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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 16:01

Le MMA est souvent discrédité. Sa genèse est pourtant passionnante, et l'aspect technique de ce sport pas assez précisé.

Il est composé d'une synthèse de 2 domaines fondamentaux du combat: le stand up, ou schématiquement l'art des frappes, et le grappling, l'art des saisies, projections et clés.

Ses 2 domaines du combat sont eux-mêmes des synthèses évolutives de systèmes et d'arts martiaux, et représentent l'aboutissement actuel de plusieurs millénaires de progrès technique.

Je vais en retracer brièvement les étapes.

A la fin du 20ème siècle, à la suite des films de Bruce Lee, les arts martiaux se sont développés en Occident. Ce n'est d'ailleurs paradoxalement pas les arts regroupés sous le terme générique de kung fu, qui furent popularisés, mais le karaté, art okinawaien, assimilé et "nationalisé" quelque part par le Japon, et ridiculisé dans les films de Bruce Lee. En réalité, les techniques de frappe (percussions), de projections et de clés sont assez similaires malgré quelques différences, et ce qui se transmit le plus, ce qui incarna essentiellement ces arts, ce sur quoi fut mis l'accent se concentrèrent dans les frappes.

Des karatékas Occidentaux éminents, des figures populaires émergèrent. En France, Dominique Valéra, aux USA Chuck Norris ou Joe Lewis. Cependant, certains n'étaient pas satisfaits des règles de la compétition, par touches, car cela leur semblait irréaliste. Ainsi, un combattant qui touchait le premier avec un léger direct mais qui aurait pris un lourd crochet gagnait quand même, même si dans la réalité, il aurait pris un ko. Or, en voulant des combats à frappes réelles, ils comprirent que la boxe anglaise , très sophistiquée et se perfectionnant sans cesse elle-même, était plus efficace au niveau des poings. Ils firent donc une synthèse entre la boxe anglaise pour les poings et le karaté pour les techniques de pied. D'ailleurs toutes les boxes dites pied-poing ont intégré la boxe anglaise, comme la savate (boxe française) en a ajouté les techniques en plus des techniques de pied du chausson.

Voilà donc quelle était la synthèse idéale à l'époque: Le full contact, ou boxe américaine, alliance de la boxe anglaise et du karaté pour faire simple. Un tournant et une amélioration furent apportés lorsque furent organisés des rencontres et des affrontements décisifs avec les fameux thaïlandais (boxe thaï). Tous, en gros prirent une trempe contre les Thaïs. Les karatékas du kyokushin, pourtant entraînés à la dure, mais pas adaptés contre les thaïs, du fait notamment de leur mauvaise anglaise, les champions de l'école de thom Harinck en Hollande, les champions américains de full contact comme Benny Urquidez puis Rick Roufus, tous furent dépassés par la puissance des thaïs. A cela, une raison principale; même avec des règles leur interdisant l'usage des genoux, des coudes, du clinch ou corps à corps, les thaïs disposaient d'une arme redoutable, les coups avec le tibia, low kick, middle, ou high kick. Même si les Occidentaux connaissaient les frappes aux jambes par exemple, celles-ci s'effectuaient avec le pied. Or la manière des thaïs, avec le tibia, est beaucoup plus puissante et dommageable.

Le muay thaï ou boxe thaïlandaise est donc devenu la référence en termes d'art de percussions. Il est à noter que les thaïs se sont aussi enrichis avec l'apport des Occidentaux, notamment pour l'usage des poings, avec les subtilités de la boxe anglaise.

Une nouvelle révolution s'est effectuée avec l'apparition de l'UFC et du Pride, avec des tournois opposant des combattants issus de différents styles, et dont les règles sont, étaient peu restrictives.

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 15:31

Quelques objections à son livre : Le pouvoir du moment présent.

Si notre véritable nature est un contact intemporel avec l'Etre, pourquoi en sommes-nous tous coupés? C'est paradoxal que ce qui est artificiel est ce que vivent tous ou la majorité des hommes?

Or, ce mental qui nous domine et nous aliène au temps, il ne vient pas de nous, n'a pas été produit par nous, mais il vient de la Source, comme tout ce qui est. En quoi est-il négatif alors? D'autre part, si tout est bien dans le moment présent, le mental aussi, et ses errances, et les guerres etc. Pourquoi lutter contre alors?

Il semble que la jalousie, la colère, et toutes les émotions ont une utilité biologique. La vie cherche avant tout à vivre. Une mystique valable ne peut que s'accorder avec la théorie de l'évolution à mon avis, et ne doit pas la contredire. Si la jalousie, la colère sont, c'est qu'ils correspondent à une fonction. Ils ont donc leur utilité. D'ailleurs les animaux n'en sont pas exempts.

Que le contact avec l'Etre coïncide avec la joie et la paix, c'est un postulat positif, mais il se pourrait que le fondement, le principe premier soit chaotique, et neutre; et "par delà le bien et le mal".

L'auteur semble faire une distinction entre l'homme, globalement prisonnier du mental et donc du temps, et l'animal, en contact avec l'instant. Mais l'animal ne semble pas s'identifier avec son mental, son ego, et pourtant il anticipe, et puis il souffre aussi, et il éprouve de la jalousie, et il tombe malade... Ainsi, toutes les afflictions ne viennent pas de l'identification à un faux self, à une hypertrophie du moi, de l'ego etc

Il est possible que la réalité soit tout inverse de ce que l'auteur prétend, et qu'il n'y ait que de la durée, du temps qui dure comme le pensait Bergson, de la "création d'imprévisible nouveauté", et l'instant présent serait une fiction, et sa quête une tentative de fuir la réalité, qui est impermanence.

