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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 03:03

Lu des aphorismes de Philippe Besson. D'une platitude commune!

Marre des références constantes à des penseurs surestimés, comme Barthes, Lacan ou Lévinas, ou des références spirituelles ineptes, comme le Dalaï-lama, l'imbécile béat, l'Océan de niaiserie.

Sarkozy a souhaité un bon anniversaire à Cyril Hanouna. Que ce soit démagogie ou réelle inclination de l'esprit (même si on ne peut parler d'esprit à ce niveau) ça situe l'insignifiance et la bassesse du personnage.

Jack Lang, en plus d'avoir crée cette abominable fête de la musique, est passé chez Hanouna et s'est prêté à des pitreries démago. Il est marqué maintenant. C'est un pauvre type.

Bolloré, qui plébiscite Hanouna, Debbouze et consort, fait honte à la Bretagne. Pour lui seul, il faut un Chateaubriand, un Maupertuis, un La Mettrie pour équilibrer.

Comment faire comprendre aux lecteurs de Marc Lévy et Guillaume Musso, et aux abrutis médiatiques, que D'Ormesson ou Nothomb ne méritent pas d'être appelés écrivain?

Bernard Tapie est l'homme peut-être le plus amoral de ce pays, et même de la planète entière, et le plus boursouflé d'ego, le plus suffisant.

"Les Valseuses" est un film malsain. On présente comme de braves types 2 ordures qui violent des femmes, agressent tout le monde et ne respectent rien. En quoi agresser sexuellement des femmes est révolutionnaire, anti-conformiste, et anti-bourgeois? Film fasciste.

Télérama est la meilleure revue TV. C'est dire le niveau.

Il serait temps qu'on remette Luchini à sa vraie place, celle de bouffon superficiellement cultivé, et qu'on cesse de le croire génial. Adoration béate d'une frange cultivée de la population pour ce personnage sympathique mais médiocre dont on se demande s'il a lu autre chose que Flaubert (écrivain surestimé, et terriblement ennuyeux), Céline, Baudelaire et Nietzsche (bon poète mais philosophe immature dont on doit dépasser la pensée à 14/15 ans).

Audiard, un autre de ces types dont on loue le génie des dialogues, ce qui est exaspérant. Léonard de Vinci, Mozart, Balzac, Einstein sont des génies. Qu'on mette sur le même plan n'importe quel homme ayant quelque talent est pénible, et signe de grande décadence, symptôme de la triste réalité du temps. La foule niveleuse a pris le pouvoir.

Coluche, le comique dont le génie consistait à se mettre une plume dans le cul et à restituer 2/3 idées simples, qui a néanmoins fait illusion et a permis l'émergence de tous ces êtres aussi vulgaires que lui, Bigard, Debbouze, ou Elmaheh dont l'abjection, comme la mystique, est au-delà des mots, car "ce qu'on ne peut dire, il faut le taire". Dans une société saine, on en contiendrait l'horrible influence, comme on empêcherait des animateurs comme Coe, Arthur, Hanouna, ou Sébastien d'abrutir et d'infantiliser les gens.

Ruquier, dont un des films préférés est "Danny the dog", s'est vu confier une émission sur le cinéma, auquel il n'entend rien. On ne prête qu'aux riches.

Ardisson, l'inoubliable inventeur de "Quand c'est trop, c'est Tropico" (lui qui avait l'ambition d'être écrivain, la pub lui était en effet apparemment plus accessible que "Les Illusions perdues", encore que ses illusions...) est un animateur plus cultivé que les autres, bien que tout aussi démago. Le parrain de son fils est Paulo Coelho. Heureusement qu'il aime l'histoire car avec le choix d'un tel parrain, on ne donne pas cher de ses goûts littéraires.

Nabe, c'est un hystérique sans fond. Il s'exalte sur des riens et n'est que répétition.

