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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 23:37


Je me suis longtemps intéressé au Bouddhisme.
J'ai eu ma période Bouddhiste, comme j'ai eu ma période catho ou ma période philo.

Le Bouddhisme a commencé à m'intriguer quand j'ai vu le film "Siddharta", de Bertolucci, avec Keanu Reeves dans le rôle du Bouddha.
J'ai trouvé que ce film dégageait une espèce de sérénité, et j'avais fort besoin de me pacifier à l'intérieur, ( comme à l'extérieur d'ailleurs ).
J'ai commencé par méditer seul. Je ne savais comment m'y prendre. Fallait-il fermer complètement les yeux ou bien les laisser entrouverts? Devions-nous fixer un point avec le regard ? Quelle était la posture exacte ? Que signifiait faire le vide ? Comment l'obtenir ? Et quel était le rôle de la respiration ?
Je me débrouillais tant bien que mal. Ma curiosité à l'égard du Bouddhisme finit par se dissiper un peu, quand je fus confronté à d'autres problématiques, d'autres exigences. Elle se réactiva quand je repris mes études au lycée, après le service militaire.
Il faut dire aussi que j'associais le Bouddhisme aux moines shaolin qui étaient en quelque sorte des modèles pour moi.
Je décidai donc d'approfondir cette voie. Je lus quelques livres sur le sujet. Mais, comme je suis extrême en toute chose, je voulais, comme le Bouddha, atteindre le Nirvana. Ne dit-on pas que tout homme a la nature du Bouddha, après tout ? Je désirai atteindre une espèce d'affranchissement définitif, sans retour ( sans régression, tentation de la régression ) possible.
Je pris contact avec la Gendronnière, temple situé près d'Orléans, et fondé par Taisen Deshimaru, disciple de Kodo Sawaki. Deshimaru est une figure du Bouddhisme Zen en France. C'est lui qui a initié son développement. Il a commencé par avoir un dojo à Paris, ou se côtoyaient quelques célébrités ( Matzneff, Béjart ) et beaucoup de drogués.
Deshimaru était mort depuis quelque temps déjà quand j'allais livrer mon corps et mon âme à une Sesshin ( pratique intensive de la méditation et de l'enseignement Zen ). Il est décédé d'un cancer foudroyant du cerveau. Trop de méditation peut-être ? Mais ce n'était de toute façon pas très important pour lui, la distinction entre la vie et la mort n'étant qu'une illusion générée par l'ego, et cette vérité apaisante de la non dualité devant nous apparaître lorsque notre ego ne rompt plus le flux, la continuité des phénomènes par ses interventions intempestives. Nous y reviendrons !

Ma première surprise, ce fut de constater la différence entre l'atmosphère particulière du Temple et celle d'un Monastère Chrétien. L'accueil y est plus froid. On doit se débrouiller seul, comme si on devait faire ses preuves, avant d'être accepté. L'ambiance y est lourde, sans doute du fait des séances de méditation, car elles font un peu l'effet d'une auto-analyse, c'est-à-dire qu'on y est seul face à soi-même. Des "Démons" surgissent toujours lors des séances, car elles durent longtemps ( 1 h 30 scindée en deux , avec une pause occupée par une marche méditative  ) et elles sont nombreuses ( 3/4 dans la journée ). Pas de transfert/contre-transfert ici, il faut assumer seul sa part d'ombre. C'est pour cela que de nombreuse personnes craquent.

Le but est de n'en avoir aucun, d'être au-delà, ou en-deça de la dualité de l'espoir/désespoir, du sens/non sens, de la vie/mort. Mais, s'il ne faut pas entretenir ses pensées, on ne doit pas chercher à les dissiper volontairement. On doit seulement les laisser passer naturellement.
Par ce processus, le vide "s'instaure" progressivement, mais, plus exactement, il est ouverture à une autre forme de conscience, débarrassée de l'ego, qui allège notre perception du monde, l'épure, nous permettant de nous concentrer sur l'essentiel. ( Laisser passer les idées et images qui nous traversent peut évoquer l'association libre en psycha- nalyse ).

Evidemment, il existe de nombreuses rechutes. Pour s'en prémunir, atténuer leur impact, ou les détourner, le méditant dispose de plusieurs moyens.
D'abord, Il doit se concentrer sur sa posture, ( dos bien droit, genoux enfoncés dans le sol, épaules relâchées, menton légèrement rentré, yeux entrouverts, sommet du crâne tendu vers le haut ).
La rectification incessante de la posture aide à évacuer les pensées parasites, et à contrer l'assoupissement .
Ensuite, il doit développer une respiration lente et profonde, dont l'expiration l'emporte en durée sur l'inspiration. On prétend qu'une bonne respiration découle naturellement d'une posture correcte. Respirer convenablement, profondément, aide l'esprit à se tranquilliser ( par l'intermédiaire de l'interaction avec l'organisme ).
Enfin, le méditant peut, s'il le souhaite, demander à recevoir un coup de bâton, "kyosaku",asséné par derrière, et sur un point précis de l'omoplate. Ce coup sert à vérifier la concentration du méditant puisqu'il ne doit pas ressentir de douleur s'il est suffisamment relâché. Il sert aussi à réveiller ( à coup sûr ) celui qui s'endort. Et il est utile pour distraire celui dont l'esprit lutte avec ses obsessions.

Dans les Temples Zen, la nourriture est très bonne. Le cuisinier est très respecté, et ce n'est pas étonnant si on considère les affinités du zen avec la cuisine, art éphémère par excellence, dont les produits son si vite consommés.

Il est habituel d'associer le travail manuel à la méditation, comme chez les Trappistes "ora et labora".
J'ai ainsi pu tâter du ménage, de la  cuisine, de la vaisselle, du jardinage, et du "bucheronnage", et c'était sympa, toutes ces activités en peu de temps.
En plus, comme je dormais en dortoir, j'ai pu faire beaucoup de rencontres, dont pas mal de phénomènes, avec entre autres un sous marinier, un bûcheron, un philosophe, un grand type au crâne rasé dont la vraie passion était le Bouddhisme tibétain mais dont un maître n'avait pas voulu, lui conseillant d'aller voir un psy d'abord, ce pour quoi il était avec nous chez les zen, ( nous voulions pratiquer avec les moines de Shaolin ensemble ), et quantité "d'anciens" drogués.
Il y avait aussi des malades incurables qui cherchaient la guérison miraculeuse avec le zen. Ils n'ont pas compris que le zen, loin de redonner la santé, relativise et dédramatise la mort. Enfin, c'est peut-être de parvenir à cette façon de l'envisager qui est le miracle et la grande santé.

