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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 14:05
Lacan, qui incarne a mon avis magnifiquementla tendance psychotique propre a un certain philosopher, en plus d'etre un psychopathe caracteristique, a le don d'attirer a lui les psychotiques en vertu de l'adage "qui se ressemble s'assemble", ou l'ane frotte l'ane :"asinus asinum fricat". Et ca forme d'incroyables assemblees de psychopathes, les cartels comme ils les appellent.
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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 14:27

 

  Lorsque j'étais très préoccupé par des problèmes religieux, du type "Entre la vérité et le Christ, si les deux s'excluent, je prends le Christ", ou "Si Dieu est mort tout est permis" ( Dostoievski ), ou bien "soit le Christ est réssuscité et est réellement le Sauveur du monde, soit il n'est pas réssuscité et le message évangélique perd toute sa puissance, sa raison d'être" ( Kierkegaard ), j'étais essentiellement fasciné par la littérature russe.

Or, avec le temps et mes changements d'orientations, j'ai tranché dans le sens de l'immanence contre la transcendance, et les problèmes existentiels tels que développés chez les auteurs russes appartiennent à mon passé, à tel point que je ne parviens pas ( sans doute pour des raisons psychologiques ) à lire "Les Possédés", seul grand roman de Dosto que je n'ai pas lu.

Dès que je l'aborde, il me tombe des mains, et pourtant Dosto a longtemps été l'incontestable number one pour moi.

Je ne parviens pas, également, à entreprendre sérieusement la lecture de "Guerre et Paix", bien que cette oeuvre semble une ode à la vie. C'est peut-être la longueur du livre qui me rebute, car le temps employé à cette lecture, je ne pourrais réellement m'intéresser à rien d'autres, et j'ai suffisamment délaissé une certaine part du réel pour ne pas en rajouter.

Le dernier grand Russe que j'ai lu, c'est Gontcharov et son "Oblomov"

 

J'ai l''impression que les russes, dans l'ensemble très religieux, se sont fourvoyés.

S'ils paraissent si tendus, si déchirés entre aspirations charnelles et religieuses par exemple, c'est qu'ils tentent de guérir de leur névrose en les renforcant.

Ce que Sartre écrit sur Kierkegaard, à savoir qu'après s'être libéré de l'esprit de système Hégélien par l'éloge de la singularité existante, il s'est renfermé dans une idéologie particulière ( le protestantisme pris au sérieux ), on peut l'appliquer à Dosto par exemple ( l'orthodoxie prise au sérieux ).

 Or, prendre la religion ( surtout monothéiste ) au sérieux, c'est se constituer une sorte de surmoi intense et omniprésent, une intériorisation d' un idéal du moi qui éloigne de soi, et s'empêcher de vivre ( Stirner puis Freud ).

 

Et tous les romans de Dostoievski sont imprégnés de ses névroses, et ses personnages également.

C'est très puissant, fascinant, attachant, mais c'est aussi très lourd.

Le plaisir charnel y est toujours implicitement condamné, la femme est considérée soit comme une Sainte chaste, soit comme une prostituée promise à la grâce qui peut être sauvée, mais la chair, l'abandon à la chair, y est toujours l'oeuvre du démon.

Et cela, on le retrouve complètement dans une partie de l'oeuvre de Tolstoï, et plus encore dans sa vie. Pourtant, il aimait la vie, mais comme il était terrorisé par la mort, il en vint à rejeter tout ce qui passe, est éphèmère, comme quelque chose d'inessentiel, et par conséquent à se priver de tout ce qui est seul à notre portée, et donc à lutter contre sa propre nature, et la nature en lui, et finalement, il aboutit à des tensions, des contradictions sans issue.

 

Toute autre me paraît l'option américaine.

Les grands auteurs américains cherchent à guérir de leurs névroses en en sortant.

Cela conduit non à un renforcement des tensions liées à l'adhésion insatisfaite à une idéologie particulière, mais à ce que Gilles Farcet ,à propos de Thoreau, Miller, Snyder ou Kenneth White ( écossais ) nomme "l'individualisme cosmique".

 

Les auteurs américains, grands originaux, cherchent leurs voies, et en s'individualisant à outrance, rejoigent l'universel et les vérités essentielles.

Cela ne va pas sans heurts, et certains chutent.

Mais c'est ce qui donne à leurs oeuvres quelques soient leurs sècheresses ou leurs excès, la couleur de la vie.

