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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 03:27

Je regarde trop la TV. Mais que faire d'autre? Je zappe, et oscillant d'émissions en films stupides, ma misanthropie ne fait que s'accentuer. Sont-ils seulement des hommes, ces abrutis abêtissant l'humanité? Ainsi, comme il m'est extrêmement difficile d'éteindre le poste et d'affronter la solitude, j'ai choisi de ne pas l'allumer ce soir. Je suis plus actif comme cela. Ainsi, je pense avoir bien fait, car à l'heure où je suis habituellement devant le poste, j'ai nourri le chien d'un ami d'un voisin.. J'ai repris conscience de mon affection pour les chiens lors de ce moment agréable. Puis, malgré de fortes douleurs à la tête et un état nauséeux, je suis sorti courir. J'ai pensé constamment lors de ce footing, ce qui m'a mis en état de grande tension, et en colère. De nombreux souvenirs pénibles ont réémergé. J'avais envie d'écrire sur ces choses, mais j'ai perdu l'envie. Je n'ai plus l'énergie. Après la vie épouvantable et si violente qui fut la mienne, les traumatismes succédant aux traumatismes, je suis installé dans une paranoïa quasi constante, un délire constitué d'images et d'anticipations ingérables.

Je ne parviens pas à me reconvertir et à trouver une meilleure situation, car je ressens le besoin de prouver encore et encore ce que je vaux, ce que je peux faire.

La philo me sert de protection contre le monde. C'est aussi la seule chose que je sais faire. Mais me lancer dans un autre domaine.? Et si je n'y arrive pas? Et si je redeviens le bouc émissaire que je fus, que je perde les mots pour me protéger, me justifier, qu'on me dénie toute valeur, toute intériorité?

Toutes ces craintes s'expliquent par des années d'humiliation subies à l'école, l'incapacité de m'affirmer, de m'opposer, l'annihilation totale de ma personnalité. D'abord l'enfance, puis l'école, puis la rébellion payée au prix fort, et générant l'incompréhension et le déni des parents, des professeurs, des élèves, des éducateurs, des militaires, un vrai massacre de ma personnalité, et une reconstruction impossible, avec des peurs, des inhibitions trop ancrées.

Une succession de lavages de cerveaux, dont les plus forts ne sauraient sortir indemnes, la construction d'un faux self et les problèmes d'identité associés, tout cela générant des problèmes relationnels et la crainte intense de revivre les situations de violence, de domination et d'intrusion passées avec donc le repli et l'isolement, la méfiance à l'égard des individus qui pourraient chercher à m'anéantir. Des effondrements psychiques récurrents, et une sidération, une prostration. Et le fait de n'être en paix, rassuré que par les animaux, avec lesquels le rapport ne passe pas par les mots, avec lesquels il n'y a pas besoin de prouver, toujours, de se défendre, d'attester que je ne suis pas idiot, de me protéger de l'invasion et de l'éventuelle intention de nuire, avec lesquels je ne ressens pas le besoin d'être fort, et alerte intellectuellement. Que c'est reposant! Le chien, le chat, le cheval apportent de l'affection, mais ils n'ont pas de mots durs, ils ne dévalorisent pas, préservent la vie intérieure, ne mettent pas en doute les capacités, et il n'est pas besoin de préparer des défenses contre eux. L'homme est une créature essentiellement méchante et dominatrice. Seuls quelques individus ne cherchent pas à empiéter mais à laisser croître, à favoriser l'épanouissement chez les autres hommes. Cette empathie et cette bienveillance sont la règle chez le chien.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 03:08

Levé très tard. J'ai regardé la TV toute la nuit. J'ai le plus grand mal à l'éteindre et à me retrouver seul. Il faudrait que je me fasse des journées sans pour me sevrer. Incroyable est son pouvoir d'attraction, de fascination hypnotique, y compris pour les émissions les plus débiles. A dégoûter radicalement de l'humanité. C'est une entreprise d'abrutissement sans équivalent dans l'histoire, relayée par les pubs Internet.

