Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 00:34

Une ouverture, un espoir, je prends mon sac, quelques biscuits, du pain de mie, des céréales, boîtes de conserves et de l’eau : trois litres. La solitude, la transcendance est à ce prix. Dans le sac, en plus de la nourriture, du travail d’écolier, des feuilles pour noter tous les faits et les sensations vécues chaque journée, deux livres « Les souffrances du jeune Werther » de Goethe, « Le mont analogue » de René Daumal, quelques habits de rechange, un duvet, et un jogging pour que le corps, lui aussi, participe à l’oubli. La route est longue, je ne sais où aller. Est-ce bien raisonnable ? Notre époque est dangereuse. Le sac, de plus, pèse bien quinze kilos. Mais je continue, sûr de l’incomparable différence entre ce que je peux gagner, tout, et ce que je peux perdre, c’est-à-dire rien. Douze kilomètres après, le tout à pied sous un soleil de plomb, et m’étant fait assaillir par une bande d’araignées intrépides lors d’un arrêt, je trouvai enfin l’endroit idéal en un ancien lavoir, tranquille, placé suffisamment à l’écart de tout village pour jouir pleinement de la nature et du silence indispensable. Je suis en première au lycée, je pense donc à Rousseau. Comme il me ressemble en ce moment, je m’en sens vraiment très proche, car je l’aime Rousseau, surtout à ce moment-là. Je vais enfin pouvoir vérifier concrètement (ou plutôt revérifier) des bienfaits de la sainte protection des étoiles et de leurs bénéfiques influences sur les rêves. Tel un clochard céleste, démuni mais la tête remplie de références livresques, je peux m’adonner à la contemplation. Je regarde, je vois, mes yeux sont littéralement aspirés par ce qui m’entoure, il n’y a plus que moi et la nature. Il n’y a plus de moi, il n’y a que la nature. Moi fondu, absorbé par elle, sans ma conscience habituelle mais pourtant conscient de ce qui m’arrive. Sentiment merveilleux, exprimable, mais non communicatif, qui transforme et qui change toute l’optique de vie. Impression si merveilleuse que tout le reste paraît fade, trop fade, voilà le revers. Le retour est agréable mais dès les frontières de la ville franchies, le bruit infernal, l’absence de moustiques géants que bien qu’on répugnait, on apprit à aimer ; les visages tristes et inquisiteurs la morne perspective de la routine, tout cela concourt à une déstabilisation gravissime et terrible. Mais, l’expérience m’a montré où se trouve les clés du bonheur, elles ne sont pas difficiles à trouver. Un jour, j’y retournerai, un jour…

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 23:43

Un prénom aux initiales semblables à mon nom, ce n’était pas un signe. Un après-midi, une simple soirée et peut-être aussi un bout de l’autre journée… et ce fut suffisant. A elle, il ne fallut pas un an, ni trois mois, ni même trois jours, non, à elle une heure et demie a suffi pour déclencher ce qu’en trois ans j’avais en vain cherché. Et en quelques heurs, je devais jurer qu’elle était la femme, celle que j’attendais. Puis tout a basculé, Dieu cette fois, pour mieux me montrer comme j’étais maudit, m’a laissé croire, puis j’ai compris. A quoi bon continuer ? Si Dieu n’est plus de mon côté, la force n’est plus de mon côté et alors j’ai déjà perdu. Inutile de jouer Job, je suis moins courageux que lui.

Je l'ai rencontrée il y a deux ans à peine

Elle était si belle

Pleine de grâce et de charme, son âme me correspondait

J'y ai cru, elle, trop lointaine, m'ignorait

Puis, alors au désespoir elle vint me voir

Me toucha l'épaule et m'invita à danser

J'y suis allé

Mais je n'ai rien fait

Le disk jockey demanda qui, dans la salle

Etait célibataire, elle leva les bras

Moi, je l'ignora, je ne sais pourquoi

Pour quelle raison cette décision

Depuis, je sais que plus rien ne se fera

Elle était et elle n'est plus

Car c'était elle, il ne peut en être autrement

Dieu me l'a dit, il m'a puni

Dans la confiance qu'il m'inspirait jadis

Je n'y ai cru, et j'ai eu tort.

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 23:36

Chrystèle, incarnation de l’indicible beauté
Ta blondeur magnifique éclairant ton visage rayonnant
Ton merveilleux corps souple, comme il est divin
Et la spontanéité de chacun de tes gestes, tes moindres paroles
Nulle arrière-pensée, surpassée est l’image de la pureté
Chrystèle O Chrystèle
Je me meurs du passé
Je ne peux l’oublier, je ne peux l’effacer
Si terrible et si grave
Qui pour toujours t’a endormie
Et m’a tragiquement depuis
Laissé seul et transi


Elle, blonde, si sautillante, si belle, m’aimait moi, le timide, le peureux mais l’adorable, l’ultrasensible. Et puis je ne le savais pas, d’abord. Mais elle me vénérait ou plutôt m’aimait comme aucune fille ne m’aima et comme jamais on ne s’aima sur terre. Tristan et Iseult avec tous les philtres du monde n’auraient pu égaler cet amour. C’est bon d’être aimé par celle à qui l’on pense jour et nuit. Depuis j’ai rêvé, essayé d’y croire, de retrouver dans d’autres femmes la même force, le même amour, mais tout le temps je me suis trompé, rien, que des pâles et froides copies. Elle est, était irremplaçable. A quoi sert ma vie maintenant. Hué, détesté par les foules, pourchassé, méprisé, atteint d’un haut degré de folie qui me rend méconnaissable à moi-même, elle ne peut être qu’un boulet. Elle, son visage je l’aimais, ses cheveux je les aimais, ses habits je les aimais, son corps je l’aimais, et puis son sac, sa trousse, ses crayons, sa famille, sa maison que je n’avais jamais vue et pourtant déjà vue, eux aussi je les aimai.

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 23:08

Toute ma vie, je l’ai vouée à la quête effrénée de la vérité, dix-huit années de lutte qui m’ont conduit à cela : la vie est supérieure à la mort car elle est et la mort n’est pas, mais qu’en ce sens ou tout ce qu’elle a valu se rapporte au bonheur qu’on en a tiré et tout ce qu’elle vaut par rapport au bonheur qu’on en tire et tout ce qu’elle vaudra par le bonheur qu’on en tirera. Et comme, puisque les enfants meurent, cela ne prouve pas que Dieu n’existe pas mais qu’il n’intervient en aucun cas, la notion de génie est irrationnel et donc le rôle que j’aurais pu croire le mien, un condensé de malheurs pour une explosion de bonheur, une félicité sans bornes après avoir tout analysé et parfaitement compris le sens de la vie, n’a aucun fondement et ni le concept d’élu ni celui de prédestination n’est valable. Ainsi, toute ma vie, j’ai fait ce que les philosophes et les sages de toutes les nations préconisent, méprisant le bonheur, ne vivant que pour l’honneur, et ma récompense a été de nier et contre toutes mes espérances, mais cela m’étant imposé par la vérité donnée par mon habitude à penser sans postulat donnée elle-même par une pratique de la dialectique devenue complètement naturelle donnée par ce que je prenais pour une grâce, ce qui était la pure fatalité, ma récompense a donc été de nier toute existence valide de l’expérience fusionnelle, par le constat par exemple, que les hommes ayant atteint le plus haut niveau n’étaient que très peu attirés par les femmes et cela non après le compréhension d’une grande énigme mais parce que naturellement indifférents et c’est la preuve d’une grande carence ou d’une pathologie et que les femmes étaient toutes hystériques, ce qui est une constatation commune, ou encore que toute mystique non seulement était injustifiable et reposait sur des postulats forcément invérifiables mais encore davantage parce que pour tout chercheur de vérité honnête, jamais la lecture d’un livre de mystique n’est si convaincante ni même si apaisante que l’œuvre d’hommes qui semblent avoir tout compris et qui pourtant connaissent l’angoisse et sont loin de nous promettre monts et merveilles, tels que Hergé, Platon pour les livres se référant à Socrate, Dostoievski, ou encore Fellini et peut-être bien Kieslowsky ou Souchon (auquel on ne peut vraiment rien dire ; retrancher, ajouter, on peut toujours, mais certainement pas corriger et améliorer, pour une œuvre déjà si gracieusement réalisée). et voilà qu’ayant sacrifié ma vie en somme, et désespérant puisque lucide, autodidacte (sans formation officielle), mais ayant perdu l’envie et l’énergie d’étudier ayant trop lu et trop étudié, sachant déjà tout hélas, ce qu’on peut savoir, ayant été aspiré par les hauteurs et espéré les rêves de grandeur les plus fous qui m’auraient été accessibles si une issue aux problèmes métaphysiques autre que celle d’en sortir était possible, la vérité est triste, elle dit qu’il faut respirer, crier, marcher, courir, faire l’amour, manger et boire, ne pas trop penser, que l’imagination n’a d’intérêt que pour l’action qu’elle suscite, et ainsi, puisque dans aucun de ces domaines je n’en ai profité, même en respectant les principes stoïciens, qui n’ont pas besoin d’un Dieu qui s’il existe ne sert de toutes façons à rien, la réalité me montre bien que je suis usé, de tant de luttes j’ai perdu trop d’énergies, de cheveux, de sourcils même, je suis défiguré, je n’ai ni espoir pour le futur, ni force morale pour jouir du présent, ni consolation en pensant aux bons jours du passé, la mort me hante toujours plus que jamais, toujours je suis seul et n’ai rien connu de l’expérience amoureuse, je ne peux plus tenter quoi que ce soit, persuadé que ce serait un échec, je suis comme une espèce de Schubert dont je partage la caractéristique de douceur mais blasé avant lui et inconnu, et sans produits pour changer cela, et sans force pour produire. Et maintenant qu’il ne me reste rien sauf l’orgueil de ne pas me faire moine, encore ce stupide honneur qui finalement n’est que le signe d’une espérance encore présente qui m’empêche de prendre une condition basse pour une situation qui pourrait être meilleure, aboutissement que je jugeais autrefois la logique de toute ma vie passée et qui constituait tout mon espoir, qui me reste encore mais en si faible dose que je ne survis qu’avec peine, maintenant donc me voilà contraint de renoncer à tout, je voulais changer le monde et j’ai tout sacrifié à cela, et l’athlète, et le comédien, et l’écrivain, et le musicien, tout ce qui est un peu noble et qui sort un peu de l’ordinaire et que j’aurais pu être. Et me voilà, sans rien, misérable, j’ai complètement échoué, et si je ne me suicide pas, c’est qu’une misérable force de survie et un misérable espoir sont encore en moi, lamentables résidus d’énergies. Et des anciennes convictions immenses, je suis maintenant promis à un avenir misérable d’intermittent du spectacle ou d’employé subalterne, ne vivant qu’avec des hommes sans culture, sans ambitions et veuls, sans talents. Voilà mon état et dire que je me suis cru prophète, et que je l’ai si bien été que j’ai analysé et détruit toutes les bases de toutes prophéties, de tout progrès, et de tout intérêt autre que celui de l’immédiate jouissance et tout cela malgré moi qui espérait que la vérité, sans m’épargner offrirait quelques consolations à son plus ardent défenseur, qu’elle a si bien détruit. C’est une véritable babel individuelle que j’ai tenté et je ne le savais pas, je m’en suis rendu compte trop tard, malgré mon but qui était la gloire de Dieu, Dieu n’a pas toléré que j’en perce les lois et m’a anéanti, et je me suis répandu, inerte, flasque comme un liquide sans importance, le plus doué de ses fils chéris, tel le Diable et pourtant je n’étais pas le plus beau, mais le plus riche en désirs, en bonté et en amour, le plus doux, le plus talentueux, le plus respectueux, le plus dévoué, et il m’a tué à l’heure qu’ il a jugé bonne, pour son propre dessein, mais pour le mien ? Envolée ma risible individualité, envolé, mon indescriptible compassion, mon indépassable bienveillance. Envolées, les grâces sur grâces que j’avais reçues, adieu, Jésus est mort, je me suis pris pour Jésus, mais Jésus a tué Jésus et il ne reste rien. Que l’infinie solitude en attendant un vide pire qu’un néant en quelque sorte encore existant, donc pire même qu’une absence, pire que tout en réalité, au-delà de toutes notions d’inexistence, en enfer finalement, un homme dont l’obsession était unique : amener la parousie ou y contribuer et comprendre ce qu’elle était, en quoi elle consistait, comment elle allait advenir et comment il fallait s’y prendre pour qu’il l’aide à advenir, et finalement qui a compris l’essence du monde et qu’elle était inchangeable et que s’il fallait s’occuper des hommes, il fallait aussi s’occuper des animaux et des végétaux, et des pierres, des matériaux inanimés et que cela est impossible de concevoir comment tous les aider, comment tous les sauver, et qui s’est rendu compte qu’il aimait la vie par l’énergie corporelle qu’il avait et qu’elle était immense et pourtant non infinie, et pourtant fragile, et que c’était cette raison qui lui faisait aimer la vie qui lui faisait craindre la mort, et qu’en perdant une part de son énergie, il perdrait une part de son amour de la vie et donc de sa crainte de la mort, et donc quand il perdrait toute son énergie corporelle, il perdrait tout le reste et donc qu’il ne resterait rien, et que la notion de souffle primordial était une belle foutaise, étant donné qu’il n’y a que de la matière fournissant des poumons absorbant de l’air et que cet air étant limité ne peut correspondre au souffle primordial qui donc soit n’existe pas soit n’entretient aucun rapport avec nous, car ce souffle nous est présenté comme une espèce de substance tangible et permanente, alors qu’il n’est rien que cet air qui, s’il a un rapport avec nous, n’est qu’une force faible et impermanente, et donc lorsque nous mourrons, non seulement nous ne laissons pas de conscience particulière, ni d’individualité, mais la réincorporation d’une partie de nous-mêmes inconsciente et permanente dans le permanent divin qui coordonne et maintient tout n’est que fiction pure dénuée de toute logique, puisque comme je viens de le dire, et de le prouver, le permanent divin, s’il existe, dans le meilleur des cas ne s’occupe que des vivants, les fait tenir mais de l’extérieur et sans entrer dans leurs compositions, qui donc quand elles pourrissent, pourrissent entièrement. La seule partie permanente qui survit dans l’homme, c’est le souffle, et encore il n’est pas éternel, il s’éteindra, et de plus il n’y a rien de moins impersonnel et si les mystiques ont en quelque sorte raison sur cet élément commun à tous les êtres vivants, cela n’a rien de réconfortant, ni de bien exaltant car cette force agissante n’est pas au-dessus de la condition humaine, elle n’est qu’un élément qui fait vivre ce qui est bien au-dessus d’elle et qui s’anéantira quand son organisme deviendra inapte à la recevoir. De plus, ce souffle n'est jamais le même en l’homme puisqu’il va et vient, et si sa substance est la même, ne diffère point, quoi de plus étranger au degré extrême de complexification où son corps est parvenu ? Ainsi, comment ne pas s’acharner, après de telles conclusions, à se maintenir en vie ? Car même si cela inclut de la souffrance, cela inclut aussi sinon du bonheur, au moins une promesse de bonheur, que la mort viendrait interrompre définitivement, irrémédiablement. Ainsi, finalement, s’abîmer dans les plaisirs les plus violents, si cela entraîne l’oubli de notre triste condition tout en nous apportant d’agréables sensations et entamant notre vie suffisamment lentement pour qu’on puisse en jouir un certain temps, ou mieux encore, atteindre un niveau de tempérance qui fasse que sans se passionner et donc sans nuire à sa vie, l’intérêt reste tel que le profit, le plaisir ou la jouissance reste possible, est l’idéal, mais comment atteindre la tempérance quand on en a pas le tempérament et à quoi sert que la nature nous ait pourvue d’un caractère exacerbé si c’est pour lui supprimer tout tranchant, tout plus. En fait, parce que le calme doit venir d’une création, seule capable de monopoliser en bien, positivement, l’excédent d’énergie entraînant les âmes à la perturbation.




