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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 19:24

 

J'ai écrit que pour moi, le prix Nobel attribué à Dylan était superflu. Il n'en avait pas besoin. Vargas Llosa a été plus radical en écrivant que la prochaine fois, il le donnerait à un footballeur. J'ai vu un doc sur Dylan et un doc sur Cohen. Au fond, je connais mal les 2 chanteurs. Eh bien j'ai été déçu par Dylan, et impressionné par Cohen. Finalement, après avoir vu ces reportages, Dylan me paraît surestimé, très opportuniste, voix médiocre et personnage assez fat, petit mec manquant de profondeur. Cohen, lui, en sort grandi. Voix superbe, hypersensibilité, et textes (qui étaient traduits en français) très poétiques.. C'est Cohen qui méritait ce Nobel finalement.

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 13:26

 

J'annonce la prochaine grande évolution. Elle est préparée depuis fort longtemps. J'annonce des temps nouveaux. J'affirme que la majorité des hommes est encore psychiquement infantile, et pas éveillée à la compréhension de l'interdépendance des phénomènes, psychologie toute prête pour le jugement et le lynchage donc.

De grands esprits comme La Mettrie, Spinoza, Freud ou Levi Strauss l'ont amorcée.Les avancées scientifiques en confortent les hypothèses. De plus en plus de penseurs, de tendances, abondent en ce sens. La sociobiologie, la psychologie évolutionniste, le transhumanisme, Harari et sa "Brève histoire de l'humanité", convergent pour corroborer quelques-unes de mes hypothèses, quelques-uns de mes dévoilements.

Il ne s'agira pas de libérer le peuple, ni de montrer que l'on ne peut pas le libérer. Il s'agira d'imposer une nouvelle vision du monde, ou la fiction du libre arbitre sera exposée comme telle. Prendre au sérieux le caractère "postulat métaphysique" du libre arbitre, et de l'égalité (et j'ai beaucoup d'arguments), en prendre conscience massivement, cela implique de changer toute la morale, mais aussi de refonder toutes les institutions. Je ne pense pas que les hommes se conduiront plus mal qu'avant, et qu'ils se serviront de cette révélation pour justifier des actes qu'ils n'auraient pas commis sans elle. Je pense qu'ils se conduiront comme ils l'ont toujours fait, essayant de survivre et de s'exprimer, mais que la compréhension des interactions, des rapports de causalité modifieront la perception des gens, l'évaluation, le jugement que l'on porte sur eux, et qu'à terme, cela apportera beaucoup, qu'ils changeront positivement grâce à cela, une véritable révolution morale.

A titre d'anecdote, j'ai lu aujourd'hui dans le journal local qu'un homme d'une quarantaine d'années était jugé pour avoir agressé une femme dans une église. Or, lisant l'article, j'ai appris qu'il avait été déjà condamné pour avoir violé une femme de 85 ans, puis, qu'après avoir été placé à nouveau en cellule, malade et toxicomane, il s'était explosé le dos contre le mur, était tombé dans le coma, et, à son réveil, était paraplégique. Puis on l'a encore jugé et il a pris 6 ans de prison. On fait donc comme s'il était libre, sain d'esprit, et qu'il choisissait librement d'agir ainsi. Mais quel homme sain d'esprit agirait ainsi? Qu'aurait-il à y gagner? Ca n'a pas de sens. Et le problème, c'est qu'on est tous  comme cela, à des degrés divers d'aliénation et d'adaptation. Parfois, un excès d'adaptation conduit à pire encore. On veut enfermer tous les schizophrènes  pour un meurtre commis tous les 2 ans, et les millions de morts lors des guerres, les camps, Hiroshima, le chômage qui génère des cancers et des milliers de morts, la vente de rafales en Egypte, c'est le fait de gens censés être normaux et intégrés. Il n'y a donc pas de la liberté et des circonstances atténuantes. Il n'y a que des circonstances atténuantes. Et rares sont les hommes réellement équilibrés, bien intégrés et capables de refuser l'adaptation à la brutalité majoritaire.

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 15:03

 

Philosophe mégalomaniaque par excellence, ce type est spécialiste dans l'art de la justification. Ses livres sont bourrés de contradictions, d'inconséquences, et toutes ses lacunes sont balayées trop facilement par des références constantes à Nietzsche, dont on peut dire à peu près tout et n'importe quoi.

Il est bien meilleur à l'oral qu'à l'écrit, et ses livres sont médiocres et de mauvaise foi. Les gens commencent à s'en rendre compte. Il a pris le melon comme on dit, s'exprime sur tout, et est devenu le gourou Onfray, adulé par les figures dominantes des médias, tels Olivier Giesbert.

