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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 22:41

 

 A chaque catastrophe, des psychologues font parler les victimes ou proches des victimes. J'entends beucoup de critiques, comme quoi, autrefois, on n'avait pas besoin de cela, les hommes savaient se tenir, murer dans le silence, c'était digne etc...

En fait, comme les victimes du passé ne se confiaient pas, elles refoulaient leurs traumatismes, s'endurcissaient à outrance, jusqu'à ce que cela finisse par ressortir dans une autre forme, comme une explosion de violence.

Généraliser l'extériorisation du vécu par la parole, le partager, adoucit l'homme, et aide à prévenir le retour destructeur du refoulé.

A l'échelle d'une société, cette évolution des moeurs est vraiment positive, génère moins de rancoeurs, de blessures secrètes, et rend moins les hommes enclins à la guerre.

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 22:35

 

 L'anarchisme est le courant dont je crois être le plus proche. Dommage que les anar soient si sectaires, si autoritaires.

Leur credo, c'est "tous pourris sauf moi".

 A Paris, j'ai vu, dans une librairie anar, une affiche énonçant les conditions d'entrée dans un mouvement anar :c'était rempli de devoirs, d'obligations, d'interdits, de tabous.

Rien de moins anar que ce politiquement correct exacerbé, et au final proposant une vision du monde tellement plus édulcorée, gentillette et douceâtre que celle de n'importe quel conformiste!

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 18:37


Introduction

Les tenants du cognitivo-comportementalisme cherchent à supplanter l'influence des psychanalystes dans le traitement des pathologies mentales.
Cette volonté de main-mise a été relayée par le "livre noir de la psychanalyse", dont le but avoué était d'en finir avec l'oeuvre de Freud.
Cette violente attaque ne reconnaissait aucun mérite à Freud, sous le prétexte qu'il aurait falsifié l'histoire de cas pour les ajuster à ses théories.
C'est ce qu'on appelle "jeter le bébé avec l'eau du bain".
A la place de la psychanalyse, ils préconisent une méthode adaptative, une stratégie d'endoctrinement où il n'est nulle part question de liberté. Il s'agit de faire en sorte que le patient puisse coller au réel imposé, aux normes sociales, sans lui laisser la possibilité de s'en écarter.
Il ne saurait y avoir de critique de l'aliénation sociale des hommes, des conditions de travail, dans un tel système, ni nulle tentative de sonder les profondeurs individuelles pour permettre une prise de conscience de ce qui entrave, altère les désirs véritables des patients.
Leurs symptômes ne sont pas envisagés comme l'expression d'un malaise, d'une angoisse, de problèmes et complexes enracinés dans le psychisme, mais comme des troubles sans signification, ( sortes d'envers de lésions organiques, de conséquences de modifications anormales de l'activité cérébrale ), qu'il faut éradiquer, purement et simplement, quitte à amputer le sujet d'une part de lui-même.

On comprend que l'extension de leurs pauvres théories à tous les champs de la connaissance humaine, du phénomène humain, ne soit  pas leur fort, contrairement à la psychanalyse, aux implications et applications multiples.


Développement

Les principales thérapeutiques mises en oeuvre par le cognitivo-comportementalisme, sont ce qu'on appelle les TCC, pour thérapies cognitives et comportementales. Ce sont des thérapies qui rassemblent sous un dénominateur commun différentes pathologies, et uniformisent le traitement, c'est-à-dire  une prescription massive de médicaments pour endormir, abrutir, ( thérapeutes grassement rétribués par les firmes pharmaceutiques )  et des exercices de confrontations directes du "cobaye" à son problème.
Le patient cobaye remplit des fiches d'évaluation, dont le seul critère d'efficacité est la réduction de l'intensité et/ou de la fréquence des symptômes, considérés comme des troubles superficiels.
 Il s'agit donc d'une véritable torture qui est infligée aux patients puisqu'on leur prescrit un face à face direct avec leurs symptômes, par exemple, leurs phobies. Si le patient ne progresse pas par cette méthode, on préconise une augmentation des médicaments, voire de la psychochirurgie. L' ultime solution de ces criminels pour résoudre les problèmes des patients, c'est "Vol au-dessus d'un nid de coucous": la fin des difficultés existentielles et concrètes par la réduction provisoire ou définitive des possibilités cérébrales !
C'est la même logique que castrer le violeur, qui n'est pas plus viril qu'un autre, dont le manque de contrôle résulte donc davantage du psychisme que du physiologique.
Cela revient à tuer les potentialités d'un être pour le guérir, et, une fois stabilisé mais sans vie, à  le déclarer guéri.