Et ces femmes qui ont besoin de la peur de leurs enfants, pour tempérer leurs excitations aux cris et affreux borborygmes rauques des chanteurs de rap, ne sont-elles pas pitoyables ?




En quoi le passage de la vie, si celle-ci est un bien, au néant, si celui-ci est un état neutre et donc ni un bien ni un mal, peut ne pas être considéré comme une perte alors qu’on perd un bien ? C’est que la vie n’est véritablement un bien que lorsqu’on s’en est détaché, aussi n’accorde-t-on plus d’importance à la mort et peut-on pleinement jouir de la vie. Mais comment rester détaché alors que la vie est devenue par ce moyen, ce progrès du détachement, alors qu’elle était neutre comme le néant, à la fois mal et bien potentiel, un bien manifeste ? Parce que le sage sait que s’il avait à sacrifier sa vie pour une cause juste, et s’il ne le faisait pas, non seulement il entacherait sa conscience d’une faute pour tout homme insupportable mais plus encore parce que sa vie serait devenue inutile s’il s’y était rattaché par peur de mourir, car ainsi, étant angoissé, il ne pourrait plus éprouver de bonheur ; ainsi il aurait tout perdu, et la joie, et les acquis d’une force spirituelle grandissante, et une conscience irréprochable. On voit donc pourquoi le sage ne se suicide pas (à l’inverse d’un état d’esprit qu’une vision panthéiste pourrait donner), car il est heureux en cette vie (il sait bien, d’autre part, que nulle autre félicité qu’apporterait une conception panthéiste ne l’attendra après la mort, et c’est pourquoi, la vie reste, toujours, un cadeau) et pourquoi il partirait aussi bien, tranquillement, si la nécessité en imposait le devoir.




Et ces mystiques qui croient servir un Dieu qui n’existe pas et qui ne sont qu’une poignée obéissant aux lois secrètes de la nature, afin de contrebalancer, d’équilibrer les méfaits du reste de l’humanité, ne font-ils pas rire ceux-là ? Et ces lois secrètes, à défaut de les connaître parfaitement, on les pressent, nous, et on sait que ce que la nature désire par-dessus tout, c’est la conservation des espèces, sinon pourquoi un tel acharnement à survivre, à s’adapter, et une telle souffrance dans l’agonie (afin qu’elles ne s’abandonnent pas à la mort et combattent) leur a-t-elle conféré à toutes ? Et pourtant, des espèces meurent et disparaissent, à tout jamais. Mais la nature, en réalité, n’a qu’une préoccupation, la conservation de l’espèce qui nous concerne le plus, qui la concerne le plus, l’homme, dont elle espère que la race survivra éternellement, car elle est son chef-d’œuvre, son espèce phare, la plus aboutie, la plus réussie ; aussi y tient-elle plus qu’à toutes la autres, aussi y sacrifiera-t-elle toutes les autres. Et moi, ancien mystique, ayant su comprendre que la nature me manipulait, que je n’étais qu’un pion en réalité, pourrai-je pour cela me libérer d’une destinée qui ne me sera connue que lorsqu’elle se réalisera ? Non, évidemment, car cette lucidité, cette prise de conscience a été voulue par la nature et quoi que je fasse, je resterai toujours prisonnier des desseins qu’elle m’imposera. Cependant, jusqu’où sera-t-elle prête à aller pour notre perpétuation ; serait ce jusqu’à la robotisation totale de notre être ? Mais alors, qu’elle se méfie, car il se pourrait que nous la dépassions, que nous en changions les lois essentielles, lois que nous croyons pour le moment encore, immuables, et qu’elle soit piégée par ses propres enfants. Ainsi, je pense, qu’en définitive, elle nous fera périr. Sans doute ne se prête-t-elle actuellement qu’à un jeu dont elle est curieuse de voir les limites, celles que nous pourrons atteindre, mais elle garde l’issue, en reste la maîtresse. Cependant, il est possible aussi que ce soit justement, comme pour une femme ce qu’elle souhaite d’un homme, la concrétisation de ses plus grands espoirs que nous le dominions, que nous en devenions les maîtres, et comme pour une mère, qu’elle soit fière des fruits de ses entrailles, ainsi accomplis, dussent ils ressembler à Néron.




Si comme le dit Proust, la crainte de ne plus aimer cesse quand justement on n’aime plus, car le désir en même temps qu’il disparaît entraîne la fin de l’attachement au désir lui-même, et si quand on meurt, pareillement, le désir de l’immortalité cesse en même temps que la vie s’arrête, on pourrait croire qu’il est impossible de rester fidèle à l’idée de l’amour envers l’objet aimé quand on ne l’aime plus, et pourtant, moi, j’ai été fidèle à cette idée, car sachant par expérience, qu’une fois que la femme que l’on aime, quand nous cessons de la voir après un moment plus ou moins long, on ne l’aimait plus, et sachant que c’était inévitable, qu’on ne pouvait rien faire contre cette perte progressive de l’attachement à l’être aimé, je me dis, un jour où j’aimais de façon vraiment extraordinaire une femme, toutes ces vérités, et alors que je devais partir, lucide, que je ne pouvais, vraiment, pas lutter contre cette tendance naturelle (à l’oubli). Aussi je pris une précaution, je me disais que, sachant pertinemment la fin de mon sentiment inéluctable, pour que je reste fidèle à la femme aimée, car je croyais qu’elle était celle qui me correspondait le plus en tous points parmi celles que j’avais rencontrées, je me disais donc qu’en cessant de l’aimer, il fallait que je n’oublie pas qu’il était normal que je ne l’aimât plus mais que malgré tout, elle était la femme qui en un instant, si je la revoyais, me rendrait à nouveau amoureux fou. Ainsi, m’attachant à cette idée constamment, je ne perdis jamais l’amour…
Et on pourrait dire de même pour la mort, que sachant pertinemment qu’une fois celle-ci venue, on n’accordera plus d’importance à la vie, son importance n’en est pas moins justifiée à nos yeux de personne vivante et que si nous arrivions à garder le désir de l’immortalité, d’une façon particulière, en s’attachant non à la vie mais à ce qu’elle représente en tant qu’idée, cela après qu’elle nous ait quittée, alors nous resterions quelque part vivant comme l’amoureux qui pour cause de séparation n’aime plus sa maîtresse, mais persuadé qu’elle est la femme qui lui est idéale et qu’aussitôt qu’il le reverrait, il l’aimerait, l’amour qu’il a pour elle de cette façon subsiste éternellement.