La TV, c'est l'horreur incarnée, l'homme dans tout ce qu'il a de plus bas et plus creux, ou la bêtise est systématiquement valorisée, plébiscitée. Tout ce qui est médiocre est mis en avant. Aucune pensée profonde, que de l'insignifiance à l'état pur. Les gens sont-ils réellement si stupides, ou font-ils semblant?

La coupe d'Europe de foot bat son plein. Des types qui courent après un ballon sont les héros modernes. Est-ce seulement un sport? Le triathlon, l'alpinisme, le MMA, voilà du sport. Et pourquoi les footeux crachent-ils tout le temps, pourquoi n'est-ce pas interdit? Zlatan Ibrahimovic héros de la République, Cyril Hanouna, Sébastien, Arthur, Coe, Drucker, Nagui, Ardisson et tous ceux ce la sorte, bouffons survalorisés de la République. Et les hommes se veulent égaux? Misère de la démocratie.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 02:45

Fatigué. Mon corps tremble. Le kiné m'a dit qu'il s'agissait soit d'une conséquence d'un grand stress, soit d'une maladie grave dont il tairait le nom pour ne pas m'angoisser davantage. Ce ne serait pas une première pour moi, que de subir des symptômes corporels de problèmes psychiques, mais la nouveauté est toujours troublante en ce domaine. Enfin, à une époque, l'angoisse était telle qu'elle raidissait mes jambes, et mécanisait ma marche, alors je peux espérer.

Depuis que j'ai une TV, je la regarde trop. J'en suis dépendant. Je cible mes programmes à l'avance, mais je zappe malgré tout, et je tombe sur des émissions tellement affligeantes, talk shows, TV réalité, films et téléfilms débiles, que j'en suis tout de même surpris. Comme je l'ai déjà écrit, ses émissions ne me laissent pas indifférent. Elles me blessent et génèrent un grand mépris pour une portion de l'humanité. Peut-on expliquer sociologiquement cette inclination à la bêtise, l'infantilisme, la vulgarité, l'humiliation, l'ignorance et la violence? S'enracinant dans des motifs autres que sociologiques, cette attirance alors constitutive serait le signe d'une dégénérescence, d'une infériorité organique réelle, et il faudrait l'assumer. Aucune égalité entre les hommes. Des différences psychiques sont la résultante de complexités et organisations corporelles. C'est d'ailleurs ce que je crois. Le fait d'appartenir à 1 classe privilégiée ne rend pas les hommes qui en sont issus plus aptes pour autant, la majorité étant totalement hermétique à la culture, et les individus doués et supérieurs issus de la classe populaire s'ouvrant par la nécessité de leur nature aux oeuvres les plus profondes. Tels furent par exemple Genêt, Pasolini ou Camus.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 02:12

Aujourd'hui, fête de la musique. La foule est dehors, joyeuse. Suis incapable de comprendre ce qui lui plaît là-dedans. Du monde, du bruit, des hommes ivres qui hurlent. Je dois avoir une inhibition cérébrale, psychique. Tous ces gens me stressent. Ce bruit m'exaspère. J'ai la foule en horreur. Tout groupe m'est pénible. J'ai longtemps cru que je n'aimais pas les gens. En fait non, je ne les supporte pas groupés, mais ils m'intéressent individuellement. Les rassemblements les dégradent invariablement.

Peut-être, sans doute est-ce un pli, une orientation amorcée durant l'enfance, mon père séchant froidement tout enthousiasme et m'empêchant de participer tout jeune à la liesse populaire, comme quelque chose d'honteux, et m'imposant un contrôle absolu de moi-même, contrariant toute joie, tout épanchement, tout lâcher prise, toute libération, toute spontanéité.

