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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 01:21


Lors du dernier festival "Etonnants Voyageurs", j'ai discuté de Buk avec une femme, qui m'a assuré qu'il se foutait d'être "reconnu".

Pourquoi s'est-il acharné à écrire alors, et pourquoi s'est-il efforcé de se faire publier ?
Pour les femmes, l'alcool, la tranquillité permise par l'argent des livres et des conférences?
Ce sont soient des formes de reconnaissance, soient des produits de la reconnaissance.

On ne sort pas de la recherche de l'assentiment d'autrui tant qu'on n'est pas autiste.

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 01:00


"Le choix de l'objet aimé est de l'ordre du mystère".

Il s'explique sociologiquement, psychologiquement, biologiquement.

Le fait de se côtoyer naturellement favorise les rapprochements entre individus d'un milieu social commun, et un niveau culturel égal, un patrimoine, un revenu similaires renforcent cette tendance. ( Bourdieu )

Les déterminations psychologiques inconscientes qui résultent de la première enfance orientent nos choix malgré nous ( ex : la fille qui louchait chez Descartes ).

Enfin, nous sommes attirés par des êtres dont le patrimoine génétique est complémentaire au notre, et cette attirance nous est imposée par la nature, afin d'assurer à notre espèce une perpétuation saine et résistance  par la meilleure combinaison génétique transmise au nourrisson. Cette séduction "génétique" s'opère à notre insu, et résulte de l'appréhension par les sens de signaux visuels, auditifs, olfactifs notamment. ( Schopenhauer )

L'addition de ces 3 facteurs conditionne le "choix" de l''objet aimé, qui est en fait automatique, spontané, naturel, et n'a rien d'un choix, d'un éventuel libre-arbitre.

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 12:40


Dans "Belle du Seigneur", le personnage Adrien Deume est ridiculisé. Il ne s'occupe que de mondanités, et incarne une sorte de quintessence de la bêtise, de l'insignifiance ( comme le mari de Thérèse Desqueyroux, tellement caricatural qu'il n'est pas crédible ).
Seulement, ce que ne semble pas comprendre Cohen, c'est l'universelle loi qui pousse les hommes à la recherche de la manifestation de soi, de la prise d'ampleur. C'est biologique, c'est la vie. Or, les hommes n'étant pas également doués, leurs modes singuliers d'expression diffèrent en fonction de leurs aptitudes, et la qualité des fruits liés à la voie empruntée est à la mesure de la profondeur des individualités.
Il n'y a donc pas de jugement possibles des individus. Le "type" auquel appartient Adrien Deume ne peut s'excéder lui-même.

Pour cette raison, on peut considérer l'oeuvre d'un écrivain comme pitoyable, mais on ne peut condamner sa création, le fait qu'il la produise, et qu'il produise du médiocre, s'il donne ainsi le meilleur de lui-même.
Ce médiocre aidera beaucoup de gens, la majorité en fait.
Et puis, en général, l'oeuvre d'un auteur est d'une profondeur à peu près constante. Donc si Paulho Coelho fait toujours du Coelho, et s'il n'atteint jamais, il en est loin, la qualité d'un Dosto, c'est que manifestement, il en est incapable. Est-ce sa faute si sa "production" est naturellement insipide et nulle?
Est-ce qu'il devrait s'interdire l'écriture pour cette raison ?
Il semblerait qu'il ait trouvé son épanouissement dans cette voie, et que donc tous ses faibles livres, qui expriment sa faible intériorité, dont les réflexions sont à peine digne d'un préadolescent, constituent envers et contre tout sa raison de  vivre, le mode d'expression dominant de sa vie, la source grâce à laquelle il s'actualise.
Et on ne peut le lui reprocher, ni le lui enlever.

C'est la raison pour laquelle la condamnation du nivellement culturel, de la relativisation du goût, qui nous pousse à la tentation permanente d'un totalitarisme artistique dont la vocation, élever le Peuple par la connaissance des grands chefs-d'oeuvre, paraît digne, ne peut rien changer.
Elle est contrenature.
En cherchant à imposer le meilleur, qui par définition ne concerne, ne peut concerner qu'une minorité, on nie et on étouffe la nature, la vie, les goûts de tous les autres. On les empêche d'exister.
La démocratie s'avère donc le meilleur régime, le plus propice à l'épanouissement de tous les êtres, même s'il faut s'y résigner au triomphe de la médiocrité. Elle est, par essence, constitivement médiocre, mais elle n'empêche personne d'exister.