Les thuriféraires des TCC prétendent ainsi réduire la complexité de la névrose obsessionnelle au TOC ( trouble obsessionnel compulsif ). C'est plus simple et ça passe mieux à la TV.
Ils déclarent qu'il faut faire prendre conscience à l'être dont la vie est parasitée par les TOC, qu'il pense "mal", qu'il lui faut modifier ses schémas de pensée magique, et tenter de résister aux pensées envahissantes, obsédantes, par sa volonté, un effort d'ailleurs contre nature.
Le névrosé obsessionnel agit comme si ses rituels avaient un impact réel sur sa vie et celle de ses proches. S'il ne les exécute pas, il se sent en danger, et s'il les exécute, il se sent protégé. Les adeptes des TCC pensent qu'en modifiant cette croyance, les patients finiront par triompher de leurs impulsions "délirantes".
Il est logique qu'ils le pensent, puisque pour eux, il s'agit de troubles et non de symptômes.
Or, ce qui montre bien qu'ils se trompent, c'est que leurs patients savent bien  ( encore faut-il les écouter ) que leurs rituels sont inadéquats aux résultats escomptés mais qu'ils agissent comme s'ils ne le savaient pas, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent faire autrement. Pourquoi ?
Parce qu'il s'agit de symptômes, c'est-à-dire, en l'occurence, de l'expression nécessaire d'une profonde angoisse, angoisse dont ils sont concients bien qu'ils n'en connaissent ni les causes ni les raisons, et que tant que cette angoisse subsistera, leurs symptômes continueront de les travailler, les trauma originels sourdront d'une façon ou d'une autre  comme un phénomène naturel.
L'expérience le montre.
Vous pouvez argumenter avec un obsessionnel, il peut approuvrer ce que vous dites, cela ne changera rien. Ce n'est ni un problème d'intelligence, ni un problème de luçidité, ni un problème de volonté. Il ne pourra s'empêcher de se livrer à ses exercices, tel un possédé, parce qu'il s'agit d'un besoin, ou d'une réponse à un besoin.
Bref, ses rituels sont des symptômes, qui manifestent une origine traumatisante mal assimilée, mal assumée, un fondement qui s'exprime de façon voilée, déformée dans des pathologies plus acceptables pour le patient mais qui lui sont incompréhensibles, dont le contenu lui échappe.

Donc, non seulement la guérison par l'attaque frontale du symptôme, sans se préoccuper de sa source, est illusoire, puisque s'il baisse d'intensité, il se déplacera, mais, dans le cas où cela fonctionnerait, ce serait même dangereux, car le symptôme est l'expression d'un besoin, et le besoin doit être satisfait. S'attaquer au symptôme de cette manière forcée peut engendrer des déséquilibres bien plus importants que ceux que l'on prétendait atténuer, voire supprimer.

Au contraire, le symptôme apparaît pour ce qu'il est, un symptôme, lorsque le mal est coupé à la racine. Il s'ensuit qu'il perd sa  fonction, et cesse spontanément.

Le traitement des phobies par l'approche cognitivo comportementaliste ( TCC ) est similaire à sa façon de traiter les TOC.
Ces pseudo penseurs ont compris, ( remarquons au passage l'approche purement quantitative, réifiante, chosifiante de l'homme ), que l'émotion diminuait nécessairement après un temps d'exposition à la "cause occasionnelle" du surgissement de l'angoisse. C'est physiologique. Ils en ont conclu qu'à force de répétition de l'exposition, la peur panique s'atténuerait jusqu'à la suppression du caractère pathologique.