L'auteur insiste sur le fait que le non manifesté est l'essentiel, et le manifesté importe peu, étant impermanent. Ainsi, on peut jouir de la forme, mais si tout le manifesté, les phénomènes disparaissaient, cela laisserait le non manifesté intact, et n'aurait donc pas trop d'importance. En réalité, si le non manifesté s'effectue dans le monde, c'est que cela lui est nécessaire, donc les phénomènes ont une valeur, une fonction spécifique. D'ailleurs, le suicide n'aurait aucune importance autrement.

"Lequel d'entre vous peut rajouter par son anxiété un seul jour à sa vie?" Nous tous en fait! Et cela va tellement de soi qu'il n'y a pas besoin de le justifier.

L'auteur nous explique que notre vrai moi, notre moi profond n'est pas notre corps, ou nos idées, mais la Source. En réalité, ce fonds est l'indifférencié d'où sourd la vie, donc il me permet d'être moi mais ce qui fait de moi un être différent justement, c'est mon incarnation, mon corps propre, qui fait de moi ce que je suis et pas un autre. Le reste, la vie impersonnelle qui s'exprime en tout être vivant, ce n'est pas ce qui m'individualise et me singularise. Or, c'est cela qui constitue ma valeur, et cela me sera ôté par la mort. Le fonds commun, par définition, ce ne peut être moi.

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 15:17

La bêtise et la vulgarité des animateurs TV les plus populaires me posent des problèmes de conscience et de misanthropie. Que des millions de personnes regardent ces affligeants spectacles me stupéfient. Cela pose tout de même la question de la légitimité démocratique où toutes les valeurs sont nivelées, où le plus abrutissant est systématiquement valorisé.

On avait Dechavanne, Sébastien, Arthur, Nagui, Coe, d'une bêtise abyssale, et qui à mon avis devraient être interdits d'antenne dans une société saine, sans compter les émissions de TV réalité et autres films dégradants à force d'idioties.

Les auteurs plébiscités, tels Marc Lévy, Guillaume Musso, D'Ormesson, qui sont affligeants de nullité, Onfray et BHL aussi fermés et sectaires l'un que l'autre, les imbéciles heureux Matthieu Ricard et son maître le Dalaï-lama, tout ce que les médias imposent comme vrai, bon, bien donnent immédiatement envie ou de faire un coup d'état, ou de se retirer et s'isoler, ou de s'extraire du monde.

Mais un progrès dans l'abject a été franchi avec Cyril Hanouna. Que Jack Lang ou Belkacem y soient allés en dit long sur leur bassesse intrinsèque, leur manque absolue de dignité, et suffit à les discréditer.

Je ne peux même pas exprimer ce que je pense qu'il faudrait lui faire subir car je m'exposerai à des poursuites.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 16:27

Interactions Confucianisme/Taoïsme. Bouddhisme Chan

Néo Confucianisme et différents courants Taoïstes

Le but, l'enjeu:

La pensée Chinoise est une sagesse incluant à la fois le transcendant et l'immanent. Sans personnification du divin, le ki, l'énergie première, le Ciel n'est pourtant pas complètement impersonnel. Il y a un rapprochement à réaliser avec le Soi Hindouiste, ou le Cosmos des Stoïciens et des Grecs.

Cette sagesse particulière inclut l'importance de la vie, de cette vie ci, et ne la déprécie pas. La vie est, sinon la seule valeur, "vie et valeur sont consubstantielles" (Nietzsche), au moins porteuse d'une valeur spécifique. Cette pensée peut à la fois s'accorder avec la science, plus aisément que les monothéismes (tout procède du tao dans l'Univers, unité du Cosmos, des êtres vivants, de l'inanimé, tout ce qui vit procédant d'un fonds commun, d'une source originelle) et peut également satisfaire les aspirations métaphysiques, avec des principes relativement clairs (la complémentarité du yin et du yang, le vide, le Tao, le ren, l'homme comme pont entre le Ciel et la Terre, etc) tout en étant pragmatique, accessible et logique, s'embarrassant peu de spéculations hasardeuses, allant à l'essentiel, plus en conformité que le Bouddhisme avec la vie qui veut vivre, telle que nous l'appréhendons et la ressentons, et plus rigoureuse et évidente que les développements hindouistes.

Rapprochements avec la philo Occidentale.

Antiquité: Sur le Cosmos ordonné, la conception de la vie bonne comme accord, conformité avec le Cosmos : voir avec les Stoïciens.

Du côté des Présocratiques, peut-être Parménide, l'Etre (le ki) est un et immuable (rien ne change, "le temps est l'image mobile de l'éternité"), et Héraclite (tout bouge, se transforme, évolue, se métamorphose, mute en ce monde : le Yi King, le livre des mutations).

Avec Aristote, l'homme comme animal essentiellement politique, qui se développe avec ses semblables, n'est homme que par leur compagnonnage, leurs entretiens (Confucius), les règles sociales, communautaires (rites Confucéens). L'idée que l'homme est un être raisonnable, pouvant se guider lui-même par un juste usage de la raison, et développer sa vertu (ren), qu'il doit actualiser sa puissance, ses virtualités, que son bonheur en dépend, comme de la santé, du confort, de l'amour, de l'amitié, une vie réussie d'homme participant de tout cela.