 

J'étais assez intransigeant. On nous enseignait qu'il fallait se tenir dans la vie comme dans le zazen, et je les voyais tous se relâcher, même nos "guides".

Plusieurs filles me draguèrent, dont une superbe actrice de théâtre, mais j'avais l'esprit si mal tourné que je les considérais comme des démons séducteurs qui me distrayaient de ma quête, comme les tentatrices de Bouddha.

Moi mon but, c'était le nirvana, et je me dis qu'il me faudrait rester en méditation jusqu'à ce que j'y parvienne. Je m'y suis abymé les genoux plus tard.

J'avais ma conception du "juste milieu". Je trouvais qu'il servait d'alibi pour ne rien foutre. En fait, le Bouddha a beaucoup lutté ( ascèse intransigeante ), avant d'accéder à la tempérance. J'avais l'impression que les Bouddhistes déniaient l'importance du combat, comme s'ils désiraient le but sans la médiation nécessaire pour y parvenir, la fin sans les moyens adéquats.
C'était sans doute vrai pour beaucoup. Mais ce qui l'est aussi, c'est que l'on doit se servir de l'exemple des anciens pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, pour atteindre plus rapidement leur niveau, sans quoi leur transmission est inutile.

J'aborderais l'aspect critique du Bouddhisme, dans un autre article.




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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 22:34
La psychanalyse est-elle fondamentalement une énergétique des pulsions ( Freud, Ricoeur, Castoriadis),  comme la Comédie Humaine était une énergétique des passions, ou bien est-elle essentiellement une affaire de linguistique ( Lacan)?

Paul Ricoeur, dans "De l'interprétation", a critiqué la réduction linguistique de la psychanalyse opérée par Lacan.
Cette démarche lui causa beaucoup d'ennuis, et beaucoup d'ennemis.
De fait, Lacan, pourfendeur de la sclérose institutionnelle de la psychanalyse, de la position du psychanalyse comme "sujet supposé savoir", est devenu, paradoxalement, "le" sujet supposé savoir par excellence pour ses disciples, un gourou adulé ne souffrant aucune contestation, et son influence a suffit à dégoûter de la psychanalyse des individus qui sont amenés à la confondre avec le "lacanisme", du fait de son emprise.

Une des critiques des théories Lacaniennes les plus intéressantes est celle effectuée par Cornélius Castoriadis.
Dans ses "Carrefours du Labyrinthe" il conteste un certain nombre de points.
Lorsque Lacan parle de "non séance", de "non analyse", de cure "sans finalité", de séances dont la durée est variable, on peut y voir une grande sagesse, un accomplissement des principes Zen, mais on peut aussi y voir un pur et incontrôlable charlatanisme.
L'homme a besoin de repères.
Si la durée de la séance varie, et se clôt par exemple en fonction des paroles du patient, il n'y a plus de stabilité possible pour celui-ci.
Le psychanalyse devient tout puissant. Cela peut conduire à tous les excès. Une séance de 5 minutes ne sera pas logiquement suivie d'une séance de 55 minutes. Cette durée de 5 minutes de la séance peut se répéter indéfiniment, selon le bon vouloir du psychanalyse.
Le patient perd tout contrôle et devient complètement dépendant.

Lorsque Lacan parle de "non finalité" de la  cure, c'est une aberration. La théorie a un but, et un but facimement identifiable.
Un individu qui "choisit" l'analyse est un individu qui souffre, dont les "formations de compromis", les "satisfactions substitutives" ne sont pas épanouissantes.
Il faut donc l'aider à sortir de la compulsion de répétition, qui transforme sa vie en tragédie, et cela pour lui faire prendre conscience qu'elle n'est pas irrémédiablement, naturellement une tragédie.
Il peut sortir de l'enfermement en un système qui le fige, se délivrer des angoisses et des symptômes qui l'entravent, en ralentissent l'action, altèrent sa capacité à jouir de la vie.
Il s'agit donc de l'aider à reprendre goût à la vie.
A lui, le désir retrouvé, l'autonomie progressivement acquise, de se construire, de se créer de nouvelles sources de jouissance, d'emprunter de nouveaux chemins.
Bien sûr, la liberté est toujours "en situation" comme dirait Sartre, et la recherche de compromis satisfaisants entre principe de plaisir et principe de réalité toujours à renouveler.

Le style de Lacan est volontairement obscur.
Est-ce pour désorienter positivement le lecteur ?
Ce procédé, ( comme le coup de bâton du moine Zen ), est sujet à caution. Il est un peu trop facile de se débarrasser des questions gênantes ainsi. Habile subterfuge d'incompétents !
Le charlatanisme de Lacan est tellement évident qu'on se surprend à se dire : "Il a des idées intéressantes, finalement il n'est peut-être pas un charlatan". On oublie que c'est encore heureux, et qu'après tout, c'est la moindre des choses. On retrouve d'ailleurs ses idées , qui sont finalement des lieux communs pour les analystes, chez la plupart des théoriciens, mais exposées autrement et plus simplement.

Et, enfin, petit apport personnel :

Lacan n'incarne t' il pas la tendance psychotique propre à l'acte philosophique ?
Son entreprise serait alors bien plus une trahison de l'oeuvre de Freud qu'un retour à Freud, et une trahison nuisible à la vie.
Un des messages essentiels de Freud, c'est qu'il peut être bon de vivre.
Pour celui qui en a saisi la substance, la littérature par exemple ne saurait être supérieure à la vie.
Elle est une simple facette de la vie, comme la philo, les sciences, et toutes les activités de l'esprit.
Il est également important de se promener, de jouer aux cartes, de pratiquer un instrument de musique, bref de jouir de ses sens.
Et il importe encore davantage d'avoir une vie sexuelle épanouie.
Il y a donc comme une relativisation de la valeur, de la place de la culture.

