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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 05:05

"La prime au mérite, et non selon la naissance, est plus juste et réellement égalitaire".

Le mérite dépend de quels facteurs ? Intelligence, volonté ( énergie devrait-on dire ) . Hors, on n'est jamais l'origine de sa propre intelligence, de sa propre ardeur, et la volonté même de travailler à leurs améliorations est déterminée par une production corporelle antérieure.
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 05:00
"Ce n'est pas parce que les choses sont impossibles que nous n'osons pas les accomplir, c'est parce que nous n'osons pas les accomplir qu'elles nous paraissent impossibles". Sénèque

Il ne lui viendrait pas à l'idée que nous avons la conscience ( approximative ) intuitive de nos propres possibilités, et que si un mongolien ne tente pas de révolutionner les sciences physiques, c'est tout à fait "naturel".
Et cela vaut pour tous les hommes, avec des gradations.
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 04:58


"Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" Nietzsche
 
Ah bon ?  Parce que si je suis tétraplégique, défiguré, si je perds mes facultés intellectuelles, j'y gagnerais?

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 04:56
"Les questions sont plus importantes que les réponses."

A force, on en vient à dévaloriser complètement les éventuelles réponses, qui étaient la finalité des questions après tout.
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 04:50

On présente souvent, dans les médias, de Rocancourt comme une sorte d'Arsène Lupin moderne. Je ne vois pas de mérite à arnaquer des gens naifs, et confiants. Et puis, à chaque fois, il se fait prendre. Il pourrait pourtant vivre confortablement de sa médiatisation. Hormis le fait que le personnage soit attachant, sa conduite pathologique s'apparente plus à de la cleptomanie qu'à une orientation librement choisie. Il est victime de ses démons, lui aussi.
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 23:53


Toute notre société Occidentale est fondée sur le Judéo-Christianisme.
Même Descartes, qui a bâti sa méthode en réaction aux spéculations oiseuses de la scolastique, a établi une stricte séparation entre l'âme et le corps, unifiés par une Substance mystérieuse.
Cette laïcisation de principes religieux erronés a modelé les orientations culturelles, juridiques de notre société.

C'est pourquoi l'animal a pu etre considéré comme un pur automate, puisqu'il ne "pense" pas. Le tuer, lui faire subir mille atrocités, s'en rendre "maître et possesseur" de toutes les manières possibles, etaient donc permis, légitimés, dédramatisés.
Certaines sociétés traditionnelles imposent des rites spécifiques lorsque ses membres tuent un animal. Par ses rites, elles reconnaissent, avec la nécessité de tuer pour subsister, l'importance, la gravité d'un tel acte, qui supprime une vie. La divergence des conceptions modernes et primites de la vie implique des conséquences qui ne plaident pas en notre faveur.

De même, la notion de liberté, et donc de responsabilité individuelle, résulte de la croyance en la possibilité d'une sorte d'âme absolument inconditionnée. Comment se fait-il que ce genre d'âneries détermine encore toute l'organisation sociale?
Que l'homme soit partiellement déterminé par son inconscient, par son rôle social, par son propre corps, par un enchaînement complexes de causes et d'effets, cela a été l'objet des réflexions de Spinoza, de Marx, de Freud, de Darwin, de Foucault, de Claude Lévi Strauss, de Bourdieu, et de tant d'autres.
Aussi, lorsqu'un criminel est jugé pleinement responsable de ses actes, cela n'a pas de sens. Par définition, s'il était pleinement responsable, il aurait prévu les conséquences de son acte. Et s'il les a prévues, et qu'il n'a pas pu s'empêcher de commettre l'irréparable, sa responsabilité est encore diminée, puisqu'il s'avérait incapable d'agir contre ses impulsions, ses tendances, ou de les détourner. Cela ne devrait pas renforcer la peine du fait de la préméditation, car, et c'est logique, cela révèle des complexes d'une profondeur bien plus difficilement maîtrisable, et une absence quasi totale d'intériorisation du principe de réalité.
Cet homme n'est tout simplement pas parvenu à concilier principe de plaisir avec principe de réalité. C'est l'ignorance de sa situation qui l'a piégé. "Nul ne fait le mal volontairement".
Même lorsque l'on altère la responsabilité d'un individu par des circonstances atténuantes, on ne voit pas qu'en réalité, il n'y a que des circonstances atténuantes, qu'il ne peut y avoir que cela.