Les stoïciens nous apprennent à reconnaître les desseins cachés de la nature et à s’y conformer pour mener une vie droite et heureuse. La nature selon eux, a un sens et une cohérence, mais si elle n’en a pas, alors ce n’est pas une raison pour se livrer au hasard, et abandonner notre quête d’une puissance digne et inébranlable. Moi, cela me pose un problème, car comment garder courage quand on sait qu’un jour ou l’autre, notre progression sera irrémédiablement stoppée dans un sombre néant dont je ne peux rien savoir car il n’y a rien à en savoir. Mais le pire est ceci que la nature a un sens et que peut-être son vœu est que nous n’en ayons pas, que nous ne le comprenions pas, que nous restions dans l’ignorance. Que faudrait-il faire alors ? Lutter contre elle et chercher à savoir et à comprendre ou rester dans notre triste ignorance qui n’est peut-être finalement pas si triste que cela. D’autre pas, si la nature a un sens, peut-être faudrait-il justement chercher à le définir pour se l’assurer d’abord, et ensuite savoir quelle attitude elle désire nous voir adopter. Ainsi l’homme a été conçu pour chercher !
Il est à signaler qu’un jour les facultés de l’homme pourront certainement le pousser à dépasser les lois naturelles et ainsi à les changer. Ce serait alors réellement lui le maître du monde et ce serait sans doute très regrettable.


Quelque chose, plus que tout, m’a toujours effrayé, un drame particulier qui avec mes peurs coutumières, les différents complexes, l’infirmité physique, la mort, a toujours juré chez moi par son importance. Seule la folie, je crois, a été une obsession rivalisante avec cette peur. Aussi loin qu’il m’en souvienne, je garde conscience d’une perception de mes dons qui m’était naturelle, que je gardais à l’esprit comme mon bien le plus précieux, un pouvoir de profondeur, une puissance dialectique extraordinaire qui me faisait voir ce que personne ne voyait, comprendre ce que personne ne comprenait, et sentir ce que personne ne sentait. Cette faculté dont je me rendais de tels comptes, elle était devenue le symbole de ma force, ma raison de vivre. Aussi, très tôt, j’eus peur de la perdre, plus que toutes autres choses, et je crois, cela n’a pas peu contribué à l’émergence de ma folie, qui heureusement n’a non seulement pas nui mais servie intensément à mon édification intellectuelle et spirituelle. Cette perte, que je jugeais considérable si elle avait lieu, prit dans l’adolescence et avec la maladie de ma grand-mère une teneur particulière. Je pris conscience tout à coup de l’impossibilité qu’ont certaines gens de progresser, et si la plupart ne progressent pas, ils en ont au moins l’illusion, mais quelques-uns n’ont pas même cette illusion. Et moi, dont la vie entière était tournée vers un seul but, l’idéal de permanence et de maîtrise de soi que prône toutes les religions et toutes les sagesses du monde, je me mis à douter. Et je pris peur. Moi dont les efforts incessants tendaient vers une noblesse de sentiments, de pensées et d’apparence toujours plus prégnante, je me voyais grabataire, mais surtout ayant perdu l’esprit, incapable de former une pensée cohérente, et dont l’existence ne pouvait qu’être absurde. Car qu’est-ce que cette chose là ? Ni un homme, puisqu’elle perd la capacité de s’abstraire du monde qui définit l’homme, ni un animal dont la bêtise est naturelle et donc acceptable, mais un être hybride, un monstre, un phénomène, et qui sert à quoi ? A apitoyer les êtres intelligents et bons, à exciter les brutes cruelles ; à être un poids pour tout le monde. De plus, il ne peut être question d’honneur, ou de dignité dans cet état et, pour un homme dont ces valeurs sont les bases de la vie, il n’y a pas plus ignoble destin. Je savais que la souffrance était subjective et qu’alors, je ne souffrirais pas ou beaucoup moins de cet état mais là n’était pas pour moi l’important. De cette espèce de lucidité sortirent d’incessantes et torturantes réflexions, un dégoût, une résignation, et l’envie de me prêter sans attendre à ce que j’aimais car le temps passe et peut tout prendre. Je désespérais et m’imaginais, ignoble, grotesque, m’abaissant, autrefois chevalier, aux actes les plus indécents auxquels un homme puisse se livrer, me masturbant fréquemment, sans aucune pudeur, descendant toujours plus bas dans le gouffre de l’immonde, voilà ce que j’imaginais. Et puis je constatais le niveau des hommes en général et puis celui des infirmières en particulier, car ce sont elles qui s’occupent des malades et elles n’échappent pas à la règle : cette manie qu’ont les gens d’infantiliser leurs prochains, les appelant en répétant deux fois la première syllabe de leurs prénoms, les humiliant ainsi fréquemment sans même s’en rendre compte, ce qui n’a rien de commun avec la simple abréviation, pratique beaucoup plus amicale et respectueuse. Ainsi je pensais et je me disais qu’il eut mieux fallu se retrouver complètement inconscient, être réduit à l’état de pur végétal, sans pouvoir ni parler ni bouger, ni penser, ni sentir, car un végétal ne s’humilie pas. Ainsi je demandais constamment à Dieu dans mes prières de me laisser le temps, si je devais perdre mes capacités cérébrales, de réfléchir, de choisir afin que peut-être je pus partir volontairement. Et je lui demandais de m’aider à changer le monde, et les hommes, mais jugeant la tâche trop difficile, trop énorme, j’en revenais à ma première supplication, et j’espérais qu’il entendrait. Et encore maintenant, puisque je n’ai change ni le monde ni les hommes, je prie Dieu qu’il m’accorde de me rendre compte, et qu’il me laisse tomber entre de bonnes mains si cela arrivait. Ce que je lui demande aussi, c’est de comprendre ce que toujours je ne peux comprendre, cette fatalité qui m’échappe constamment car toutes les autres je les comprends mais celle qui détruit les hommes dans leur essence, je ne l’ai jamais acceptée et n’en suis pas encore guéri, (mais peut-être on n’en guérit jamais, de cette maladie qui rend lucide en tout et fait tout craindre/ de cette peur dont la cause est cette maladie qui rend lucide en tout et fait tout craindre).




Alors que je trouvais ridicule cette idée qu’une fois mort, les écrivains continuaient à vivre par leurs œuvres, quelque constatation a changé mon avis. En effet, je me disais que cette impression que nous avions de la permanence de la vie d’un écrivain quand nous lisions ses œuvres n’était qu’une illusion, car l’écrivain, dans son tombeau, était de toute façon complètement inconscient de l’impact de ses livres sur notre intelligence et nos diverses perceptions. Bref, il n’était plus là. Mais, en fin de compte, qu’est-ce que la vie ? De l’énergie ; rien que de l’énergie ; qu’un homme perd quand il meurt. Et lorsque nous lisons un livre, c’est la personnalité et les sentiments de l’auteur qui en émanent. Et les traits de son caractère, de sa sensibilité, dont nous nous imprégnerons de plus en plus profondément, proportionnellement à la valeur de son œuvre si celle-ci est croissante, ne sont-ils pas de l’énergie, une puissante énergie, et particulière, personnelle, celle de l’auteur uniquement. Ainsi si l’énergie de l’écrivain se perpétue après qu’il soit mort, on peut dire en effet qu’il n’est pas (vraiment) mort, qu’il a gagné une immortalité, non prise dans un sens figuré, équivoque, mais bien réelle, presque palpable.




Et voilà un problème exclusivement réservé aux génies, celui de leurs propres mises en scène imaginaires vis-à-vis d’autrui, car les autres hommes n’ont pas besoin de les contrôler, celles-ci n’excédant pas un certain seuil, leurs pensées et leurs imaginations ne les obsédant pas, tandis que pour le génie, le contrôle en est essentiel, car sinon il devient malade et fou. Il doit s’abstenir de mise en scène, contrôler la multiplicité des idées qui surgissent en lui. Le problème est que c’est cette capacité, entraînant la folie si elle n’est pas sérieusement tenue, qui le pousse à la création. Aussi, le voilà obligé de choisir : la sagesse ou le génie, la sagesse ou la création, et ce que Dieu veut, c’est qu’on lui sacrifie son génie, c’est qu’on s’évertue à être sage. D’où les multiples tourments de l’artiste partagé entre son attirance pour un Dieu dont il doute en permanence et son œuvre qui l’use mais dont il ne peut se priver d’en espérer une reconnaissance posthume et éternel, ce qu’il juge malgré tout, lucide, être un but naïf et puéril. Mais est-ce bien sûr, que Dieu veuille nous voir choisir la sagesse ? N’est il pas plus facile de se laisser aller au bonheur simple, quoiqu’il ne soit possible d’y accéder pour le génie que par un effort permanent, que d’accepter sa maladie et se laisser dévorer par elle, et par l’entretien d’une tension mentale constante et harassante produire une œuvre, promise à la postérité ? Il est bon d’y réfléchir.




Que m’importe d’expliquer exactement les étapes du passage de la vie à la mort, de savoir si nous retournerons alors au sein d’une énergie englobante et divine, si nous réincorporerons cette énergie ; s’il ne vous attend qu’un simple, sombre et effroyable néant ; si une partie de nous seulement, la conscience divine en phase avec Dieu, s’envole à nouveau ; si cette conscience divine est Dieu lui-même et alors ne s’envole nulle part car Dieu ne peut être que comme il doit être à chaque instant, immuable et permanent ? A moi, ce qui m’importe, c’est que les gens soient forts et heureux, car quand ils sont forts et heureux, ils ne se posent pas ce genre de questions. Et mon but est de leur montrer le chemin qu’ils doivent emprunter pour atteindre cet état de paix et d’apaisement car les moyens de parvenir à cette tranquillité, je les connais. De même, je crois qu’il est préférable de se hisser à un haut niveau d’expérience réelle, de sensation fusionnelle avec Dieu, avant de tenter de tout expliquer, car une fois qu’on a atteint cette force, alors tout s’éclaircit et soit on comprend tout ce qu’on ne pouvait autrement comprendre, soit il y a des choses qu’on ne peut pas comprendre effectivement et on l’accepte car on sait pourquoi ; on n’a plus envie de les comprendre puisqu’on est rassuré sur l’essentiel. On pourrait objecter que c’est en tentant de tout détailler, de tout analyser, qu’on parvient au niveau de sérénité dont je parle et en réalité, je ne vois aucun argument décisif contre cette objection, aussi est-elle peut-être valide. Cependant, j'aimerais préciser que c’est moi-même en luttant, disséquant tout ce qui m’apparaissait disséquable, que j’ai compris qu’il y avait des limites à cette investigation, car on ne peut diviser à l’infini, ou alors cet effort est beaucoup plus long que si par contre on s’attache à l’unité et qu’on atteint la compréhension de cette unité (j’entends par unité l’infini, c’est-à-dire l’essence de toutes choses, qui est une et indivisible). Alors on sait forcément tout ce qu’on doit savoir, ni plus ni moins, et c’est donc l’état idéal. Ainsi, lorsqu’on connaît l’infini, on connaît aussi nécessairement le fini, ou ce qu’on en doit connaître mais puisqu’on commence par le fini, comme on le fait par définition tous, il viendra un moment où celui-ci nous indiquera le renversement auquel il faudra, à tous prix, se conformer, afin de cesser de s’épuiser inutilement par un changement de voie propice, et nous permettra de viser directement par les techniques contemplatives l’infini. Ainsi, moi, après avoir fait le tour de toutes les traditions religieuses, et plus largement spirituelles du globe, j’ai maintenant envie d’appliquer ce que j’en ai appris, et pour moi-même, et en vue de l’amélioration de tous les humains, de tous les êtres vivants, et par extension, de la création entière, en agissant socialement, sans oublier, accompagnant cela, de me livrer à l’exercice régulier d’une pratique méditative, tel que le ai do, l’aïkido, le zen ou encore l’hésychasme, afin de m’améliorer pour un projet de long terme, mais aussi de court terme, étant par ce moyen heureux dans l’instant, cela étant seul indispensable et essentiel.

