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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 22:52


Il est coutumier d'entendre les Bouddhistes stigmatiser les "émotions négatives". Pour eux, non seulement la souffrance domine, mais il faut toujours l'annihiler. Ils rejoignent Spinoza pour qui la joie est "augmentation de la puissance d'agir" et la tristesse "diminution de la puissance d'agir".

C'est oublier que la tristesse a son rôle. Elle nous est nécessaire, comme la peur. Elle nous est même indispensable biologiquement. Et puis la tristesse, la  souffrance, les émotions négatives font parties de l'expérience humaine, de la gamme naturelle de nos affects.Vouloir en atténuer l'impact, c'est normal, à condition de rester dans les limites d'une saine dialectique. Mais chercher systématiquement à les écarter, à les étouffer par des méthodes non naturelles, comme la méditation, à chaque fois qu'elles émergent, conduit à amputer l'être d'une partie substantielle de lui-même, et cette dénégation d'un vécu ordinaire ne manquera pas de faire retour symptômatiquement.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 22:31


Le fondateur de la psychanalyse, Sigmund Freud, s'est beaucoup méfié de la philosophie.
Elle représentait d'après lui un danger important pour le penseur, celui de s'égarer en de vains et fumeux verbiages, de "spéculer" dans le vide. La vocation de Freud, la voie qui lui permettrait de se réaliser, et d'être réellement utile, n'était pas d'être philosophe, ce qu'il comprit intuitivement et rapidement, et c'est peut-être pourquoi il a senti que l'attrait de la philo était un danger pour lui plus particulièrement, et qu'il devait combattre une tendance naturelle à développer des théories qui seraient déconnectés des faits.

 Il a, par ailleurs, établi une comparaison entre le philosophe, le religieux, et le schizophrène, puisqu'ils fondent tous un système artificiel de mots et de concepts, de significations dont ils s'enveloppent, et qu'ils projettent ce système sur le monde, l'humanisant à leur manière pour le rendre moins hostile.
Les systèmes des schizophrènes ne sont pas intrinsèquement moins valables que ceux des philosophes et des religieux, pas moins erronés dans leur adéquation au réel, mais ils s'en différencient tout de même puisque leurs créateurs ne peuvent communiquer, partager leur délire, se socialiser à partir de leurs créations, ou adhésions à des fictions consolatrices préexistantes.

L'apothéose du délire philosophique est atteint en la personne de Hegel, qui prétendait subsumer le monde et l'ensemble de son devenir sous des concepts forgés par lui-même.
C'est une forme avancée d'anthropocentrisme. Comme si tout l'univers ne "vivait", n'existait que pour l'homme, que le philosophe Hegel en avait compris les lois fondamentales, et qu'il les restituait dans son système !
Cependant, si la critique porte, on peut contester la réduction opérée par Freud , qui semble dévaloriser la richesse de la pensée Hégélienne et de tous ses aspects parce qu'elle s'apparenterait au délire dans ses fondements, son axe principal. C'est oublier la pertinence des effets de sa dialectique, dont la fécondité est l'une des plus fructueuses de l'histoire de la philosophie ( ne serait-ce que par Marx ).

Certains auteurs ( Raikovik ), considèrent Freud comme un plagiaire de Schopenhauer. C'est évidemment de la mauvaise foi. Schopenhauer n'a écrit que quelques dizaines de pages sur la folie, le refoulement, ses causes, ses effets, et en plus dans une optique tout à fait différente.
Pour Schopenhauer, la vie est avant tout souffrance, oscillation perpétuelle entre le manque ( désir ) et l'ennui ( désir satisfait ). Il serait préférable de parvenir à la "négation du vouloir vivre", anéantissement suprême, extinction définitive, sa conception du nirvana.
Comme c'est peu aisé d'y parvenir, il y a des méthodes pour contourner les diktats de la nature, subvertir le vouloir vivre, comme la  création artistique, l'homosexualité ( on détourne la sexualité de sa finalité, de son ordre naturel ).

Pour Freud, la vie a une valeur, le désir n'est pas condamné. L'épanouissement de l'individu est possible, et s'il n'est pas pure affirmation du vouloir vivre, il en est encore moins la négation, puisque cette affirmation est de toute façon absolument nécessaire. Il y a toujours limitation du principe de plaisir par l'extériorité , mais c'est par son adéquation au réel que le désir peut se concrétiser et s'approfondir, et donc donner le sentiment d'exister. Sinon, il reste du domaine du fantasme, du rêve. A l'inverse, si le principe de réalité l'emporte et annihile le principe de plaisir, c'est l'aspect contraignant de la vie qui triomphe. L'équilibre psychique résulte donc d'un compromis sans cesse renouvelé entre principe de plaisir et principe de réalité. D'où une certaine normativité. C'est justement parce que la vie est précieuse, et exigeante, qu'elle réclame la lutte, que l'on doit combattre la tentation des multiples régressions infantiles, car la vie d'un individu ne s'épanouira pas complètement s'il y cède.
Evidemment, cela n'aurait aucune importance si la vie n'avait aucune valeur, et à plus forte raison si l'individu devait s'efforcer d'atténuer, d'affadir le vouloir vivre en lui.