Pour conclure simplement, la vraie vie, c'est jouir pleinement, et pas lire 10000 pages sur la jouissance, c'est profiter de l'air frais, du soleil, de la mer, et pas s'enfermer dans son cabinet pour lire tous les séminaires de Lacan. Mishima l'avait bien compris ( voir "Le soleil et l'acier" ).
Dans le même genre ( antiblablabla ) , Sartre reprochait à Camus de n'avoir rien compris à Heidegger. Qu'est-ce qu'on en a à foutre? 
Ca ne l'a pas empêché d'être un meilleur romancier que Sartre.
Et dans le même genre encore, ( ça s'éloigne du sujet mais j'avais envie d'en parler ), Finkielkraut reproche à Van damme l'incohérence de ses propos.
Ca ne nous empêche pas de sentir une grande générosité qui émane de JCVD. Finkielkraut peut nous parler de Lévinas, de "l'infini du visage de l'Autre" pendant des heures, ce ne sont que des mots, et on ne ressent pas une grande humanité de sa part.
Voilà. En gros, Lacan, c'est du verbiage inutile et prise de tête, et nuisible parce que son étude diffère la salutaire satisfaction pulsionnelle.

 
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 01:01


Quel est l'intérêt de la philosophie, de la pratique philosophique?
Apprendre à mieux penser, remettre en cause ses croyances, ses valeurs, ses préjugés?

Dans l'idéal, ce serait cela, mais qu'est-ce que concrètement l'étude philosophique?
L'apprentissage, la comparaison, la critique de systèmes conceptuels.
Ce que devrait procurer cet apprentissage, c'est un accroissement du doute, de la capacité a s'interroger sur le monde, et sur soi.
L'étude philosophique est-elle réellement capable de cela?

Comme l'ont montré Freud, Nietzsche ou Schopenhauer, les affects, les pulsions l'emportent sur la raison qui n'est qu'un épiphénomène en justifiant après coup les orientations.
Mais si la philo ne sert pas la critique véritable, si elle n'inclut pas la possibilité d'un changement de ses pensées et de sa vie, elle  ne sert à rien.
Ce serait comme si on se donnait tout ce qu'on doit trouver dès le début ( ex: comme un dogme religieux ), et alors tous les développements ultérieurs ne pourraient que renforcer ses fondements ( comme la théologie ), jamais en corrompre la substance.

C'est un fait qu' un nombre conséquent de philosophes s'enferme dans un système de pensée, une vision du monde..
Est-ce du à ce que Freud nommait la tendance psychotique propre au philosopher ( ce que Paul-Laurent Assoun a développé dans son "Freud la philosophie et les philosophes") ?
C'est-à-dire que le philosophe, comme le religieux, a tendance à humaniser le monde avec des théories anthropomorphiques, qui le rassurent mais sont artificiellement fondées, ne correspondent à rien de réel.

Cette aliénation à une approche unique et arbitraire du monde. permet au philosophe de réinvestir le monde.
L'inadéquation de sa vision et de la réalité, de sa doctrine et de l'immensité de l'univers qu'il prétend y réduire, fait symptôme, donc a une utilité, une fonction.
Elle aide le philosophe à vivre comme le religieux.
Mais elle le bride aussi, en altère les capacités. Elle l'épuise vainement, puisqu'une part importante de son énergie est investie en vue de la résolution de fumeux problèmes ( le sexe des anges ).
C'est pourquoi Freud a pu employer l'expression de "spéculation dans le vide" pour qualifier l'exercice philosophique

Cette caractérisation négative est cependant contestable. Même si elle est très présente parmi les philosophes, même si elle est une pathologie redoutable ( bien qu'elle soit communicable, et donc qu'elle permette au philosophe de retrouver le monde, comme l'artiste reprend contact avec le réel par l'oeuvre ), on ne peut y réduire l'histoire de la philosophie.

Certes, elle ne peut remplacer la psychanalyse en ce qui concerne la reprise en main de la vie individuelle, sa libération.
Je la crois incapable de satisfaire à l'aspiration à se connaître soi-même.
Son étude est moins appropriée que la cure pour répondre à l'injonction Socratique : "Connais-toi toi même".
Elle n'est pas outillée pour cela.
Mais la psychanalyse ne remplace pas la philosophie en terme de contenus, de possibilités critiques.
La philo, si elle est impropre à changer la vie, à asssurer ce pour quoi elle était primitivement destinée, c'est-à-dire si elle n'apprend pas à vivre et à mourir, reste un formidable réservoir d'approches cohérentes et critiques des grandes questions existentielles.

Cependant, le danger de l'engluement dans le concept est toujours une menace pour les philosophes.
Quand la philosophie n'est plus qu'un assemblage de systèmes, qu'un jeu de concepts comme la stigmatisaient Claude Lévi Strauss dans "Tristes Tropiques" ou Simenon dans sa correspondance, elle n'a pas davantage de valeur intrinsèque que l'utilisation du rubik's cube. Ni plus, ni moins.

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 22:52

Un tiers de la Planète se réclame d'une religion dont le "Messie", Jésus-Christ, était un psychopathe chevelu dont les intentions étaient "de prendre sur lui tous les péchés du monde" et qui s'est laissé crucifier dans ce but.
Pas étonnant si Dieu le Père ne s'est pas empressé de le sauver d'où le fameux : " Mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné?"
Le Christianisme, comme tout monothéisme, est pour moi une régression comparée au polithéiste, et à l'animisme, et même au Bouddhiste pour lequel je n'ai pourtant pas grande estime, en ce qu'il est prosélyte par nature. Tout croyant en un Dieu unique, et en une doctrine unique dont il juge qu'elle est  la seule réellement rédemptrice, ne peut que vouloir la répandre, et imposer par la force sa croyance.

Les critiques développées contre le monothéisme ne manquent pas.

Rappelons-en quelques unes brièvement.

Feuerbach pensait que Dieu était la projection de l'essence de l'homme. Il fallait donc que l'homme se réapproprie son essence, pour réellement diriger sa vie, l'assumer.
Déléguer sa responsabilité et ses qualités empêche l'homme d'être le maître de son destin.

Marx pensait que la religion en général, et pas seulement le monothéisme, était "l'opium du peuple". En effet, elle endort le peuple et l'empêche de vivre sa vie. Si les individus opprimés croient que "les derniers seront les premiers, et les derniers seront les premiers"  et cela pour l'éternité, pourquoi chercheraient-ils à modifier leurs conditions de vie?
Ils sacrifient le seul bien, la seule occasion de jouissance à leur portée, pour une hypothétique et chimérique autre vie.
La religion hindoue sert aussi à perpétuer les inégalités en légitimant le système des castes. La situation des intouchables est justifiée par leur karma, et par conséquent elle ne doit pas être remise en cause.

