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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 18:21



Je pense que le sens de la vie, c'est le bonheur.
Ca peut paraître naïf, mais je vais argumenter.

Il me semble que quand nous cherchons le sens de l'existence, de notre existence, nous ne sommes pas dedans.
Et je crois que, heureux, nous le sommes,

En effet, le bonheur se suffit à lui-même, il n'a pas besoin de justifications. L'homme ne se pose pas la question du sens de son existence, quand il est heureux, content d'être là, puisque le simple fait de l'être y répond, puisqu'il éprouve alors directement la réponse.

C'est même dans le bonheur que je vois la véritable signification du "vivre le temps présent" des sages.

Ce n'est pas en se concentrant sur le moment présent que l'on devient heureux, c'est l'inverse. Le bonheur génère la jouissance de l'instant, ce vécu particulier.
Celui-ci est inhérent au fait d'être heureux.
Pourquoi ?

L'impression de gâchis ne nous mine pas si l'on est heureux. Du coup, cet état n'engendre pas la recherche forcée de compensations au malheur passé, l'obligation de constituer un sens pour réparer ce qui nous apparaît comme du temps perdu.
On ne se pose la question du sens de sa vie que lorsque l'on est affligé. Le fait d'en éprouver le sens instantanément dans la joie permet de vivre l'instant présent, et parce que cette plénitude se suffit à elle-même, et parce qu'elle dispense du travail de reconstruction, de la quête de rédemption réparatrice qui se pose pour celui dont le vécu n'est pas, n'a pas été  ressenti comme satisfaisant.

Reste le problème : comment parvenir au bonheur ?
Peut-être en s'actualisant en permanence, peut-être pas.
Peut-être en trouvant sa place dans le monde, ou bien en se pacifiant soi-même.
Et peut-être que ces accomplissements particuliers ne s'excluent pas, qu'ils se complètent "naturellement".

Mais c'est une autre histoire.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 18:01


Je ne comprends pas pourquoi la plupart des gens regardent la TV, passent leur vie devant la TV.

Elle leur donne des références communes, ce qui leur est utile pour ne pas se sentir exclu.

Quand même !

Indépendamment de la nullité, de la vulgarité de 90% des programmes, dont la finalité consciente doit être l'abrutissement généralisé*, les téléspectateurs sont-ils à ce point "endormis" qu'ils ne savent pas, qu'ils n'éprouvent pas le caractère temporel de leur vie?

Comme l'écrivait Sénèque dans "De la brièveté de la vie", notre vie, c'est le temps, et elle pourrait nous paraître longue si on l'employait correctement.

Perdre son temps, c'est perdre sa vie.

Pourquoi seule une minorité le sait ? N'y a t il pas mieux à faire de sa vie qu'en gaspiller les virtualités à cause de la fascination entretenue par les pouvoirs étranges du petit écran ?
Ou bien la majorité , piégée, enchaînée, y consent-elle parce qu'elle y trouve son bonheur, et son bien, la vérité de son existence, réellement ?

Se pourraient-ils que les Lagaffe, Coé, Delarue, Sébastien, Ruquier et consorts soient l'horizon ultime de la vie du grand nombre, l'apothéose indépassable, le sens qu'ils cherchaient ?

La vraie question, ce n'est pas : Comment peut-on être Persan ?
La vraie question, c'est comment peut-on, comment peuvent-ils regarder "La ferme célébrités", sans avoir l'impression simultanée de perdre leur temps ?


*Comment pourraient-ils en être autrement ? Les patrons de chaînes ont une certaine culture. Ils ne peuvent qu'être de mauvaise foi s'ils ne reconnaissent pas la stupidité, le grotesque, l'infantilisme des programmes qu'ils imposent. Le public suit il est vrai, mais ils ne font rien contre.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 17:52

L'humilité est bien souvent un stratagème dont la finalité reste  inconsciente.
Elle est utile pour supporter la frustration.
Elle permet de pouvoir différer l'expression de son intériorité et donne des ouvertures sur des voies non empruntées, ou elle repousse les limites, que l'on jugeait indépassables, de la voie privilégiée.
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 17:39


A chaque fois que je vois des débiles mentaux, ca me traumatise. Comme quand je tombe sur des êtres incapables d'autonomie, ou de se défendre ( polyhandicapés, vieillards impotents etc) . Ca doit me rappeler tous les moments de ma vie où j'ai eu l'impression de ne pas être écoutés, où je n'ai pas été pris au sérieux, comme à l'armée, au centre pour délinquants, où pendant toute une partie de mon enfance  et de mon adolescence.