Pensée moderne : Hume peut évoquer le Bouddhisme, non par la théorie du Karma, de la responsabilité individuelle, de la métempsychose, de l'ascèse mortifiante vis-à-vis du désir, et donc de la vie considérée comme essentiellement souffrance, mais dans sa critique du sujet, de la substance pensante Cartésienne, de l'identité personnelle, de sa permanence, ainsi que dans sa conception associationniste des idées, non que les idées viennent exclusivement de l'expérience chez les Bouddhistes, mais tout contenu de conscience, toute représentation s'enchaîne selon des règles chez les Bouddhistes, et on peut l'observer, consciemment prendre ses distances et du coup ne plus y être attaché, subsumé, s'en libérer. Cela me semble assez proche de l'empirisme Humien. A creuser.

Schopenhauer et le monde animé par un vouloir-vivre qui s'incarne, se manifeste en des corps de plus en plus complexes, conscients et individualisés, mais un vouloir vivre qui du fait qu'il est, tout simplement, ne peut être absurde.

Les pensées percutantes de Nietzsche, déstabilisantes, déroutantes, contradictoires. Eloge de la vie: critique des arrières-mondes chimériques : Taoïsme. Désillusion : Poésie chinoise.

Pensée contemporaine : Des similitudes avec Bergson me semblent le plus évident. Il doit y avoir beaucoup d'autres auteurs à rapprocher. Mais le concept de durée créatrice, le temps appréhendé comme création d'imprévisible nouveauté, l'élan vital, la morale close (Confucianiste), institutionnelle, sociale, conventionnelle, fermée mais néanmoins nécessaire, et la morale ouverte (Taoïste), individuelle, émancipatrice de l'ordre établi, des rites qui structurent la société, des hiérarchies, sont significatifs de convergences possibles.

Teilhard de Chardin et la loi de complexité-conscience notamment. "Le phénomène humain".

Wittgenstein et l'éloge du silence, du retrait. "Ce dont on ne peut parler, il faut le taire" : Taoïsme : "Celui qui parle ne sait pas. Celui qui sait s'abstient."

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 02:01

Si j’ai exposé en de nombreux textes pourquoi l’existentialisme athée ne pouvait rendre compte de la liberté, et qu’un monisme matérialiste ne pouvait être humaniste au sens Sartrien, c’est-à-dire qu’on peut considérer que les hommes sont peut-être doués d’une valeur et de propriétés spécifiques, mais qu’en aucun cas l’existence précède l’essence en l’homme, car il n’existe que des corps qui font les hommes, que ces corps fluctuent, et que l’existence d’un pour soi signifie émergence d’une complexité psychique supérieure à partir d’un arrangement corporel particulier, mais certainement pas libre arbitre , et que l’homme n’est pas libre parce qu’il est homme et homme parce qu’il est libre (je ne vais pas développer , il suffit de se reporter à mes textes nombreux sur la liberté, le matérialisme radical ou Sartre) je me suis peu servi de cet angle existentialiste athée pour nier l’égalité entre les hommes. Or, c’est curieux, car Sartre a adopté là-dessus un point de vue complètement religieux. Pour les Chrétiens, par exemple, ou les Bouddhistes, l’égalité se fonde sur le fait qu’en tout homme, et malgré les différences, il y a Jésus, ou Bouddha, comme puissance actualisable, et cette part prime sur les inégalités de capacités. D’où la responsabilité, mais aussi l’égalité fondamentale. Sartre a repris cette idée. Il écrit notamment à la fin des Mots : « Si je range l’impossible Salut au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous, et que vaut n’importe qui ». Et c’est logique, ce nivellement, car si l’existentialisme Sartrien a exactement les mêmes vues sur l’homme que les Chrétiens ou les Bouddhistes sur ce point précis de l’égalité, c’est parce qu’il considère que malgré les variétés individuelles, en chaque homme l’existence précède l’essence, donc l’homme se fait lui-même, il est libre, et cette caractéristique l’emporte en valeur sur les inégalités « matérielles », organiques, et elle fonde l’égalité entre les hommes, l’humanisme Sartrien, elle joue le rôle de l’âme chez les Chrétiens, l’immortalité en moins. Mais d’un point de vue scientifique, il n’y a que des corps aux capacités variées et évolutives, et rien d’autre, et l’existence ne précède pas l’essence en l’homme, et même si cela était, ce ne pourrait être en tous les hommes pour des causes purement organiques. Et si Sartre fait de la liberté, et donc de l’égalité la définition de l’homme, en exclurait-il tous ceux dont le corps détruit ne permet plus cette émergence ? Et à partir de quel seuil de complexité cette émergence est-elle rendue possible ? En fait, Sartre n’a même jamais analysé cette émergence, les conditions de possibilité de son effectuation. Tout dans sa pensée est donc vicié, son existentialisme est risible, et son marxisme, pourtant parfois pertinent, reste empêtré dans les impasses de sa première philosophie. Quant au marxisme, s’il n’est ni une science, un processus sans sujet au sens Althussérien, ni un processus avec sujet au sens Sartrien, il n’en reste pas grand chose.