Ainsi, Adrien Deume est ce qu'il est. C'est son karma.
Qu'y faire?

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 14:38


Pour Sartre, l'existence de la liberté ne pose pas de problèmes. Elle est un fait. C'est comme ça.
L'homme est condamné à être libre. Mais s'il ne l'est pas, c'est encore un choix.
La liberté n'a jamais eu autant de "causes occasionnelles" que sous l'occupation !
La névrose est le produit d'un projet originel libre, donc résulte d'un choix.
Le processus historique est une affaire de "sujets", et l'histoire se fera, ou pas, avec le concours d'agents libres.

Le problème, c'est qu'à force d'avoir tenté de concilier existentialisme et marxisme, on ne sait plus ou commence la liberté, ou finit la situation, et vice versa.
Et puis, comme disait Marcuse, si la seule alternative, c'est l'esclavage ou la tentative de libération sanctionnée par la mort, il n'y a pas de vraie alternative.

Comment Sartre justifie t-il la liberté ? Il ne la justifie pas. Elle est son idole, l'idole dont il avait le besoin pour surmonter ses propres névroses ( comme la croyance en la Providence, contraire à ses théories, mais qui lui était nécessaire pour agir : voir "Les Mots" et la préface à "Aden Arabie" ).

Donc l'homme est libre parce qu'il est homme, et homme parce qu'il est libre. Pourtant, dans le cadre d'une pensée où l'Esprit ne s'effectue pas par la médiation de la matière, donc un monisme matérialiste, c'est une position difficile.
Il faut que la matière contienne la possibilité d'un arrangement complexe qui permette l'émergence de propriétés attachées à un corps, propriétés qui la débordent, qui dépassent ses conditions initiales de possibilité.
Mais rien ne garantit que cette liberté virtuelle inscrite au coeur de la matière, et actualisée pa l'homme, ne soit pas une chimère. Et si nous l'admettons réelle, il nous faut supposer qu'elle apparaisse à partir d'une certaine complexité. Et par conséquent, elle ne peut pas concerner tous les hommes, ce qui serait encore contraire aux théories Sartriennes.
"Tout un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous, et que vaut n'importe qui" !

Un exemple illustre l'application de ses théories, dans "La transcendance de l'ego".
Une jeune fille craint de se pencher à une fenêtre, car elle se croit capable de crier, et ne sait pas si elle pourrait réfréner ce cri éventuel. Cela l'angoisse.
Pour Sartre, s'il s'agit d'une confirmation de ses théories sur la liberté. L'angoisse est inséparable de la liberté, du fait que je peux tout faire, et faire n'importe quoi, à tout moment.
La position de freud, c'est l'inverse. Une personne libre, maîtresse d'elle-même, ne ressentira pas ce vertige des possibilités, qui ne touche que les névrosés, ou du moins ce vertige ne la submergera pas, ne l'empêchera pas de vivre, ce qui serait une pathologie.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 13:55


La psychanalyse comporte un élément d'émancipation individuelle qui peut la rapprocher de l'anarchisme ( Philippe Garnier ).
Cette libération individuelle est toujours un compromis entre les inclinations personnelles et les obstacles qui lui sont imposés du dehors.
Pour qu'il y ait réalisation effective, il faut bien que l'individu s'accomode du principe de réalité.
Ce qui ne signifie pas qu'il ne peut pas et ne doit pas chercher à modifier son réel.
Mais sa liberté, comme dirait Sartre, est bien obligée de faire avec la situation qui lui est donnée.