Qui sait, j'aurais peut-être été un joyeux drille sans cette éducation totalitaire, entièrement sous contrôle, et bloquant toute expression, me rendant inapte à communiquer vers l'extérieur, malédiction que je tentais de vaincre par l'alcool, tentative de désinhibition symptomatique de la contrainte énorme, du surmoi titanesque condamnant toute légèreté, vestige d'une surveillance constante.

Je suis toujours surpris lorsque je vois des hommes et des femmes danser et chanter dans la rue, comme naturellement. J'en suis absolument incapable. Chez moi, on ne dansait pas, on ne chantait pas, on ne jouait pas de musique. On se contrôlait.

Caché sous le masque impassible du Docteur Jekyll dans le monde, le Mister Hyde n'en paraissait que plus effrayant dans l'intime. Il était un monstre envahissant. La psychose parfaitement intégrée, la perversion narcissique au plus haut niveau de la manipulation. La destruction psychique par l'intrusion radicale. Et le mal fait, une incessante justification.

J'ai repris la lecture de "La Peau de chagrin". Je l'avais lu à 16 ans, au même âge que "Le Portrait de Dorian Gray" et je désirais le relire, mais je repoussais constamment le moment. La boucle est bouclée pour ainsi dire. J'avais été fortement déçu par le relecture d'Oscar Wilde, ce qui m'avait autrefois ébloui et paru tellement spirituel me paraissant désormais très superficiel. Je suis par contre encore subjugué par le génie de Balzac, sa puissance, sa lucidité, son humanité, son style.

Les poètes me font bien rire, avec leurs dizaines de vers, même les plus grands. Quelle surestimation de leurs génies! Une seule page de Balzac exprime autant de poésie que tout Mallarmé ou Verlaine. Son éloge de Cuvier est un de ces extraordinaires passages, et il y en a tant. La mollesse de Flaubert, l'énergie sans génie de Stendhal sont sans commune mesure avec la profondeur de l'oeuvre Balzacienne. C'est un enchantement de tous les instants. C'est lui le véritable enchanteur.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 02:02

Triste état. Je suis submergé par la paperasse. Je n'ai aucun sens pratique. Je me demande parfois si je n'ai pas le syndrome d'Asperger. Je suis tellement centré sur des obsessions intellectuelles que je n'ai plus de place pour le reste.

J'ai croisé une asiatique au Monoprix qui m'évoque une étudiante dont j'étais tombé amoureux juste le temps de la voir manger au resto U il y a une quinzaine d'années. Tout le reste m'était devenu indifférent. Elle était, elle incarnait la vie, toute la vie s'y concentrait pour moi. Je n'avais jamais vécu cela. Et il s'agit peut-être de la même fille. Je ne l'ai pas abordée, étant peu à l'aise pour cet exercice, mais je reprends conscience de tout ce qui me manque d'essentiel, qu'il me manque le plus important, et de toutes ces années gâchées.

J'aimerais reprendre la méditation mais j'ai peur, peur de ne pas y arriver, peur d'y arriver et de me perdre, de me trouver sans défenses, peur d'être dominé psychiquement par autrui. Je ne sais ni où aller ni quoi faire. Tout est à recommencer, encore. Et je n'ai pas de direction. Et je ne sais pas qui je suis.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 01:50

Je ne me sens pas très bien. Je me suis fait raser les cheveux chez le coiffeur, et j'ai peur de sortir, de me faire agresser, d'attirer l'attention, d'être pris à partie. Qui suis-je? Mon passé 0 combien traumatisant m'obsède. Comment se défendre contre les agressions, les gens qui chercheraient, cherchent, ont cherché à me nuire, à nier ma personnalité, à réduire mon âme, mon être intérieur à un pantin désarticulé et vide, absent.