L'homme est un animal doué de raison, mais en tant qu'animal, il ne cherche qu'à survivre, à s'exprimer, à s'en sortir. La raison peut l'aider dans son entreprise, mais elle le plombe aussi en ce qu'elle le rend conscient de sa mort à venir, d'où 2 seules conséquences possibles : -soit la fuite psychique dans le délire religieux ( qui est folie, inadéquation avec le réel, mais permet de tout accepter ),
                                                                            - soit l'extrême et angoissante urgence de se réaliser.

Un homme qui commet un crime, un délit, n'a pas eu l'intelligence suffisante de la situation pour à la fois se réaliser individuellement, et s'adapter aux exigences et normes sociales en cours.
Mais j'irais bien plus loin. Je dirais qu'en réalité, il faut renverser les perspectives, et comprendre que non seulement, il y a des hommes irresponsables, mais qu'aucun homme n'est réellement et totalement responsable, et que l'homme le plus libre qui soit, c'est-à-dire dont la compréhension de sa situation est la plus adéquate à la réalité, n'est pas à l'origine/le responsable de sa propre accession à ce niveau de prise de conscience ( Spinoza ).
Par conséquent, la société est toujours aussi "responsable" que le criminel, et certaines sociétés primitives, qui expient toutes entières les écarts de conduite d'un de leurs membres, membre qu'elles n'ostracisent pas puiqu'elles comprennent ses actes criminels comme imbriqués dans l'ensemble dont ils sont issus, sont beaucoup plus justes, au point de vue logique et moral, que nos sociétés développées.

Les droits de l'homme sont eux aussi contestables, ne serait-ce que parce qu'ils ne sont qu'une vue de l'esprit. D'abord parce que ses fondements, liberté et égalité, sont purement abstraits. ( "il n'y a pas de liberté pour celui qui crève de faim"=Marx). Ensuite parce qu'ils ont été récupérés par la bourgeoisie et son idéologie dominante ( droit de propriété notamment ).
Mais, surtout, parce que les implications des grands principes sont éhonteusement méprisés.
On ne torture plus explicitement, mais on place les criminels dans des prisons où ils se font torturer. L'institution le sait et le permet. Comment l'individu emprisonné pourrait ne pas lui en vouloir ? Ce n'est bon ni pour lui, ni pour la société, dont il n'aura de cesse de se venger.
On critique les jugements sommaires pratiqués par d'autres pays moins élaborés. Est-il plus humain d'enfermer des hommes pendant 5,10,20,40 ans pour des crimes dont la responsabilité ne saurait leur être imputée scientifiquement ?
On critique la peine de mort, comme si on avait évolué depuis, mais qui y étaient condamnés dans notre pays? Les criminels dont la "faute" était la plus lourde.
Par conséquent, ce sont ceux qui ont écopé, à la place de la peine de mort, de la perpétuité.
40 ans dans un trou, à se faire humilier, et à se torturer à la pensée, juste d'ailleurs, qu'ils ont raté leur vie, que la vraie vie est ailleurs!
C'est pas sûr qu'ils gagnent au change !
Ils y gagneraient si les conditions de détention changeaient véritablement, si elle permettaient un progrès des détenus dans la compréhension de leur situation, et une heureuse réinsertion. Encore faut-il que l'atmosphère entre détenus ne soit pas constituée de tensions permanentes, tensions dont l'administration est responsable, car soit elle les favorise, soit elle ferme les yeux.
On comprend là encore que la justice expéditive "d'un coup de lance", qui nous paraît abominable, est dans les faits bien moins cruelle que notre justice dont la principale fonction est de créer des psychotiques  à la chaîne.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 23:09