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 20:52

Chère Caroline, puisque nous ne vous verrons plus, laisse-moi le plaisir, quoique ce soit pour moi une nécessité, de t’adresser une dernière lettre, qui mettra un terme à mes souffrances, aux tiennes peut-être, et qui clôturera une série dont les deux premières étaient superflues puisqu’elles n’ont servi à rien. Pourquoi un lettre ? Pourquoi ne pas parler tout simplement ? Eh bien, parce que j’en suis incapable. Malgré tout courageux puisqu’avouant une terrible faiblesse, je ne peux que déplorer une extrême sensibilité, émotivité qui me ferait et m’a fait passer peut-être pour, sinon un imbécile, du moins un incapable à tes yeux. Le bégaiement, l’excessive rougeur ne sont-ils pas cependant le signe d’un amour rare, et qui mérite, sinon la réciproque, au moins l’intérêt ? Aussi, ne cherche pas à me parler, je fuirais. A quoi cela servirait-il ? Incapable de m’exprimer correctement je ne pourrais montrer quel être je suis réellement. Mais si je me suis décidé à t’envoyer cette lettre, qui risque de faire de moi la risée de tes amis, car je l’ai appris, ce qui normalement aurait dû être précieusement confiné en un endroit secret, ou à défaut brûlé, a été insidieusement montré, c’est pour comprendre ce qui autrement resterait incompréhensible. Cependant, mais à regret, je suis à peu près certain que cette lettre, de même que les précédentes, circulera parmi tes camarades, que je connais peut-être, et ce sera pour moi une nouvelle cause d’humiliation. Alors, pourquoi tant de risques ?
Parce que, tout d’abord, je n’ai rien à perdre, puisque je n’ai rien, qu’ensuite les dernières illusions que je pourrais avoir non pas sur un amour réciproque, puisqu’apparemment il n’existe pas, mais sur les bases de mon amour pour toi méritent d’être éclairci. Car, puisque je ne te verrai plus, il faut que je sache, pour me rassurer, que je me confirme l’idée que la personne que j’aimais n’était pas la vraie, mais n’était qu’une fausse représentation d’un idéal sublime que je rêvais. Car, comme je ne peux te parler librement, longuement, toujours je vivrais dans cette incertitude : et si tu étais vraiment comme je me l’imaginais ? J’aimerais que cela ne fusse pas, car alors tu pourrais partir, je serais sans regret. Mais si tu t’avérais être la personne que j’ai imaginé être, alors j’aurais passé à côté de l’amour véritable. Et comment savoir qui tu es réellement ? Parfois l’impression d’une personne sensible et fière, digne, correspondante à mon « idéal féminin », que tu sembles être, m’attire hélas irrésistiblement. D’autre fois, une image de courtisane qu’alors je n’aime plus, très distante, presque cruelle puisqu’insensible, me montre une réalité totalement différente. Mais, à la vérité, car je le sais, si les lettres que l’on reçoit et j’en suis conscient, en révélant certains mystères, puisque c’est le mystère qui fait l’amour, tuent l’attirance que l’on ressent pour la personne aimée, je persiste néanmoins, car ce n’est plus l’amour que je veux, c’est la compréhension.
Tu m’as aimé, je le sais, inutile de le nier, et je sais aussi que tu as détruit, inconsciemment peut-être, une partie de toi, celle que j’aimais et qui voulait aimer. Tu as eu peur, lâcher tes amis, ton ami, pour un homme que tu ne connaissais pas, que tu ne connais toujours pas, était prendre un risque énorme, tu ne l’as pas pris. Je ne voulais pas moi-même te montrer jusqu’où mes sentiment pour toi me tourmentaient, car le choc fut terrible, il fallait stoïquement résister, se résigner. Aussi ma première lette, dans un désir de plaire peut-être absurde, l’ai-je écrite dans un langage parlé très familier, ne reflétant pas mes qualités véritables, tandis que l’autre lettre, tu as du en penser bien du mal, car tu croyais qu’elle montrait l’insuffisance de mon amour, qu’en réalité avec le plus grand soin je m’efforçais à cacher. Je poussais même l’audace, et peut-être la bêtise, à t’encourager dans une voie si opposée à mes souhaits qu’il est navrant de constater que tu l’es si bien suivie, à savoir m’ignorer et rester avec ton ami, que je ne méprise pas du reste car je connais sa valeur et donc le respecte. Mais vois-tu, la nécessité impose, et pour tout le monde, un ensemble de règles qu’il faut respecter. Ne pas dévoiler (trop) ses sentiments fait parti des règles élémentaires de protection ; peut-être ai-je mal fait. Néanmoins, je sais que tu n’es pas si heureuse, en attente, tu restes confinée dans une situation qui ne te satisfait pas pleinement, tu rêves encore d’amour ce qui est la preuve que tu ne le vis pas réellement, toutes choses que j’aurais pu te donner si tu avais voulu même si je n’en suis maintenant plus tout à fait sûr. Tu comprendras qu’après de tels aveux, il est inutile d’essayer de me revoir. J’aurais bien trop honte, car c’est une nouvelle humiliation que je m’inflige. Désormais je te fuirai, mais je tenais à décharger ma conscience, car il le fallait, et que tu vois en quelles dispositions j’étais. D’autre part, il est possible que je me trompe du tout au tout, que tu ne m’es non seulement jamais aimé, mais en plus n’es jamais été attirée par moi, c’est fort possible, je n’en crois rien pourtant, je suis un philosophe de l’intuition. Si tu ne m’éclaires pas (et comment le pourrais-tu ? puisque nous ne nous reverrons plus), demande à Dieu de le faire, il me parle de temps en temps et il est triste de me voir si malheureux. Enfin, moi, je crois en l’indicible, et les mots sont si faibles pour le décrire. La littérature n’égalera jamais la sensation. Un texte ne pourra jamais totalement refléter la force d’un sentiment. Mais que de souffrances pour l’homme dont l’aimée ne sait rien, persuadé que le connaissant, elle l’aimerait profondément et pour cela obligé d’en passer par un moyen si faible, écrire une lettre. Le pire, peut-être, est que nous aurions pu être d’excellents amis, mais qu’une pudeur trop forte, un sentiment de gêne maintenant infranchissable nous l’empêchera je crois à jamais. J’ai beau m’inspirer de « Et sans daigner savoir comment il a péri, refermant ses grands yeux meurt sans jeter un cri » ou de « Gémir, pleurer, prier est également lâche, fais énergiquement ta longue et lourde tâche » du très beau poème de Vigny La Mort du Loup, Gérard de Nerval et son
« Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé
Le Prince d’Aquitaine à la tour abolie
Ma seule étoile est morte, et mon luth constelle
Porte le soleil noir de la mélancolie »


traduit plus justement l’état en lequel je suis actuellement. Heureusement, en vertu d’une très belle devise que j’ai faite mienne, le « memento audere semper » (Souviens-toi de toujours oser), je continue à lutter car nul cas (il paraît) n’est désespéré.
Admire ces deux dernières strophes d’un poème de Musset que pour mon plus grand malheur, je n’ai pas écrites, mais que j’aurais pu écrire, car elles retracent bien ce que je ressens pour toi :
« Quel mot vous prononcez , marquise, et quel dommage
Hélas ! je ne voyais ni ce charmant visage
Ni ce divin sourire en vous parlant d’aimer


Vos yeux bleus sont moins doux que votre âme n’est belle
Même en les regardant, je ne regrettais qu’elle
Et de voir en sa fleur un tel cœur se fermer »


Voilà, c’est fini. Si cette lettre peut te paraître froide, pleine d’un reproche mal caché, ce n’était pas mon intention. Mais l’amour est encore au fond de moi. Il ne me lâche pas. Si seulement il pouvait servir, mais c’est le propre de l’amour de faire croire que rien ne compte plus que l’être aimé et bien davantage encore, que rien ne compte en-dehors de l’être aimé. Nietszche nous apprend que la vie n’est pas conservation de soi mais affirmation de soi. Il a raison. Je comptais sur toi pour m’affirmer, te donner ma force, ma vie. Cette énergie, à quoi sert-elle maintenant ? L’essentielle m’en était d’ailleurs donnée par toi qui la décuplait en lui donnant un but clair, te rendre heureuse. Mais tu n’as pas voulu.


Partager cet article
Repost0
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 20:48

Blonde et rayonnante, les habits toujours bien choisis, la parole gaie et spontanée, la franchise dans le sentiment, un aspect triste parfois. Plus qu’un sourire, la frustration m’attire. Le rêve que l’on souhaite, le regard perdu, qui demande et implore, mais ne supplie pas… La fierté qui fascine, ou plus, me touche ; femme de guerrier, de moine ou de poète, tous deux incompris et qui ne se comprennent pas. Peut-être ce que j’imagine est loin de la réalité, peut-être notre peau est la même, vient du même endroit. Mais le décalage est là. Lancé sur une mystique voie, je ne m’arrêterai pas. Le passé est chez moi si puissant que je ne peux l’encombrer davantage. Chez toi renoncer serait tout changer, et tu n’en as pas le courage. Pourtant, des petites filles divines et puériles aux magnifiques et froides déesses, beaucoup m’ont aimé. Mais toi, un anachronique templier t’a-t-il déjà aimé ? Et sais-tu la puissance qu’il faut pour tenir en deux mondes parallèles, en deux vies différentes, l’une de rêve mais réelle, l’autre, celle que je montre, la plus fade que je regrette. Pourquoi a-t-il fallu que le destin nous réunisse ? Sans doute pour moi est-ce un test pour évaluer mon pouvoir d’abnégation, peut-être inconsciemment, mais pour toi, quel en est le sens, car tu sais, un monde, celui des apparences, nous sépare, mais le monde sensible, celui de l’étreinte, du passionnel, du caché, que je peux dévoiler exceptionnellement si l’on m’en laisse le temps nous rapproche. Celui-là, tu le sens et en a peur. Changer serait faire trop de sacrifices, mais m’oublier serait passer à côté de l’amour véritable. Que faire ? Me connaître, qui suis-je ?




Qui es-tu réellement ? Que cherches-tu ? Je vois en toi deux personnes et ne sais quelle est la bonne. D’un côté, assez dure, fermée, sevrée, et donc très loin de moi. De l’autre, fière, sensible, en attente… Bon sang, ne vois-tu pas l’évidence ? Sous un monde d’apparences, nous avons les mêmes différences, tous deux incompris, respectueux de nous-mêmes et de nos rêves, nous avons la même odeur, la même peau, la même façon d’étreindre. Viens, embrasse-moi et tu comprendras.




Je t’écris car il m’est difficile de ne pas comprendre. Je ne sais qui tu es réellement. J’aimerais savoir pour ne pas rester dans cette impasse. D’un côté, tu parais dure, assez fermée, plutôt insensible et incompréhensible, là tu ne m’intéresses plus et je conçois qu’il en soit de même. Mais de l’autre, je sens une sorte de sensibilité, quelque chose qui me touche, de la compassion et de la fierté, une attente, un courant qui passerait de l’un à l’autre. J’ai alors l’impression qu’on pourrait se comprendre. Du monde des apparences, l’on passerait au monde sensible, et là, sans les mots, puisque nous avons la même odeur, la même peau, la passion et l’étreinte serait fusionnelle et divine.