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 01:59

Spinoza me semble largement surestimé. D ’ abord, systématiser et qui plus est circonscrire philosophiquement la réalité au modèle géométrique, c’est déjà un symptôme, le signe d’un esprit un peu dérangé et psychotique, qui ne trouve la paix que par l’établissement d’un système métaphysique cohérent qui permet d’humaniser le monde et de pouvoir s’y projeter, système impressionnant et logique mais artificiel, construit sur des fondations et des relations très contestables. On est ici proche de la tendance psychotique propre à nombre de philosophes dévoilée par Freud et bien exposée par Paul-Laurent Assoun (Hegel en était un exemple caractéristique pour Freud : Hegel pensait révéler la vérité de l’Univers, l’Esprit s’effectuant dans le monde et Hegel en exprimant le fonctionnement dans son œuvre, délire d’anthropocentrisme paroxystique). Ensuite, nombre de ses développements repris et valorisés, comme l’importance du corps, l’interaction corps/esprit, le déterminisme, la morale ouverte, l’importance des émotions et de la joie, l’actualisation de ses possibles sont mal étayés, mêlés à des considérations plus mystiques que philosophiques, accompagnées sans cesse de l’idée d’éternité, du point de vue de l’éternité, etc Or, on retrouve l’essentiel de ces idées, mais exposées plus clairement chez certains penseurs chinois ou encore chez les empiristes anglais par exemple, mais sans le verbiage philosophico-mystique. Si j’ai dit dans un autre texte que pour moi, Freud c’était Nietzsche sans le délire, Hume, avec des réserves, c’est un peu Spinoza sans le délire.

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 22:14

Nietzsche, s'il était vivant, je l'enculerais direct, pour lui apprendre la vie. Louant la grande santé mais complètement HS, le sexe mais sans doute puceau, la danse mais n'ayant certainement jamais dansé, il est l'inverse d'un Jack London en quelque sorte, un philosophe glorifiant le corps mais complètement désincarné.

Il ne faut pas oublier qu'il était rentier, et qu'il est fondamentalement écrivain pour rentier. Pas étonnant qu'il plaise tant à Gide, à Montherlant, à Matzneff etc

Moi, j'ai lu Spinoza, Balzac, Stendhal, Dosto tout comme lui, mais à 15 ans, je surinais des types en maison de correction et à 18 j'étais chez les paras. Alors tous ces bourges qui s'encanaillent dans leur salon confortable avec les pitoyables pensées de Nietzsche, style le bonheur n'est pas le but de la vie ou tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, ça me fait bien marrer. Qu'on dise ça au mec dont les bras et les jambes sont coupés, défiguré, le cerveau altéré, il va rigoler s'il le peut encore!!!

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 23:08



Texte en deux parties, d’abord le problème, puis sa résolution.
Voilà le problème majeur que se pose tout sincère aspirant à la sagesse parvenu au plus haut degré de lucidité qui en fait un être et sceptique et cynique, et tout de même charmant. Le voici : s’il n’y a aucune essence à atteindre, si la mort est un affreux état qu’il faut éviter à tout prix, si vraiment seule la vie compte pour le vivant, alors la réalité est effroyable, seules comptent les recherches scientifiques qui permettent de rallonger la vie et d’améliorer la santé, quitte à nous robotiser totalement puisque nous en sommes déjà arrivés là. Les perspectives sont alors effrayantes, parce que nous sommes condamnés à la déshumanisation, c’est l’avis de la morale, mais encore davantage parce que si la mort est à éviter à tous prix elle n’en est pas moins pour nous, hommes du vingtième siècle, tout à fait imminente. Mais si la mort n’est pas une fatalité, si elle est un état enviable, mais surtout si quoique l’on fasse sur terre, la « vie du ciel » y est/sera toujours préférable, c’est-à-dire que même pour le sage qui atteint ici-bas le meilleur niveau, le retour à la source originelle est/sera toujours supérieur en félicité, qu’est-ce qui nous empêche de nous tuer ? Deux choses : premièrement, l’idée que la mort est une issue épouvantable mais cela revient à la première idée de ce texte. La deuxième chose pour l’aspirant à la sagesse est l’idée que la nature, où Dieu, ne le veut pas, sinon nous ne serions pas là. Mais si après la mort, puisque généralement le sage est panthéiste, même après qu’un homme ait commis un crime abject, comme il le croit, son auteur jouit de la même félicité que tout autre et donc que lui, pourquoi ne pas tous nous tuer puisque pour nous tous, cet état futur sera forcément préférable ? A cela, qu’est-ce qu’un sage répondrait ? Impasse, je n’en connais pas ; sans doute que pour comprendre et résoudre ce problème, il faut justement être un sage. En attendant, le problème reste entier.

La seule solution réellement compréhensible pour le vulgaire et qu’il juge bénéfique résiderait en la religion monothéïste. Mais y existe-t-il des sages ? Leurs réputations de douceur et de sainteté n’est elle pas basée sur de terribles inepties ? Et peut-on être saint sans sagesse ? Non, donc s’il y existe des saints, ils sont sages. Mais sont-ils alors toujours monothéïstes ? Il semblerait qu’arrivé à ce niveau, l’homme n’en fait plus sa préoccupation première ? Mais alors, ne serait-il pas plutôt panthéïste car un homme qui tirerait toute sa force de la croyance en un Dieu unique et conscient jusqu’à la fin de sa vie ne pourrait pas se désintéresser de cette préoccupante question ? La solution consisterait en ce que l’extinction, la mort, ne soit ni un bien, ni un mal. Par conséquent, il faut rester en vie car la vie est un cadeau de Dieu, quelque chose d’extraordinaire, qu’il faut savoir saisir. En effet, elle peut être un mal extrême, donc un enfer mais aussi un bien extrême, donc un paradis. Mais comment, si la vie peut être un bien, faire comprendre et accepter à un homme commun l’idée que la perte de ce bien potentiel n’est pas un mal ? En montrant que ce bien potentiel peut se transformer en mal potentiel. Mais si l’homme est objectivement très heureux, alors comment lui faire admettre que la perte de ce bonheur, de cette sensation enviable n’est pas un mal ? Eh bien, justement, c’est là qu’intervient la sagesse car elle consisterait à comprendre vraiment, de l’intérieur, que la perte d’un bien n’est pas un mal. Car pour le vulgus, il ne peut en être ainsi, il ne le comprend pas. Moi non plus. Mais justement, comment comprend-on cela ? En ayant un niveau le permettant. Ainsi sans doute les facultés intellectuelles sont insuffisantes pour accepter ce qu’on considère être une fatalité. Mais puisque les sages sont au-dessus de nous, et savent et ne jugent pas ce néant effrayant comme une fatalité, alors c’est la preuve qu’il n’en est pas une. L’on pourrait cependant prétendre qu’il en est une mais que le sage a trouvé la force nécessaire pour supporter stoïquement ce destin tragique qu’il connaît. Mais comment ? puisque cette force même lui est donnée par la connaissance de son destin, qui donc ne peut être tragique. Ainsi, soyons heureux !