Pour Nietzche, la religion ( Christianisme mais aussi Bouddhisme ), affaiblit l'énergie vitale à force des restrictions qu'elle impose. Elle empêche l'homme de vivre sa vie. En condamnant son désir d'affirmation, en prônant l'humilité, elle renverse les valeurs.
L'homme doit être le créateur de ses propres valeurs.

Darwin lui a porté un grand coup en affirmant que les espèces évoluaient, et que l'homme descendait du singe ( même si ces théories ont été récupérées et détournées par les néo-créationnistes, style Teilhard, qui les ont orientées à leur avantage ).

Sartre, dans le sillage de Marx, explique que les apologètes de la religion sont des "techniciens du savoir" qui tentent de concilier artificieusement l'universel de la science avec l'idéologie particulière, locale qui assurent la domination des exploiteurs dont les religieux sont les parasites.

Freud en fait une fiction consolatrice. Dieu est le Père idéal, un Père tout puissant, capable de protéger ses enfants quand ceux-ci l'implorent.
La religion a donc son utilité pour ceux qui doutent peu car elle les dispense des névroses individuelles, mais elle inhibe considérablement leur intelligence. Elle les figent, les arrêtent, les abrutit. Elle est une "névrose universelle de l'humanité".
On gagnerait à lui substituer d'autres principes, qui, enseignés aux enfants dès le plus jeune âge, la remplaceraient avantageusement.

A chacun de piocher dans ces critiques celle qui lui plaira.

J'aimerais y ajouter une critique personnelle, à partir de Pascal  entre autres
Pour lui, nous devrions nous  concentrer sur "l'unique nécessaire", Dieu, et nous détourner des divertissements, qui nous en éloignent.
Il n'a pas vu, n'a pas accepté, que la  croyance en Dieu était le suprême divertissement, puisqu'elle faisait paraître la mort comme la vie véritable, et  la vie terrestre comme une simple préparation qu'il fallait sacrifier en vue de l'autre monde. Le fameux  "pari" est donc tronqué, car si l'on perd sa vie terrestre à vivre pour un Dieu qui n'existe pas, on perd tout, donc autant que ce qu'on pourrait gagner à parier sur l'existence de Dieu.

La seule façon acceptable de vivre la religion, c'est de ne pas la prendre au sérieux. Un christianisme tiède, édulcoré,  qui n'empêche pas de vivre sa vie comme on l'entend , contre le Christianisme des mystiques!
Lorsque la religion est prise au sérieux, elle est une aberration ( les types qui choisissent la prêtrise parce qu'ils ont peur de l'enfer ; les femmes qui optent pour l'habit par déni de leurs pulsions sexuelles...)

Le Protestantisme, comme l'a développé Stirner, est une aliénation pire que le Catholicisme.
En traduisant la Bible en Allemand, en la rendant facilement accessible, en supprimant la médiation entre la Parole et les hommes, la Réforme a plombé la vie des gens. C'est comme si elle avait rendu possible un tel renforcement du surmoi qu'il était susceptible d'accompagner le croyant partout, toujours, sans lui laisser plus aucun répit, aucun échappatoire.
Le Protestantisme a corrompu les Peuples plus que le Catholicisme ne l'avait fait.
Il a étendu à la majorité l'intransigeance mystique et contre-nature qui ne concernait avant lui que quelques illuminés épars.

Le pape prétend, avec beaucoup d'autres chrétiens, que le Catholicisme est une religion d'amour, et que Dieu nous laisse le choix, la liberté ( illusion à la base de tout notre système pourri soit dit en passant ).
Mais les non baptisés ont-ils une chance d'être accueillis dans le Royaume de Dieu?
Les grandes références Chrétiennes ( Saint-Paul, Saint-Augustin ) n'ont-elles pas affirmé qu' "hors de l'Eglise point de salut" ?
Quelle tolérance !
Et quelle liberté de choix , si mon athéisme me conduit tout droit en enfer !
Le primat de la crainte sur l'amour est évident dans ce qui motive l'adhésion du croyant au dogme, sile croyant pense que ses réticences peuvent être sanctionnées par l'éviction du Paradis et les tourments de l'enfer éternel !

Dernier point, le pape ose prétendre que foi et raison ne sont pas inconciliables, et cela grâce à Saint-Paul, et à ses synthèses entre la Parole de Dieu et le Logos grec, tradition reprise et retravaillée par Saint-Augustin, Saint-Thomas et j'en passe.

Mais il faut qu'on m'explique la rationalité de : -La Trinité, (le fait que Dieu soit à la fois 3 et 1, et 3 en 1)
                                                                                   -L'incarnation de Dieu en son Fils qui est aussi Lui-même  
                                                                                   -L'incarnation qui sert à racheter tous les péchés des hommes, à assurer le salut éternel des élus par la grâce de Dieu préservant néanmoins le choix individuel.
                                                                                   -La double nature de JC, à la fois complètement homme (soumis aux tentations), et complètement Dieu ( il ne pèche pas ).
                                                                                   -Le dogme de l'immaculée conception
                                                                                   -La résurrection du corps de Jésus le troisième jour, résurrection qu'il devait à la fois ignorer puisqu'il est homme, et anticiper puisqu'il est Dieu Lui-même
                                                                                   -La résurrection de JC qui ouvre la voie à celle de tous les élus lors du Jugement dernier.
                                                                                   -L'infaillibilité pontificale.


Franchement, qu'en pensez-vous?


Il existe d'autres  caractéristiques détestables chez les croyants :

-L'une d'elle est l'usage que les riches chrétiens font du terme "pauvre," usant et abusant du mot, comme s''il s"agissait de rabaisser les hommes désargentés en les placant dans une  seule catégorie stigmatisante et inférieure, comme s'ils étaient d'une autre nature.

-Une autre caractéristique est cette étrange manie qu'ont les Chrétiens de ne respecter l'humain qu'en tant qu'il est aussi le Christ, analogue à celle des Bouddhistes pour qui la nature de Bouddha est présente en chaque homme. A force de chercher Jesus ou Bouddha en tout homme, (on ne l'y trouve d'ailleurs jamais ), on oublie tout le caractère concret , réel de la personne qui nous fait face, sa singularité, ses caractéristiques, et on se concentre sur une sorte d'impersonnel ( Bouddhisme, Hindouisme ) ou de superpersonnel  ( Christianisme ) totalement abstrait.
                                  