Il descend l'œuvre de Sartre, qui, malgré ses erreurs, reste le plus grand philosophe français du 20ème siècle, et l'œuvre de Freud, un génie d'un niveau similaire à Newton, Darwin, Einstein. Romain Rolland, les surréalistes, Stefan Zweig, Thomas Mann, Ricoeur, Castoriadis, Lévy Strauss, les représentants de l'école de Francfort entre autres, ont pris Freud au sérieux, et même Einstein a correspondu avec lui. Quelle figure intellectuelle prend Onfray au sérieux?

Je l'ai même entendu mépriser les profs de fac qui cherchent à donner la meilleure place à leurs bouquins dans les rayons des librairies. Mais ces auteurs bossent des années sur des sujets pointus, et ils vendent 100 exemplaires de leurs travaux! Onfray vend des centaines de milliers d'ouvrages de piètre qualité. C'est vraiment, pour reprendre l'Evangile, se préoccuper de la paille qui obstrue l'œil de son voisin plutôt que de la poutre dans son propre œil.

De même, prendre le contrepied systématique de l'histoire de la philosophie, en méprisant les auteurs consacrés, et en valorisant les figures mineures et sans intérêt, c'est nier que si Aristote, Platon, Descartes, Kant et tous les autres ont dominé, ce n'est pas un hasard, ni un complot mortifère des puissants, mais parce qu'ils ont apporté quelque chose de vraiment plus important, de plus profond, plus précis ou révolutionnaire que les auteurs relégués au second plan. Moi-même, j'aime beaucoup La Mettrie par exemple, mais entre son œuvre et celle de Schopenhauer, y a pas photo. Schopenhauer l'emporte haut la main.

Enfin, le philosophe Onfray, héraut de l'hédonisme et de la joie de vivre, n'exhale ni générosité ni épanouissement enthousiaste, bien au contraire. On retrouve un peu l'éthique désincarnée et toute théorique de Levinas, abstraite mais sans véritable chaleur, représentée par Finkielkraut par exemple, si prompt à critiquer Van Damme, qui, lui, est réellement généreux et n'a pas besoin de vastes et fumeux développements métaphysiques sur l'irréductibilité du visage de l'autre pour aimer les gens.

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 16:40

 

Le cinéma coréen est, je pense, le plus vivant et authentique actuellement, celui qui me touche le plus. Des polars ultraviolents et novateurs, comme "Old Boy", "A Bittersweet life", mais aussi les films de Im Sang Soo, de Lee Chang Dong "Poetry" et surtout "Peppermint Candy" sur l'histoire récente du pays (Georges Steiner disait que la dictature était malheureusement propice à la création), le conte très poétique et touchant "Hansel et Gretel" de Pil sung yim , les films de Im Kwon Taek, de Hong Sang Soo  "Night and Day" (assez nouvelle vague mais avec quelques trouvailles éclairantes), et mon préféré Kim Ki Duk,  cher à mon coeur, "L'arc", "L'île", "Printemps, été, automne hiver", "Le locataire", sans oublier le film le plus personnellement bouleversant, le plus profond pour moi, "Breathless" de Yang ik joon , c'est un territoire, une culture à découvrir, qui rend la Corée, pays jusqu'ici très méconnu, éclipsé par le Japon et la Chine, intriguant et attirant.

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 16:17

 

Plaisir de constater qu'un bon livre peut avoir du succès! 

Agréable à lire, de nombreux développements originaux, ce livre ferait le plus grand bien aux ayatollahs de tous bords, religieux, idéalistes, humanistes etc

Par exemple, voici quelques points de vue qu'il explicite: l'idéologie des droits de l'homme est un ordre imaginaire, il n'y a rien de tel dans la nature ; la liberté et l'égalité des hommes entre eux est une fiction humaniste provenant du monothéisme ; les monothéismes engendrent plus de fanatisme que les polythéismes, eux-mêmes altération de l'animisme plus en accord avec la vraie place de l'homme dans la nature, etc.

Il développe tous ces sujets avec un angle historique, quand j'ai accompli un travail équivalent d'un point de vue philosophique, mais nous concordons sur de nombreux points. Ce livre, si on le prend au sérieux, est éminemment révolutionnaire, et très stimulant.

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 16:04

 

La fumisterie qui consiste à placer la poésie au-dessus du roman me fait bien rire, et rire jaune. J'aime la poésie, j'en lis, j'en ai écrit, j'en récite depuis de nombreuses années, mais enfin même les plus grands  poètes sont tellement surestimés!