A la différence de chez Sartre d'ailleurs, l'homme ne naît pas libre, n'est pas condamné à être libre. Mais si "le moi n'est pas maître en sa propre maison", il peut le devenir.
Cependant, comme chez Spinoza, ce n'est pas la liberté qui pose des actes et ainsi fonde, "crée" la nécessité, mais l'accession à une certaine compréhension intuitive de la nécessité qui engendre la liberté.  Et cette libération, sorte de prise de conscience de l'enchaînement des causes et des effets, des motifs qui nous déterminaient à notre insu ( l'inconscient chez Freud ), et dont l'ignorance nous donnait l'illusion d'être libre, cette liberté donc est elle-même le fruit d'une chaîne causale, dont nous ne sommes, en définitive, pas les responsables.

Je crois utile de signaler qu'à mon avis, cette libération a comme corollaire la prise de conscience de notre finitude, donc la critique implicite des dogmes religieux. Freud ne s'est pas privé d'en démontrer le caractère de fiction consolatrice ( Dieu le Père tout puissant, idéal etc ).
Spinoza a dénoncé les croyances religieuses comme superstitions mais sa pensée s'est développée sur le mode de l'éternel, donc s'écarte de Freud sur ce point.

Ce n'est que parce que nous nous sentons finis, que nous pouvons, même si ça ne suffit pas, être libres.
Car alors seulement, nous pouvons réinterroger toutes nos pratiques, nos investissements énergétiques, remise en cause qui ne tient que par la conscience d'un horizon borné.

Il s'agira alors pour nous de réussir à savoir ce qui est l'essentiel pour nous, et pas l'essentiel pour Dieu, pour pouvoir s' y concentrer.
Bien sûr, il faudra y concilier le cadre objectif, historique d'existence dans lequel nous sommes immergés. Mais il importe aussi de se déprendre d'une médiation excessive, sans rapport avec la stricte nécessité imposée par le réel, une médiation de type Hégélienne qui a tendance à repousser indéfiniment la satisfaction du désir.

Reste le délicat problème du contenu exact du concept de la liberté chez Freud.
Il existe 2 visions divergentes, au moins à première vue :

-Pour les surréalistes, Breton en tête, il s'agit de se déprendre de l'influence du conscient, du surmoi, de la  censure, pour laisser agir la fougue de l'inconscient, vraie racine de l'être ( ex : écriture automatique, valorisation du rêve )

-L'autre conception est celle de Thomas Mann. Pour lui, si Freud a exposé la part obscure, irrationnelle, "l'inquiétante étrangeté" en chaque homme, c'est pour mieux la domestiquer, et s'en préserver. Le rationalisme, le moi doivent triompher de l'instinct, des pulsions, de la bestialité non raisonnée.

En fait, il n'est pas exclu que les deux visions, apparemment irréductibles, puissent converger.
Après tout, l'épanouissement individuel réclame la satisfaction libidinale, et le meilleur moyen pour y parvenir, sans se contenter de fantasmes, mais sans enfreindre les moeurs, les valeurs établies, c'est d'avoir un moi "fort", capable de composer avec ça et surmoi, afin de trouver les meilleures solutions pour un compromis toujours précaire, toujours à faire.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 13:24


Il est notoire que les artistes sont aussi intéressés par la psychanalyse ( Mahler, Mann, Zweig, Breton, Dali ), qu'ils s'en méfient.
Ils pensent que leurs conflits intérieurs sont le moteur de leurs créations, et que s'ils les réglaient, ils n'éprouveraient plus le besoin impérieux de s'en décharger par leurs oeuvres, grâce auxquelles ils modèrent la gravité de leurs névroses et retrouvent le monde réel selon Freud.
Ils le retrouvent, car il leurs faut bien composer avec le principe de réalité, pour aboutir à quelque chose de concret et ne pas stagner dans le fantasme, l'inachevé.
Ils doivent imposer une forme communicable à leur imaginaire.

Je crois que leur crainte est infondée. La psychanalyse peut leur permettre de prendre conscience de leurs désirs réels. Il est possible, en effet, qu'ils ne cherchent à créer que pour répondre à des injonctions inconscientes, telle qu'une intériorisation d'un désir parental par exemple. Dans ce cas, la psychanalyse leur donnerait la possibilité de s'en libérer. Mais s'ils veulent continuer à créer, librement cette fois, à partir de la prise de conscience de leurs désirs, ils le peuvent. Et s'ils s'aperçoivent qu'ils ne le veulent pas, pourquoi s'enfermer dans le mythe de l'oeuvre à faire et gâcher leur vie par cette sacralisation abusive ?