Si l’homme considère son physique et l’acceptation de tout ce qui constitue son physique propre comme l’ultime et seule réalité, alors il n’y a pas de réels progrès spirituels envisageables ; mais s’il nie son physique au profit d’un état, d’une perception qu’il considère plus élevée, alors il y a négation d’une partie de lui-même, et donc une part de subjectivité, une objectivité qui n’est que partielle, bref il en résulte un état imparfait. Mais s’il existe réellement une essence, une immuabilité à atteindre, et si l’homme est de ceux qui peuvent l’atteindre, alors l’homme qui en sera ne pourra plus être considéré comme imparfait puisque la négation ne l’empêchera pas de sentir le parfait. Ainsi, si Dieu existe (Dieu dans un sens très large, vu comme principe conscient ou bien tout simplement comme énergie première et instigatrice de toutes choses), il n’y a aucune raison qui nous empêchent de rejeter totalement les apparences et illusions que notre corps montre, et qui sont de véritable réalités objectives jugées comme elles le doivent être par nos sens mais inessentielles et donc dépassables. (Une personne est comme on la voit, telle qu’on la voit, telle qu’on la ressent, mais pour la personne elle-même, il peut y avoir autre chose en elle, ce qu’on voit d’elle est vraie mais ce qu’on ne voit pas peut l’être aussi).




Pourquoi me sens-je mal ? Un complexe d’infériorité latent qui est en moi et que j’arrive par le syndrome de Pasolini à éteindre pour un moment, resurgit malgré moi au bout de quelques jours d’euphorie. Mais, cette dépression est la suite logique qu’entraîne justement l’extrême agitation, qui ne peut qu’être négative puisqu’elle sera toujours condamnée à une fin qui est la tendance inverse d’une extase non religieuse, mais insignifiante. Ce complexe d’infériorité, sur quoi est-il basé ? Il est une gêne terrible, se caractérise par la sensation d’être un centre sur lequel tous les regards convergent et se moquent, assurément. Il y a aussi, les symptômes qui reviennent ou la peur qu’ils reviennent, les obsessions terribles, menaçantes qui continuent de hanter mon esprit, mon cerveau malade. Si nous ne sommes que des animaux, il y a aussi chez nous infériorité/supériorité, et donc les complexes d’infériorité non seulement peuvent être justifiés mais peuvent avoir leurs raisons d’être rationnels. Il est évident que nous ne sommes pas des animaux, ou pas que des animaux et donc finalement essentiellement différents des animaux. Mais alors, si l’accomplissement ne veut rien dire pour un singe, signifie-t-il quelque chose pour l’homme qui devrait, simple animal, s’il était petit, faible, laid, peu intelligent, se sentir normalement écrasé par un être plus fort, mais en tant qu’animal à essence extraordinaire, il doit pouvoir, même avec toutes les tares inimaginables, sauf celles de ne pouvoir réfléchir et de s’abstraire du monde par la réflexion, bref disposant de la capacité qui justement fait de lui un homme, doit donc pouvoir se situer dans un au-delà qui le dégage de l’influence des qualités d’un homme qui si elles étaient supérieurs et s’il n’était qu’animal l’écraserait. Chez l’animal, il n’y a pas complexe d’infériorité mais sentiment instinctif et naturel d’infériorité (en présence d’un congénère supérieur bien entendu). Ainsi chez l’homme, peut-être le complexe d’infériorité est-il uniquement basé sur des causes psychologiques destructrices mais peut-être aussi le complexe repose sur une vérité manifeste de pauvres capacités, d’infériorité réelle et que peut le pauvre homme alors ? Quel espoir pour lui ? Est-il condamné à être le souffre douleur, le canard boiteux dont tout le monde se moque et se sert ? Et peut-il en être heureux ? Ou pour lui aussi il existe l’issue, non nécessairement mystique, mais possible voie de libération. Un être faible est-il malheureux ? Se rend-il compte de sa faiblesse, de sa bêtise ? En est-il malheureux ? En souffre-t-il ? Et s’il en souffre, est-ce le signe d’une conscience, d’une intelligence suffisamment développée, qui est la preuve d’un accomplissement possible ? Ou l’homme réellement faible ne s’en rend pas compte et n’en souffre pas réellement. Ainsi l’homme qui est faible, qui a conscience de sa faiblesse, qui se sent inexistant, qui en souffre doit pouvoir se sauver. Il s’agit alors soit d’un sentiment d’une lucidité bien naturelle, soit d’un complexe dépassable. Mais il ne s’agira pas uniquement dans les deux cas, d’une prise de conscience purement spontanée, animale, car elle sera réfléchie et donc soit ne reposera sur rien de véritable soit l’issue pour l’homme doué de cette capacité de réflexion doit être possible. Ainsi, l’homme qui a conscience d’une faiblesse et sait la réfléchir est soit un homme doué des mêmes capacités qu’un autre ou supérieures et donc présente des symptômes psychologiques qu’il doit dépasser, cet homme est apte à la libération, soit est réellement, physiquement, intellectuellement plus faible mais il doit pouvoir « s’affranchir » et abolir les carences que lui confère son physique et il doit pouvoir malgré tout atteindre une forme de grâce si ce n’est la grâce elle-même, dans sa pleine acception.