Qui ne voit que cette approche méprise complètement le patient, son histoire individuelle, le pourquoi de ses pathologies, et que le patient  ne pourra jamais, par cette approche, redevenir le maître de sa vie, l'auteur authentique et conscient de ses entreprises ?

 Pour le psychanalyse, la phobie est symptômatique, donc elle a un sens, et une fonction.
A la suite de la mise en place d'une stratétigie défensive, un donné qui est apparu comme dangereux et excédant les capacités synthétiques du moi a été refoulé, et pour des raisons complexes, "mal" refoulé. Ce contenu ne cesse de s'exprimer et d'empiéter sur la vie du patient, cela lui est inhérent, mais comme il lui est primitivement apparu comme inacceptable, il apparaît par la suite symptomatiquement, c'est-à-dire qu'il produit des effets dont la censure déforme, travestit le contenu initial.
De cette façon, le contenu censuré peut se manifester, et sa manifestation est adéquate aux exigences de la censure imposée par le surmoi, qui bride plus ou moins violemment le moi, et limite les possibilités de satisfaction libidinale.
Le problème, c'est que ce complexe névrotique produit à la longue bien des effets néfastes, dont le sens échappe au patient, à cause de la déformation mise en place par la censure, et des nombreuses résistances à la prise de conscience de la source, à la vérité libératrice, à "l'abréaction".
Ses résistances divisent le patient, le scindent, le rendent étranger à lui-même. Il lui faut faire quantité d'efforts pour se retrouver lui-même.
Le psychanalyste l'aide à vaincre ses résistances, que, seul, le patient ne peut reconnaître comme tel, du fait de leur fonction. D'où l'utilité du transfert.

C'est donc naturellement que les symptômes du patient doivent s'atténuer, se modifier éventuellement, puis disparaître. Leur abolition progressive accompagne l'amélioration générale de l'état du patient. Celui-ci n'aura plus peur par exemple, de sauter d'un pont, non parce qu'il n'aura plus que l'envie de le faire, mais parce que, de plus en plus heureux et maître de ses orientations, il n'en aura plus du tout l'envie. Et alors, le pont sera franchi, sans efforts. Bien sûr, il restera toujours une part d'incertitude, et de risque. La vie est comme ça. Elle exige l'extériorisation, et toute extériorisation est prise de risque. Or, il faut que la pulsion de vie l'emporte. Mais cet aspect dangereux et angoissant de la vie sera réduit au nécessaire, au minimum vital. Son appréhension ne submergera plus l'individu ; elle perdra son caractère pathologique;

Conclusion

Les TCC reconditionnent à la mesure de leur déconditionnement, "reprogramment" à la mesure de leur déprogrammation.
La psychanalyse déconditionne, et laisse le reconditionnement au soin du patient. A lui, à partir de la résolution progressive de ses complexes, de se faire lui-même, de se construire pas à pas, de trouver les voies qui lui conviennent, de les créer au besoin.
Il n'est pas question pour elle, par exemple, d'aider le patient à la résignation,de lui trouver des motifs forcés de satisfaction dans les conditions objectives qui lui sont faites, et qui peut-être ne lui correspondent pas. Bien au contraire, il s'agit d'aider le patient à chercher le meilleur compromis possible, de lui permettre de changer les conditions subjectives et objectives de sa vie, de favoriser une réalisation, non fantasmée mais concrète, de ses désirs. Donc, l'adaptation au monde, facilitée par un soulagement intérieur, est aussi possibilité de modification réelle des modes d'accès au monde, interaction constante entre les évolutions du dedans et les évolutions du dehors.

En un mot, la psychanalyse ce n'est pas du dressage, l'apprentissage de la docilité, mais c'est la conquête de sa liberté.

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 18:24

Je ne vais pas reprendre ici la critique de la croyance en la responsabililité individuelle. Je l'ai développée, entre autres, dans l'article sur les "fondements de notre société".
Pour moi, il n'existe pas quelques déséquilibrés irresponsables. Il n'y a, principalement, que des irresponsables, et que des circonstances atténuantes.
Pas sûr que la liberté trouve une place dans l'ensemble des déterminismes!