Prétendre qu'écrire 10 misérables vers qui sonnent bien est plus difficile qu'écrire 1 bon roman, et qu'il se cache plus de mystère et de richesse dans les poésies malingres de Mallarmé, de Baudelaire, Rimbaud ou Verlaine que dans "La Recherche", "La Comédie Humaine", l'oeuvre de Dostoïevski, Henry Miller ou Céline, c'est vraiment n'y rien connaître, sachant qu'on a Conrad, Kerouac, Miller dans "Le Voyage", mais aussi René Girard, Lévinas, Freud, Alice Miller, et la meilleure prose poétique qui ait jamais été écrite en français.

Quant à l'éternelle fascination pour Baudelaire et Mallarmé, qui furent 2 pauvres types (Katanzakis a vu juste dans "Zorba", pauvres souris papivores, anémiques et sous tutelle), et pour Rimbaud (précoce certes, mais s'il a cessé d'écrire à 20 ans, c'est qu'il avait déjà tout exprimé de son pauvre génie ; on est loin, très loin de Balzac quand même) eh bien que dire, on en rira bien dans quelque temps, de cette mode pitoyable.

Oh combien Jack London est supérieur à ces étroites gens, ces psychismes étriqués, ces sans vies, ces précieuses ridicules ignorant de l'être et faussement rebelles. Genêt, tiens, en voilà un de vraiment subversif! Et Martinson, Powys, et tant d'autres auteurs oubliés autrement plus valeureux.

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 16:02

 

Quoi de plus pitoyable, de plus ennuyeux à entendre que les politiciens, de plus affligeant que les membres d'un parti, d'où l'esprit et la pensée sont toujours absents, Qu'ils sont médiocres, les politiques, c'est presque étonnant!

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 15:55

 

Etre tueur à gages, c'est comme être militaire, c'est être un larbin. Le tueur, même s'il n'en a pas envie, est obligé de tuer si la mafia l'ordonne, et même si la cible est son meilleur ami. Rien de noble et courageux là-dedans, bien au contraire.

Le militaire tue, sans se poser de questions, parce qu'il prétend que c'est son devoir, que si son supérieur lui en a donné l'ordre, il lui faut obéir, que c'est nécessairement bien. C'est se dédouaner lâchement de toute responsabilité. Le supérieur peut se tromper, être du mauvais côté et remplacer le "je" par le "nous", comme je l'ai entendu par un légionnaire connu, non pas "j'ai tué", mais "nous avons tué", c'est ne pas assumer ses actes, car il s'est engagé, il s'est résolu à ne pas réfléchir, à ne pas s'opposer, à tuer etc. Ce type passe pour un dur. C'est un lâche en fait, un larbin, comme presque tous les militaires en fait. Certes, il y en a quelques uns qui obéissent à bon escient, ou désobéissent, mais la situation du militaire l'incline déjà à une soumission exacerbée, une servitude intrinsèque au métier. A méditer.

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 15:46

 

J'ai déjà écrit que pour moi, alors que la littérature russe renforce les névroses de ses auteurs, en substituant le repliement vers une idéologie particulière (l'orthodoxie), au système Hégélien, critique que Sartre développe à propos de Kierkegaard et du protestantisme, la littérature américaine l'emporte parce que ses auteurs cherchent l'émancipation individuelle, la sortie de la névrose dépersonnalisante, ce que Gilles Farcet appelle "individualisme cosmique".

Il y a souvent une sorte d'anarchisme à l'oeuvre dans leurs vies que je situerais plutôt à droite, dans le sens ou il s'agit d'un véritable effort de recherche et de libération individuelle, qui peut avoir de l'impact sur la société, tandis que les anarchistes de gauche, les mouvements d'anarchiste, ne peuvent être véritablement émancipateurs, anarchistes,. Il y règne en fait l'esprit de groupe, l'esprit de parti, et ses membres pensent à peu près tous la même chose, et ont tous les préjugés dominants de leur temps, bref n'ont pas de pensée personnelle. L'anarchisme est d'abord une affaire individuelle, ou il n'est pas.

Whitman, Thoreau, Henry Miller, Fante, Kerouac, London dans une certaine mesure, et tant d'autres sont tous des anarchistes de droite (même s'ils s'intéressent à la société, ils restent farouchement indépendants et peuvent dérouter leurs amis, partenaires de lutte, et admirateurs).