Je pense notamment à Thoreau, à Melville, à London, à Hemingway, à Miller, à Fante, à Kerouac, à Toole, à Harrison.

 

Il me semble que la force d'une tendance majoritaire de la littérature américaine, son impact actuel, vient de son adhésion à la vie, aux possibilités qu'elle offre et qu'elle essaie de faire fructifier, et non de l'opposition à la vie telle qu'on la rencontre chez beaucoup de russes, mais aussi, en France, chez Baudelaire, Bloy, Bernanos, Houellebecq par exemple.

 

C'est cette dimension de la littérature américaine qui est, d'après moi, la vraie spiritualité, et c'est cela qui m'attire.

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 12:52

 

 

 Thoreau est pour moi un référent. Il est le précurseur de tout ce que l'Amérique a compté et compte de libre et subversif.

Les Mark Twain, London, Steinbeck, Miller, Kerouac, Fante, Bukowski, Toole, Harrison et autres en sont les continuateurs, avec leurs modalités propres.

On parle sans cesse de "Désobéissance civile" qui influença beaucoup de contestataires, à commencer par Gandhi, dont les deux principaux maîtres furent Tolstoï et Thoreau.

 On oublie un peu "Walden".

 

Ce livre est très étrange. Je ne pense pas qu'il ait très bien été traduit. Et malgré cela, il est si profond, si original, ( je n'ai jamais rien lu qui m'ait donné cette impression ) qu'il est parfois difficile à lire.

Ce n'est pas qu'il soit complexe, ou tout à fait neuf dans ce qu'il propose, c'est la façon dont l'auteur s'y prend pour nous éclairer qui est surprenante et peut parfois sembler farfelue tant cela nous sort de l'ordinaire.

 

Thoreau a le mérite d'oeuvrer pour la vie. Il est un maître, un véritable philosophe qui ne s'est pas satisfait d'une conceptualisation, mais qui a réellement vécu, et qui est parti serein quand c'était l'heure, non pas faussement ou par l'usage de quelque artifice, mais naturellement et tout simplement, parce qu'il avait réellement et pleinement vécu.

Cet auteur nous dit qu'à la limite, on ne devrait écrire qu'empli d'énergie et de joie, de force tranquille puisée dans l'harmonie et l'abondance de la nature, et ne transmettre que cela, cette vie.

C'est tellement différent des conceptions occidentales, qui associent trop souvent l'artiste, la création, à la maladie, à la neurasthénie ( le romantisme, Baudelaire, Cioran, Houellebecq...).

C'est bon de montrer qu'il y a d'autres voies, que si "génie" et  "folie" sont souvent liés ( Van Gogh, Schumann, Artaud ), ce n'est pas une fatalité.

 

Thoreau, dans "Walden", développe ses intuitions, ses impressions dont on peut se servir pour notre propre vie.

Bien sûr, il s'agit de notre vie, et pas de la sienne, c'est à nous de nous faire nous-mêmes.

Mais, luçide, Thoreau le dit aussi. Son but n'est pas qu'on le suive, c'est de contribuer à ce que chacun trouve sa voie, s'éveille selon ses aptitudes, goûts, besoins, désirs propres.

 

Ainsi,certaines de ses vues sont contestables.

 

Par exemple, il prône le détachement des biens naturels, mais il n'avait pas d'enfant et en avoir complique les choses.

Les parents veulent que leurs enfants aient au moins l'essentiel. Thoreau aussi le voulait, mais l'essentiel pour un enfant, et pour beaucoup d'hommes en fait, comprend aussi du superflu, du superflu "nécessaire" pour la majorité des individus pour lesquelles les conditions de vie de Thoreau, son dénuement ne seraient pas supportables.

 

De même, lorsqu'il dit qu'il n'y a pas de meilleure odeur que celle de l'air frais que l'on inspire, j'étais, comme mu par un souci mimétique. d'accord. Je me souvenais de sensations fortes, pleines de vie, où je "sentais" l'air, et c'était bon.

Mais finalement, en étant honnête avec moi-même, je m'aperçus que ce n'était pas l'odeur que je préférais, que je divergeais à cet endroit de Thoreau. Moi, l'odeur que j'aime par-dessus tout, c'est l'odeur des femmes qui me plaisent. Elle m'enivre littéralement. Je ne pourrais vivre que de cette odeur, je serais comblé.