La différence entre moi et eux, c'est qu'en plus de ne pas être écoutés, de ne pas être pris au sérieux, ils ne peuvent s'en sortir.
Et cela, le fait qu'ils ne peuvent s'en sortir, c'est  pour moi quelque chose d'inacceptable, d'insurmontable, d'injuste.

Je crains peut-être égoistement de replonger dans ce que j'ai connu, mais quand même, c'est terrible d'être réduit à l'impuissance définitive.
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 18:01


Les progrès de la civilisation doivent-elles s'accompagner d'un accroissement automatique de la répression libidinale, donc des inhibitions, du surmoi, de la culpabilité et du malheur ?
N'y gagne t'on pas, ou n'y peut-on pas gagner, malgré les apparences ?

Certes, la structure actuelle de la société favorise l'abrutissement et l'aliénation générale.
Cependant, c'est  l'orientation privilégiée du système qui favorise cette exploitation, pas les savoirs eux-mêmes et les possibilités qui leurs sont inhérentes.
En fait, l'apprentissage des savoirs, qui est une entreprise ardue, médiatise la satisfaction, la diffère, mais, au final, il la décuple.
En effet, la maîtrise d'un art permet de retrouver le plaisir de la sensation primitive, avec en plus le contrôle, qui permet la liberté et la créativité.

C'est manifeste que la connaissance d'un instrument de musique augmente la jouissance du maître par rapport aux balbutiements d'un débutant ou d'un ignare.
Comme  il est évident que la pratique des arts martiaux, de la danse, procure un immense plaisir pour qui possède les formes de corps basiques propres à ces arts, qui permettent  une créativité pratiquement infinie.

Tous ces accomplissements sont inaccessibles sans un niveau de raffinement, de technicité élaborée propre à élever les savoirs jusqu'à la dignité d'arts,  et de voies.

La civilisation dispose donc d'une grande quantité de compensations possibles aux sacrifices du narcissisme qu'elle impose. Plus elle se développe, plus elle exige certes, mais plus elle peut offrir.

Il reste que son organisation moderne encourage l'avilissement et la servitude plus qu'elle ne favorise l'épanouissement de la créativité humaine. C'est déplorable.

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 17:17


"Ce n'est pas l'événement qui importe mais la façon dont il nous affecte".

Le problème, c'est qu'un ordre naturel préside à la réception émotionnelle d'un événement.
Il est normal d'être affecté durement par un certain type d'événements, et d'éprouver de la joie pour un autre genre  d'événements.
Vouloir modifier cette adéquation naturelle, spontanée, entre un état intérieur et un événement, chercher à se rendre indépendant des aléas de l'existence, c'est, au mieux, se muer en automate, au pire sombrer dans l'incohérence et la folie.

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 16:45

La psychanalyse ( existentielle ) de Sartre , comme son marxisme, est toujours couplée avec l'existentialisme, c'est-à-dire que les déterminations de sa situation ne contredisent pas la liberté fondamentale du sujet.
Donc, l'homme se définit avant tout par son projet originel d'existence.
Par conséquent, l'homme choisit sa névrose.
Pourquoi pas ?
Mais il la choisit en rapport à un besoin, qui la détermine telle ou telle. Elle a une fonction, qui conditionne sa mise en place. Peut-on encore parler de choix ?
Je ne pense pas que Sartre puisse modifier de cette façon le fait que l'homme soit "essentiellement" déterminé.

La liberté chez Marx est plus concrète.
Il s'agit de se libérer des conditions objectives d'aliénation.

Chez Freud, elle est la prise de conscience par l'individu de ses désirs, et la connaissance la plus adéquate de son milieu, ce qui génère le meilleur compromis entre principe de plaisir et principe de réalité, donc un épanouissement optimal.

Sartre a cependant raison d'insister sur le caractère "intérieur" de la liberté humaine, qui ne dispense pas l'homme de se libérer de ses chaînes, mais ne s'y réduit pas.
Sinon, en quoi se différencierait-elle de la libération d'un chien de ses chaînes?
Pour Sartre, c'est l'homme qui se libère de ses chaînes. Il peut ne pas le faire, ce n'est pas un processus automatique. Il se fait lui-même. Son existence précède son essence.
La vie du chien est entièrement régie par son instinct. Son essence précède son existence. Il est libéré de ses chaînes, soit par l'homme soit par son instinct, pas par sa liberté.