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 17:19

Plus je lis Alice Miller, plus je prends conscience que j'ai été maltraité. Mais j'ai toujours du mal à l'admettre, malgré le caractère évident de ma situation. Alice Miller explique que la difficulté à devenir réellement autonome pour ce type de problèmes s'explique parce que n'ayant pas pu établir une communication émotionnellement satisfaisante, on attend toujours des parents quelque chose, une attention, une reconnaissance qu'ils ne peuvent pas donner. Pour mes parents, je suis le problème, le principal problème. Ils ne voient pas que je suis le symptôme de leurs manques, et qu'ils attendaient de moi la réponse, l'équilibre, la satisfaction de leurs propres besoins affectifs frustrés.

Ils ont reproduit sur moi les vices de l'éducation qu'ils ont eux-mêmes subie, ce que Alice Miller appelle la pédagogie noire. Leur conception fusionnelle de l'éducation ne tolérait pas l'autonomisation, la revendication d'une individualité, d'une personnalité propre. Il n'y avait aucune distance, aucun respect de l'intimité, donc aucun intérêt pour le ressenti non plus, et une intrusion spatiale et psychique permanente. Il fallait nous dresser, que l'on obéisse au doigt et à l'oeil, que l'on se soumette entièrement à leur volonté et toute puissance, et tout écart, toute révolte était immédiatement sanctionné. Ils étaient censés avoir toujours raison, être la norme à laquelle il fallait se plier, comme si y contrevenir menaçait leur système complètement pathologique de survie. Mon père me disait, adolescent, qu'il fallait que je sois plus docile. A l'époque, je croyais qu'il avait raison. Je ne savais pas, ou je le savais confusément, que j'étais en fait beaucoup trop docile et discipliné, inhibé, et c'était la cause de tas de problèmes relationnels. Je n'avais pas la possibilité d'exprimer autre chose que ce qui était permis. Mes parents avaient et ont,bien trop de problèmes pour se décentrer et être attentifs. Ils sont le centre et cherchent avant tout à être admirés.

Pour eux, je suis l'origine de leur violence et mauvais traitement à mon égard, non la conséquence. Ils ne veulent pas voir, reconnaître que je suis le résultat d'une chaîne, et qu'en moi, la violence intériorisée, l'obligation de tricher, de faire semblant, de porter un masque, imposée paroxystiquement, était tellement contre nature et mortifère qu'il devenait impératif de tout faire craquer et de tout renverser.

Mes parents sont complètement bloqués, inhibés, rigides. Ma mère, c'est un mur, une machine à reproches, à juger, à évaluer, à condamner, une machine à réponses automatiques, incapable de se taire et d'écoute réelle, comme si ça lui faisait peur d'écouter réellement, complètement fermée à son intériorité, ses sentiments et besoins, ne se connaissant pas elle-même, comme si ça l'effrayait, brimée depuis toute petite par exigence de survie, exemple archétypal de l'enfant sage de Alice Miller.

A sos Amitiés, j'ai appris par exemple qu'il ne fallait  pas généraliser la souffrance des appelants, car ils appellent pour qu'on prenne leur souffrance au sérieux, pas pour qu'on la relativise. Or, ma mère, quand on lui raconte ses souffrances, on a droit à un ensemble de réponses préfabriquées, toutes prêtes, stéréotypées, qui en gros signifient qu'il faut positiver, qu'il y a toujours pire ailleurs, que si on est célibataires, eh bien, il y en a des millions, si on perd un bras, on a de la chance qu'il nous en reste un etc. Au final, il en reste l'impression de ne pas avoir été écouté du tout ni compris, ni entendu. Une grande frustration, un mur.

Mon père, lui, il fait semblant d'avancer pour mieux reculer. Il n'a aucune constance. Il manipule. C'est le prototype du pervers narcissique, du psychotique intégré, de "l'effort pour rendre fou" de Searles. Les anecdotes sont tellement nombreuses qu'il est difficile de choisir. Son inconstance par exemple. Ainsi, il prend tout sur lui, dit un jour qu'il est responsable de tout, ce qui est trop, encore une forme de narcissisme doloriste, et puis le lendemain n'assume pas, ne se reconnaît aucune responsabilité. Ou bien il rationalise sa folie, en se justifiant sans cesse. Il excelle dans l'art de la cruauté. La dernière fois que je l'ai vu, il m'a dit "tu es dur mais c'est pas grave". Ainsi il me culpabilise "tu es dur" mais sans me permettre de m'expliquer "mais c'est pas grave", ce qui lui donne une supériorité genre : comme je suis indulgent, magnanime. Moi, j'aimerai bien savoir quand j'ai été dur avec lui. Il est très fort pour me mettre en rage. Combien de fois il m'a rabaissé, dévalorisé, fait souffrir par ses paroles et attitudes, et, alors que je sortais de mes gonds, a refusé tout dialogue parce que, comme il disait, il ne parle pas avec quelqu'un de violent et d'irrationnel.