 

Mais qu'importe ces différences, Thoreau n'oblige personne à le suivre, il m'impose rien.

 

Il ouvre pleins d'autres pistes, et ce que je pourrais en dire ne serait que la perspective d'un ignorant ( intellectuel aspirant à la sagesse, mais pas libéré ) à propos d'un véritable sage, d'un homme tout simplement.

 

 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 12:32

 

 

  Toute la première partie de ma vie, jusqu'à très tard ( à peu près 24 ans ), je me suis orienté vers un endurcissement outrancier. Je cherchais à vaincre ma peur de la mort.

Pour cela, il fallait que je démontre qu'elle n'était rien de négatif, et que je l'expérimente si je puis dire, afin d'en être assuré avant de mourir.

Je me livrais donc à quantité d'exercices ascétiques, des lectures multiples, des traités mystiques exposant pourquoi nous ne devrions pas craindre la mort. Je devenais une machine, refoulais mes sentiments, dans le genre Kantien, le primat de la volonté, le "tu dois donc tu peux", et, comme tous ses efforts étaient contre nature, j'en payai le prix, manifesté par de multiples symptômes psycho-somatiques.

Quelque chose n'allait pas en moi, j'étais comme scindé en deux et ennemi de moi-même !

 

Puis j'eus une révélation.

La vie avait une valeur, elle était un bien, et par conséquent, la peur de la mort était naturelle et justifiée.

Je pris conscience que tous mes efforts depuis des années, les combats, l'isolement, l'engagement chez les Paras, la quête religieuse et mystique etc étaient contre nature, c'est-à-dire allaient contre la vie.

Je m'effondrai sur le moment car tout ce que j'avais entrepris, pensé jusque là était faux et mortifère, dépréciant la vie.

Mon principal problème depuis lors n'est plus comment vaincre la peur de la mort artificiellement, comme par des pratiques méditatives, la religion, mais comment la vaincre naturellement, dans le sens de la vie elle-même.

 

Mes conclusions provisoires aboutirent à la recherche de la vie heureuse, où l'instant présent n'est plus concentration forcée sur ce qui est, ce qui serait une base contre nature, mais recherche d'adéquation entre ce que l'on donne et ce que l'on peut donner, réduction du décalage entre ce que l'on réalise et ce que l'on peut réaliser, sorte d'actualisation permanente de ses possibilités, d'où aussi, une limitation des causes de regrets, et une attention à l'instant , attention qui devient une conséquence logique et naturelle de la réalisation, et donc n'est plus artificielle et forcée comme si on en faisait un commencement.

D'où, aussi, le problème social, religieux etc, car il faut que la société puisse permettre ce genre de vie.

 

Toute la deuxième partie de ma vie, ma seconde naissance, date de cette découverte de la valeur de la vie, et de l'inversion des rapports établis entre vie et mort, et c'est proche de l'itinéraire de Nietzsche et de sa rupture avec Schopenhauer.

D'abord, le vouloir-vivre absurde qui nous porte, se manifeste et s'individue dans le corps de chacun, et dont l'homme peut atténuer les effets ( essentiellement de la souffrance ), chez Schopenhauer et Nietzsche comme disciple.

Puis la découverte que la joie est aussi positive et qu'il faut aller dans le sens de la vie, et affirmer le vouloir-vivre ( Nietszche après sa rupture avec Schopenhauer ).

 

Toutes les réflexions postées sur ce blog sont issues de la révélation à partir de laquelle j'ai orienté différemment mes efforts. Peut-être ai-je là trouvé ma voie.

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 13:17

 

 

 Depuis mon retour en France, et avant mon prochain départ vers Albion, je ne cesse de m'émerveiller du charme des Françaises. Pas un patelin où je ne croise une beauté !

Les Françaises ont du caractère, elles sont distinguées, racées. Je ne sais pas pourquoi.

Est-ce du  à des influences multiples qui se sont entrecroisées ?

En Bretagne, à Rennes, à Nantes, on trouve de charmantes blondes aux yeux bleus, influence du Royaume-Uni mêlée à la culture Française, donc des filles plus sveltes que leurs cousines.

Vers Strasbourg, c'est le charme Allemand, à Lyon c'est l'Autriche et la Suisse, l'Italie vers Nice et Marseille, l'Espagne dans le Sud-Ouest.