Partager cet article
Repost0
11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 11:58

Quoi de plus beau que la vie, l’amour
Quoi de plus beau que l’amour, la vie
L’amour, la vie, la vie, l’amour
Est-ce cela qui rend la vie belle
L’amour, l’amour
De mes premières expériences
Je puis en témoigner
Rien ne vaut le plaisir d’aimer et d’être aimer




Pieds nus, en haillons, je marche
Le ventre tenaillé par la faim
Je regarde les gens autour de moi
Les gens ? non les bourgeois
Je les imagine se rassasier
Moi crevant de faim
La vie plus elle passe, plus elle me paraît injuste
Les pauvres d’un côté, les riches de l’autre
Les riches d’un côté, les pauvres de l’autre
Les pauvres qui essaient d’avoir de quoi manger
Les riches qui s’engraissent
Les pauvres qui essaient d’avoir un abri pour dormir
Les riches qui en ont plusieurs
Un jour cela changera
Un jour viendra où quelqu’un mettra un terme à tout cela
Peuple, réveille-toi !




La nuit tombe sur la ville
Comme elle tombe dans mon âme
Impatiemment j’attends le jour
Lui seul a le pouvoir
De faire renaître mon amour




Le soleil se couche
Sur Niort, petite ville du Poitou
Las de celle-ci
C’est hélas elle qui m’attire
Je la répugne mais ne cesse d’y penser
Lorsque par de simples hasards
J’en suis éloigné
Aussi je cherche à comprendre
La raison de mon amour
Pour cette ville sans amour
Sans jamais rien comprendre




La vie est un parcours semé d’embûches qu’il faut surmonter. Hélas la plupart sont insurmontables.




Dieu le tout puissant
Dieu le merveilleux
Toi qui nous aimes tant
Qui nous rend heureux
Je te loue Seigneur Dieu
De tout de que j’ai de bonheur et de malheur
Sur ce pays du paradis, la terre.




Je viens à peine de penser à toi
Et déjà je sens venir à moi
Ton odeur, ta couleur
Ta mer et tes corsaires
Ainsi que d’innombrables sensations
Que j’ai hâte de te revoir
Rien de mieux pour redonner l’espoir
Que j’ai eu tant de fois
Rien qu’en pensant à toi




De ma fenêtre je vois
Un clocher bleu
Une chambre verte
Un oiseau aux couleurs miroitantes
Puis lassé de voir
Je consens à sentir
L’air frais du matin
L’odeur forte d’un sapin
Ainsi qu’une multitude
De délicieux parfums
Les maisons blanches aux fenêtres grises
Leurs secrets familiers si bien gardés
Ne laissent voir au travers
D’un mince filet de lumière
Que bien peu d’intimité




Quel bonheur !
Est-ce possible ?
Je marche !
On m’avait dit que jamais plus O jamais plus
Je ne mettrai un pied devant l’autre
Détrompez-vous !
Réjouissez-vous !
C’est avec aisance que je marche maintenant
Quel bonheur !
Est-ce possible ?
Je marche
Ils m’avaient pourtant affirmé
« Tu ne marcheras plus »
Détrompez-vous !
Réjouissez-vous !
J’y arrive aisément
Quel bonheur !
Est-ce possible ?
Je marche
Mais toi, que fais-tu ?
Quel malheur !
Est-ce possible ?
Il courre !




Courageuse, préventive
Amoureuse, attentive
La mère est toujours présente
Pour son fils qu’elle aime tant




Cheveux blonds dans le vent
Il marche sur la route
Narquois, souriant
Sympathique et insouciant
Mon frère marche dans le vent




J’ai du mal à le saisir
Je n’arrive pas à le définir
Il est si vivant et amusant
Si intelligent et si souriant
On le compare à un chat
Mon frère aux traits si délicats
Qui passionne, qui anime
Qui active, qui ranime
Les longues soirées d’automne
D’habitude si monotones




Le poète rêve d’une vie heureuse, malheureuse
Le poète pense, quelquefois, beaucoup
Le poète aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie
Le poète vit dans un monde compliqué
Pas tous !
Le poète, c’est moi, c’est vous, c’est nous
Car le poète est homme
Et l’homme est poète




Le poète n’est pas un homme ordinaire
Il n’est d’ailleurs pas homme du tout
Il n’y a qu’à voir avec quelle dextérité il manie les mots
Avec quelle facilité il les assemble, les fait s’exprimer, vivre
Le poète est un ange bon ou mauvais envoyé par Dieu
Au milieu des hommes




Je marche sur la route
Je suis seul et je marche, tout seul
Il pleut, j’ai froid, j’ai faim
Que c’est dure la solitude
Et que d’épreuves à deux peuvent se faire dans la joie
Qui seul se subissent






Dans la nuit, l’affrontement eu lieu
Les uns, santiags, cuirs, sont armés
Les autres, rangers, jeans troués, sont armés
Quelques-uns ne pourront plus marcher
D’autres perdront la vue
Cette nuit, l’affrontement fut sanglant




Ah ! qu’il est beau l’homme
Ah ! qu’il est fier l’homme
Homme que j’étais ne suis plus
Ne pouvant plus faire travailler mon esprit
Ne pouvant plus faire travailler mon corps
C’est avec peine que j’écris ses mots
La déchéance venait, elle est
La mort était loin, elle vient
C’est avec chagrin que j’écris ces derniers vers
Ayant été si fort et ne l’étant plus
C’est avec désespoir mais avec raison que je m’éteins, inexorablement




Qu’il est beau l’oiseau qui chante
Qu’il est insouciant l’oiseau qui chante
Sur l’arbre, il dort, l’oiseau qui chante
Du pain, il mange, l’oiseau qui chante
Dans le ciel, il vole, l’oiseau qui chante
Il est gai, l’oiseau qui chant
Je l’aime, l’heureux oiseau
Vous savez, celui qui chante






Ce soir dans ma chambre
Je m’efforce d’écrire
Quelques poésies enchanteresses
Dont chacune raviverait
Les cœurs les plus durs




Brusquement une apparition soudaine
Illumine mon visage
C’est Dieu que j’ai vu
Aussitôt j’entreprends
L’œuvre solennellement
Les premiers vers apparaissent
Enfin le point final
Je contemple l’ouvrage




Mère, pourquoi ?
Pourquoi moi ?
Moi qui n’ai pas voulu de la vie
La vie s’est emparée de moi
Elle ne m’apporte qu’ennui, souci, tracas
Si tu avais su ce qu’elle aurait été pour moi
Tu ne m’aurais certainement pas
Fait naître avec autant de bonheur
Aussi je te le dis
C’est pour toi que je ne me suis pas encore
« Jeté dans la voie ou le sort a voulu m’appeler »
La mort




Violence, je te hais !




L’année dernière, je me promenais
Quelques heures par semaine
Dans ce qu’on appelait une forêt
Le paysage ensorcelait de sa pureté
Chaque individu qui y pénétrait
Cela sentait bon
Sous les tilleuls
Les arbres étaient grands, majestueux
Les roseaux aussi
Les oiseaux gazouillaient tranquillement
Ils daignaient quelquefois un regard
Sur ta modeste personne
Tout ton être était envahi
Par cette sensation qu’est le bonheur
Que la nature te donne abondamment
Hélas ce paradis n’existe plus
Il a fait place aux immeubles, à la pollution, au stress…
Mes amis, nous avons la chance d’avoir la nature, ne la gâchons pas.




Aujourd’hui je vais mourir
C’est par moi que l’œuvre s’accomplira
Je suis si triste, si amer
Les pleurs me sont interdits
Car homme je suis
Les drogues me sont interdites
Car promesse je fis
Il n’y a que le suicide
Pour me délivrer de cette horrible vie
Que j’aimais malgré tout
N’y a-t-il pas un moyen pour me faire entendre
Un moyen pour me faire comprendre
Non ! hélas
Cette fois c’est fini
Enfin j’y suis
Au royaume des anges/ ou de l’éternel




Tous les matins à l’heure du lever
Mes camarades se lèvent avec entrain
Courageusement, ils entonnent des refrains
Avant d’aller à l’école travailler
Je n’ai pas hélas ce don fabuleux
Des petits enfants si merveilleux
Toujours à l’heure, toujours présent
Il ne leur arrive jamais d’être inconstant
Aussi je me décide à toutes les soirées
Lève-toi tôt demain, tu auras une dure journée
Mais c’est en vain car le matin
Je…




Souvent il m’arrive de m’efforcer
D’éclairer des sujets de la plus grande diversité
Cependant un retient mon attention en particulier
Et ne cesse de tourmenter
Mon âme hélas déjà éveillé
L’heure du lever
N’ayant pas encore sonné
C’est un thème de la plus haute simplicité
Mais pourtant si compliqué
Ne trouvant plus de rimes en é
Je suis contraint d’abandonner
J’avais osé mieux espérer




O ! Parents
Ami de mes ennemis
Ennemi de mes amis
Ne vous ai-je pourtant pas dit
Ceux-là sont mes amis
Ceux-là sont mes ennemis
Mais c’est vous qui savez
Vous êtes la vérité
Aussi me plierai-je donc à votre volonté
Sans jamais oser, une seule fois rechigner




Petite tête blonde
Aux yeux verts et jaunes
Courageux guerrier
Qui n’hésite pas à s’élancer
Sur mille et une épée
Toujours sur son cheval
Comme au vieux Moyen-âge
Il défend avec honneur
La France sa patrie/ ou sa Germanique patrie
Puis il se meurt
Sans rien dire de son cœur
A qui voudrait l’entendre
Hélas il est trop tard
Ce soir pour nous
Le petit prince est mort




C’est moi que voilà
Je viens à vous, cornebuse
Pour vous faire part tralala tralala
De ma grande joie, triple buse
Je suis très heureux
Joyeux turlurons
Pas du tout malheureux
Et même très très heureux




Je suis avant tout un grand malade
J’ai toujours dans la bouche un goût très fade
Je suis un amer
J’aime beaucoup la mer
Le saucisson et le pâté
Quoique les reportages à la télé
Non merci, jamais en service
Subissent souvent des sévices
Comme ma tête, pauvre tête
Qui va bientôt éclater
Merci pour le sel
Comme ça plus on en entendra beaucoup parler




Aimer pour être aimé




Eh bien mourrons ! puisqu’on nous le demange




Je suis atteint d’un mal irrémédiable : le désespoir absolu




Tes beaux yeux bleus me font pleurer
Je te le dis tu es très belle
Peut-être même, autant qu’une voyelle
Tu fais aussi beaucoup jaser


Lorsque ton nez je le regarde
Aussitôt beaucoup il me vient
Que dans son aspect de gros chien
Tu ne connais que la ringarde


Mais qu’ai-je à te dire mes secrets
Tu n’en feras jamais les frais
Ai-je été trop fervent ?