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 23:06

Socrate avait raison, nul ne fait le mal volontairement. Si un homme en tue un autre, et même s’il y prend plaisir, et s’il se juge de lui-même coupable, il n’en reste pas moins prisonnier des chaînes qui entravent tout homme qui ne s’est pas libéré, c’est-à-dire presque tous. L’homme qui atteint le niveau de la Connaissance absolue, de la Sagesse ne peut faire que le bien. Mais ce niveau est plus qu’une prise de conscience théorique, il est l’accession concrète à un état d’esprit qu’on pourrait qualifier de « mystique » et auquel participe le corps tout entier. Il n’est pas qu’intellectuel mais aussi physique. Autre variante : Des hommes qui fument se font mal, selon certains « spécialistes ». Socrate l’expliquerait par le fait qu’ils ne savent pas vraiment qu’ils se font mal/ Ce qui est entièrement faux. Ils ne se font en réalité pas mal. En effet, s’ils fument et abîment leurs corps, c’est justement qu’ils n’ont pas atteint le niveau suffisant pour ne plus le faire. Fumer n’est pas un mal pour eux, car c’est un besoin, s’ils ne fumaient pas, ils boiraient etc… Ils pourraient supprimer volontairement ce besoin, qui puisqu’il l’est (non directement vital, mais néanmoins essentiel) les ferait beaucoup souffrir. Tandis que le sage qui atteint l’Idée du bien n’en souffre pas, ce n’est pas pour lui une privation puisqu’il ne ressent pas ce genre de besoins (non vital mais essentiel aux autres hommes), de même que les tabous sont une mauvaise chose en soi, une mauvaise chose pour les sages qui les font disparaître mais ils sont essentiels aux autres hommes car sans eux ils deviendraient fous, n’auraient plus de vie sociale. Ainsi, même pour l’homme qui cherche la vérité, la suppression des tabous ne doit pas être antérieure à l’accession de l’état de sagesse, ne doit pas être considérée comme un moyen mais une fin naturelle qui découle des progrès spirituels. Malheur aux hommes restés communs et sans tabous ! Aussi, si les hommes doivent répondre de leurs actes parce qu’ils y correspondent, ils n’en sont tout de même pas responsables. Une action mauvaise pour le sage ne sera plus mauvaise pour l’homme vulgaire, entravé, non seulement à ses yeux mais objectivement, celle-ci étant un besoin que son ignorance entraîne, mais reste condamnable. D’où la nécessité pour tout homme de rechercher l’amélioration continue de sa personnalité en faveur du bien, qu’il doit s’efforcer de connaître pour naturellement être délivré des « démons », bref des influences en général.




La sagesse, prise de conscience physique…




Une personne est responsable de ce qu’elle devient, de ce qu’elle est puisqu’elle est cet état qui la caractérise. Pourtant, elle ne maîtrise pas sa destinée, car au hasard s’ajoute la cause première, celle qui l’a définie, l’a constituée. Et quel est l’être qui peut prétendre avoir crée la cause première ? Personne, si ce n’est Dieu. Ainsi, la cause première a façonné l’homme et le dirige, tandis que le hasard empêche de prêter foi à la prédestination. Car même si celui-ci a aussi une cause première, il n’est cohérent qu’à travers son propre système. Ainsi, nous arrivons au grand paradoxe : rien n’a été fait à l’avance, rien n’a été préparé et pourtant tout ce qui devra se faire se fera. Ainsi, les voies du Seigneur sont impénétrables.




Quel est le degré de vérité des apparences physiques et de leurs interprétations ? Eh bien, en l’homme seul, elles reflètent imparfaitement la vérité de son être. L’animal n’est qu’une façade qui le caractérise. L’homme est une façade mais aussi un dedans qui peut atteindre la source de vie, le principe créateur, l’énergie divine. Ce que l’on voit d’un homme est ce qui le caractérise en propre, voué au changement , à l’impermanence. Cependant, tout homme est doué d’une potentialité plus ou moins développée, qui peut annuler le caractère animal des traits physiques. Ainsi, voilà la grande différence entre l’homme commun, qui est absolument animal, avec au fond tout de même, une perfectibilité latente et le sage : Chez l’homme vulgaire, l’esprit incarne le corps, c’est-à-dire que l’âme est un calque du corps, l’homme ne maîtrise en rien sa destinée puisqu’il est prisonnier de son physique, et des caractères et traits d’esprit que celui-ci lui confère. Il ne dirige rien, c’est un animal rempli d’illusions ; cependant, à la différence du simple animal qui ne croit en rien, il se croit, lui, maître de ses volontés, il se trompe mais c’est la qualité qui va lui permettre, au gré du hasard tout de même (comme par exemple celui de tomber sur ce texte et de le comprendre), de le transformer en un authentique et vrai libre-penseur. Car, chez le sage aussi, le physique indique ce qu’il est mais ce n’est pas le corps cette fois-ci qui s’impose mais le corps qui incarne l’esprit, c’est-à-dire qu’il sera calqué sur son âme rayonnante. Quoi qu’il en soit l’aspect physique est toujours révélateur d’une certaine vérité. Mais alors que l’homme commun n’est qu’une marionnette régie par un corps que la nature lui impose ; le sage, qui converse bien avec Dieu, omniscient, n’est plus le sujet de ses passions, au contraire, son corps est un instrument qui reste essentiel mais qui obéit et qui va extérioriser, concrétiser en actes réels les désirs de son possesseur et donc finalement de Dieu (explication : ce qu’on voit d’un homme vulgaire est bien réel mais l’âme représente le physique, l’âme suit le corps, ne commande en rien, ne maîtrise en rien, tandis que chez le sage, le physique représente l’âme, mais en réalité ne fait que la suivre, n’en est qu’une émanation).