Baer, Beigbeder, Bedos, la clique des grands bourgeois qui se croient géniaux et usurpent la place de plus valeureux Des fils de, des publicistes dont les D'Arthez se gaussent. A lui seul, Beigbeder, avec son prix Renaudot, décrédibilise toute récompense littéraire pour des siècles et des siècles.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 04:14

Darwin est supérieur pour moi à Marx, car il se nourrissait moins d'illusions et d'espoirs. Ainsi, sans croire en Dieu, il considérait la religion comme utile d'un point de vue évolutionniste, et pensait que la nature nous avait fournie l'antidote adaptatif au gain de la conscience réfléchie, variation riche de possibles mais accompagnée de conscience de la mort potentiellement nuisible à la survie. Il restait dans une position lucide.

Pour Marx, le besoin de religion provenait de l'insatisfaction, de l'aliénation, et cette fiction cesserait quand, les hommes parvenus à plus d'épanouissement en cette vie ci, les motifs donc le besoin à l'origine de la consolation disparaîtraient. Or, c'était nier que dans absolument toute société, il y a des rites s'apparentant au religieux, à un principe sacré, et que, même dans une société plus juste, les problèmes, la mort, la maladie, les accidents, la vieillesse, poseraient des difficultés réclamant une consolation transcendante.

Je ne pense pas que l'homme puisse se passer totalement de spiritualité car elle lui est naturelle, fournie par la nature pour le maintenir à flots, comme l'envisageait Darwin. Même si individuellement, on s'en détache, elle est comme un fonds commun permanent, et qui structure la psyché humaine. C'est le besoin de croire en quelque chose d'irrationnel, d'avoir la foi, l'impression ou le désir que, même si tout paraît absurde, la réalité ne peut se réduire à cela et qu'il ne serait pas supportable pour l'homme de vivre dans un monde qu'il jugerait, en son for intérieur, véritablement et totalement absurde, qu'il aurait alors le besoin de se duper, de s'évader par les drogues, le travail, le sexe, n'importe quelle addiction, plutôt que d'être confronté à cette réalité là.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 03:51

Etant donné que 90% des hommes sont peu évolués, épousent tous les préjugés de leur temps en se croyant contestataires, je pense que l'issue, le saut qualitatif ne pourra s'effectuer que par une refonte du corps humain, par l'homme augmenté. Les hommes pensent mais n'ont pour la plupart pas accès à la pensée critique, réellement critique, susceptible de les isoler et de les mettre en danger. Or, cet exercice est nécessaire pour sortir de l'instinct grégaire, et malheureusement, on ne peut élever les hommes en les forçant. Cela a été tenté à de multiples reprises, mais cela a toujours échoué car la nature des hommes n'était pas prête. Ainsi, on voit quantité de légionnaires qui, sortant du cadre où ils sont censés se dépasser, se laissent aller, boivent, arrêtent le sport, se clochardisent. Ils sont incapables de se maintenir eux-mêmes. Ainsi sont les hommes, qui, non tenus par une force supérieure, choisissent la servitude volontaire par le bas.

Une dictature éclairée, servitude involontaire par le haut, est peut-être préférable à la démocratie, servitude volontaire par le bas. Mais, sitôt la pression vers la noblesse relâchée, les hommes reprennent leurs mauvaises habitudes et choisissent l'avilissement, l'abjection, la facilité, comme l'illustre parfaitement la société actuelle. Ainsi, cela ne sert pas à grand chose de stimuler les hommes vers de nobles idéaux. Seuls quelques réceptifs adhèrent, mais ils n'ont à la limite pas besoin de stimulation, car eux savent se maintenir eux-mêmes.

Seule une progression des interactions neuronales pourra faire évoluer l'homme vers une nouvelle société, ce que Teilhard appelait l'ère de l'Ultra humain.