 Sa malhonnêteté est inouïe. On avait fait un contrat sous la supervision de ma mère, pour qu'il ne m'insulte plus continuellement tellement j'en avais marre. Quelques années après, je lui avais envoyé une lettre pour lui dire à quel point j'avais souffert d'être rabaissé, dévalorisé, humilié constamment, traité de bon à rien, d'idiot. Je n'en pouvais plus d'entendre tout le temps des expressions comme "pour être aimé il faut être aimable", "ne te fais pas plus bête que tu n'es" "tu n'arriveras jamais à rien" etc. J'étais lynché dès le matin au réveil, où il s'acharnait  et me laissait groggy, anéanti pour la journée, ou pendant des trajets entiers en voiture, et ma mère allait dans son sens. Evidemment, pour lui, c'était pour mon bien, pour me faire réagir. Bref, je lui avais envoyé cette lettre, pour lui montrer à quel point ça m'avait détruit, ça m'avait fait mal. Eh bien, il m'avait ressorti la lettre quelque temps plus tard, et il m'avait dit: "tu as vu comme tu es dur avec moi". J'étais censé être dur parce que je lui exposais la vérité, et plutôt que de reconnaître ses problèmes de violence, il m'a culpabilisé. 

Tandis qu'il a sans cesse la folie à la bouche "ils sont tous fous, c'est de la folie" étant une de ses expressions favorites, comme "il faut tous les tuer", il n'a de cesse de projeter en moi sa propre folie, façon pour lui de l'évacuer illusoirement. Il disait par exemple sans cesse:"on est la famille de fous du quartier, de la rue". Bah non, lui si, pas moi.

Je ne vais pas énumérer les vexations qu'il m'a fait subir. Elles sont innombrables, et c'est un effort épuisant. J'en parle d'ailleurs beaucoup dans des articles récents publiés dans ce blog sous le titre "Au coeur des ténèbres". Mais son insistance sur ma folie supposée, est fortement anxiogène à la longue. Déjà, quand je déconnais adolescent, on avait vu un psychiatre et il avait dit à mon père qu'il en avait plus besoin que moi. Il s'était bien foutu de sa gueule au retour. Après, quand j'ai désiré suivre de moi-même une thérapie, il m'a engueulé en me disant: "Quand je pense que tu vas baver là-bas", comme si on était une famille mafieuse. Il me reprochait de m'exprimer et d'être sincère. On comprend mieux pourquoi je ne parlais pas aux psy ado. Je protégeais le système maladif de notre famille. Je me mettais de son côté.

Il a insisté il y a quelques années pour que j'aille à l'asile voir un psychiatre car il me disait que j'étais fou. J'y suis allé, j'ai discuté de mes problèmes, d'intégration, identitaires, de relation, phobiques (j'en ai beaucoup), mais à la fin la psy m'a rassuré et m'a dit que si j'étais fou, tout le monde l'était, et elle a mis en cause mon père. Quand je suis revenu, et que j'ai raconté l'entrevue à mon père, il ne m'a pas dit: "bien, alors tu n'es donc pas fou", il m'a dit "tu es sûr que tu as tout raconté", comme s'il avait absolument besoin que je sois fou, condition nécessaire pour le décharge de sa propre folie.

Ma mère fonctionne aussi comme cela, ayant demandé également à ce qu'on voit un psychiatre ensemble. Plus tard, elle m'a dit: "finalement tu n'es pas schizophrène". Elle pensait peut-être que je l'étais, et espérais enfin mettre un nom à ma soi disant pathologie, tout plutôt que de s'observer eux-mêmes. Il faudrait que je renonce à être compris un jour. Pour être compris, il faudrait qu'ils prennent conscience de leurs propres dingueries dues à une éducation extrêmement violente, normative, contrariée. Mais ça, il n'en est pas question. Pour mon père, sa mère était une sainte (qui s'en est débarrassée au petit séminaire), et pour ma mère, la perception et la prise de conscience de la froideur et de la tyrannie de ses parents lui échappe complètement, elle pour qui la critique se limite à : "ils n'étaient pas parfaits", généralité qui évacue toute tentative d'approfondir sa propre histoire. 

Enfin, il faut bien, après tant de camouflages, de travestissements, de masques, que la vérité émerge et soit entendue.

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