Je comptais lire un bouquin sur la méditation. Je m'étais promis de le faire, et de reprendre les exercices mais j'ai terriblement peur de ne pas y arriver, je le ressens comme mon dernier espoir. J'ai peur aussi de me perdre et de perdre mes défenses. Je ne suis pas très courageux en définitive. Et peu fidèle à mes promesses intérieures. Mais j'ai l'esprit empli de tellement d'images violentes, de souvenirs pénibles. Et c'est comme si j'avais un défaut de construction. Les autres hommes conservent les bons souvenirs, et oublient les mauvais. Pourquoi dans mon esprit les mauvais, les traumatisants, humiliants, dévalorisants l'emportent sur la reviviscence des moments positifs?

J'ai tellement peur de me perdre, et de ne plus pouvoir, sans la carapace, me défendre. Même aller au cinéma m'est pénible. Je crains de m'oublier et de me retrouver sans défenses. J'ai sans doute construit un faux self, une identité guerrière factice à laquelle je suis attaché et dont je ne peux me déprendre pour trouver mon vrai moi, ce que je suis vraiment, enfoui par mesure de précaution. Comment le retrouver? Et être enfin serein. Ne plus chercher de preuves continuellement, de reconnaissance extérieure. Etre libre.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 01:33

Aujourd'hui, fini l'homme machine de La Mettrie, et les commentaires d'Assoun. Du bon et du moins bon. Si les animaux peuvent être considérés comme des machines, ce n'est pas pour cela qu'ils ne souffrent point. Mais quantité de remarques pertinentes. Continuité animal-homme, déterminisme de la volonté par le corps, critique de la justice, dépréciation des grands systèmes métaphysiques, précurseur de Darwin comme Maupertuis, et de Freud dans la dimension de la jouissance, de l'érotisation du savoir. Précurseur de talent et de courage, mais dont l'oeuvre est limitée. Il lui manque un souffle.

Promenade dans le parc Blossac.

Je suis attaché à mes idées. Je sais qui je suis quand ou parce que je sais ce que je pense. Identification totale de ma personne à mes idées. J'ai l'impression qu'elles sont ce qui me distingue d'autrui, et qu'elles me permettent de m'en protéger. Je suis par les idées. J'ai compris que j'éprouvais une grande souffrance psychologique dans l'isolement parce que je n'ai pas la présence d'autrui qui me permet de décrocher de mes pensées, d'aller de l'avant. Lorsque je suis seul, je m'y accroche, et dépense une énergie considérable dans l'exercice de la répétition de chaque idée, ou portion de phrase, de peur de la perdre, et de me perdre avec. Ainsi, je ne peux les laisser filer. J'y reviens 5,10,15,30 fois et c'est cela qui m'épuise et me tourmente. Il me faudrait lâcher prise en ce qui concerne les pensées, ou n'énoncer qu'une fois une idée avec les mots appropriés puis passer à autre chose. Or, je ne le puis. Pourquoi un tel attachement aux idées, qui pour moi me définissent, dont j'ai besoin pour me défendre, et qui attestent (le besoin, toujours, d'attester; de prouver), que je ne suis pas un sot, que j'ai une intériorité, et mes propres pensées.

Observation intéressante. Obsession constamment présente malgré mes efforts, les preuves fournies. Et cependant, il faut bien se défendre de l'emprise des gourous, et des préjugés de toutes sortes, et quel en est le moyen si ce n'est par les idées? Mais consentir à ses propres pensées critiques sans s'y fixer et y revenir indéfiniment devrait suffire. La crainte de ne pas trouver les mots, et la fixation sur les mots qui expriment les idées, de peur de ne pouvoir exprimer l'idée, et donc une intuition, une part d'intériorité, de vie intérieure qui a besoin des mots pour se faire voir, être reconnue, est là aussi. Car comment se faire reconnaître comme sujet sans les mots? Crainte excessive, obsessionnelle de perdre les mots. Fixation, cristallisation de la vie psychique, du moi, dans la formation des idées.

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 00:43

Libre arbitre et socialisation

Montrer en quoi les interactions sociales (familiales, environnementales, globales) influent sur le devenir de l’individu, le conditionnent.