Pour ceux, les Chrétiens par exemple, qui objectent qu'un des desseins des trans et post humanistes, repousser indéfiniment la mort, est choquant car c'est nier notre condition de mortel, ça me fait bien rire, d'abord parce que nous serons toujours mortels, à un moment ou l'autre il faudra mourir, ensuite parce que les plus véhéments sont les religieux qui jugent blasphématoire ce désir mais escamotent le problème de la mort en la parant des couleurs de la vie éternelle. Autant dire qu'ils n'y croient pas à la mort. Mais si nous pensons que nous ne vivons qu'une fois, comme je le crois, en quoi prolonger indéfiniment la durée de la vie serait-il acte impie? Cela risquerait de bouleverser des équilibres anciens et naturels mais quoi que nous fassions, nous sommes du monde et c'est toujours la nature qui agit à travers nous, et qui nous pousse à concrétiser le rêve qu'elle a mis en nous. Faire de l'homme un être artificiel, ce serait encore un acte naturel.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 03:12

Fabrice Midal est à la mode. Je ne savais trop quoi en penser. Je n'étais pas d'accord sur la valorisation excessive des exercices de méditation. Je pense que le besoin de méditation est un symptôme de maladie sociale. Dans une communauté où les gens ont leur place, ils s'équilibrent naturellement, et n'ont pas besoin d'exercices méditatifs particuliers. Leur attention est accaparée par les nécessités et les interactions quotidiennes. Mais hier soir, sur une radio Chrétienne, je l'ai entendu louer Thérèse de Lisieux, en vanter la persévérance dans l'oraison.

Fabrice Midal, il mange à tous les rateliers cet homme là. Déjà manifestement épris du Dalaï lama, Océan de niaiserie béate, il déclare son admiration pour une psychotique qui est devenue folle à force de frustration sexuelle. Mais se réfugier dans un monastère plutôt qu'affronter la vie, que baiser et procréer, ça va à l'encontre des lois naturelles, le flux ne circule plus, et ça se paie au prix fort. Ses 4 soeurs sont entrées au Carmel. Pauvre père que le leur. 5 filles emmurées vivantes! Il en est devenu cinglé. Mais la mode actuelle, c'est de réhabiliter les mystiques en occultant leur psychose.

De même que je pense comme Sartre que Genêt était plus "saint" que Thérèse D'Avila, la vraie Sainteté pour moi n'est pas incarnée par Thérèse de Lisieux mais par Darwin. Lui a réellement affronté "La Nuit Obscure", n'a pas fui devant le réel, a modifié ses croyances en fonction de ce qu'il y découvrait, comme La Mettrie et tant d'autres, au risque de penser contre soi, contre son intérêt, contre ses certitudes, contre sa foi, mais il a préféré ce dur combat à la fuite dans l'imbécillité, heureuse ou malheureuse. tandis que les mystiques qui prétendent avoir affronté leurs peurs n'ont fait que s'enfoncer dans le mensonge de la superstition, de la fiction consolatrice, et n'ont affronté que des nuits obscures factices. C'est la raison pour laquelle de nombreux scientifiques trouvent la sérénité après avoir assimilés les faits. Malgré la dureté du réel, ils acceptent le situation, le donné, et aboutissent à une vraie sagesse, tandis que les mystiques ne parviennent jamais à une sérénité satisfaisante puisque toujours entachée de mensonges dont ils ne sont jamais complètement dupes.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 02:27

Cet homme est partout. Même si la méditation "Pleine Conscience" est intéressante, il faut dire et redire que la méditation n'est pas nécessaire. Thich nhat hanh a passé sa vie à méditer, et à se réfugier dans ses croyances, et maintenant qu'il a eu un AVC, à quoi ça lui a servi? Ca lui fait une belle jambe.

On dit qu'il ne faut rien chercher dans la méditation. Mais alors, pourquoi pratiquer? Je revendique mon esprit Occidental et conteste.

De même, l'injonction à ralentir m'exaspère. Je pense qu'on n'a qu'une vie, et qu'il est préférable de la brûler mais de vivre intensément que de la faire durer en ne vivant pas, détaché de tout, indifférent à tout, comme un eunuque insensible.

