensait encore.  Et puis récemment, il avait été fasciné par la beauté et le charme d’une jeune asiatique, aperçue dans un train. Elle était accompagnée d’une femme plus âgée, également asiatique. Il l’avait suivie un peu dans la gare, admirée, ne pouvant en détacher le regard. Pourquoi était-ce si rare les filles comme ça ? Et il avait interrompu sa contemplation pour ne pas rater un changement de train. Il y pensa ensuite, très triste, déchiré, et les vers de Nerval lui revinrent :

 

« Elle a passé la jeune fille

   Vive et preste comme un oiseau

   A la main une fleur qui brille

   A la bouche un refrain nouveau

 

   Elle était peut-être la seule au monde

   Dont le cœur au mien répondait

   Qui venant dans ma nuit profonde

   D’un seul regard l’éclaircirait

 

   Mais non, ma jeunesse est finie

   Adieu doux rayon qui m’a lui

   Parfum, jeune fille, harmonie

   Le bonheur passait, il a fui ».

 

Bon sang, qu’il avait le cafard. On ne peut être un guerrier indéfiniment, ou qu’un guerrier. Il faut une raison de lutter, aussi, sinon le cœur s’assèche et à quoi bon ? Et puis, il ne lui restait plus beaucoup de temps. Du temps pour vivre, faire des rencontres, se libérer, et pouvoir quitter ce monde sans regrets, apaisé et rassasié. Et merde, il n’avait que trop lutté. Il n’avait, même, que lutté.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 19:56

 

Tuer pour un tiers, une personne, une organisation, c’est quelque part être un larbin. Si le meilleur tueur ne peut pas refuser 1 contrat parce qu’il craint les représailles, il ne s’appartient plus. Kuklinski tuait pour la Mafia italienne. Il avait une grande réputation, mais il ne pouvait choisir ses cibles, il était sous emprise, et si ses commanditaires lui demandaient de tuer un de ses amis, il s’exécutait. C’est assez lâche. Le mec vraiment courageux, c’est celui qui refuse, la figure du grand banditisme qui répond à une offre : « éliminer ce mec là, ça me dit pas, ce type m’a rien fait, j’ai rien contre lui, il me serait peut-être sympathique si je le connaissais. Donc non, j’y vais pas ». Brian ne voulait être le larbin de personne. On ne lui imposerait rien. Il lui faudrait l’envie, le besoin peut-être, l’inspiration sûrement.

 

De toute façon, si ce n’était le désir de vivre des aventures, de corriger des absurdités sociales, d’éliminer des ordures, Brian savait ce que le métier avait d’intrinsèquement lâche. Pour régler un « problème »,  on préparait, on planifiait, et on partait vainqueur. C’était plus de l’art ninja que de l’éthique samouraï. Si l’on voulait ajouter du piment, on pouvait amener la cible à combattre plutôt que l’éliminer furtivement et sans même qu’elle ait conscience de sa fin, bien que ce ne soit pas professionnel, mais de toute façon, c’était biaisé. Revendiquer l’honneur dans une telle confrontation, c’était du pipeau puisque l’un des protagonistes était généralement surentraîné et l’autre bien moins préparé. C’était plutôt le jeu du chat et de la souris se parant d’un code moral artificiel. Pour une élimination éthique, il fallait que la cible ait une réelle chance. Il aurait fallu affronter des colosses, Jérome Lebanner ou Mike Tyson, face à face. Mais évidemment, cela ne se passe pas comme ça. Et un type qui aurait cette démarche ne durerait pas longtemps, et ne passerait jamais professionnel. Autant s’inscrire à l’UFC pour des confrontations équilibrées. Chacun son boulot.

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 01:32

 

J’ai vu un doc sur Gilles Arsène, un homme sympathique, précurseur du MMA en France, et spécialisé en ju jutsu brésilien. Il expliquait que la vraie concurrence pour le judo, ce n’était pas le MMA, mais le JJB et développait d’autres points de vue intéressants. Je voudrais préciser 2/3 idées.

 

Sur le JJB, il était faux de dire, comme le disaient les Gracie en leur temps (ce que ne dit pas Gilles Arsène), que tous les combats vont au sol, et que par conséquent on ne peut pas se battre contre 2 adversaires à la fois. En fait, la perspective du spécialiste en JJB est biaisée, puisqu’il conçoit le combat comme du grappling se déroulant essentiellement au sol, et projette son expertise sur la rue. Mais la plupart des agresseurs dans la rue ne sont spécialistes de rien du tout, ni du sol, ni de la lutte, ni du pied poing. Donc un boxeur peut par exemple mettre ko 2 agresseurs, un judoka en projeter 2 sur le béton sans les accompagner au sol etc… Et bien sûr, un combattant de MMA, polyvalent, aura encore plus d’options.

 

Gilles Arsène dit que l’apprentissage des arts martiaux ne donne pas vraiment confiance en soi, et ne donne pas d’avantages conséquents dans la rue, n’apprend pas à faire face à la réalité, à son imprévisibilité. C’est en partie vrai. Mais il se passe aussi un phénomène fréquent dans l’entraînement, c’est que plus on est fort plus on se sent faible, et on surestime les capacités de combat et de résistance de n’importe quel quidam dans la rue. Un homme immergé dans l’univers du combat, de l’UFC, va imaginer au bout d’un certain temps que tout le monde est aussi fort, aussi endurant, et anticiper une confrontation très dure. Mais les champions, les Rampage, les Dan Henderson ne courent pas les rues. Et la pratique donne bien un avantage important. Un champion de boxe thaï part gagnant contre un homme sans techniques ni conditions, sans muscles ni cardio. Il se pourrait même qu’une seule frappe, un seul low kick, un seul direct dissuade l’agresseur peu préparé. Et même un hooligan habitué à se battre part largement perdant s’il n’a pas l’habitude de subir des coups très durs, ou une projection inhabituelle.

 

Enfin, dernier point, on entend souvent : « Ce qui compte, ce n’est pas la technique, l’art martial, c’est le pratiquant ». C’est faux. Un type courageux qui se sert d’un art peu efficace sera désavantagé contre un art martial plus efficace. Dans les vieux combats entre les Gracie et les représentants d’autres styles, les Gracie gagnaient toujours. Est-ce que les Gracie étaient plus courageux, plus tenaces que leurs opposants ? Non, mais leurs techniques étaient meilleures. Prenez un combattant moyen de MMA avec un mental moyen contre un champion du monde de taekwondo très décidé, ou un expert en wing chun, le combattant de MMA l’emportera très facilement, car ses techniques lui assureront la victoire. Etre fort mentalement, c’est un plus, mais le décisif, ce qui compte, ce qui fait la différence, c’est -avec  la condition physique-  la technique, l’art pratiqué.

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