Mais je veux simplement exposer, par des exemples concrets, en quoi la psychanalyse peut modifier, doit modifier l'appréhension des criminels par le monde judiciaire.
Elle dévoile les motifs véritables d'un nombre important de conduites délictueuses.

Il faut distinguer la délinquance intéressée ( recherche d'un gain, enrichissement illégal ), de celle, incontrôlable, qui résulte de troubles du comportement, même si les deux s'entremêlent souvent du fait de l'interaction constante entre la misère sociale et la misère psychologique.
Les études sociologiques, philosophiques ( Marx, Sartre, Foucault, Bourdieu ... )  explicitent les raisons de la délinquance par "intérêt", dévoilent que le droit sert souvent la domination des classes privilégiées, la perpétuation de l'idéologie qui structure la société,qui légitime les inégalités,et qui asservit la majorité des individus.
Et puis, ce n'est pas difficile de comprendre que des gens qui ne possèdent rien, vont être plus tentés par l'acquisition illégale de biens que des héritiers qui possèdent un chalet à Mégève et une villa sur la Côte d'Azur.
C'est pourquoi je n'insisterai pas sur cet aspect.
Mon idée, c'est plutôt de "compliquer" les choses, en montrant ce que masque la surface, et pour cela la psychanalyse est efficace.
Je ferai, également , une critique de la prison telle qu'elle est.

Beaucoup de criminels ne peuvent contrôler leurs pulsions, comme des enfants. Ne dit-on pas qu'ils sont souvent de grands enfants? C'est tout le problème. Leur processus d'autonomisation a été entravé, ce pourquoi ils ne sont pas sortis de la fusion. Pour pouvoir accepter la frustration provisoire, il faut que l'individu croit qu'il va finir par réussir, par aboutir. Mais s'il n'a pas été, pour des raisons sociales, familiales, suffisamment comblé dans son enfance, tout succès par la voie légale peut lui paraître inaccessible. L'individu n'a pas appris qu'il pouvait obtenir quelque chose  en y travaillant ( par des moyens acceptables socialement ). Ainsi, il prend de force.

D'autre part, l'individu peut, et cela tout à fait inconsciemment, commettre un crime pour aller en prison.
On s'y occupera de lui. Il n'y aura pas la nécessité de s'efforcer de subvenir à ses besoins, par ses propres moyens. Dans ce cas, un problème d'arrêt du développement psychique, conduit l'homme à chercher des raisons de vivre en dehors de lui-même.
Les individus qui ne sont pas suffisamment autonomes cherchent un cadre susceptible de les tenir, et les entretenir.
Cela peut être la religion, l'armée, la prison. C'est un fait connu de tous qu'un grand nombre de prisonniers, qui fantasment sur la liberté, s'écroulent complètement quand ils sortent. Ils déchantent vite car il leur faut se reprendre en main.
Et soit ils reprennent leur violente trajectoire, soit ils se laissent aller, et s'autodétruisent. Bien peu s'en sortent.

Il se peut aussi qu'un sentiment de culpabilité préexistant et angoissant attaché à l'enfance, et à des trauma plus ou moins conscients, poussent l'individu à la violence, à l'illégalité. Cela le rassure de rattacher son angoisse à quelque chose de concret, de réel.
C'est assez désolant de prendre conscience de l'enchaînement des complexes subis qui mène le criminel à perpétrer son acte. Le pauvre n'a pas choisi son enfance, et les ressorts de son attitude lui échappent.

 Enfin, les responsables institutionnels se rendent-ils compte que ce n'est pas en enfermant les gens dans des lieux où ils subiront des traumatismes à répétition, qu'ils s'amélioreront. L'institution est responsable du déchaînement de violence qu'elle tolère, voir qu'elle favorise en ses lieux.
L'intégrité globale de l'individu devrait y être préservée. Certes ce sont les prisonniers qui s'écharpent, mais l'institution pourrait, donc devrait y remédier en développant les structures appropriées. La pacification des moeurs ne peut résulter des prisonniers. Ils se dupent eux-mêmes, finissent par croire au rôle qu'ils jouent depuis trop longtemps. Ce n'est certainement pas dans la compagnie d'autres semblables qu'ils se permettront de baisser la garde, de dévoiler qu'ils sont, au fond, plutôt poète, sentimental ou autre. La prison ne peut que les maintenir dans leur rôle, le favoriser.