Je n’ai jamais été si con
Car je ne suis qu’un gros poisson
Mais pas seulement un beau serpent




Un savant dans le vent
Une petite fille rigolant
Un frère insouciant
Et moi, et moi, et moi ?
Un simple adolescent




Il faut que je te le dise
C’est vraiment toi que j’aime
Je ne fais qu’y penser
La nuit, le jour, seul, moins seul ou entre amis
Il n’y en a pas d’autres
Qui sache comme toi
Me donner ce plaisir
Que toi seul peut m’offrir
Mon âme si noir
S’éclaircit tout à coup
Quand elle entend ta voix si gaie
Et mes yeux qui d’habitude
Ne connaissent que le gris
Savent enfin ce que c’est
Le bleu, le rose, le vert
Le bonheur, l’amour et l’insouciance
Aussi ils t’implorent
De rester auprès d’eux
Ne serait-ce pas merveilleux
Toute une vie rien que nous deux




Souvent je me plais à regarder
Les animaux domestiqués
Le cochon aux airs bonhommes
Le chien innocent
Et même parfois le taureau aux airs méchants
Souvent sur la montagne, il m’arrive de contempler
Les animaux de la liberté
Le lion rugissant
Le gnou virevoltant
Et même parfois le singe sautillant/clairvoyant
Mais le tigre est le préféré
De mon âme tourmenté
Car lui seul reste indompté




Mais pourquoi les gens veulent toujours l’impossible
Mais pourquoi les gens veulent toujours ce qu’on ne peut leur donner
Travailler, travailler, toujours travailler
Et pas un pour demander
Veux-tu laver les assiettes
Les couteaux et les fourchettes
Mais non, ils se bornent à nous réclamer
Ce qu’on ne peut leur accorder




Ce soir j’ai envie de parler, de crier
De raconter ma gloire passée
Et aussi de beaucoup pleurer
Souvent je repense à quelques souvenirs
Ancrés dans ma mémoire
Et je regrette alors le bonheur passé
J’en viens souvent à me demander
Si c’est réellement moi le joyeux gamin
Qui s’amuse si bien/ avec un tel entrain
Hélas la vie, c’est cela
Du bonheur, du malheur
De l’espoir et des pleurs
Beaucoup de regrets
Un peu d’amour
Du hasard toujours


Le monde est ainsi fait, on n’y peut rien changer


Et mes combats, personne n’en sait rien




Grand-mère si sensible
Je te dois la poésie
Pieuse, intelligente, belle
Tu l’es du cœur
Depuis longtemps je tenais à te faire cet hommage
Que tu mérites largement
Et qui je l’espère te comblera




Sur la plage un soir d’été
Je me souviens d’une ballade
Qui n’était par aucun point semblable
A ma culture musicale pourtant variée
Sur la plage un soir d’été
J’ai vu une femme très belle
Qui n’était par aucun point semblable
Aux femmes si belles
Qui hantent mes nuits d’été
Sur la plage un soir d’été
J’ai senti une odeur
En aucun point semblable
A la senteur
Des égoûts de Coulomniers
Puis dans la mer je me suis noyé
Je n’ai rien vu, rien entendu, rien senti
J’ai seulement su que c’était la vie
Dont la mort s’était emparée




Mètre, mesure, usure
Je me mesure
Un an déjà la marque sur le mur
Reste la même et ma force blême
Ne peut s’empêcher de penser
Mon enfance s’est arrêtée
Mais jamais homme ne sera ma destinée




Sentiment étouffés, âme trop déchirée
Cœur jamais dévoilé, souffrances par trop appuyés




Désespérément, je cherche, je cherche
Mais elle n’est pas là, elle s’est sauvée
A tout emporté
Mon cœur elle y a pensé
Sans jamais le ménager
Alors tout seul dans la forêt
Dans le bois, sous les arbres
Je cherche la réponse à ma douleur
Pour adoucir les angoisses de mon cœur




Je me souviens des jours anciens
De la rue où la première fois je t’ai vue
Tu m’as gaiement souri
J’ai pensé amour
Tu n’as pas du comprendre
Je n’ai pas du entendre
Tu es parti, loin, très loin de ma vie
Une école de plus ou j’ai aimé
Une femme de plus qui m’a inspiré
Quand je prenais le car
Quand il faisait froid le soir
Je regardais sa chambre
Par ses fenêtres ouvertes
Je m’imaginais alors un monde merveilleux
Dans lequel j’aurais été heureux
Hélas cet endroit fabuleux
Aurait été immonde à mes yeux
Si avec raison j’avais osé
Seulement une fois y pénétrer




Il ne faut pas se bloquer sur le passé
Il faut se souvenir du passé
Vivre l’instant présent
Et faire pour le futur




Le futur est l’instant présent car il sera l’instant présent donc si on est heureux l’instant présent, on est heureux dans le futur donc toujours puisque le passé est passé et plus à venir




Dieu pour me punir
A décidé de m’infliger
En rêve un mauvais souvenir
Qui m’a fait beaucoup peiner




Quand j’étais beau
J’étais beau
Et les filles m’aimaient
Quand j’étais fort
J’étais fort
Et les hommes me respectaient
Quand j’étais brillant
J’étais brillant
Et les élèves m’admiraient
Maintenant je sens mauvais, je suis laid
Et je dors sur le trottoir
Malgré tout ça j’ai encore un peu d’espoir
Alors vous qui avez tout
Arrêtez donc de vous plaindre
Et profitez de l’expérience à plaindre
D’un pauvre homme affamé qui n’a pris que des coups




La joie est naturelle aux hommes, c’est du moins ce que les hommes pensent, voilà pourquoi ils ne sont jamais vraiment heureux, ils ne remarquent que les malheurs.

Partager cet article
Repost0
11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 01:52







« C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine »
Mais je ne m’appelle pas Verlaine
C’est la haine qui fait ma peine
Et de l’amour absent naît mon malheur présent




Angoisse est le suprême mot
Il résume toute ma vie
Ce qui suit aussitôt s’appelle folie




O ! toi qui es si puissant
Qui peut tout faire n’importe quand
Que rien ne peut faire plier
Auquel rien ne peut résister
Tu me vois, tu me connais
Et mon âme aussi tu la connais
Pour toi seul, elle n’a aucun secret
Et toi seul quand tu veux peut la changer
Mais il faut pour cela que tu veuilles m’aider
Que tu aies décidé de ne pas m’abandonner
Et que des démons qui imprègnent mon âme
Tu m’aides à les chasser, eux et le diable




Quand pourrai-je sortir de cette prison
Mon âme ne sera donc jamais libre
Le chemin de ma vie ne sera-t-il pas assez long




O les douleurs qui m’assaillent
De tous côtés je suis attaqué
Et je n’arrive à m’en sortir
Que dans de trop rares moments
J’essaie mais jamais je ne gagne
Le combat que me livrent les démons
Qui errent dans mon âme
Je suis incontestablement prisonnier
De m’en sortir je ne puis y songer
Tellement l’étreinte qui m’asservit depuis des années
Est maintenant forte et puissante en mon esprit




Allons mes amis ! l’heure de la révolte approche
Il faudra bien vous aussi vous décider et écraser toutes ces loches
Les mitrailleuses sont prêtes, pour s’en servir il suffit d’être bête
Laisserez-vous tous ces gens mourir de honte
S’ils étaient si innocents ils s’en rendraient compte
Vous voulez la paix, ce ne sera jamais fait
Seul un moyen existe mais les risques subsistent
Prépare la guerre, et son effet de serre




Tout seul abandonné, mon cœur explose de souffrance
Que personne ne sait, il n’a que des carences
J’aimais une fille, vraiment je l’aimais
Mais l’amour n’a marché que d’un côté
Il me semblait pourtant qu’elle aussi… mais non,
Ce n’était qu’un peu d’affection, elle en préférait un autre.
Soit, ma raison l’a accepté mais mon cœur m’a refusé, il a cédé
Obligé d’en filer une carapace dure et insensible pour le protéger
J’ai moi aussi cédé et la carapace a craqué
Depuis longtemps, maintenant, assez souvent, je pleure
Mais ça, personne ne le sait !




Ce soir je suis seul, une fois de plus
Seul non, j’ai une famille, j’ai aussi des amis
Mais tous ils m’ont refusé
Et devant cet argument poignant : j’ai froid, ils n’ont pas cédé
Alors, je peux le dire, je suis seul
Je marche dans le froid, je suis seul, j’ai faim
J’ai peur aussi, peur du noir, peur des gens, peur du bonheur
Qui chaque fois que je ressens les symptômes d’autrefois me fait toujours plus mal
Peur d’être seul, ah si au moins j’avais quelqu’un
Quelqu’un qui puisse m’écouter mais surtout me parler
Afin que je puisse oublier.




Des fois je pense
A ma vie ou plutôt à l’ancienne vie
Ma vie d’autrefois avec ses petits malheurs et surtout ses grands bonheurs, cette joie toute puissante, mes parents, mon frère, ma grand-mère, et encore cette joie, ce souvenir si beau qui me revient chaque fois que dans la rue, une famille passe, heureuse, unie dans et pour la vie. Et je ne peux m’empêcher de penser : mes parents auraient-ils fait comme tous ces gens qui passent et qui m’ignorent, qui ne me regardent même pas, qui passent et qui oublient, que moi aussi je suis. Quand rarement l’un d’eux s’arrête, ce n’est que pour s’indigner ou montrer qu’il a pitié. Parfois ils me parlent, ils me disent : tu n’as pas le droit d’abandonner. Mais jamais ils ne pensent qu’eux pourraient me sauver, il suffirait d’un peu d’amitié. Pas de l’amitié-pitié, non, vraiment de l’amitié. Ils ne comprennent donc pas qu’on m’a jeté, répudié, humilié et rabaissé et qu’en me montrant leur pitié ils ne font que m’enfoncer.




Souvent la folie est un signe
Le signe de celui qui a trop pensé
Qui est prisonnier de ses néfastes idées
Qu’on exclue donc d’une société
[ Mais la folie n’entervient en lui qu’en certains moments
Chose que les psychiatres ne savent pas apparemment ]
Rare cependant est la folie
Mais comment ? qui surgit en lui
Moi-même je suis concerné
Atteint de la pire des folies
Presque inexprimable, atteignant l’inatteignable
Donc je suis seul
Pas un qui me ressemble
Dans cet enfer il me le semble




Seul dans ma chambre, je me morfonds
Sans force, j’ai cherché la voie
Mais le chemin est trop long
Pour un homme né sans loi
Est-ce ma faute si je suis un démon
Tout le monde ne peut pas être bon
Moi qui ait autrefois prêché la liberté
Nous avons un destin me vois-je contraint d’affirmer
Sinon comment expliquer ce manque de volonté
Si ce n’est que ma vie est déjà tracée
De la folie donc je ne puis échapper






Sans amour et sans haine disait Verlaine
Sans amour oui mais pas sans haine
La haine de ne pas connaître
L’amour ou plutôt de l’avoir
Trop bien connu
Désespérément je cherche une issue
J’essaie de compenser par un idéal




Ah, que la vie est dure ici-bas
Assailli de toutes parts
Je ne peux faire face
A tous ces gens qui m’enferment
Qui m’oppressent, qui veulent savoir
Et à ces démons qui me font
Plus de mal encore
Qui me font douter de tout
De moi comme dut doute
Eh oui, je le suis
Fou
Mais les voleurs d’âme
N’arrangent pas les choses
Depuis des années
Qu’ils me courent après
Peut-être après tout
Que tout le mal vient d’eux
Et que sans eux
Je serais libre




Triste vérité, je suis seul
Seul à pleurer sans m’en lasser
Villon avait des compagnons
Verlaine des amis
Moi que des ennuis, des ennuis et surtout l’ennui
Fatal à tout homme né ici
D’être justement né ici
Ici, ici, partout la mort me suit
Et son seul souci, c’est moi qui n’en veut pas