La société, le système juridique est construit sur l’idéologie du libre-arbitre individuel. C’est-à-dire que la majorité des individus, considérée comme normale et saine d’esprit, est censée agir librement et rationnellement. Toutes les orientations sociales sont définies par rapport à ce postulat.
A côté de ces individus normaux, il y a les anormaux, plus ou moins aliénés, et qui jouissent de circonstances atténuantes s’ils commettent des délits par exemple.
Or, ce postulat du libre-arbitre, la sociologie, après certaines théories philosophiques, le remet sérieusement en cause.
« La sociologie ne pouvait naître que si l’idée déterministe, fortement établie dans les sciences physiques et naturelles, était enfin étendue à l’ordre social ». Durkheim « La sociologie » Texte 1 «Eléments d’une théorie sociale » Ed de Minuit

Si des philosophes, comme Spinoza, Hume, Schopenhauer, Nietszche, ont contesté la pertinence du concept de libre arbitre, tandis que d’autres penseurs, par divers stratagèmes, ont cherché à le préserver à tout prix, comme Kant ou Sartre, la sociologie dispose de données chiffrées, statistiques, issues de l’observation, qui tendraient à accroître l’importance de l’environnement, des situations, des interaction sociales, des déterminismes dans la trajectoire individuelle, au détriment d’une éventuelle liberté absolue, métaphysique, qui viendrait d’on ne sait où interférer avec l’ordre de la nécessité.

« Le degré auquel le monde est réellement déterminé n’est pas une question d’opinion, en tant que sociologue, je n’ai pas à être « pour le déterminisme » ou « pour la liberté », mais à découvrir la nécessité, si elle existe, là où elle se trouve ». Bourdieu « Question de sociologie » Ed de Minuit p 44

Les travaux de certains sociologues rejoignent la position Sartrienne, où la contrainte laisse entière la place à une sorte de liberté absolue de choix.
« Mead, Thomas et Park sont antidéterministes en ce sens qu’ils recherchent un point d’équilibre entre des acteurs totalement libres dans leur volonté et des acteurs dont les actions sont assez strictement déterminées, autrement dit, soumises à des contraintes. Les interactionnistes sont essentiellement anti-déterministes ». A Strauss « La trame de la négociation. Sociologie qualitative et interactionnisme. Ed L’Harmattan

Il y a ici l’essai d’une conciliation entre la volonté de préserver un libre arbitre absolu et le déterminisme des situations, les contraintes structurelles. On retrouve les tentatives de Sartre dans la « Critique de la Raison dialectique », où l’appartenance aux classes sociales, la guerre, les conditions d’existence, tout en ayant une influence sur la vie réelle des hommes, laissent intacte l’existentialisme, l’idée que malgré tout, l’existence précède l’essence en l’homme, et qu’il se fait lui-même. Cependant, plus les situations semblent avoir d’emprise, plus l’existentialisme semble une théorie abstraite, un simple idée, voire une névrose de Sartre, celle –là même qui le fit passer à côté de la psychanalyse puisqu’il semble avoir voulu moraliser le processus de refoulement (le sujet a primitivement conscience de ce qu’il censure puisqu’il le censure comme irrecevable, donc il est à l’origine du refoulement, libre du processus, et de mauvaise foi s’il le nie) alors qu’il s’agit d’un mécanisme de survie psychique dont les causes, une fois refoulées, échappent bel et bien au sujet mais pas les effets.

Ainsi la citation qui suit paraît bien discutable elle aussi :
« L’orientation normative de l’action comporte une part de décision. La liberté est le choix que les individus peuvent opérer entre divers modèles d’action à l’intérieur des limites données. » Guy Rocher « L’action sociale »
Une remarque : La part de décision, la liberté du choix entre différents modèles n’est-elle pas elle-même déterminée par un ensemble de causes ou motifs dont la situation dans l’espace social ?
Nos rêves, nos projets les plus personnels semblent par exemple déterminés par notre position sociale, nos possibilités concrètes d’action.