Enfin, je pense que Christophe André s'est complètement planté en niant le rapport entre TOC, phobie et névrose. Il participe au productivisme actuel, à l'efficacité à tout prix, en négligeant de s'attaquer au pourquoi, aux raisons, aux racines de la maladie, et en rejetant Freud au profit du cognitivo comportementalisme.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 02:04

Je zappais hier soir, et je suis tombé sur Alessandra Sublet, une salope démago, vulgaire et agressive. Naulleau était interrogé sur certains livres, et lorsqu'il a critiqué Marc Lévy, Sublet n'a pu s'empêcher d'utiliser l'argument démago par excellence du plus grand nombre. Mépriser Marc Lévy, c'est insulter les millions de lecteurs qui le plébiscitent. Elle, par exemple, lit des classiques mais aussi Marc Lévy. A cela Naulleau a répondu que c'était mépriser les gens de considérer qu'ils ne pouvaient pas accéder à la vraie littérature.

Pour ma part, cet argument égalitaire n'est pas valable. N'est pas Balzac qui veut, mais qui a les potentialités pour; Il faut le talent, mais même l'aptitude au travail est incluse dans le talent selon moi. Ainsi, on n'a pas à dire 20% de talent, 80% de travail.

Mais là n'est pas la question. Prétendre que le succès d'une oeuvre manifeste la qualité de cette oeuvre, c'est placer la série des Taxi, les Chtis, Camping au-dessus des films de Visconti, de Woody Allen ou de Kim Ki Duk. C'est si ridicule que cela devrait clore le débat pour toujours.

Mais si l'immense majorité n'a pas accès aux grandes oeuvres, c'est peut-être, dans une proportion non négligeable, que les hommes n'ont pas le corps pour, et donc les aptitudes psychiques nécessaires. Je ne crois pas, comme les sociologues, que n'importe qui, dans les conditions d'existence de Mozart, aurait pu être, aurait été Mozart. Je pense que le biologique prime, qu'un corps est pourvu de potentialités qui seront ou non réalisés, mais que rien ne se développera de particulier s'il n'y a pas une correspondance corporelle originelle. Un corps autre que celui de Mozart aurait impliqué un psychisme différent et Mozart n'aurait pas été Mozart et n'aurait pu produire ses oeuvres

Quant à la croyance en l'égalité entre les hommes, fondement de la démocratie, elle est fausse, car il n'y a pas un principe impersonnel en tout homme qui serait supérieur aux variations individuelles qui font la valeur des individus. Ce principe, qui existe et qui est la vie, est la condition de possibilité de toute valeur et hiérarchie, mais n'est pas lui-même une valeur. Ce qui situe les individus sur l'échelle des êtres, c'est le personnel qu'ils incarnent, donc un niveau psychique particulier permis par le degré de complexité corporelle. Le Christianisme, mais aussi l'existentialisme Chrétien et athée, ont tout faux. Et il n'y a pas non plus de libre arbitre pour assurer les fondements de l'égalité. Juste des corps.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 19:20

Ce stress permanent qui m'étreint dès que je sors dans la rue. Qui suis-je? Si je suis un débile, comment me protéger des agressions, des moqueries, de la condescendance? Et si je ne le suis pas, comment m'en protéger également? Comment le faire savoir?

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 19:12

L'infantilisation des vieillards et la castration des animaux, voilà des crimes considérables dont les auteurs ne sont jamais sanctionnés. Pour les vivants, tous les espoirs ne sont pas morts, mais pour les milliers de générations passées, leurs crimes imprescriptibles resteront à jamais impunis.