Cette fameuse liberté "métaphysique" est-elle réelle, est-elle un mythe ?




L

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 16:34

Je n'ai toujours pas compris pourquoi Schopenhauer interdisait le suicide.
Certes, il est encore affirmation du vouloir vivre, puisqu'il manifeste un écart entre les souhaits de l'individu et ce qu'il réalise vraiment.
Mais peu importe la motivation, le résultat du suicide , c'est qu'il résoud définitivement toutes les tensions, et le vouloir vivre n'affecte plus le suicidé par ses effets néfastes.
Alors qu'est-ce qui retient la main du Schopenhauerien, s'il considère vraiment que l'idéal serait de triompher du vouloir vivre en lui ?
Peut-être l'impression, plus ou moins consciente, que l'affirmation du vouloir vivre doit l'emporter sur sa négation, bref que Schopinou a tout faux.

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 05:27


Qu'est-ce qui l'emporte dans et pour la psychanalyse ? Son aspect normatif ou libérateur ?

S'il est vrai que Freud s'est distingué par la remise en cause de préjugés populaires et savants ( critique des religions, des supertitions, d'une société trop répressive donc nocive ; mise en évidence du fonctionnement commun, mais plus ou moins adapté au milieu, des névrosés et des gens sains, qui implique que les personnes dites équilibrées peuvent aussi bien s'effondrer ; absence de condamnations morale des "perversions", qui sont le résultat d'un processus, d'un enchaînement causal ; mise à jour de la sexualité infantile, et de son rôle fondamental ; existence et fonction de l'inconscient ; complexe d'oedipe et ses conséquences ), il reste que la psychanalyse comporte de nombreux aspects normatifs, et qu'elle est désormais bien souvent taxée de réactionnaire, ce qui peut sembler étonnant tant elle est parue "révolutionnaire" à ses débuts ( voir sa réception par les surréalistes ).

Sur quoi se fonde t elle, ( surtout Freud en l'occurence ), pour justifier son conformisme ?
C'est ce que nous allons analyser maintenant.

Tout d'abord, Freud n'est pas un anarchiste. Il ne pense pas que l'homme soit un être "naturellement" bon, ni d'ailleurs mauvais. Il le conçoit comme un animal conscient, doué de raison, mais mu avant tout par des pulsions, une énergie, donc essentiellement et primitivement narcissique.
L'homme est caractérisé par un égoïsme social, une sorte 'd'associable sociabilité" comme dirait Kant, et il lui faut donc apprendre à intégrer les moeurs et manières de son milieu, à intérioriser les taboux en vigueur dans l'environnement dont il devra maîtriser les codes, sous peine de sanction, d'ostracisme ( comme l'a développé Eric Fromm, la plus grande peur de l'homme, c'est la solitude, et il est tellement conditonné par sa communauté qu'il s'interdit de dire, mais aussi de penser tout ce qui va à l'encontre, pour se maintenir dans une position confortable ; de cette peur résulte l'esprit si borné de la plupart des individus ) .
Le principe de plaisir doit être limité par le principe de réalité. C'est d'ailleurs la seule façon pour l'individu de parvenir à ses fins, d'apprendre à composer avec le réel. Il lui faut apprendre la médiation, sans quoi il ne pourra jamais parvenir à s'adapter, avec des compromis satisfaisants à la clé.
Une première norme est donc inévitable.
L'individu est obligé de s'accomoder des conditions objectives d'existence de sa communauté. Elle peut ne pas le satisfaire. Il peut vouloir la modifier, et son effort pour en changer les règles peut être suffisamment justifié, fondé, pour être légitime.
Mais rien à faire, ce sera toujours à l'individu de se plier aux règles préexistantes et imposées. Quelques soient la société qui le précède, l'individu aura toujours un effort à faire, une assimilation forcée des codes structurant sa communauté à réaliser !

La critique de ce qui nous paraît comme des imperfections est cependant bienvenue.
Freud n'a cessé de s'y livrer. Et les implications de ses théories pourraient suffire, si elles finissaient par imprégner notre société, à en bouleverser la plupart des orientations, éthiques, économiques, pénales etc

Dans "L'avenir d'une illusion", par exemple, Freud a montré que la religion était une névrose universelle de l'humanité, qui dispensait les individus des névroses individuelles, mais inhibait considérablement leur intelligence.
Elle ne structurerait pas irréversiblement le psychisme humain si on lui substituait, dès le plus jeune âge, des connaissances plus rationnelles, comme des principes scientifiques.