 

Moi qui adore les Espagnoles ( et les Asiat, mais là c'est moins présent ), je n'ai qu'à descendre sur Bordeaux ou le type petite brune épicée à la peau mate réchauffe la ville.

C'est ça la France, un territoire où les homme gâchent le Pays, et les femmes le compensent.

On en a pour tous les goûts.

Quelles sont belles les Françaises !

Le charme de la Bretonne à l'âme océanique et à l'indomptable caractère !

La fille sucrée du Sud et son accent chantant !

La fille du Nord imprégnée du mystère Germanique !

 

Comme paraissent fades et homogènes les Anglaises en comparaison !

Malgré le cosmopolitisme ( d'ailleurs, les Pakistanaises et autres Jamaicaines ne m'attirent pas, contrairement aux Chinoises trop peu nombreuses à mon goût malgré Chinatown - Ah, Chinatown ! ), il faut se lever de bonne heure pour repérer une fille tout juste potable.

Là-bas, il y a un modèle unique : la blonde en surpoids, gonflé du corps et du visage, attifée à la mode Poufiasse ( ce qui pourrait encore convenir pour un mannequin ne fait plus le même effet sur une obèse avec bajoue ), et évidemment totalement ignare.

 

Mon cousin m'avait prévenu, et j'en avais eu un aperçu il y a quelques années. Mais depuis, j'en ai eu maintes confirmations.

Les Anglaises, ce sont des sous-sous Paris Hilton ou Britney Spears.

D'ailleurs, elles ne connaissent pas d'autres modèles, à part la défunte Lady Diana et l'actuelle Kate Middleton.

Pas étonnant que l'on ait prétendu que tous les Anglais soient homo.

Cest faux de toute évidence, mais dans un tel contexte, ça se comprendrait.

C'est même ce qui m'ennuie principalement à Londres, la pénurie fémine haut de gamme.

 

Si j'avais à choisir avec l' Italie ou l' Espagne, je n'hésiterais pas, mais il faut avouer que c'est moins conseillé pour améliorer son Anglais.

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 13:00

 

 

 Au fond, si je regrette souvent mon itinéraire, ma chute, si j'éprouve regrets et remords, j'en tire mon originalité.

Si j'avais sans doute des facultés innées, c'est l'épreuve qui m'a permis de les activer.

Enfant, et pré-adolescent, j'étais vif, sensible, rêveur, mais j'étais aussi d'un conformisme désespérant, ( j'allais jusqu'à me moquer des redoublants, dans un souci de conformité à la norme écrasant ).

 

Mais toutes les difficultés que j'ai vécues ont lentement, et à peu près complètement, modifié ma conception du monde.

Mes vues philosophiques, politiques, mon engagement pour la psychanalyse, mes critiques à l'égard des religions, mes goûts littéraires subversifs, tout vient de la chute.

 

Enfant de classe moyenne, d'une famille mieux pourvu en capital culturel qu'en finance, élevé dans la tradition catholique, j'aurais pu suivre une tendance majoritaire, si les choses avaient bien "marché", et j'aurais alors abhorré Genêt, Pasolini, Kerouac et tant d'autres.

 

Donc, malgré beaucoup de souffrances, le fait de m'être écarté de la norme était peut-être la seule possibilité qui m'ait été offerte, ou que jai conquise, de me trouver moi-même, et de vivre selon les principes qui me conviennent.

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 23:04

 

Le style de Nabe est très puissant, mais ses idées sont d'un conformisme qui s'ignore.

Les Pères du désert, qui, dans l'ensemble, brassent du vent, spéculent dans le vide, sont élevés au-dessus de Marx et de Freud !

Et malgré cela, il parvient à développer quelques bonnes idées, sur l' Iran, ou sur le conformisme de la gauche Mitterandienne par exemple.

Mais il pourrait faire bien mieux si une part substantielle de son énergie n'était prise au piège de stériles problématiques.

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 22:44

 

 Le pari de Pascal est incorrect car si l'on sauve sa vie sans Dieu et sans éternité, cela vaut autant que si on gagne l'éternité avec Dieu, car dans le cas où nous n'aurions qu'une vie, celle-ci prend une valeur absolue, égale à l'infini.

 

Sur le divertissement. Pascal condamne le divertissement, et loue "l'unique nécessaire", Dieu.