Seul ce soir dans ma chambre d’hôpital
Je pense à ce que je suis, quelle a été ma vie
Je ne vois rien qui puisse faire dire à quelqu’un
« Ce gars était bien, vraiment bien »
Lorsque je pense soudain
« Je peux écrire » mais à l’évidence
Ce talent lui aussi s’est éteint
Alors oui vraiment je ne suis plus rien














Au nom de la loi, on m’arrête
Pour un ancien crime, une ancienne dette
Il y a longtemps, je l’ai payé
En me livrant, ils m’ont souillé
On m’a épargné le corps mais l’âme est déchirée (96/97)






Le ninja avance dans l’ombre
Furtif et rapide, agile
Bien entraîné, affuté
Son but est la muraille dressée
Il faudra l’escalader
Le seigneur doit être tué
La mission est sacrée
Il n’a pas le choix
C’est pour lui l’unique voie
Toute sa vie conditionnée
Maintenant le plus dur des guerriers
Il ignore la philosophie
Ce qu’il connaît se nomme psychologie
Arts martiaux, pyrotechnie
Quand il te fixe, ses simples yeux
Ont la force des regards de tous les Dieux
Sans religion, tel un démon
Même transpercé des deux poumons
Persévérant sans relâche en son action
Tel est ami, le courage du ninja. (96/97)




En Chine existe un endroit
Ou les moines commandent aux rois
Il y a longtemps, c’est Boddhidarma
Qui éveillé créa leurs lois
Ils vivent de méditation
Pratiquant la technique du sombre dragon
Ce sont des religieux
Qui part leurs forces égalent les Dieux
Et s’initient au baton long
Dans un paysage de bleu lagon
Non, ces hommes n’ont pas renoncé
Ils s’isolent pour mieux montrer
Leurs corps sublimes sont faits d’acier
Et de par le monde rudement éprouvé
Leurs exploits qui prêtés à d’autres seraient grossiers
Sont avec quelle emphase partout vantés (96/97)

Partager cet article
Repost0
11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 00:58

Very bad la santé
Plus d’identité
En ce monde, je ne suis pas seul
Comme moi, des millions de gens
N’ont plus la santé
N’ont pas de vérité
Cherchez, cherchez
Peut-être vous la trouverez
Moi depuis tant d’années
En quête de sincérité
Partout c’est de la folie qu’on m’a donné
Jésus-Christ, Bouddha, Ueshiba
Sont des mythes, le nirvana n’existe pas
Illumination, dépassement de soi,
Hélas maintenant imagination et rêves de divines lois
Je voulais qu’un jour, on ne parle que de voies
Mais Lao Tseu se fait vieux
Et c’est hélas pour le mieux
Aussi faites-moi signe quand vous réussirez
Car malgré les offrandes, les prières, la volonté
Oui, je peux le dire, j’ai échoué






Il est l’heure d’accomplir une importante mission
Un grand moment pour moi, digne de la légion
Honorer les grands maîtres est un devoir sacré
C’est un créateur qu’aujourd’hui je vais glorifier
Son domaine la spiritualité, son art la dextérité
Grâce à lui, l’homme de nouveau
Se retrouve haussé loin des animaux
Il fut jeune, il devint beau
Il fut faible, il devint fort
Rien ne fut facile, timide et asthmatique
il souffrit mais chercha, rechercha, trouva
La crainte, la solitude
La mort d’un père aimé
Les souffrances horribles, les angoisses
Chaque homme les ressent
Tout le temps, des nouveaux démons
Le dévoraient, ses faiblesses le tenaillaient
Le compressaient, mais il continua, chercha, chercha
Et là, des instants de grâce
Il connut pour la première fois un certain calme
Du bonheur même, heureux il se tracassait pourtant
Car il savait qu’il retomberait nécessairement
Cependant il continuait encore car s’il ne comprenait pas
Des états d’inquiétude qui le dépassaient
Sa recherche aboutirait, il le savait
Et poussé par cet élan de foi extraordinaire
Cette force qu’on reconnaît à tous les initiés
Il avançait, sûr et puissant, serein et fort
Et c’est lui que j’honore le premier
Ueshiba, le maître de la destinée




Ah ! Qu’y a-t-il ?
Je sens pousser en moi
Ce que je redoute depuis tant d’années
Abîmé, désespéré, découragé
Je n’ai plus que cinq jours pour changer
Me transcender maintenant
En ai-je encore le temps ?
La mort rigole stupidement
Mais elle est là, puissante
Sûre, forte et triomphante
Les cornes du diable
Poussent sur mon front
Il m’a vaincu, il me veut
Pour le servir, le faire jouir
Par sa supériorité affirmée
Sur ces monstres les divinités
Je sais, il le sait
Je résiste, il me hait
Qu’il vienne, je l’attends
Prêt à combattre farouchement




Leurs suprêmes sagesses est de s’envoler
Sans sauter, il leur suffit de léviter
Leurs visages impassibles, leurs crânes rasés
Inspirent hommes et femmes du monde entier






Vaincre ou mourir
Vaincre et mourir
Vaincre en mourant
Telles sont mes obsessions, quelle voie choisir ?
Quelle solution ?




Selon son physique, on est hélas par les hommes jugé, beau, laid, faible, vieux, jeune, d’où l’importance du détachement d’où solitude ou méditation car selon qu’on est jugé, on devient et selon qu’on devient on est jugé (d’abord par les hommes puis par Dieu ainsi le bouddhisme est une aubaine)




Oui, je te le dis
Sauve-toi
De ce monde infernal sauve-toi
Ils se trompent de cible
T’appellent barbare
Pour un défi à mort
Que tu as remporté victorieusement
Mais savent-ils que chaque année cinquante millions de morts
Dans cent ans cinq milliards de morts
Qui n’auront jamais rien cherché, rien trouvé
Toi, le guerrier aux valeurs dépassées
C’est vrai, tu as tué
Mais eux détruisent
Par leur manque d’action, vie et nature
Ainsi je te le dis, l’inaction est le pire des crimes
Qu’est-ce qui est le plus terrible
Tuer un homme, prendre sa force et en jouir
Ou manquer de logique et oublier que chacun est condamné à mourir




Que d’erreurs dans la recherche !
Ne nous forçons pas, épargnons-nous !
La voie est le juste milieu !
Mais Bouddha nous a montré le chemin
Une dure lutte contre la faim
Jésus l’être suprême
Quarante jours isolé
Dans la solitude a prié
Ueshiba, le japonais divin
S’est surhumainement entraîné
Pour jouir de l’état sans fin
Même Marc-Aurèle l’empereur romain
Si doux, n’était pourtant qu’un stoïcien




Le respect de la vie pour moi n’existe pas, ce serait oublier que chacun meurt de toute façon. Pour les animaux qui ne pensent pas, ils sont excusables. Mais pour les hommes qui peuvent choisir, s’ils ne cherchent pas, ils sont impardonnables. Ainsi un homme amorphe est impardonnable. Ainsi un homme faible est impardonnable.




La vie d’un homme est une longue succession de batailles dont il sait de toute façon qu’il sortira vaincu






Deux hommes sont prêts à s’affronter
Ce sont des guerriers
Rescapés héroïques des siècles passés
Leur combat magnifique
Paraît barbare à l’opinion publique
Un tel spectacle disent les critiques
Est insensé, abominable et révulsif
Pourtant ces deux hommes savent ce qui les attend
Ils ne sont pas payés, bien entraînés et conscients
C’est donc le dépassement leurs objectifs
Ils ne peuvent plus vivre sans savoir
Et cette peur les empêche de vraiment être
Alors ils n’ont que cette extrémité
Les femmes, les enfants, aucun homme ne les comprend
Même les philosophes les désapprouvent
Ah ! s’ils avaient lu Marc-Aurèle
S’ils s’étaient imprégnés des principes épiques
Ils sauraient qu’un défi entre guerriers
N’a pas l’atrocité d’un peuple massacré
Qu’un combat d’homme d’honneur
Equivaut à toutes les paraboles du semeur
Que pour faire le bien, il faut transformer son âme en airain
C’est la seule solution
Si l’on cherche l’illumination
Le nirvana, le satori, le paradis
Sont l’unique et même état
La relation directe, la suprême conscience
Car celui qui l’atteindra
Sera comme amant de l’Univers
Il lui fera l’amour infiniment
S’y laissant aller et l’embrassant




Tous les hommes qui aiment Lucifer
N’ont pas compris
Jésus, Bouddha, Ueshiba
Tous les grands, très grands
Sont passés par le stade
Ils ont souffert ça
Et ont dépassé ça
Le diable n’a pas trouvé
Chez eux ou se fixer
Ainsi il est parti
Et Dieu a triomphé
Du démon ses envoyés
Et moi je ferai de même
Je vaincrai !




Les huit jours sont passés
Hélas rien n’a changé
C’est ce soir le départ
Mais rien, ça ne fait aucun effet
Sur mon esprit
Alors, je devrais être heureux
Loin de moi cette idée
Je me sens vide, sale et pouilleux
Mourir si bêtement me fait plutôt horreur
Et puis je n’ose bouger
La barbe, les cheveux, la voix
Autant de choses dont j’aimerais être débarassé.




La risée de tout un peuple
Le modèle grec en vieux facho
Toutes ces années d’entraînement
De prière, de services et de lutte
Tout cela va être anéanti
Je vais saisir un manche
Avec de l’acier froid au bout
Et avec force il le faut, le planter
Le plus profondément dans mon ventre
Mon ventre traversé, transpercé, ensanglanté
Je n’ai pas le choix
Au bout des huit jours fatidiques
Mon abattement est plus que profond
C’est le dernier jour et me voilà
Si faible, lessivé, humilié
Mais cette horrible mort
Me fait peur et je la crains
Je devais la narguer elle me fait pleurer
Comme un gosse que je suis encore
Plus faible encore
Mais qu’ai-je donc fait pour mériter une telle réputation ?
Je ne comprends pas, le corps, la tête,
La culture, l’envie
J’avais tout et comme d’habitude j’ai échoué
Tout le monde rit, tout le monde rigole
De moi, pauvre bambam
Elles m’aimaient pourtant
Oui, c’est moi qu’elles aimaient
Non décidément, j’hésitais
Mais ce soir tout est perdu
Déshonoré, je ne peux continuer
Avec panache au moins la mort
J’espère y faire face dignement
Mais enfin pourquoi Dieu dans son infinie bonté
A-t-il voulu que je souffre mille atrocités
Pourquoi a-t-il voulu
Que moi qui l’ai toujours défendu
Et les faibles et les opprimés
Que pareil à Job je souffre tant
J’aurais tout connu
Jusqu’à la perte de ce que je croyais être une identité
Ah ! J’en crève et j’en crèverai
Mais qui sait ?
Peut-être à ce sale moment
Un archange apparaîtra
Et enfin Dieu comprenant, enfin il me sauvera
Devant ce courage enfin manifesté,
De tous les démons j’aurais triomphé
Enfin ce soir est le dernier espoir
Me tuer en pratiquant, c’est mourir en combattant.