Dans "Malaise dans la civilisation", il explique que le degré d'intériorisation des taboux, donc de répression des instincts et de de la frustration, est proportionnel aux progrès et raffinements de la civilisation. Par conséquent, il importe que les compensations à ce sacrifice libidinal constant soient étendues à la majorité des hommes, et non plus réservées à une élité.
Si ces compensations ne sont pas assurées, la révolte du Peuple est légitime.

Si la norme comme socle, comme forme universelle de l'expérience humaine, n'est pas dépassable, son contenu particulier l'est !

 

Dans les "3 théories de la sexualité", Freud dévoile le mécanisme des perversions. Stigmatiser certaines pratiques sexuelles comme perverses, déviantes, c'est les situer en rapport à une norme, une référence sur laquelle se modeler.

Cependant, Freud a été, là aussi, complètement novateur, en ce qu'il a établi, scientifiquement, l'origine de ces déviances, le pourquoi et le comment de la fixation libidinale sur un certain type de "choix d'objet". Et, en démontrant que nous étions tous des "pervers polymorphes" dans la prime enfance, c'est-à-dire que la sexualité de tous les hommes se portait sur tous types d'objet, il a tenté de faire comprendre que les pervers étaient des hommes comme les autres, dont l'évolution psychique et sexuelle avait été entravée, s'était figée à un certain moment de son développement, de son processus d'autonomisation.

D'où une déculpabilisation morale. Il a ramené à une explication rationnelle, ce qui était perçu comme relevant du diable, du démoniaque, du mal absolu.

 

Evidemment, c'est toujours révolutionnaire, puisque cela n'a pas été intégré par notre société pour qui il existe une sorte de "mal absolu", pratique pour se décharger de ses maux internes sur des boucs émissaires, en se masquant le fait que s'ils s'agissaient de "monstres naturels", comme le clame la presse people pour exciter les mégères, il ne pourrait s'agir de les enfermer que pour la prévention, mais qu'ils ne sauraient être tenus pour responsables de leur nature.
Et s'il ne s'agit pas de "nature", ils peuvent encore changer, alors...

C'est pourtant sur le caractère normatif de la sexualité chez Freud que se cristallisent les critiques actuels. Mais en fait, ce rejet de Freud ne vise pas la stigmatisation de toutes les perversions, mais seulement de celles qui ont fini par être "reconnues" socialement, qui se veulent tout autant acceptables que la norme établie, qui prétendent accéder aux mêmes prérogatives, être elles-mêmes la norme en quelque sorte, une partie constitutive de la norme, et non plus une pathologie par définition extérieure à la norme.

Les "perversions" acceptables, qui donc ne s'appréhendent plus comme des perversions, ou des transgressions,  ce sont l'homosexualité, le fétichisme, le sado masochisme et autres échangismes etc
Ne sont pas admises les perversions plus minoritaires comme la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie, sans doute parce que leurs pratiquants sont plus minoritaires encore, et ne peuvent revendiquer leurs goûts. Mais les homosexuels, qui ont lutté pour que leurs penchants sortent de la stigmatisation, se préoccupent-ils du sort des "exclus" les plus pervers? Nullement.
Il semble qu'ils les considèrent désormais comme à la périphérie de norme qu'ils se sont efforcés de rejoindre. Mais rien n'indique que les choses n'évolueront pas encore, et que ce qui est rejeté comme étant des vices monstrueux actuellement, ce qui était le cas de l'homosexualité il y a peu, ne sera pas intégré dans la norme future.

Or, quelle est la position de Freud sur ces problèmes?
Pourquoi est-il si violemment rejeté par les homosexuels?
Parce qu'il ne reconnaît que l'hétérosexualité, c'est-à-dire la fixation de la sexualité sur les zones génitales du sexe opposé, comme norme !
Tout ce qui s'en écarte, à l'âge adulte,  est pour lui une perversion, c'est-à-dire une fixation libidinale qui entrave le développement considéré comme sain de la sexualité.
C'est ainsi qu'il juge tout ce qui a trait au comportement sexuel non hétéro, comme relevant du même plan, celui des perversions. Celles-ci varient par contre en fonction de la fixation libidinale et psychique des individus, elle-même liée à leurs histoires.
Il ne s'agit pas de chercher à les éradiquer d'un coup puisqu'elles font symptômes, et ont donc leur fonction. Mais elles n'ent demeurent pas moins des problèmes auxquels il faut remédier, des pathologies. D'où l'ire des "déviants".

