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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 15:37

Ce que je reproche à Montherlant, bien que grand styliste, bon dialecticien, et relativement intègre et courageux, c'est de s'être fourvoyé dans un stoïcisme dépassé.

Il a affirmé  "Comprendre que la vie est le seul bien et ne pas avoir peur de la mort", et il a donc refusé de se confronter au réel.

Si la vie est le seul bien, il faut accepter la peur de la mort, qui a son rôle, sa fonction, sa légitimité, et il est contre-nature de passer outre.

 

Cela rejoint "La dialectique du maître et de l'esclave" appliquée à l'esprit Japonais par exemple.

Les Japonais traditionnellement méprisent ceux qui ne surmontent pas leur peur de la mort, les "lâches" qui refusent le combat. Ainsi, ils méprisaient les Chinois, ou bien les Américains, parce qu'ils "prenaient  leurs précautions" pendant la guerre.

Le résultat, c'est que l'attitude contre-nature des Japonais leur a partiellement fait perdre la guerre.

C'est finalement leur folie et leur obstination, leur "invulnérabilité", qui ont poussé les Américains à utiliser la  Bombe.

Les nobles sans peur mais non sans reproches, se retrouvent dominés par leurs esclaves craintifs.

 

Montherlant, prisonnier des préjugés Stoïciens, s'est livré toute sa vie à un combat contre-nature, et donc perdu d'avance, tempéré çà et là par des éclaircies épicuriennes, qui ne le sauvèrent cependant  pas de l'idéal factice qu'il avait si bien intériorisé qu'il lui était comme une prison portative et consubstantielle.

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 15:15

Ce qui m'exaspère chez  Céline, c'est qu'il extrait de la réalité quelque chose de sombre et qui existe, mais qu'il ne se concentre que sur cela et par conséquent,  je pense que ce n'est pas un hasard s'il a fini par écrire des pamphlets antisémites.

 

Certes, le "Voyage", "Mort à crédit" décrivent à merveille les multiples aliénations militaires, industrielles, biologiques , et illustrent même le processus mimétique théorisé par René Girard bien plus tard.

Mais tout y est globalement très glauque ; le pensionnat anglais dans "Mort à crédit", les passages qui se déroulent  en Afrique ou bien la scène dans laquelle Bardamu évite de peu le lynchage dans "le Voyage" par exemple.

 

On est bien loin de Jean Genêt, de Bresson, de Pasolini, de Dostoievski qui font d'une réalité misérable quelque chose de beau et sublime, qui magnifient les "Pauvres gens", les "Humiliés et Offensés", les "Damnés de la Terre".

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 19:28

 

 J'adore Fante ( même s'il me paraît limité :  je ne sais pas si le considérer comme un "grand écrivain"  est réellement légitime ) pour son humanité et pour son humour.

Il est un véritable alter ego pour moi. Non seulement je m'en sens très proche, mais en plus il ne me surpasse pas.

Je me sens aussi très proche de Henry Miller, "mon" écrivain du moment, mais ce qui m'en éloigne est le génie, car lui me surpasse. A chaque page, je sens qu'il m'est supérieur, que je ne pourrais aller aussi loin, impression que je n'éprouve pas à la lecture de Fante.

 

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:47

 

 Thomas Mann m'ennuie, comme tous les romanciers Allemands, qui privilégient le fond à la forme, et qui produisent des romans lourds, philosophiques, dont la trame narrative est un prétexte pour fourguer des idées.

Autant lire de la Philo !

Le plus grand romancier Allemand pour moi est Américain, et il s'appelle Henry Miller.

Lui qui n'aimait pas beaucoup son pays d'origine avant guerre, je n'ai pas de peine à imaginer ce qu'il en pensait après !

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:39

 

 "Le Portrait de Dorian Gray" m'a émerveillé à la première lecture, à 17 ans. J'ai regretté alors ne pas avoir souligné tous les traits d'esprit que je trouvais si brillants.

Je l'ai relu il y a peu, et je l'ai trouvé plutôt faible.

Ainsi, relire "Le loup des mers", "A l'ombre des jeunes filles en fleurs", "Le petit Chose", "Le Diable au corps", "Le Miracle de la rose", "La peau de chagrin", "L'idiot", "Souvenirs de la maison des morts", "Le Sous-sol", tous des livres fondateurs pour moi, ne m'est pas envisageable.

Je préfère conserver intacte la première impression.