                                                                                   -
                                                                             
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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 03:06


Dans ce blog, je me ferai l'ardent défenseur de la psychanalyse.
J'ai mes raisons pour cela.

Pendant mes premières années, certaines spécificités de ma situation m'ont placé à l'écart des autres enfants. Incapable de m'intégrer, mes rapports avec eux furent tumultueux, et je n'osais vraiment m'affirmer. J'étais devenu en quelque sorte le bouc-émissaire. Cela dura longtemps, de l'enfance à l'adolescence, jusqu'à ce que j'inverse la tendance et m'affirme par une violence excessive, pathologique. Je ne savais m'exprimer autrement.

Des ennuis vinrent donc s'ajouter à ceux qui préexistaient,  et je fus très rapidement sanctionné.

Je commencai, comme amorce d'une chute sans retour, par redoubler la classe de quatrième.
Après de multiples frasques en première troisième, on me renvoya et placa dans un CER, centre dont le but était la "rééducation" des jeunes délinquants, et de toutes sortes d'asociaux.
Puis je fus renvoyé d'une seconde troisième.
 Et je le fus à nouveau d'un BEPde comptabilité que j'avais "choisi" par défaut.

 Après un internement en HP pour jeunes, et une fréquentation assidue de la "zone", je désirai repartir à zéro, et optai pour la légion étrangère. Finalement, je devancai l'appel et m'engageai pour un service volontaire chez les paras.
 Ca s'y est mal passé. Ma voie était manifestement ailleurs. Je cherchais des solutions parallèles ( l'alcool, la poésie ), pour résoudre mon mal de vivre.

Je repris les études avec quelques années de retard, en seconde, et, victime des traumatismes du passé, je cherchai le salut dans les arts martiaux, la religion (  catholicisme et bouddhisme ), l'ascèse conditionnante, la philosophie, la psychiatrie. Je ne l'y ai pas trouvé.

Mes questions restaient sans réponse. Qu'est-ce qui n'allait pas en moi ? Pourquoi avais-je chuté ? Comment en sortir, ne plus être prisonnier des ombres du passé ?
On prétend que les questions importent plus que les réponses. Mais c'est devenu un cliché. A la base, quand on se pose des questions, on espère pouvoir y répondre.
Or, après tout un parcours, que j'ai relaté ici et simplidié à l'extrême, et alors que je n'y croyais plus, j'ai découvert la psychanalyse, et elle avait des solutions que ni les arts martiaux, ni la philosophie, ni les religions, ni tout le reste ne m'avaient donné.
Encore fallait-il que je sois prêt pour les recevoir.

Elle est devenue ma cause. Et, aussi, une aliénation, puisque j'ai comme l'obligation de la servir, d'en assurer le triomphe ou le renouvellement.
Elle m'a ouvert la possibilité de constituer le sens de ma propre vie. Et j'ai donc cru, peut-être à tort, qu'elle devait devenir le sens de ma vie, que je me devais d'en assurer la défense. Là est mon erreur, et un nouvel enchaînement. Je ne serais sans doute jamais un spécialiste de la chose, et je ne suis pas sûr d'en avoir le goût. A défaut donc de confondre ma vie -sa construction tâtonnante, la création d'un sens à partir de la prise de conscience de mes désirs véritables- que la psychanalyse m'a aidé à débloquer,  avec l'étude psychanalytique dont je pensais quelle serait la dominante de son sens, j'ai tout de même à coeur d'exposer et de partager quelques réflexions qui proviennent de mon étude et de mon expérience.

Elles feront l'objet d'articles à venir.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 19:57

Teilhard de Chardin est un jésuite né à Orcines (1881-1955).

Il est connu ( enfin l'était surtout ), pour avoir tenté de concilier la foi ( catholique ) et la science ( évolutionnisme contre fixisme ).
Il s'inspire davantage des théories Lamarckiennes que Darwiniennes. Il pense qu'il y a une évolution des organismes vivants vers le plus complexe, un progrès dans le monde, une finalité, donc une création évolutive et orientée, bien que partiellement libre du fait de la co-responsabilité humaine.

Pour Teilhard, il y a une loi fondamentale à l'oeuvre dans l'Univers, la complexité-conscience, qui appuie plus qu'elle ne dénie l'existence de Dieu. Elle exprime l'idée que l'Esprit s'incarne en des corps de plus en plus complexes, jusqu'au corps de l'homme, en qui apparaît la réflexion, une conscience "au carré", et la liberté.
L'Esprit transcende donc le corps de l'homme en l'homme, même si le corps est la "condition de possibilité" de sa réalisation.
Les hommes devraient continuer à progresser dans le futur, et former une noosphère ( sphère des esprits ou mondialisation ) évolutive ( noogénèse ).

Pourquoi pas ?
Cependant, sans rentrer dans le détail d'une critique religieuse du monothéisme, quelques points sont problématiques chez Teilhard.

Tout d'abord, où se situe la liberté humaine, la responsabilité puisque les capacités de l'esprit d'un homme sont strictement dépendantes du niveau de complexité de son corps?

Pour la même raison, l'immortalité de l'âme pose problème, car même si le psychisme humain est peut-être capable ( c'est pas sûr ) de déborder, de dépasser les conditions de possibilité ( le corps ) qui permettent l'émergence de ce psychisme, il demeure que cette éventualité est permise par la complexité du corps humain, et donc qu'elle doit cesser en même temps que la destruction du corps, ou dès que celui-ci s'altère suffisamment.

D'autre part, autre problème, Teilhard a critiqué les Chrétiens qui se désintéressent de ce monde-ci et qui attendent tout de l'autre.
Pour leur redonner le goût de l'action, il a cru bon de prétendre qu'elle était nécessaire à la réalisation totale de la Création, et donc à la venue de Dieu Lui-même, à la Parousie.
Le problème, c'est que c'est Dieu qui doit tout apporter au final, puique nous ne pourrons jamais franchir le saut du fini à l'infini, de la mortalité à l'immortalité par nos propres moyens. Donc, en quoi notre action peut-elle servir à quelque chose qui soit essentiel à la venue de Dieu Lui-même, puiqu'il semble très clairement qu'Il est seul en mesure d'apporter cet essentiel?