Toutes ces ordures de politiciens, qui se sortent toujours des affaires les plus scabreuses, qui vendent des rafales qui vont générer des milliers de morts et qui font la morale au peuple crédule! On en est encore aux "Animaux malades de la peste", rien n'a évolué. Hollande, Sarkozy mériteraient 20 ans de prison. Et que dire des animateurs TV, tous plus débiles les uns que les autres, Hanouna en tête, et cette ordure de Bolloré qui plébiscite Hanouna... Mais pour quoi faire? Pour l'argent? Il en a déjà suffisamment. Parce qu'il aime ça? Il est vraiment con alors. Ou pour abrutir le peuple, comme toutes ces émissions plus débiles les unes que les autres? C'est plausible.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 18:58

Comme la plupart des êtres qui ont subi la violence dès l'enfance, je me suis enfermé tôt derrière une carapace. Cette carapace, psychique et physique, elle est très répandue chez les taulards, les militaires, les pratiquants d'arts martiaux et de sports de combat. D'où aussi des problèmes d'identité. On se confond avec sa réputation de dur, avec ses muscles, et on nous confond avec eux. On a l'impression que si on perd cette carapace, si on lâche prise, on va se faire bouffer, arnaquer, violer, dominer, manipuler, alors on s'y cramponne, on la renforce, on se durcit à l'extrême, mais on ne sait plus qui on est vraiment, prisonnier d'une identité factice, sociale. On croit que sans cette carapace qui nous ferme à autrui, on se retrouvera sans défenses, et on ne parvient pas à s'abandonner et à retrouver son humanité et sa confiance.

Comme j'ai souffert sur le chemin de l'émancipation, toujours enfermé dans des croyances successives, incapable de m'affirmer réellement, prisonnier et sous dépendance, cherchant à me conformer à un rôle pour être apprécié et accepté, quitte, après avoir été ignoré, à passer pour un crétin, une brute stupide, un taré, image que me renvoyait ma famille, les profs et les ado que je côtoyais. Mais je cherchais trop à plaire, à maintenir la place que je m'étais faite, pour que je puisse me faire valoir autrement.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 18:36

Quand j'étais au collège, en BEP compta, j'étais un grand littéraire. Je lisais de la poésie et des classiques. J'avais été enchanté par "Le portrait de Dorian Gray", comme par "La peau de chagrin" en BEP. J'étais aussi fasciné par Schopenhauer, découvert dans le magazine littéraire. Je me sentais seul. J'étais seul. A l'armée, plongé dans "Atala", "René", "Le désert des tartares", on me disait que je faisais semblant de lire. Je fantasmais sur le monde étudiant, m'imaginant qu'il était empli de passionnés de littérature, comme dans Balzac, mais ce monde me paraissait inaccessible. Reprenant les études, en seconde, dans un lycée pour élèves difficiles, je lisais entre autres "L'éducation sentimentale", "Le voyage au bout de la nuit", Comme je passais pour une brute, les autres ne comprenaient pas pourquoi j'étais plongé dans ces bouquins. Ca ne correspondait pas à l'image qu'ils avaient de moi. Je me disais que je rencontrerai des élèves avec des inclinations similaires dans un lycée classique en filière littéraire. Quand j'intégrai la 1ère L d'un lycée public, je fus surpris car la classe n'était pas rempli d'élèves tels que je l'anticipais. Je me dis donc que j'allais en rencontrer en fac de philo , et ma déception se renouvela. J'ai parfois l'impression d'être le seul être vivant à lire des classiques. Bourdieu parle des classes sociales dominées qui n'ont pas accès à la culture des classes dominantes, et déconsidérées pour cela. C'est possible, mais les classes dominantes sont elles aussi incultes. La culture de masse a triomphé, et ce sont les réfractaires à la TV réalité, à la pornographie médiatique qui sont seuls désormais. Est-il nécessaire d'aller en prison retrouver des Ed Bunker, des Charly Graf pour rencontrer des individus complexes et inspirés?

Beaucoup souffert de mon impossibilité à m'exprimer, puis de ma réputation violente qui m'enfermait dans un rôle de brute, qui m'a poursuivie pendant des années et continue à fausser la perception et le jugement que les autres ont de moi.

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