Il est probable que la croyance métaphysique en la responsabilité totale et entière des individus sert pour justifier les souffrances des criminels, qui doivent payer à la hauteur du "mal" infligé.
Il serait temps d'en finir avec ces conneries métaphysiques.

Un dernier point. Je ne peux m'empêcher la surprise, la stupéfaction, quand j'apprends par des rapports de sociologues, psychiatres étonnés, que la plupart des prisonniers ont des "troubles mentaux". C'est tellement évident !
Une importante proportion de ceux qui y sont les avaient antérieurement, sinon ils auraient mieux calculé leur trajectoire.
On a même vu que beaucoup de prisonniers cherchaient, sans le savoir et pour des motifs divers ( manque d'autonomie, sentiment de culpabilité préexistant ) la prison. Et, puis ceux qui y sont arrivés "sains", c'est-à-dire plus équilibrés que les autres, plus "adaptés"  aux normes sociales, développent eux aussi des problèmes psychologiques, parce qu'il est normal d'en développer dans les conditons qui sont les leurs, et qu'il ne peut en être autrement. Comment un individu luçide pourrait-il se satisfaire de cette situation, qui cumule les frustrations. L'homme est-il fait pour vivre aliéné, entre 4 murs, sans liberté, méprisé dans ses aspirations, infantilisé, maltraité?
Si l'homme ne développe pas des pathologies mentales dans de telles conditions, c'est qu'il était déjà bien atteint !

On a compris. Je pense que la justice moderne n'a pas intégré les apports psychanalytiques. Elle traite les hommes comme s'ils étaient absolument libres, inconditionnés, comme s'ils commettaient le "mal" en toute conscience et liberté, comme s'ils étaient des incarnations du Diable en quelque sorte, et elle les sanctionne en conséquence.







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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 08:30


Certains psychanalystes pensent que la psychanalyse renforce la responsabilité, donc la culpabilité des individus, y compris quand le "moi n'est pas maître en sa propre maison".
Ils défendent cette position en avancant que, comme l'inconscient fait partie de la personne, celle-ci est encore l'auteur pleinement responsable de ses actes quand sa conscience se fait déborder, submerger par des forces qui la dépassent.
Ils ont donc une compréhension de la psychanalyse proche de celle de Sartre.
L'homme choisit sa propre névrose en ce qu'il a en quelque sorte fallu qu'il ait primitivement conscience d'un danger, ( comme menace pour sa préservation interne ) avant de le refouler. La prise de conscience du danger est antérieure à la censure, au refoulement et par conséquent précède et commande l'orientation inconsciente. Donc, l'homme reste, avec ses névroses, l'auteur de sa propre vie, qui correspond à son "choix originel d'existence".

Le problème, c'est qu'ils n'ont rien compris.
 Le "choix" du refoulement, et de la névrose, est dicté par la nécessité. Sa fonction est de préserver l'individu d'une angoisse non assimilable en un temps donné. Donc, considérer que le sujet est libre parce que cette solution fait encore partie de lui, c'est vouloir sauver la morale à tout prix, mais c'est refuser de comprendre les mécanismes de survie psychique auxquels sont contraints les individus.
 La vraie psychanalyse, c'est une tentative d'appréhender le monde, réellement, "par delà le bien et le mal".
Ce ne doit pas être un système de justification des valeurs établies de plus, dont la finalité serait une stricte adaptation des individus aux normes en vigueur.