 

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:36

 

 La lecture de Jack London m'épuise, avec ses personnages auxquels je ne ressemble que pour une part, qui m'inspirent puis me lassent, sortes de Kessel de fiction, trop forts, trop simples pour que je m'y identifie.

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:31

 

 Goodis est obsédé par les thèmes de  la chute et de la rédemption, ce qui est une des raisons pour lesquelles je l'ai apprécié, et j'aime les femmes qu'il met en scène, ce qui est une seconde excellente raison.

Mais je ne parviens plus à le lire. Il appartient à mon passé.

Pourquoi s'enliser dans la répétition du même ?

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 20:29

 

  J'annonce, avec beaucoup d'autres, l'ère nouvelle.

 

Rien de neuf dans ce que j'apporte. On en trouve l'essentiel développé de diverses manières, chez Spinoza, Freud, Nietzsche, Marx,  Bourdieu ou Henry Miller par exemple.

En plus, je simplifie. Rien de compliqué chez moi. Pas de jargon. Je ne fais que pousser au bout la logique qui sous-tend certaines perspectives.

Par exemple, ma réflexion sur le déterminisme impliqué par l'inconscient, le corps propre, les structures sociales, m'a poussé à dévoiler que la liberté dont on suppose doué chaque homme "sain" n'est qu'une moralisation laïque du principe religieux de l'âme inconditionnée.

Or, si on prend au sérieux ce que cela implique, on en vient à la critique de tout le système juridique qui structure notre société.

On est alors dans une sorte de compréhension au-delà du jugement, et on se dit que les hommes sont encore très loin de la vérité, tellement loin qu'il sera difficile de l'intégrer dans l'ordinaire de la vie humaine.

Et pourtant, il faudra que cela se fasse.

C'est vraiment une direction vers quelque chose de nouveau, "Par delà le Bien et le Mal".

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 20:00

 

 

A mon sens, les Samouraïs se sont dupés eux-mêmes.

Ils n'ont pas pris les choses du bon côté et ont cédé sur l'essentiel, leur vie même.

Vivant dans des conditions très difficiles, où ils risquaient leur vie très souvent, ils devaient se préparer en permanence à la mort.

Du coup, ils adoptèrent l'idéologie zen, bien adaptée à leur genre de vie, développèrent leur impassibilité face à la mort, et partant au combat le coeur léger, ils moururent en grand nombre.

Ce sont les conditios matérielles, les conditions effectives d'existence ( Marx ), qui expliquent leur comportement.

Cependant, s'ils avaient affronté et accepté la vérité, et s'ils l'avaient privilégiée à leur réputation, ils auraient reconnu la valeur de la vie, donc ils n'auraient pas suivi une idéologie dont une des formes particulières en dépréciait l'importance, et refusant le combat, ils seraient restés vivants et jouisseurs.

 

Je vais prendre un autre exemple.

Quand on dit qu'il ne faut pas craindre la mort dans le combat, c'est vrai, mais c'est pour ne pas être troublé et être plus efficace, donc pour rester en vie, car si l'on doute une fois engagé, c'est fatal.

Donc, il y a un paradoxe.

On annihile en soi l'enjeu du combat pendant que celui-ci dure (rester vivant et indemne ) mais c'est le moyen pour y parvenir, donc il y a comme un désaccord entre le moyen ( vaincre sa peur ) et la finalité ( puisqu'on cherche à rester en vie, voire à préserver la vie adverse, c'est que la peur est légitime et justifiée en quelque sorte ).

 

Le comprenant, les guerriers cessent de combattre avant même que le combat soit engagé.

Si le but, c'est de servir la vie, et si les techniques physiques et mentales sont juste mises en place pour ce but, on comprend qu'il fahut couper le mal à la racine, et, en évitant le conflit avant qu'il ne commence, on peut abandonner toutes les techniques. Elles n'ont plus leur utilité, leur fonction, leur place pour un coeur pacifié.

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 19:55

 

 

 Je pense que ce qu'on entend par vaincre son ego, ce n'est pas chercher à le supprimer, mais ne plus avoir de problèmes avec. N'étant plus alors travaillé par un souci de différenciation, on ne se préoccupe plus de savoir qui l'on est, on ne juge ni ne méprise plus autrui et la crainte de la mort elle-même ( la mort comme retour à l'indifférenciation originelle ) est atténuée sous au moins un de ces aspects.

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