Au nom du désespoir
J’écris
Il est une force incroyable
Il me poursuit, il me détruit
Peut-être pour tous les serments trahis
Mon destin était légion
Je n’ai pas su remplir la mission
Elle était sacrée
Je me suis condamné




On me nomme le mystique
On dit que je suis fou
Que mes rêves sont des rêves
Et hélas pour l’instant
Je ne peux que le dire, les appuyer
Oui mes rêves sont insensés
Mais un jour je trouverai
Quoi ? En fait moi-même n’en ai qu’une piètre idée
Ce que je sais je le savais
Je m’étais dit je l’avais dit
Et maintenant seul et oublié
Je ne sais plus, changer mais lutter
Car abandonner, j’ai refusé
Pourtant je sens peu à peu
Mon cœur, mon âme
Moins enthousiaste, descendre la pente et… se tuer
Ainsi si même Nocquet
Celui qui sûr je le sais sait
Ne répond pas à mon appel
Si celui que j’aime
Pour avoir été le disciple
De mon maître le maître
Assurément me renie
Alors la solitude qui déjà m’envahit
Va finir par arracher de mon cœur
De mon âme meurtrie
Une rage meurtrière qui
Hélas est unique sur la terre
Trop forte et trop entière
Ainsi je l’assure, (je le proclame), je le dis
Le suicide est maintenant mon seul et unique ami




Ah ! dure est la vie
Malgré tous mes efforts
Mes yeux sont restés vides
Mes forces loin de croître ont décroît
Ma joie déjà bien peu rayonnante
Est maintenant inexistante
Situation délicate, la pire réputation
Qu’ai-je fait puisque sans solution ?




Pour un homme qui n’avait plus d’estime
Pour lui, les autres, le monde et Dieu
En l’honneur de sa mémoire
Recueillons-nous
Il est venu l’heure
De quitter son faux titre de seigneur
La boisson ingurgitée
En poison s’est transformé




Les esprits et hommes éveillés par la fascination intimident hommes et animaux. A eux le secret de la vraie puissance, le détachement, la conception sacrée, la relation directe et originelle avec l’Univers, le cosmos et l’énergie divine.




L’art de sortir de la vie
Ou comment l’on hait ce labyrinthe infini
Hier j’étais soûl, conscient de rien
Maintenant suis-je plus fort et serein ?
A moi les dépenses inutiles, le cerveau détruit
Les espérances séniles, le corps avili
Une femme, de moi a ri
Mais quel crime j’ai commis
Pour subir une telle atrocité
Pour de la sorte être outragé
Les puissances divines devaient m’aider
Mais j’ai du les effrayer
Et puis maintenant, quelle force ?




C’est vrai, c’est le dernier jour
Je me tue mais ne croyez pas
Que je suis fou, illuminé
Il le faut puisque rien ne change
Que tous mes rêves sont perdus
Que je vivais pour mes rêves
Que sans cela que reste-t-il ?
Plutôt la mort que la faibless
La divine décision que les perpétuelles humiliations
L’aspect d’un cadavre puant que d’un monstre bien portant
Et les honneurs du couteau enfoncé
Que bêtement dans un lit couché
Enfin si la parole est respectée
Que m’importe en enfer d’être brûlé
Seulement j’aurais quand même aimé
Vivre un peu sans rien chercher




Tous ces guerriers à qui j’aurais aimé ressembler
Si ma vie comme je le voulais ne s’est pas déroulée
Au moins ma mort leur sera égale en dignité




Alors je vais le faire
Cet acte courageux, puni par nos lois
Cela me fait peur, j’y pense
J’en ai les larmes aux yeux
Je ne sais si j’aurais suffisamment de force
Je suis triste de quitter ce monde sur un échec
Seul ce qui doit suivre relève le niveau
Mais j’ai prêté serment
Et je ne crois plus qu’en la valeur de ce serment
Cet après-midi je vais sortir, me promener à la campagne
J’aurai le couteau en poche et sur le chemin
Me recueillerai, prierai un peu, rassemblant mes dernières forces
Alors, une fois encore, une ultime chance
Un entraînement si dur qu’il me fera tomber
Cela sera la dernière occasion, peut-être, de me sauver
Et là alors, tu peux en être sûr
Mon cœur plein d’ardeurs
Sera sur le point d’éclater
Mes jambes, je n’en aurai plus
Car la dernière bataille mérite qu’on y laisse
Toute son âme, tout son corps
Et mes tripes qui de toute façon
Dans le pire des cas seront trouées
Aurai-je alors peur de les trop secouer ?




C’est le jour, ce jour
Hier soir, je me suis entraîné dur
Pour lutter jusqu’au bout
J’aurais sans doute mieux fait de travailler
Maintenant devoir de physique
J’écris encore, peut-être pour me sauver
Certes, les exercices hier
M’ont apporté de la force
Mais à peine dix minutes ont passé
Et me voilà de nouveau ridiculisé
Pourtant dans le noir
Avec mon bel habit noir
Quel style avais-je ?
M’élançant tel un danseur
Je combattais des poteaux, des ombres
Tel Don Quichotte avec ses moulins
Assailli par la folie
Je n’aime plus ma vie
Mais redoute la mort
Pour moi-même, mes parents, ma famille, mes amis




Ou suis-je ? Ou vais-je ?
Je m’étais promis
De changer mon esprit ou me tuer
Ma personnalité, si faible
S’est encore inclinée
Devant les femmes, les hommes
Devant la glace, j’ai peur
Je ne suis pas arrivé
A m’allier aux divinités
Elles ne m’ont pas secourue
Elles m’ont rejetée
Alors la prophétie maintenant je suis obligé
Sinon toute ma vie je me tiendrais courbé
Avec quelle peur je vais tenir cet effroyable couteau
Pourtant de tous les arts j’avais choisi l’aïkido
Art sacré, extrêmement pacifiste
Universel par son essence même
Le maître Morihei doit avoir honte
De moi, si petit, si lâche
Qui devant la mort, pleure plus qu’il ne rit
Et plutôt que de la braver, tente par tous les moyens de l’éviter




-Ah ! que j’ai mal : Ils me brûlent, me broient la mâchoire, quelle souffrance ! –Un par un, mes sens éprouvent la même maladie, cette folie ravageuse, ce démon destructeur qui m’habite et qui jouit en mon corps, sa demeure ! Heureux, les fêtes qu’il donne, les invités nombreux qu’il reçoit : sorciers, démons de toutes sortes, de tous pays, festoient et honorent Lucifer de leurs tours, jolis cercles de feu brûlant mes intestins et s’amusent à me déchirer les cordes vocales de leurs cornes rouges et pointues, riant des éclats les plus abjects et transperçant avec leurs fourches mon cerveau déjà rempli de cris stridents, pleins de vices et d’horreur ; puis se livrant aux bagarres rituelles, classiques chez les démons, ils mettent le feu, véritable brasier me dévorant le corps entier. Enfin, après une nuit d’ivresse, ils s’en vont, laissant la pagaille en mes organes ravagés. Alors, plein de vertiges je supplie Dieu de chasser cet esprit néfaste qui me rend fou. D’ailleurs je le suis déjà, fou, de ce démon qui m’attire, qui me possède. Je l’aime, comme une partie de moi et jamais il ne me quittera. Je lutterai de toutes mes forces pour le faire triompher, et lui ravi, comblé de ce soutien humain me fera prince de ses biens. Alors, je lui mangerai les reins, lui baiserai les seins. A son tour il m’acceptera, je compterai parmi les siens. Ainsi l’apocalypse, prédit ; rêvé ; redouté ; triomphera sur la terre. Des pluies de têtes humaines tomberont qui brûleront les hommes voués à Dieu. Alors le diable, sur tout, régnera.




Eh ! Je n’ai plus d’idées ; tous les jours ils m’assaillent et me tourment, me font subir les pires atrocités, les plus cruelles souffrances me sont monnaies courantes, les effets que je pourrais en tirer, les mots tellement forts qui éclateraient sur le papier, mais ils m’ôtent ce seul pouvoir et qui sait, le jour enfin où je pourrai, ils m’enlèveront peut-être les mains et me couperont la langue, m’empêchant ainsi d’écrire et de parler. Alors l’espoir s’en irait puis peut-être renaîtrait ; de nouveaux moyens me ranimeraient, quand par la force d’une prothèse, ou bien la création de langues modernes, apparaîtrait une chance nouvelle. Des hommes, comme moi, me pousseraient, sincèrement. Mais là, si près du but, c’est mon cerveau qui exploserait, rempli d’une substance rouge, infâme, horriblement sale et impure, détruisant peu à peu mes neurones, accablant mes fonctions spirituelles, physiques, me laissant tout pantelant et bête, inspirant les auteurs, attristant les comiques, excitant les brutes, affligeant le reste des hommes. Alors j’aurais encore cette étincelle, cette croyance, ce même désir dans mon corps détruit, ma pensée incapable, et ils s’abaisseront enfin ,me rendront grâce, le martyr démoniaque, le sauveur déchu, je deviendrai leur roi, leur suprême arme, la seule incomprise de Dieu et des hommes, celle qui vaincra…






V, je suis digne d’être aimé, je l’ai souvent été sans l’avoir vraiment cherché, mais ce que je cherche, tu le sais, c’est toi. Je n’ai pas tort d’insister. Ce serait lâche de renier mes sentiments, j’ai la chance de t’aimer et j’ai senti dans ton regard la flamme qui j’en suis sûr à mes côtés va s’allumer.




V, je ne suis si tu as reçu ma lettre mais je m’inquiète. Elle devrait arriver soit vendredi soit lundi. J’espère qu’elle te plaira. En attendant, je ne peux dormir car elle explique tout. Elle est lente à venir car j’ai fait l’erreur d’utiliser un timbre à deux francs soixante dix. Ne cherche pas à savoir qui je suis, tu le sauras bientôt, et garde cette lettre pour toi, cela aussi tu verras après pourquoi. C’est très important pour moi que tu acceptes ça. Mes sentiments te sont entièrement voués.


V, ta présence me manque terriblement. Rien que l’idée de te sentir à mes côtés, de te voir, t’embrasser et te serrer dans mes bras, je suis heureux, mais ton absence me fait souffrir, je suis impatient, je t’aime et je veux te le dire en face, réellement. Voilà ou j’en suis actuellement. Ne m’oublie pas et aime-moi ! Envoie-moi beaucoup d’autres photos. Nous nous verrons bientôt, je te le promets.

Partager cet article
Repost0
4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 17:18

Février 2015


C’est fini avec S. Le message que je lui ai envoyé était explicité, bien que fermé. Elle m’a répondu de façon neutre. Je l’ai supprimé de ma liste d’amis sur Facebook. Elle a du trouver ça brutal. Elle n’a même pas vraiment dû comprendre. Je pense que j’ai peut-être réalisé une erreur en envoyant un de mes livres à une fille qui ne s’intéresse pas à moi. Grosse erreur peut-être. Et si elle s’intéresse à moi par mon bouquin, ça ne m’intéresse même plus, tant la déception, la désillusion quant à ses signes m’est cruelle. Comment ai-je pu me tromper à ce point ? J’ai l’impression d’être fou, d’avoir déliré pendant des mois et de me réveiller, sonné. Tout mon espace psychique était pris par elle. Quel choc de penser qu’à chaque fois que je pensais à elle et que je m’imaginais qu’elle en faisait autant, il n’en était rien. Je vais pouvoir libérer mon esprit et chercher d’autres femmes, mais je n’en ai pas du tout l’envie pour l’instant. Je la voyais venir chez moi, coucher avec, puis être ma femme et la mère de mes enfants. J’étais déjà très jaloux. Elle a eu plusieurs petits amis. Pourquoi pas moi ? Pourquoi n’essaie-t-elle pas avec moi ? L’écart d’âge peut-être. 14 ans.

Partager cet article
Repost0