Le physique est toujours révélateur de son détenteur : soit l’homme ne maîtrise en rien sa volonté, bien qu’il pense le contraire, et son âme est la prisonnière et l’esclave de son physique et donc il est son physique ; soit il comprend le sens de ses passions, c’est pour cela d’ailleurs qu’il les maîtrise, ne les bloquant pas, ne les niant pas, ne les exacerbant pas, mais se contentant de les diriger là où elles doivent être dirigées. A ce moment-là, son physique est l’incarnation de l’homme accompli. Il est donc encore son physique puisque son physique le représente, ou plus exactement son physique est lui. Il existe cependant un état intermédiaire, c’est pour celui qui est sur le point de franchir le seuil de l’ignorance. Car le sage sait reconnaître et la foule et les siens car le foule sait reconnaître et les sages et les siens mais seul le sage peut reconnaître l’homme dont les talents n’ont pas encore éclôt mais sont cependant sur le point d’aboutir. Et la foule vénère le sage et la foule ignore la foule et la foule méprise l’homme sur le pont d’aboutir, qui sait, mais n’a pas atteint la totalité du Savoir, ne l’a pas intégré en son sein suffisamment pour n’être plus que le Savoir, l’a atteint mais n’est pas lui. Mais l’homme qui sort du lot est déjà différent. Cependant, rappelons-nous qu’il n’y a pas de Savoir sans sagesse, c’est-à-dire que l’homme malheureux et triste qui croit savoir ne sait pas. Ses vues ne sont pas forcément fausses mais incomplètes, insuffisantes.




Un homme qui approche fortement de la vérité mais qui reste malheureux peur penser que sa compréhension intellectuelle de l’univers est parfaite (qu’elle est bonne et qu’il ne lui manque rien) et donc que ses recherches doivent être orientées vers une compréhension non-intellectuelle. Il peut rechercher ailleurs la progression spirituelle car en réalité, s’il approche de la vérité, ces théories sont bonnes. Mais qu’il cherche encore ! Ses principes peuvent être bons et cohérents, mais ils leur manquent une profondeur qui fera d’eux une totalité. Car celui qui intellectuellement a saisi l’univers l’a aussi saisi physiquement.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 01:47

Chère maman, cher papa je pense à vous d’où je suis et toi aussi petit frère, ce n’est pas trop dur pour l’instant mais j’ai un peu d’appréhension. Arriver jusqu’ici a presque été un calvaire, mon sac n’est pas du tout adapté. Je tenais bien du côté droit mais je dois avoir une carence du côté gauche car je n’ai pas pu le porter plus de cent mètres à chaque fois de ce côté. Mais enfin le sac a tenu, ce n’est que le commencement. j’ai bien failli m’arrêter au bout de cinq kilomètres, je n’étais plus du tout sûr d’arriver à termes. Je me suis arrêté, ai mangé un peu (du pain de mie et une barre de chocolat), j’ai aussi lu le premier chapitre du Mont analogue de René Daumal. C’est spécial, je n’étais pas sûr d’aimer au début mais j’y ai pris goût, il est vraiment spécial, mais enfin vous verrez. J’ai pensé me coucher un moment là-bas mais l’endroit n’était pas idéal. A peine me suis-je installé qu’une énorme araignée m’est montée dessus. Autrement je suis content, j’ai parlé à une dame âgée, je lui ai plu, une belle femme mûre m’a sourie. Je me suis entraîné un peu, et là je vous écris. Je ne sais si l’on voit la nuit ici mais le bruit de l’eau est si intense que je n’entendrai pas ou peu les bêtes, je préfère car j’avoue en avoir un peu peur. J’espère que les ragondins ou les serpents s’il y en a ici ne viendront pas me voir de trop près… et qu’ils n’attaquent pas l’homme. Il y a des chevaux à côté, je vais les voir. Il est 19h10. Je vais manger bientôt, certainement une boîte de thon ou de bœuf avec du pain de mie et peut-être une barre de chocolat. Pour le reste, je vais certainement lire quelques chapitres de Daumal, peut-être le finir. Et pourquoi pas, jeter un œil dans mes bouquins scolaires, j’en ai amené. Pour l’heure je vais voir les chevaux et essayer de m’en faire des amis. Un chien loup m’a aboyé dessus tout à l’heure et par un regard, naturellement gentil et bon je pense, je l’ai calmé. Je me sens un peu comme Rousseau ici mais le but n’est pas le même et je crois bien qu’il n’a fait qu’une nuit de belle étoile, le reste en hôtel !
Voilà, pensez bien à moi, je pense à vous, faites attention sur la route et n’oubliez pas : la fortune aime les hommes qui savent se jeter à l’eau et dire d’un ton ferme et assuré : Alea jacta est, le sort en est jeté (je le dis aussi un peu pour me rassurer).
Et toi petit frère, travaille bien, ferme bien les portes, protège-toi et pense à moi je pense à toi !