On dit parfois que Teilhard est victime d'un optimisme outrancier.
Je le pense aussi puisque, pour lui, Dieu n'est pas indifférent à sa Création, comme l'est celui de Descartes. Il y est engagé. Si la Création échoue, Dieu est entraîné dans sa Création en quelque sorte. Or, je ne pense pas que Teilhard envisage un échec de Dieu lui-même. Donc, tout le processus doit se réaliser pour le mieux, quelques soient les actions des hommes. Alors oui, Teilhard est un optimiste béat, et on ne comprend pas, encore, la valeur, le rôle de l'action dans un tel système.

En fait, si Teilhard avait eu le courage de rompre avec l'Eglise, s'il n'avait artificieusement rattaché ses thèses intéressantes au Catholicisme en particulier, et au Christianisme en général, son audience resterait d'actualité.
Il n'en a hélas pas eu le courage, d'où crise de larmes, regrets, doutes etc
Et surtout, il aurait couché avec sa grande amie, Lucile Swann.
Cela lui aurait évité la même erreur que Chateaubriand avec Madame de Récamier.
Comme quoi, ce n'est jamais très bon de vivre pour un autre ( le Christ en l'occurence ), et d'y sacrifier sa vie...
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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 19:36
Fedor Emelianenko est le meilleur combattant mondial en MMA actuellement !  
Son règne dure depuis six années.

Il a commencé par le judo, puis le sambo qu'il continue ( il y est multiple champion du monde ) et il s'est initié avec brio à la boxe pied poing pour compléter sa formation.
J'aime le voir combattre. Ses poings sont étonnamment rapides pour un lourd. Il sait comment placer son corps pour y mettre du poids. Ses projections sont spectaculaires. Son sol lui permet de se tirer des pires situation. Son ground and pound est sans équivalent.

Certains irréductibles contestent encore sa suprématie.
Il a pourtant triomphé des plus grands ( Tim Silvia, Arlovski, Randleman, 2 fois Coleman, Cro Cop, Arona, 2 fois Minotauro entre autres ).

Plus surprenant, il est joueur d'échecs, et surtout il apprécie la grande littérature russe!
Meilleur combattant du monde, et fin lecteur de Dostoievski, il n'y a que l'âme slave pour être capable de cela !

Toujours humble et respectueux de ses adversaires, il cherche perpétuellement à progresser dans sa manière de combattre.
J'ai remarqué que son entraînement, et celui de beaucoup de russes, était l'inverse de celui qui est montré dans la série des Rocky.
On y voit Stallone s'entraîner en pleine nature, avec des mouvements dits "naturels" comme abdos, pompes, tractions, et son adversaire Dolph Lundgren, qui joue le russe, s'entraîne en salle avec des machines. En réalité, ce sont les russes qui s'entraînent en plein air, et les ricains en salle.
Fedor dit d'ailleurs ne pas supporter l'idée d'une autre forme d'entraînement.

Fedor, "the last Emperor", est au combat libre ce Gary  Kasparov était aux échecs, où Alexander Karelin à la lutte Gréco-romaine. Sa domination est totale, il est sans rival.
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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 23:14


1 -Du fait de la spécificité de ce que l'aïkido s'efforce de trouver, l'efficacité proprement martiale met du temps à s'acquérir. C'est pourquoi, si l'on a besoin d'être rassuré physiquement, on ne doit pas hésiter à pratiquer un autre art martial, plus efficace à court terme, et on ne doit pas culpabiliser à la pensée de s'y exercer sous le prétexte qu'il serait moins évolué.
De plus, la conscience de la valeur de l'aïkido ne doit pas contribuer à l'édification d'un surmoi empiétant sur ses désirs véritables. Si l'on se force à la pratique de l'aïkido parce que l'on est attiré par son côté humaniste et spirituel, mais que l'on n'y trouve pas le plaisir réel que l'on éprouverait  par exemple dans l'exercice de la boxe ou du combat libre, il ne faut pas, je pense, s'y contraindre pour des motifs éthiques. Il faut aussi faire ce qu'on aime...

2-Il peut être intéressant de chercher à établir des ponts entre cet art et la pensée Occidentale. Il me semble notamment que les intuitions de Bergson développent de nombreux parallèles avec les perspectives développées par l'aïkido.
L'aïkido en quelque sorte, est le versant pratique de la théorie de l'évolution créatrice , la réalisation de certains moments de la pensée Bergsonnienne,  une création concrète d'imprévisible nouveauté...

3-Il est courant d'associer le zen à l'aïkido, presque comme si c'en était la philosophie officielle. Or, il n'y a pas, dans l'aïkido, la dévalorisation de la vie qui résulte inévitablement de l'idée que la distinction entre la vie et la mort est illusoire.
Ne pas craindre la mort pendant le combat n'est qu'un stratagème dont la finalité est de gagner en efficacité, donc de préserver sa vie et son intégrité. Il est donc naturel et légitime de craindre la mort, si l'on accorde une valeur spécifique à la vie. C'est d'ailleurs ce que pensait Ueshiba, sinon pourquoi s'efforcer de préserver de la destruction sa vie et celle d'autrui, et de sauver, en plus, toutes ses facultés?
De ce point de vue, il me semble que l'aïkido se rapproche davantage du Taoîsme et du Shintoisme que du Bouddhisme en général,  et plus précisément que du Bouddhisme Zen.

4-Dans les faits, la pratique de l'aïkido n'est pas aussi douce  que sa réputation le laisse entendre , elle ne va pas sans heurts. En réalité, elle peut être bien rude, et on peut se lasser des innombrables torsions de poignet et autres chutes claquées...

5-De par sa nature spirituelle, l'aïkido présente un danger de sectarisme.
Il entraîne dans sont sillage, en effet, de nombreux pseudo-gourous qui mélangent tous les plans, ne savent pas vraiment de quoi ils parlent, et confondent la spiritualité avec la pensée magique ( voir Kochi Tohei par exemple ).

 

6-Il est courant d'entendre dire que l'aïkido procure le parfait équilibre du corps et de l'esprit, la paix de l'âme.
En fait, c'est loin d'être suffisant. Rien de miraculeux à en attendre. Il a son rôle à jouer, et c'est déjà pas mal.