Ce postulat du libre arbitre, intrinsèquement lié à l’attribution abusive de la responsabilité, est aussi le garant de l’idéologie méritocratique.
La méritocratie implique une égalité des chances qui permettrait à chacun de prendre la place qui correspond à ses qualités personnelles, ses efforts, indépendamment de sa naissance, des privilèges transmis.
Cependant, l’application de cette idéologie pose problème.
D’une part l’on constate que les enfants issus de milieux populaires vivent davantage de difficultés scolaires que d’autres enfants plus privilégiés pour des raisons de transmission et d’une moindre adéquation entre culture familiale et culture scolaire, et qu’ils intériorisent par la suite leur échec comme relevant de l’inné, de l’ordre du substantiel, alors qu’il est de l’ordre de l’acquis, une injustice imposée et subie qui s’ignore comme telle.
D’autre part, la notion même d’efforts volontaires, de liberté individuelle qui donne sa légitimité et portée à la croyance au mérite est contestable.
« Quand on veut, on peut ».
Il n’est pas sûr que vouloir génère systématiquement le pouvoir.
De plus, cette formule implique une distinction culpabilisante entre ceux qui veulent et ceux qui ne veulent pas, (réussir par exemple), ou ceux qui veulent suffisamment et ceux qui veulent mais pas assez. Or il y a là une moralisation abusive d’un processus motivationnel qui ne ressort pas d’une libre décision individuelle, mais est elle-même déterminée. L’homme n’est pas à l’origine de son propre vouloir.

Le mérite serait donc une fiction, tout comme la liberté ou l’identité, qui, peut-être, est indépassable pour nous préserver du chaos mental et social, mais qui, prise au sérieux, engendre néanmoins bon nombre de conséquences, d’évaluations et de jugements, et contribuerait à perpétuer les inégalités.

Nous nous intéresserons plus spécialement aux parcours difficiles et chercherons à déterminer si les individus concernés ont comme choisi délibérément une voie délicate ou ont été poussé par la nécessité, prisonnier d’une interaction de causes et d’effets suscitée par les conditions de leur socialisation.

S’il s’avérait que les facteurs de socialisation conditionnent les trajectoires bien plus qu’un éventuel libre choix, alors la société paraîtrait comme mal fondée car édifiée sur une injustice structurelle, et alors, la fameuse formule de Socrate : « Nul ne fait le mal volontairement », serait affirmée avec plus de force .


Socialisation et délinquance.
Motifs familiaux, groupes de pairs, influence mimétique (René Girard) etc génère décrochage scolaire, enfermement dans un rôle, etc d’où surenchère d’où conséquences, réactions en chaîne, mécanique

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 00:34

Une sociologie des enfants surdoués. En fait, l’idée principale du livre, c’est qu’il y a une construction sociale de la précocité, qui correspond à une demande sociale. Celle-ci est moins innocente qu’elle ne paraît. -Intérêt des psy libéraux -Intérêt des parents diplômés et déclassés -Appartenance des surdoués à des catégories particulières (garçons, milieux favorisés économiquement et culturellement etc) En fait, la véritable précocité existe sans doute, mais elle est rare et en partie favorisée par le milieu d’appartenance. Il existe de nombreux double discours sur le sujet, ou être surdoué apparaît comme une différence mais pas une supériorité mais ou c’est tout de même très valorisé d’une part, donc quand même considéré implicitement comme une supériorité, recherchée, impliquant une hiérarchie, d’autre part cela apparaît comme un plus mais aussi comme un handicap, sans que ce soit confirmé par les faits puisqu’en réalité la plupart des enfants précoces (classés comme précoces en rapport à une sélection socialement déterminée) s’en sortent bien. A vrai dire, si tant est qu’il existe des enfants précoces en difficulté, la psychanalyse semble dans le vrai, et c’est plutôt d’autres motifs (familiaux, sociaux), qui expliqueraient l’échec, plus que le fait d’être surdoué en tant que tel, qui serait plutôt avantageux pour l’adaptation et la vie sociale. La réflexivité et la sensibilité ne constituent pas en eux-mêmes des handicaps. Etonnant de voir l’importance de la recherche de reconnaissance comme concept sociologique. Rôle du classement, du déclassement, du reclassement. Quête d’objectivation, d’investissement symbolique etc. Ainsi les parents semblent se décharger de leurs propres problèmes sur leurs enfants, attendre d’eux une réponse à leurs malaises existentiels, avoir davantage besoin que leurs enfants de la reconnaissance de cette précocité, et être davantage déçus, voire meurtris si ce diagnostic n’est pas confirmé. « Il va être abattu, catastrophé ». etc Ce sont les parents qui sont abattus en fait, si le diagnostic n’est pas validé, et ils n’hésitent à faire repasser le test pour que les résultats correspondent à leurs attentes. Les problèmes de leurs enfants ne résultent pas de leur précocité éventuelle ou supposée, mais des névroses parentales non assumées, assimilées, et donc transmises aux enfants.