Le Stoïcisme ( le Portique ) est un des 4 principaux courants de pensée de l'Antiquité, avec le néo-Platonisme ( l'Académie ), l'Aristotélisme ( le Lycée ) et l'Epicurisme ( le Jardin ). Ses fondateurs étaient grecs ( Cléanthe, Chrysippe ) mais ce sont les romains ( Epictète, Marc-Aurèle, Sénèque ) qui en sont les figures marquantes.
Les "Pensées" de Marc-Aurèle, les traités et les lettres de Sénèque, les "Entretiens" et le "Manuel" d'Epictète ont durablement influencé notre civilisation. Pour le pire, ou le meilleur ?

Un des principes fondamentaux du Stoïcisme est la recherche du discernement entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Lorsque cette distinction est réalisée, il faut se concentrer sur ce qui dépend de nous, et laisser à sa fatalité ce qui n'en dépend pas.
Mais comment être certain de ce qui ne dépend pas de nous?
Pour les Stoïciens, ce qui ne dépend pas de nous est du domaine de l'extériorité ( situation globale, richesse, santé ) et ce qui en dépend est l'intériorité, la paix de l'âme, le contrôle des émotions.
N'est-ce pas cepandant une illusion de penser pouvoir se suffire à soi-même, être heureux indépendamment des événements, de toute réalisation objective ? Est-ce même souhaitable ?
D'autre part, l'homme ne peut-il pas influer sur l'extériorité, changer ses conditions de vie ?
Si je suis esclave, et que j'y cherche mon bonheur, m'en accomode, n'est-ce pas de la résignation, une façon d'envisager l'existence proche du Bouddhisme?
Ce n'est même pas sûr qu'il faille accepter l'irréversible ( donc ce qui ne dépend vraiment pas de nous ), car cette révolte contre le sort peut conduire à de grandes créations.

Et puis le monde et l'homme ne sont-ils pas étroitement liés? Marc-Aurèle écrit : "Si le monde est ordonné, c'est pour le mieux, mais s'il va au hasard, ce n'est pas une raison pour, toi, aller au hasard".
Il oublie que cette possibilité pour l'homme de diriger sa vie, ne peut pas être coupée des possibilités inscrites dans la nature, car l'homme en procède.
Il ne pourrait y avoir aucune liberté humaine si cette liberté ne résultait pas d'une puissance naturelle.
Et cette liberté humaine n'est sans doute pas ce que croyait les Stoïciens, un contrôle des affects par la raison.
Si la raison a son rôle, elle sert bien plutôt la réalisation, tout à la fois individuelle et en accord avec les impératifs sociaux, des inclinations du coeur et des impulsions du corps.

Enfin, le Stoicisme prétend nous guérir de l'angoisse de la mort, par la raison, le raisonnement, en nous démontrant que la mort ne nous concerne pas. Tant que nous sommes vivants, elle ne nous affecte pas, et lorsque nous sommes morts, il n'y a plus de "nous" et donc elle ne "nous" touche pas.
"La mort est un possible que la vie n'actualise jamais" écrivait Heidegger.
Je ne vois pas en quoi ce raisonnement est susceptible de triompher de mon angoisse. Certes, je n'aurai plus ni conscience ni besoin, mort. Mais ce sera tout de même bien moi qui mourrai, qui passerai de vie à trépas. Et c'est justement le fait que cette angoisse n'empoisonnera plus ma non-existence qui empoisonne mon existence. Cette pensée que je n'aurai plus besoin ni d'aimer, ni d'être aimé par exemple, me terrifie.