Mais Dieu est peut-être le suprême divertissement, puisque par lui, les valeurs sont inversées, la vie devient la mort, et la mort la vie.

Succomber à ce suprême divertissement serait alors le pire des leurres puisque l'on se soustrairait aux divertissements et plaisirs réels pour un divertissement chimérique et sans fondement.

Les hommes ont donc raison de se divertir par de petites choses et de prendre du bon temps.

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 22:40

 

Je n'accroche pas à Lacan.

Il suffit de l'entendre lire le début de la "Recherche du temps perdu", ( visible sur le net ) pour se convaincre de son charlatanisme.

Ricoeur, Lévy-Strauss, Castoriadis, s'en sont gaussés.

Et les crédules marchent toujours.

Mais plus c'est obscur, plus ça fait distingué, n'est-ce-pas ?

Bien malades sont ceux qui ont besoin d'être des initiés pour savoir qui ils sont, car ainsi ils ne le sauront jamais.

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 21:17

 

 

 Il existe dans la littérature Française un esprit mortifère, se complaisant dans le malheur.

Ce courant va de Montaigne à Houellebecq, Schiffter, en passant par des romantiques comme Musset, des décadents comme Huysmans, des Spleeneux comme Baudelaire, des catho comme Bloy, des Schopenhaueriens comme Cioran.

 

 Heureusement, la littérature Française, ce n'est pas que cela. C'est aussi Balzac, Stendhal, Céline, Genêt, Sartre, Saint-Exupéry, bref, de l'énergie.

 

 Mais actuellement, la tendance Houellebecquienne l'emporte.

 Je trouve pourtant qu'elle manque de cohérence.

Si Schopenhauer a raison, si la vie est essentiellement souffrance, pourquoi ne nous suiciderions-nous pas, puisque  même si cet acte témoigne d'une volonté contrariée, le résultat est tout de même efficace, on ne souffre individuellement plus des effets du vouloir vivre alors.

 

Donc, si on reste en vie, si on reconnaît une valeur à la vie, on doit essayer d'aller dans son sens, de pousser vers ce sens.

Quand un Schiffter critique le manque de luçidité des gens, leur ignorance, leur préjugé optimiste, leur ridicule désir de bonheur, et qu'en même temps, il déprécie la valeur de la vie, c'est incohérent.

Car alors, qu'a t' il à leur proposer de toute façon ?

 

Soit la vie peut valoir le coup, et on est en mesure de l'encenser, de montrer pourquoi, comment, d'aider les êtres à s'épanouir, soit on considère qu'elle n'en vaut pas la peine, on la déprécie à outrance, comme une sorte d'enfer, mais dans ce cas, on ne peut en vouloir aux gens de s'illusionner, de n'être pas philosophe, car s'il n'y a que de la peine à en tirer, à quoi bon philosopher ?

La philo, dans ce dernier cas, serait l'aptitude a accroître les souffrances qui accompagnent la luçidité, mais si elle ne peut rien donner d'autre, à quoi bon ? Laissons les gens se divertir !

 

Par contre, dans le cas ou la vie est promesse d'épanouissement, alors la philo, dans la mesure ou elle ne se résume pas à un assemblage de concepts ( même si c'est là le plaisir de quelques-uns, et cela compte aussi ), peut aider les hommes à mieux vivre, de façon plus intense.

Elle peut contribuer à leur libération, à ce qu'ils se déterminent eux-mêmes.

De  cette meilleure appréciation des préjugés et des possibles, à une vie réellement différente et réussie, il  y a encore un monde et la bonne vie n'implique pas nécessairement l'exercice philosophique, comme la philo conduit rarement à la bonne vie.

Mais c'est toujours quelque chose, une amorce.

 

L'essentiel, c'est je crois, de suivre les traces de Thoreau, et non de Kierkegaard.

 

Le premier a tout fait pour vivre pleinement, et comme il le raconte dans "Walden", il craignait de mourir avec le sentiment de n'avoir pas vécu.

Il a agi selon cette perspective, et il est mort serein, car jusqu'à la dernière extrémité, il fut pleinement vivant.

 

Le deuxième s'est fourvoyé dans une compréhension de la religion comme devant être opposée à la vie terrestre, et à la fin de sa vie, étant passé à côté de pratiquement toutes les bonnes choses de l'existence, il dit, et c'est terrible : "A la limite, je n'ai pas vécu."

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