J’ai bien dormi, c’est vrai la nuit a été difficile mais je n’ai ni été poignardé ni inquiété (trop) par les bêtes et la nuit n’a pas été, sur toute sa longueur, blanche. Le banc de pierre est très dur, j’ai dormi essentiellement d’un côté, car de l’autre un ruisseau coule (le « cloître » est presque inondé). Je crois que je vais maintenant alterner les deux côtés car si je veux rester intact après mon long retour il ne faut pas que je parte ayant trop mal au bras droit, l’essentiel de ma force s’y concentrant. Ainsi je pensais avoir mal aux biceps, muscles utilisés pour porter le sac et même être aujourd’hui, peut-être, pratiquement invalide, mais j’ai mal au dos et sur tout le côté du bras droit (versant triceps). Les jambes, normalement atteintes, ne me posent aucun ennui. Des jeunes sont venus me voir hier vers 22h15, il fait presque nuit. Nous avons lié conversation, 3 sur 4 présents étaient en seconde technique à Paul-Guérin, ils m’ont offert une cigarette, j’ai mangé avec eux ma boîte de cookies. Je comptais l’ouvrir après mais j’ai prévu les imprévus, comme mon duvet qui malencontreusement ce matin est tombé dans l’eau, je l’ai mis à sécher au soleil et rapidement le mal fut réparé. Heureusement, nous n’étions pas en hiver. Mon duvet s’est coincé quand il fît nuit, j’ai bien allumé mon briquet 3 fois mais de peur d’attirer tous les animaux et insectes j’ai préféré m’en arranger et l’ajuster au mieux. Ainsi ma fermeture-éclair s’arrêtait, dans mon dos, à hauteur de ma poitrine environ, un peu plus bas, vers mon nombril. Parfois de l’air froid s’engouffrait à l’intérieur mais point trop dur et pas de serpent. J’ai, malgré tout, mis du temps à m’endormir, peut-être une heure, et me suis réveillé à maintes reprises, 4 ou 5 fois, si ce n’est plus. Dont une fois pour aller, vulgairement, pisser. La nuit par contre n’est pas comme je me l’imaginais, toute noire, il y a bien un réverbère à 150 mètres, mais inefficace d’ici. Peut-être la lune… elle est belle mais j’aurai, certainement, d’autres occasions plus chaleureuses de la contempler, en bonne et charmante compagnie j’espère.
Le jour n’est plu aux environs de 22h15 et la nuit s’en va, légèrement et très imperceptiblement à 5h pour commencer, plus sérieusement à 6h, et totalement et définitivement à 6h30. J’ai attendu le jour avec impatience (pour me lever) et, finalement, fourbu, j’ai prolongé la grasse matinée jusqu’à 8h.
Petit déjeuner jusqu’à 8h35 (bien équilibré : biscuits gerblé très nourrissant et bon, pain de mie et eau, il manque le lait). Entraînement et fin du livre Le Mont Analogue. Bonne expérience, marche et pensée similaire à Rousseau. Midi, bon repas, pâté pur porc et pain de mie, n’en ai pas mangé la moitié, boîte énorme, pour 4 ou plus raisonnablement pour 2, manque de cornichons. Salade niçoise mangée jusqu’au bout, avec les olives noires., j’ai apprécié. Barre de chocolat et eau. Fin plus complète du livre Le Mont Analogue (notes de l’éditeur) et ballade, conversation avec les chevaux, gentils mais costauds, de véritables monstres. Ce ne sont pas les chevaux d’à côté, introuvables, mais de derrière le parking, un homme rencontré m’en a parlé, ce sont les siens, l’avantage est que l’on peut aller dans l’enclos, ouvert au public, un homme peut passer, pas un cheval. Je les ai donc caressés ; gare aux coups de pattes cependant. Mais ce sont presque des potes de longue date. Une jument a l’air effarouché a eu un peu peur de mais j’ai l’air de lui plaire, attention à la jalousie des 3 autres. J’ai rencontré une famille qui visitait le château, il y avait une jeune fille, celle-là je n’ai pas eu l’air de lui plaire, normal avec mon jean sale, mon air sauvage, mes cheveux sans doute bourrés de pellicule et en bataille et ma barbe avec des points blancs certainement impressionnants. Pour l’heure, j’ai l’intention de bosser en histoire (contrôle lundi) et ensuite d’entreprendre une expédition à Ternanteuil pour trouver de l’eau : un robinet ou la bonne « charité » des gens fera l’affaire. En effet, sur les conseils de mon très jeune frère je n’ai amené que 3 litres, j’en aurais bien bu 6 ! Mon frère, merci ! Cependant il avait raison, 1L5 de plus à porter et c’était trop. Je vais tâcher de trouver une poubelle pour mes détritus, sinon j’attendrais Echiré. Après cela, j’entreprendrai « Mes souffrances écrasent celles du jeune Werther » et compte le finir ce week-end. Voilà, amusez-vous bien tous et sachez qu’ici les courbatures et le rationnement d’un jeune et anonyme étudiant fin de 20ème siècle et amateur de Rousseau (dont il aurait été et l’ami et le modèle si Rousseau l’avait pu connaître) valent celle d’un légionnaire.

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