Mais, ce qui importe plus que tout, c'est que la psychanalyse n'altère pas la pulsion primitive, la force de vie de l'individu, sa mémoire, sa libido, son imagination, ses capacités créatives. Au contraire, elle les lui rend.
Elle ne déconditionne pas, comme le fait la psychiatrie, pour reconditionner de façon comportementaliste.
Le reconditionnement est laissé à la charge du patient, donc sa liberté est sauvegardée.
Comme les troubles sont considérés comme des symptômes, on ne s'y attaque pas directement. On ne cherche pas à "forcer" l'individu, on le laisse advenir à son rythme, les symptômes disparaissant progressivement en fonction du mieux-être général.
Et, bien sûr, il s'agit encore moins d'amputer l'être d'une partie de lui-même par des pratiques si odieuses, si abominables, et qui furent néanmoins si fréquentes en psychiatrie ( dont les TCC sont les héritières ), que l'on en taira les noms.

La psychanalyse peut donc être utile aux artistes, surtout aux plus torturés d'entre eux. Elle peut les sauver de l'enfermement obsessionnel qui, s'il est un élément de leur profondeur, peut les conduire à la folie.
Schumann aurait sans doute pu être sauvé par la psychanalyse. Elle ne l'aurait pas rendu moins créatif, en lui offrant la perspective d'une libération intérieure, en le rassurant par la démonstration que ce qu'il prenait pour un mal incurable n'était en fait qu'un entrelacs de complexes psychiques que sa grande intelligence et sa prodigieuse sensibilité auraient en fait aidées à dénouer.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 05:26


Le problème de l'intériorité, c'est que plus elle est riche, plus elle en pose.

Un individu qui se sent porteur d'intuitions intéressantes sera poussé, naturellement, à les approfondir, à leur donner une forme et à les communiquer.
Il est donc "condamné" à fournir un travail important.
Soit il l'accepte, et se réalise ainsi, mais dans la douleur, soit il refuse la tâche, mais alors il ne peut éviter l'impression permanente de gâchis, de passer à côté de ce qu'il pourrait faire, d'où l'autodestruction.

On comprend alors pourquoi la vie du génie est impossible. Le travail qu'il doit fournir pour parvenir à exprimer le meilleur de lui-même est considérable, et il le pressent. Cette intuition risque de l'épuiser avant le commencement de l'oeuvre. Et il sera toujours tenté par la renonciation. mais, s'il y cède, la conscience de ne pas actualiser ce qu'il porte en lui sera exacerbée, et il se détruira plus vite qu'un individu moyen.
Imaginons Balzac refusant l'oeuvre. Impossible, un tel bouillonnement intérieur tendait à se manifester, devait se manifester. Il était voué à l'épouvantable labeur !

La psychanalyse peut-elle aider ces êtres hors du commun ? Oui, car si elle ne peut se substituer à l'actualisation nécessaire de leurs puissances, elle peut néanmoins les aider à se concentrer sur l'essentiel, à éviter les répétitions et tensions inutiles, et c'est déjà un soulagement.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 05:22
Thierry Ardisson se croyait malin lorsqu'il se gaussait de Karen Cheryl.
Le parrain de ses enfants est Paulo Coelho, c'est pire.
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 05:14

"Le génie, c'est 5%, et le travail, c'est 95%".

L'aptitude au travail fait elle-même partie du génie. Elle lui est constitutive, comme l'énergie qui lui est liée ( exemple le plus caractéristique : Balzac ).

Ou

"Le génie, c'est 1% d'inspiration, 99% de transpiration".

La transpiration est incluse dans l'inspiration.
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 05:09

"Si tu veux, tu peux".

La volonté est toujours déterminée par des facteurs qui nous échappent pour l'essentiel, ne serait-ce parce que nous n'avons pas choisi notre corps, d'où elle provient, et qu'elle en est la conséquence.
On ne peut donc jamais être à l'origine de sa propre volonté, qui n'est que la traduction moralisatrice de l'énergie.
Stigmatiser un individu parce qu'il manque de volonté est un non sens.
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