Pour conclure, je dirais que la lecture des Stoïciens a un effet pervers. Elle donne l'impression que l'on va enfin pouvoir "contrôler" sa vie, devenir le maître de son temps, conjurer ses angoisses. Cette impression agit comme une drogue. Elle rend euphorique sur le moment. La chute est d'autant plus lourde

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 22:52


Il est coutumier d'entendre les Bouddhistes stigmatiser les "émotions négatives". Pour eux, non seulement la souffrance domine, mais il faut toujours l'annihiler. Ils rejoignent Spinoza pour qui la joie est "augmentation de la puissance d'agir" et la tristesse "diminution de la puissance d'agir".

C'est oublier que la tristesse a son rôle. Elle nous est nécessaire, comme la peur. Elle nous est même indispensable biologiquement. Et puis la tristesse, la  souffrance, les émotions négatives font parties de l'expérience humaine, de la gamme naturelle de nos affects.Vouloir en atténuer l'impact, c'est normal, à condition de rester dans les limites d'une saine dialectique. Mais chercher systématiquement à les écarter, à les étouffer par des méthodes non naturelles, comme la méditation, à chaque fois qu'elles émergent, conduit à amputer l'être d'une partie substantielle de lui-même, et cette dénégation d'un vécu ordinaire ne manquera pas de faire retour symptômatiquement.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 22:31


Le fondateur de la psychanalyse, Sigmund Freud, s'est beaucoup méfié de la philosophie.
Elle représentait d'après lui un danger important pour le penseur, celui de s'égarer en de vains et fumeux verbiages, de "spéculer" dans le vide. La vocation de Freud, la voie qui lui permettrait de se réaliser, et d'être réellement utile, n'était pas d'être philosophe, ce qu'il comprit intuitivement et rapidement, et c'est peut-être pourquoi il a senti que l'attrait de la philo était un danger pour lui plus particulièrement, et qu'il devait combattre une tendance naturelle à développer des théories qui seraient déconnectés des faits.

 Il a, par ailleurs, établi une comparaison entre le philosophe, le religieux, et le schizophrène, puisqu'ils fondent tous un système artificiel de mots et de concepts, de significations dont ils s'enveloppent, et qu'ils projettent ce système sur le monde, l'humanisant à leur manière pour le rendre moins hostile.
Les systèmes des schizophrènes ne sont pas intrinsèquement moins valables que ceux des philosophes et des religieux, pas moins erronés dans leur adéquation au réel, mais ils s'en différencient tout de même puisque leurs créateurs ne peuvent communiquer, partager leur délire, se socialiser à partir de leurs créations, ou adhésions à des fictions consolatrices préexistantes.

L'apothéose du délire philosophique est atteint en la personne de Hegel, qui prétendait subsumer le monde et l'ensemble de son devenir sous des concepts forgés par lui-même.
C'est une forme avancée d'anthropocentrisme. Comme si tout l'univers ne "vivait", n'existait que pour l'homme, que le philosophe Hegel en avait compris les lois fondamentales, et qu'il les restituait dans son système !
Cependant, si la critique porte, on peut contester la réduction opérée par Freud , qui semble dévaloriser la richesse de la pensée Hégélienne et de tous ses aspects parce qu'elle s'apparenterait au délire dans ses fondements, son axe principal. C'est oublier la pertinence des effets de sa dialectique, dont la fécondité est l'une des plus fructueuses de l'histoire de la philosophie ( ne serait-ce que par Marx ).

Certains auteurs ( Raikovik ), considèrent Freud comme un plagiaire de Schopenhauer. C'est évidemment de la mauvaise foi. Schopenhauer n'a écrit que quelques dizaines de pages sur la folie, le refoulement, ses causes, ses effets, et en plus dans une optique tout à fait différente.
Pour Schopenhauer, la vie est avant tout souffrance, oscillation perpétuelle entre le manque ( désir ) et l'ennui ( désir satisfait ). Il serait préférable de parvenir à la "négation du vouloir vivre", anéantissement suprême, extinction définitive, sa conception du nirvana.
Comme c'est peu aisé d'y parvenir, il y a des méthodes pour contourner les diktats de la nature, subvertir le vouloir vivre, comme la  création artistique, l'homosexualité ( on détourne la sexualité de sa finalité, de son ordre naturel ).