 Pour moi, elle contient même les éléments pour une rénovation des rapports humains et des rapports  entre l'homme et la nature. Ce n'est pas la seule voie qui la propose mais c'en est une, et de première importance.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 20:42


Je suis passé progressivement de la sphère étoilée à la Terre, de l'abstrait au concret. J'étais Platonicien, avec des tendances Stoïciennes. Je suis devenu Aristotélicien.
L'actualisation de puissance est un concept que je comprends. Et l'idée que pour être heureux, il faut un peu de tout, et toujours en lien avec du concret, ça me plait.

Bergson m'intéressait, et m'intéresse toujours, même s'il était trop spiritualiste à mon goût. Il a viré bigot ( il voulait se convertir au catholicisme ), et il s'adonnait au spiritisme.
Et puis, la durée concrète, comment l'esclave peut-il l'éprouver concrètement ?
Il m'a semblé que commencer par changer les conditions réelles d'existence des individus  était le plus urgent, avant les spéculations métaphysiques des classes oisives.
Je suis donc passé à Marx, surtout par l'intermédiaire de Sartre.

Ceci dit, j'ai eu plein de "périodes" entretemps.
J'ai eu ma période Kantienne, ma période Cartésienne, ma période Spinoziste, ma période Teilhardienne, ma période Girardienne.
A chaque fois, j'ai cru que ces auteurs avaient résolu l'énigme de l'existence.
C'étaient des "révélations", et comme toute révélation peut-être, elles étaient vouées à me décevoir.
Je finissais par y voir des failles malgré moi.

J'ai beaucoup lu Schopinou. J'adore le lire même si je crois qu'il faudrait tout y "renverser".
Je pense que Nietzsche l'emporte haut la main, mais le lire accentue mes névroses. Il me rend hystérique.
C'est curieux, mais je prends moins de plaisir à la lecture d'une oeuvre que je juge plus vraie que celle dont elle est issue.

Après bien des pérégrinations, y compris mystiques, je fus très fortement attiré par l'oeuvre Sartrienne. En fait, j'ai commencé par abhorrer tous ceux qui deviendraient mes principales influences, c'est-à-dire Darwin, Freud et Sartre, ce qui est tout de même surprenant. Mais je pense qu'ils ont tenu justement parcu que j'étais contre. je n'en attendais rien de bon. Sartre a été le grand tournant, celui par lequel j'ai pris conscience ( repris conscience serait plus exact ) de plein de choses, à commencer par l'aliénation. j'ai redécouvert beaucoup d'auteurs grâce à lui. Il a renouvelé ma vision du monde. Même si, avec le temps, j'y ai mis au jour de nombreuses lacunes, notamment en rapport à sa conception de la liberté.

Puis j'ai découvert Freud, dont l'oeuvre me résiste encore, sans doute parce que j'y suis très impliqué.

Je suis donc passé de la perspective "marxo-existentialiste", de Sartre, en gros l'homme est déterminé, mais il reste libre, à la perspective "Aristo-Spinozo-Darwino-Freudo-Marxo-Lévi Strausso-Bourdieusienne".
Les déterminations l'ont emporté, et la liberté éventuelle s'est réduite comme peau de chagrin.
Quelques soient les désillusions, je pense davantage approcher du vrai que les "Platono-Cartésiano-Kanto-Hégéliano-Sartrien".


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 20:20


Le féminisme est un courant que j'apprécierais s'il ne se masculinisait pas !
Les femmes qui veulent se comporter en homme, très peu pour moi.
Rôter, péter, se battre, c'est déjà vulgaire pour un homme, alors pour une femme...
 
Simone de Beauvoir, dans le "Deuxième sexe", prétendait "qu'on ne naît pas femme, on le devient".
C'est oublier un peu vite que l'éducation impose un rôle en fonction de la différence anatomique, donc pas tout à fait au hasard.

Et, surtout, il est possible que la différenciation extrême des sexes, les exigences cloisonnantes et caricaturales, soient en quelque sorte voulues par la nature, c'est-à-dire qu'elles correspondent à un besoin de l'espèce. Cela est peut-être nécessaire à sa perpétuation.

On ne comprendrait pas, autrement, pourquoi à chaque période de masculinisation des femmes, et de féminisation des hommes, succède un retour extrémiste aux stéréotypes.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 18:21



Je pense que le sens de la vie, c'est le bonheur.
Ca peut paraître naïf, mais je vais argumenter.