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 16:31

Les experts en frappes, qui se croyaient les plus forts, étaient amenés très facilement au sol et dominés par des spécialistes du jujutsu brésilien, dont les frères Gracie, Royce et Rickson étaient les plus illustres représentants.

Le JJB est la systématisation et l'amélioration des techniques de jujutsu au sol, pour simplifier. Hélio Gracie en est la figure la plus connue. Formé par un japonais émigré au Brésil, il avait compris qu'au sol, la force ne comptait plus autant, qu'il fallait donc y amener les adversaires et les soumettre par clés ou étranglements.

Lui-même avait remporté de nombreux combats mais sa réputation était cantonnée au Brésil. Ses fils d'abord, puis d'autres combattants issus de ce style le popularisèrent à travers le monde, et ils ringardisèrent les autres styles. Les adeptes de la lutte, habitués au corps à corps, comme Mark Kerr, ou Mark Coleman, s'en tirèrent honorablement. Les strikers étaient dépassés. On en était venu à penser que l'art des coups ne servait à rien, jusqu'à ce que Maurice Smith, un champion de kick boxing inverse la tendance. La seule issue pour eux étaient de s'initier à la lutte pour éviter le sol, au JJB au cas où ils iraient quand même, pour s'en sortir et faire ainsi la différence dans l'échange de frappes.

Ils reprirent la main, et les lutteurs et autres grapplers n'eurent d'autre recours que s'initier au striking pour se maintenir au niveau.

Des combattants complets, de haut niveau en thaï comme en grappling apparurent alors, comme Marco Ruas ou Bas Rutten, mais leurs transitions entre les différentes phases du combat étaient encore largement perfectibles.

Les athlètes se professionnalisèrent, et on accéda au franchissement d'un palier supplémentaire avec des hommes comme Rodrigo Minotauro, Fedor Emelianenko, Anderson Silva, Georges Saint Pierre, qui n'étaient plus seulement bons mais excellaient dans plusieurs disciplines.

Ces combattants d'exception semblent eux-mêmes maintenant dépassés, pas seulement parce qu'ils sont rattrapés par l'âge, mais également parce que pour les nouveaux combattants le MMA est devenu comme un terreau naturel. Ils en assimilent les connaissances et les subtilités et les modifient, alors que pour les anciens, l'hybridation entre striking, phases de lutte, et sol étaient encore en construction, n'allait pas de soi.

Parfois, l'incorporation de techniques propres aux styles traditionnels, que l'on croyait dépassés ou inefficaces, surprend et apporte un nouvel intérêt pour la discipline, ainsi que des évolutions techniques possibles, comme ce fut le cas avec Cung Lee et le san shou/sanda ou Lyoto Machida et le karaté shotokan. On attend et souhaite d'autres surprises du même genre, qui enrichissent et diversifient le jeu de plus en plus homogène des combattants.

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