7- Comme on n'y emploie pas la force physique, qu'on y réalise l'idéal du Budo ( et du judo selon Jigoro Kano lui-même ),  qu'il n'y existe pas de compétitions, les catégories de poids, d'âge et se sexe sont absentes. On pratique avec tout le monde. L'aïkido doit fonctionner avec tous. C'est très bien, seulement tout avantage à sa contrepartie, et ce qui se gagne d'un côté se perd de l'autre.
Ainsi, le principe de non-opposition dispense les pratiquants d'une condition physique impeccable.
Par conséquent, et même si l'aïki est "physique", il ne faut pas en attendre un modelage sculptural du corps. Il faudra lui associer un autre type d'exercices pour ce but.

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 21:07


L'aïkido est un art martial que je pratique depuis une bonne dizaine d'années. Il a été crée par Morihei Ueshiba (  1883-1969 )
C'est une synthèse d'arts martiaux traditionnels nippons, et aussi une tentative de dépassement de ces arts de destruction, une transmutation recherchée, générant un renversement de perspectives.

Le vingtième siècle est l'époque des grandes révovations martiales. Cette évolution caractérise les arts japonais avec le judo ( synthèse et épuration de divers ju jutsu) le karatédo ( synthèse de styles Okinawaiens), le kendo ( version sportive de la voie du sabre ), le shorinji-kempo ( synthèse de ju jutsu et de kung fu shaolin ), et l'aïkido ( synthèse et modification d'écoles de sabre -Shinkage ryu-, de ju jutsu -Tenshin Shino ryu-, d'aikijutsu -école de Takeda).

Cette modernisation ne concerne pas que le Japon. On la trouve aussi à l'oeuvre en Corée : le taekwondo est une synthèse entre taekyon, warang do et tang soo do ; le hapkido est une synthèse entre l'aikijutsu japonais et le taekwondo.

Cependant, les arts martiaux japonais se sont davantage exportés. Cette réussite est due aux capacités de classification, d'organisation, de systématisation des japonais.
Mais pas seulement.
Il existe une spécificité, une aura propre à la culture Japonaise, et celle-ci est indissociable de son passé féodal, des légendaires mais bien réels samourais et ninjas.
Les temps étaient si durs pour ces guerriers, qu'il leur fallait une idéologie particulière qui leur apporta le détachement nécessaire pour relativiser l'importance de leur propre mort.
Pour ce faire, le Bouddhisme zen, ou plutôt une certaine orientation du zen, était plus adapté que la religion ancestrale de l'île, le Shintoisme.

Pour la branche du zen qui nous intéresse, les distinctions entre vie et mort sont illusoires, et résultent des erreurs de notre ego.
Celui-ci entrave nos perceptions et notre bon sens puisqu'il nous place individuellement en quelque sorte, au centre de l'univers.
Il faut donc s'en débarrasser, le trancher, et prendre conscience de l'impermanence de toutes choses, de l'éternelle vacuité.
Cette révélation, cet éveil doit dédramatiser la mort, et donc aider le guerrier à en vaincre la peur.

Mais cette nécessité qui était celle du guerrier n'est plus accordée à l'époque moderne, que signe l'ère Meiji ( 1868-1912 ), l'occidentalisation du Japon.

A partir du moment où l'on commence à envisager la vie pour elle-même, comme source de joie, et donc à considérer comme légitime et naturelle la peur de la mort, l'on se voue à des occupations d'un autre genre que celles qui, dans une optique de détachement forcé, étaient toutes orientées vers la destruction et la quête de l'état de conscience susceptible de l'assumer sereinement.

C'est pourquoi, pour les Japonais, il paraissait contradictoire  de préserver leur patrimoine martial et de privilégier leurs aspirations progressistes.
Ainsi, quantité d'anciens guerriers, riches de connaissances techniques raffinées, furent cantonnés dans des rôles subalternes, comme gardiens de parc, un peu comme l'apport des philosophes est dévalorisé dans le système capitaliste actuel.

L'antinomie entre tradition et modernité était-elle insurmontable?
Les formes anciennes de culture doivent-elles, sans reste, nécessairement être abandonnées au profit de nouvelles formes plus ou moins élaborées, ou bien y a t'il un moyen d'en conserver l'essentiel, la quintessence magnifiée, grâce à la richesse des processus synthétiques?

De jeunes maîtres japonais trouvèrent, ou créerent le chemin qui amorça la solution.

Les arts réellement traditionnels étaient sans doute incompatibles avec la recherche de pacification des moeurs, puisqu'ils étaient seulement orientés par le souci d'efficacité.
Il fallait donc les transformer, sélectionner et synthétiser, à partir des anciennes connaissances, les techniques appropriées aux temps modernes, et éventuellement les modifier.
Cette refondation fut la quête, entre autres, de Jigoro Kano pour le judo, de Gichin Funakoshi pour le karatédo, de Morihei Ueshiba pour l'aïkido.

Pour Jigoro Kano, le but du budo moderne était de favoriser "l'entraide et la prospérité mutuelle".
Il ne conserva, de toutes les branches qu'il étudia du ju jutsu, que les techniques appropriées à ce dessein dont on pourrait dire qu'il est l'équivalent de l'idéal antique de l'"esprit sain dans un corps sain".

C'est réellement cette évolution des techniques et des mentalités qui donnèrent aux arts anciens la dignité de voies spirituelles, d'où le rajout du suffixe do ( voie ), et ce même si l'histoire présente à toutes les époques des exemples d'hommes et de femmes qui cherchèrent dans les arts martiaux autre chose que l'art de tuer.

La différence avec les temps anciens vient du fait que c'est la nature profonde de l'art qui est changée, officiellement en quelque sorte. La pratique se veut spirituelle et aucun pratiquant n'est censé ignorer la  finalité profonde de l'art.
Ce qui était le propre d'êtres exceptionnels s'est universalité, démocratisé, est devenu la norme et se désire tel.

Q'est-ce donc qui renforce cette tendance, et culmine en l'aïkido, qui s'en veut l'apothéose, et le distingue?

En fait le processus par lequel la création d'Ueshiba se distingue est toujours à faire. Il n'est pas achevé. Il est le fruit évolutif d'une recherche qui ne connaîtra d'autre fin que celle de l'humanité elle-même.