Il me semble que quand nous cherchons le sens de l'existence, de notre existence, nous ne sommes pas dedans.
Et je crois que, heureux, nous le sommes,

En effet, le bonheur se suffit à lui-même, il n'a pas besoin de justifications. L'homme ne se pose pas la question du sens de son existence, quand il est heureux, content d'être là, puisque le simple fait de l'être y répond, puisqu'il éprouve alors directement la réponse.

C'est même dans le bonheur que je vois la véritable signification du "vivre le temps présent" des sages.

Ce n'est pas en se concentrant sur le moment présent que l'on devient heureux, c'est l'inverse. Le bonheur génère la jouissance de l'instant, ce vécu particulier.
Celui-ci est inhérent au fait d'être heureux.
Pourquoi ?

L'impression de gâchis ne nous mine pas si l'on est heureux. Du coup, cet état n'engendre pas la recherche forcée de compensations au malheur passé, l'obligation de constituer un sens pour réparer ce qui nous apparaît comme du temps perdu.
On ne se pose la question du sens de sa vie que lorsque l'on est affligé. Le fait d'en éprouver le sens instantanément dans la joie permet de vivre l'instant présent, et parce que cette plénitude se suffit à elle-même, et parce qu'elle dispense du travail de reconstruction, de la quête de rédemption réparatrice qui se pose pour celui dont le vécu n'est pas, n'a pas été  ressenti comme satisfaisant.

Reste le problème : comment parvenir au bonheur ?
Peut-être en s'actualisant en permanence, peut-être pas.
Peut-être en trouvant sa place dans le monde, ou bien en se pacifiant soi-même.
Et peut-être que ces accomplissements particuliers ne s'excluent pas, qu'ils se complètent "naturellement".

Mais c'est une autre histoire.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 18:01


Je ne comprends pas pourquoi la plupart des gens regardent la TV, passent leur vie devant la TV.

Elle leur donne des références communes, ce qui leur est utile pour ne pas se sentir exclu.

Quand même !

Indépendamment de la nullité, de la vulgarité de 90% des programmes, dont la finalité consciente doit être l'abrutissement généralisé*, les téléspectateurs sont-ils à ce point "endormis" qu'ils ne savent pas, qu'ils n'éprouvent pas le caractère temporel de leur vie?

Comme l'écrivait Sénèque dans "De la brièveté de la vie", notre vie, c'est le temps, et elle pourrait nous paraître longue si on l'employait correctement.

Perdre son temps, c'est perdre sa vie.

Pourquoi seule une minorité le sait ? N'y a t il pas mieux à faire de sa vie qu'en gaspiller les virtualités à cause de la fascination entretenue par les pouvoirs étranges du petit écran ?
Ou bien la majorité , piégée, enchaînée, y consent-elle parce qu'elle y trouve son bonheur, et son bien, la vérité de son existence, réellement ?

Se pourraient-ils que les Lagaffe, Coé, Delarue, Sébastien, Ruquier et consorts soient l'horizon ultime de la vie du grand nombre, l'apothéose indépassable, le sens qu'ils cherchaient ?

La vraie question, ce n'est pas : Comment peut-on être Persan ?
La vraie question, c'est comment peut-on, comment peuvent-ils regarder "La ferme célébrités", sans avoir l'impression simultanée de perdre leur temps ?


*Comment pourraient-ils en être autrement ? Les patrons de chaînes ont une certaine culture. Ils ne peuvent qu'être de mauvaise foi s'ils ne reconnaissent pas la stupidité, le grotesque, l'infantilisme des programmes qu'ils imposent. Le public suit il est vrai, mais ils ne font rien contre.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 17:52

L'humilité est bien souvent un stratagème dont la finalité reste  inconsciente.
Elle est utile pour supporter la frustration.
Elle permet de pouvoir différer l'expression de son intériorité et donne des ouvertures sur des voies non empruntées, ou elle repousse les limites, que l'on jugeait indépassables, de la voie privilégiée.
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