Pour Freud, la vie a une valeur, le désir n'est pas condamné. L'épanouissement de l'individu est possible, et s'il n'est pas pure affirmation du vouloir vivre, il en est encore moins la négation, puisque cette affirmation est de toute façon absolument nécessaire. Il y a toujours limitation du principe de plaisir par l'extériorité , mais c'est par son adéquation au réel que le désir peut se concrétiser et s'approfondir, et donc donner le sentiment d'exister. Sinon, il reste du domaine du fantasme, du rêve. A l'inverse, si le principe de réalité l'emporte et annihile le principe de plaisir, c'est l'aspect contraignant de la vie qui triomphe. L'équilibre psychique résulte donc d'un compromis sans cesse renouvelé entre principe de plaisir et principe de réalité. D'où une certaine normativité. C'est justement parce que la vie est précieuse, et exigeante, qu'elle réclame la lutte, que l'on doit combattre la tentation des multiples régressions infantiles, car la vie d'un individu ne s'épanouira pas complètement s'il y cède.
Evidemment, cela n'aurait aucune importance si la vie n'avait aucune valeur, et à plus forte raison si l'individu devait s'efforcer d'atténuer, d'affadir le vouloir vivre en lui.

On comprend ainsi pourquoi Freud est plus proche de Nietzsche. Mais il va beaucoup plus loin dans son absence de concessions. Nietzsche, avec le surhomme, l'éternel retour par exemple, a réintroduit les arrières mondes qu'il avait niés.
C'est parce que Freud, qui a mis au jour "l'inquiétante étrangeté" en chacun d'entre nous, l'a découverte contre son gré en quelque sorte, contre son goût de la rationalité, sa méfiance de l'ésotérisme ( alors que tant d'autres, moins solides -Jung- s'y empressent naturellement ), que Lou Salomé, amie de Nietszche, est devenue disciple de Freud, et qu'il soit le seul qu'elle ait reconnue pour Maître.

La violence de l'oeuvre de Freud est pure, elle n'est pas rattrapée, pas compensée par une quantité d'artifices philosophiques dont sont friands les philosophes, et auxquels même Nietzsche n'a pas su résister ( aidé en cela par son immense fragilité ).
L'oeuvre de Freud est beaucoup plus radicale que celle de Nietzsche.
Freud, c'est Nietzsche moins le délire qui en atténue les effets.
Un Nietzsche qui irait à l'essentiel, et qui baiserait Salomé, et qui danserait peut-être. 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 01:22

Je vais aborder la critique du Bouddhisme.

Le Bouddhisme est fondé sur les 4 nobles vérités :

-la vérité de la souffrance. ( Toute vie implique souffrance )
-la vérité de l'origine de la souffrance. ( le désir, les attachements )
-la vérité de la cessation de la souffrance. ( elle est possible )
-la vérité du chemin à suivre pour triompher de la souffrance. ( couper le désir à la racine )

La souffrance l'emporte donc sur la joie dans la vie. Elle est même le propre de la vie puisqu'elle seule a une existence "positive", et puisque la joie, qui consiste en la diminution de la souffrance, est"négative".
Le problème, c'est qu'on est enchaîné à la vie par le désir. Il nous faut le vaincre, mais pas superficiellement, car alors nous nous réincarnerions dans une autre vie, et ainsi de suite,  alors qu'il nous faut atteindre  l'extinction totale du désir, donc de la vie, la résolution définitive des tensions., bref, le nirvana et la mort.

Plusieurs difficultés apparaissent déjà.