Ueshiba constata qu'un défaut majeur et tenace persistait dans les arts martiaux modernes, ce qui les empêchait d'accéder à la fin recherchée et les rendait impropres à satisfaire leur éthique pacifiste.
En gros, ils ne disposaient pas des moyens ( les techniques, fondées sur les principes ), adéquats à leurs fins ( l'éthique altruiste ).
Certes, le karatéka ne doit pas attaquer le premier, et chaque kata commence par un mouvement défensif, incarnant cette orientation volontairement pacifiste. Il n'en demeure pas moins que l'effet inhérent à la réalisation de sa technique, s'il l'utilise, est l'annihilation de  la menace par la destruction parcellaire ou totale, provisoire ou définitive, de l'agresseur.
Et si le judoka dispose de ressources moins traumatisantes pour l'agresseur, elles conservent un degré élevé de dangerosité .
Ueshiba comprit donc que l'idéal moderne du budo, la préservation de la paix, ne serait qu'une vue abstraite tant que la technique, le sens de la technique n'épouserait pas l'éveil de l'Esprit.
Il fallait donc reconsidérer l'ensemble des techniques, pour, tout en en préservant l'indispensable efficacité, leur ôter leur capacité destructrice en réorientant par exemple les clés de bras dans le sens naturel des articulations, ce qui engendre la douleur mais ne provoque pas d'infirmités, ou en affinant les méthodes de projection, pour éviter une chute trop lourde etc

Le travail de toute une vie!

Par cette orientation pacifique renforcée, on comprend du même coup que toute la recherche aïki doit s'appuyer sur des techniques n'en contredisant ni les principes ni l'éthique. Les tentatives de synthèse entre l'aïkido et d'autres arts sont donc possibles et ont d'ailleurs été tentés ( tomiki aïkido par exemple ), mais il ne s'agit alors plus d'aïkido, puisque l'incorporation de techniques dévastatrices en contredit l'essence, les fondements, la nature, tout ce qui le caractérise comme aïkido.

Cependant, rien n'interdit d'envisager des innovations techniques majeures, à partir du moment où elles favorisent la tendance altruiste de cet art, et en préservent l'efficacité, le pragmatisme sans lequel l'art perdrait tout autant sa valeur, puisqu'il serait alors sans application possible ( l'agressé se doit une protection efficace : s'il fait juste de la danse, certes il ne détruit pas son adversaire, mais c'est son adversaire qui le détruit ) !

L'aïkido se veut donc un sport ( forme physique ), une self défense ( pour prévenir les agressions ), un art ( esthétique ) , une science ( basée sur des principes et des techniques), une voie ( spiritualité ), dont toutes les orientations s'efforcent de convertir la pulsion de mort en pulsion de vie, de construire quelque chose à partir de tendances hostiles et destructrices.
Il s'agit d'un effort réel donc, corporel, incarné, pour concilier la thèse ( l'agressé ), avec l'anti-thèse ( l'agresseur ), cette dernière n'étant pas niée mais acceptée, conservée et élevée dans la tentative d'harmonisation des énergies, de résolution pacifique des conflits. C'est un art que l'on pourrait qualifier de dialectique donc, au sens où la synthèse n'annihile pas mais préserve le meilleur des deux parties par l'enrichissement de la confrontation des opposés qui les élève au dessus d'eux-mêmes!

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 18:50

Fédérico Fellini :                 -Amarcord
                                               -La dolce vita
                                               -La strada
                                               -Le satyricon

Pier Paolo Pasolini :          -Théorème
                                               -Accatone
                                               -Mamma Roma
                                               -L'Evangile selon Saint-Matthieu

Luchino Visconti :               -Ludwig, le crépuscule des dieux
                                               -Senso
                                               -Les Damnés
                                               -Mort à Venise

Ettore Scola :                       -Nous nous sommes tant aimés
 
Dino Risi :                            -Le Fanfaron
                                               -Parfum de femme

Luis Bunuel :                       -Belle de jour

Michael Cimino :                 -Voyage au bout de l'enfer

Francis  Ford Coppola :     -Le Parrain
                                               -Apocalypse now

Elia Kazan :                          -Sur les quais
                                               -Un tramway nommé désir
   
Cécil B de mille :                 -Sanson et Dalida

Richard Fleischer :             -Vingt mille lieues sous les mers

Orson Welles :                     -Citizen kane

Richard Brooks :                 -Lord Jim

John Boorman :                   -La forêt d'émeraude
                                                -Délivrance

Sam Péckinpah :                 -Chien de paille

David Lean :                         -Lawrence d'Arabie

Wachowski ( frères ) :         -Trilogie Matrix

Arthur Penn :                         -Miracle en Alabama
                                                -La poursuite impitoyable

Stanley Kubrick :                  -Orange mécanique
                                                -Full métal jacket
                                                -Les sentiers de la gloire
                                                -Spartacus
                                                -Lolita
                                                -Shining
                                                -Barry Lyndon

Coen  ( frères ) :                   -The Barber

Jules Dassin :                      -Jamais le dimanche

Masaki Kobayashi :             -Seppuku

Nagisa Oshima :                  -Furyo
                                                 -Tabou

Wim Wenders :                     -Les ailes du désir

Schoendoerffer :                   -La 317ème section

Werner Herzog :                    -Aguirre la colère de Dieu
                                                 -Fitzcarraldo

Friedrich Wilhem Murnau :  -L'Aurore

Cart Theodor Dreyer :           -Jeanne d'Arc

 Serguei Eisenstein :            -Prince Newski

Mickail Kalatozov :                  -Quand passent les cigognes

Tarkowski :                              -Stalker
                                                  -Le Sacrifice

François Truffaut :                  -Jules et jim
                                                   -La femme d'à côté
                                                   -Le cycle Antoine Doinel

Louis Malle :                            -Au revoir les enfants

Jean-luc Godard :                   -A bout de souffle
                                                   -Pierrot le fou

Jean Renoir :                           -La grande illusion
                                                   -La règle du jeu

Marcel Carné :                         -Quai des brumes
                                                   -Le jour se lève
                                                   -Drôle de drames
                                                   -Les enfants du paradis
                                                   -Hôtel du nord
                                                   -Les visiteurs du soir

Robert Bresson :                    -L'argent
                                                   -Le Diable probablement
                                                   -Mouchette

Eric Rohmer :                          -Conte d'été


   +Films "distrayants" de qualité :  - série des Batman, Spiderman, X-men, et puis les films d'auteur à orientation psychanalytique et humoristique (Woody allen, Alfred Hitchcock) etc
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