Sur quels critères se fondent Freud pour établir un tel diagnostic ?
S'il définit les perversions par rapport à une norme, pourquoi celle-ci devrait être l'hétéro-sexualité ?

En fait, Freud est influencé par Darwin.
Pour lui, la vie tend à se perpétuer, se transmettre. La finalité naturelle de la sexualité, c'est d'enfanter. Et c'est parce qu'il estime que la vie n'est pas une simple recherche de "résolution des tensions", qui mène à la mort, résolution définitive de toutes les tensions, mais qu'elle vaut la peine d'être vécue ( le but de la cure est de redonner le goût de la vie au patient par une évolution de plus en plus satisfaisante des compromis ), que Freud n'aboutit pas aux conclusions de Schopenhauer.
Pour Schopenhauer, le but à atteindre est la "négation du vouloir vivre" , vouloir vivre qui nous empoisonne. Donc, subvertir la finalité naturelle de la sexualité, qui est la perpétuation de la vie et du vouloir-vivre, est une bonne chose. Cela nous permet de contourner le piège, de rompre l'enchaînement auquel nous destinait la nature.
 Puisque, sur la valeur de la vie, les postulats de Freud diffèrent, il ne s'agit plus pour l'homme d'aller à contre courant.
Les pulsions de vie doivent triompher des pulsions de mort même si l'extériorisation, le "décentrement" libidinal est entreprise ardue, et risquée.
Notre intérêt individuel et celui de l'espèce convergent, et ce n'est même qu'en sacrifiant à la logique de l'espèce qu'on y trouve individuellement son compte, pleine satisfaction.
Pour Freud, la logique de l'espèce implique que ce n'est qu'en participant à sa transmission, qu'on développe toutes ses virtualités personnelles, qu'on accède à la maturité. Même si elle n'est pas une condition suffisante, elle est pour Freud indépassable.

Une perversion est donc telle, parce qu'elle est contre nature pour Freud, et la norme sociale, pour être légitime, doit copier la nature, aller dans son sens.
C'est le tribut que l'homme doit payer à la nature qui garantit son équilibre. Et c'est d'autant plus vrai qu'il associe chaque névrose, chaque pathologie mentale à une fixation, ou une régression libidinale, association qui a par ailleurs été contestée par de nombreux psychanalystes ( Jung ).

C'est aussi parce que la vie vaut la peine, que l'homme doit s'interdire la régression infantile et fusionnelle.
La vie, ses exigences, sont dures. Elles réclament la lutte, "struggle for life". Et l'immaturité psychique n'est pas le meilleur moyen d'y satisfaire. D'où la nécessité de résister à la tentation de la régression, de refuser le cloisonnement et la répétition, et de privilégier l'indispensable prise de risque, la confrontation avec la nouveauté. Aller de l'avant.

Enfin, la norme n'est pas nécessairement répressive. La notion de "surcompensation artistique" par exemple, incite à lâcher du lest sur la sublimation, l'équilibre psychique ne pouvant fairel  'économie de la chair.

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 01:37


"Le pouvoir de l'amour l'emporte sur l'amour du pouvoir"

La théorie Darwinienne est certainement la plus vraie. Il n'y a pas d'amour désintéressé. On aime toujours en fonction du potentiel global dont on pare l'autre, appréhension adéquate ou inadéquate à la réalité.

L''investissement libidinal peut découvrir la personne réelle ou la travestir selon  un idéal. Dans ce dernier cas, on ne développe que les clichés de l'autre en phase avec notre idéal, et on néglige les autres. Ce processus est inconscient, et domine notre raison parce que l'instinct veut aimer. On aime aimer ( voir Proust ).
C'est pourquoi on peut passer sa vie à aimer une personne dont on s'aperçoit, à la fin de sa vie, qu'en définitive, elle ne nous correspondait pas ( Swann et Odette de Crécy ).

De toute façon, l'amour est toujours une question d'équivalence (réélle ou supposée )"physique", "biologique", de vitalité, de puissance.

Si une femme intéressante s'éprend d'un artiste "maudit", c'est parce qu'elle pressent ce qu'il cache, ses virtualités, ce qu'il pourrait faire, donc c'est encore une question de puissance.
On ne sort pas de la biologie.

"Celui qui comprendra le fonctionnement du babouin fera davantage progresser la métaphysique que Locke". Darwin

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