1 Comme la renaissance est un phénomène des plus contestable, tout l'effort Bouddhique aboutira à ce que nous atteindrons tous naturellement et sans efforts, la mort.
( La croyance en un cycle de mort et de renaissance est un stratagème inconscient afin de se rassurer, car les Bouddhistes, par ce subterfuge qui fait de la mort, de l'extinction bien définitive, un but presque inatteignable, se persuadent  ainsi qu'ils vont continuer à vivre indéfiniment, ce qu'ils espèrent au fond ).

2 Toute la doctrine est fondée sur le primat de la souffrance sur la joie. Il suffit d'accorder une valeur positive à la joie, et donc à la vie et au désir, pour que toute la doctrine s'effondre.
La vie n'est pas oscillation perpétuelle entre le manque ( désir non satisfait ) et l'ennui ( désir satisfait ), comme l'écrivait Schopenhauer.
Elle est aussi affirmation et joie.
Certes, la réalisation d'un désir déçoit partiellement, mais elle comble aussi partiellement et provisoirement. Et c'est en allant de réalisation en réalisation que l'homme progresse, que l'homme se trouve.
Il est de toute façon préférable d'avoir "tout" vécu et d'avoir été déçu, et du coup, rassasié, de quitter le monde sans trop de peine, que de n'avoir "rien"  vécu, être passé à côté de sa vie, et plombé par les regrets.
Les Bouddhistes ignorent que toutes les  formes de détachement sont des méthodes inconscientes pour mieux gérer l'attachement. Mais parvenir à rompre tout attachement, de son vivant, serait une aberration, un crime contre la nature de la vie.

3 Si les Bouddhistes respectent toute forme de vie, c'est pour que la créature vivante puisse aller au bout de ses possibilités, afin de lui permettre de se réincarner en une forme plus complexe. On lui laisse vivre sa vie dans ce but.
Ainsi, on n'interfère pas avec le "karma" de l'animal, ce qui est aussi bon pour notre propre karma. Et on accroît les chances de l'animal épargné ( ainsi que les siennes d'ailleurs ) d'être "délivré" lors d'une future renaissance.
On lui épargne donc sa vie pour accroître ses chances de mourir pleinement et véritablement, en aucun cas par respect de la vie.

D'autres difficultés qui proviennent de la doctrine du Bouddhisme résultent de sa vision "non dualiste" de l'existence et du monde. En condamnant toute scission générée, arbitrairement croient-ils, par l'ego, le langage, la science, ils réintroduisent systématiquement ce fameux dualisme tant critiqué, sans même s'en apercevoir.

Et puis, on peut s'interroger sur la notion " trancher l'ego". Certes, celui-ci peut être hypertrophié ( narcissisme ), mais il a sa place.
Pourquoi la nature nous aurait-elle pourvue d'un ego ( comme d'une conscience ), s'il n'avait son utilité, sa fonction ?
 Il faut être déjà bien malade ( comme se prendre pour objet quasi exclusif de sa libido, libido du moi ) pour chercher à se débarrasser de son ego !
 
Cela vaut pour les mots et concepts. Les "koan", sortes de formules rituelles absurdes, servent à nous faire prendre conscience des limites de la spéculation pour appréhender le réel "tel qu'en lui même".
Pourquoi pas ? Mais il faut au moins justifier ce primat de l'intuition sur l'intelligence, comme l'a fait Bergson, ou cela peut conduire à toutes sortes de dérives sectaires et incontrôlables.
N'importe quel charlatan peut s'emparer de ce procédé pour masquer son ignorance.
Pourquoi la nature nous aurait-elle attribuée la capacité à créer les concepts, s'il ne fallait en user ?

Et, dernier point, le Bouddhisme me paraît en contradiction avec la nature elle-même, le désir naturel d'expression, de communication, de transmission.
Son "idéologie", bien éloignée des exigences vitales, de la lutte pour la vie, me semble donc contre-nature.
Je ne la sens conciliable, ni avec Darwin, ni avec Lamarck.





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