On comprend ainsi pourquoi Freud est plus proche de Nietzsche. Mais il va beaucoup plus loin dans son absence de concessions. Nietzsche, avec le surhomme, l'éternel retour par exemple, a réintroduit les arrières mondes qu'il avait niés.
C'est parce que Freud, qui a mis au jour "l'inquiétante étrangeté" en chacun d'entre nous, l'a découverte contre son gré en quelque sorte, contre son goût de la rationalité, sa méfiance de l'ésotérisme ( alors que tant d'autres, moins solides -Jung- s'y empressent naturellement ), que Lou Salomé, amie de Nietszche, est devenue disciple de Freud, et qu'il soit le seul qu'elle ait reconnue pour Maître.

La violence de l'oeuvre de Freud est pure, elle n'est pas rattrapée, pas compensée par une quantité d'artifices philosophiques dont sont friands les philosophes, et auxquels même Nietzsche n'a pas su résister ( aidé en cela par son immense fragilité ).
L'oeuvre de Freud est beaucoup plus radicale que celle de Nietzsche.
Freud, c'est Nietzsche moins le délire qui en atténue les effets.
Un Nietzsche qui irait à l'essentiel, et qui baiserait Salomé, et qui danserait peut-être. 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 01:22

Je vais aborder la critique du Bouddhisme.

Le Bouddhisme est fondé sur les 4 nobles vérités :

-la vérité de la souffrance. ( Toute vie implique souffrance )
-la vérité de l'origine de la souffrance. ( le désir, les attachements )
-la vérité de la cessation de la souffrance. ( elle est possible )
-la vérité du chemin à suivre pour triompher de la souffrance. ( couper le désir à la racine )

La souffrance l'emporte donc sur la joie dans la vie. Elle est même le propre de la vie puisqu'elle seule a une existence "positive", et puisque la joie, qui consiste en la diminution de la souffrance, est"négative".
Le problème, c'est qu'on est enchaîné à la vie par le désir. Il nous faut le vaincre, mais pas superficiellement, car alors nous nous réincarnerions dans une autre vie, et ainsi de suite,  alors qu'il nous faut atteindre  l'extinction totale du désir, donc de la vie, la résolution définitive des tensions., bref, le nirvana et la mort.

Plusieurs difficultés apparaissent déjà.

1 Comme la renaissance est un phénomène des plus contestable, tout l'effort Bouddhique aboutira à ce que nous atteindrons tous naturellement et sans efforts, la mort.
( La croyance en un cycle de mort et de renaissance est un stratagème inconscient afin de se rassurer, car les Bouddhistes, par ce subterfuge qui fait de la mort, de l'extinction bien définitive, un but presque inatteignable, se persuadent  ainsi qu'ils vont continuer à vivre indéfiniment, ce qu'ils espèrent au fond ).

2 Toute la doctrine est fondée sur le primat de la souffrance sur la joie. Il suffit d'accorder une valeur positive à la joie, et donc à la vie et au désir, pour que toute la doctrine s'effondre.
La vie n'est pas oscillation perpétuelle entre le manque ( désir non satisfait ) et l'ennui ( désir satisfait ), comme l'écrivait Schopenhauer.
Elle est aussi affirmation et joie.
Certes, la réalisation d'un désir déçoit partiellement, mais elle comble aussi partiellement et provisoirement. Et c'est en allant de réalisation en réalisation que l'homme progresse, que l'homme se trouve.
Il est de toute façon préférable d'avoir "tout" vécu et d'avoir été déçu, et du coup, rassasié, de quitter le monde sans trop de peine, que de n'avoir "rien"  vécu, être passé à côté de sa vie, et plombé par les regrets.
Les Bouddhistes ignorent que toutes les  formes de détachement sont des méthodes inconscientes pour mieux gérer l'attachement. Mais parvenir à rompre tout attachement, de son vivant, serait une aberration, un crime contre la nature de la vie.

3 Si les Bouddhistes respectent toute forme de vie, c'est pour que la créature vivante puisse aller au bout de ses possibilités, afin de lui permettre de se réincarner en une forme plus complexe. On lui laisse vivre sa vie dans ce but.
Ainsi, on n'interfère pas avec le "karma" de l'animal, ce qui est aussi bon pour notre propre karma. Et on accroît les chances de l'animal épargné ( ainsi que les siennes d'ailleurs ) d'être "délivré" lors d'une future renaissance.
On lui épargne donc sa vie pour accroître ses chances de mourir pleinement et véritablement, en aucun cas par respect de la vie.

D'autres difficultés qui proviennent de la doctrine du Bouddhisme résultent de sa vision "non dualiste" de l'existence et du monde. En condamnant toute scission générée, arbitrairement croient-ils, par l'ego, le langage, la science, ils réintroduisent systématiquement ce fameux dualisme tant critiqué, sans même s'en apercevoir.

Et puis, on peut s'interroger sur la notion " trancher l'ego". Certes, celui-ci peut être hypertrophié ( narcissisme ), mais il a sa place.
Pourquoi la nature nous aurait-elle pourvue d'un ego ( comme d'une conscience ), s'il n'avait son utilité, sa fonction ?
 Il faut être déjà bien malade ( comme se prendre pour objet quasi exclusif de sa libido, libido du moi ) pour chercher à se débarrasser de son ego !
 
Cela vaut pour les mots et concepts. Les "koan", sortes de formules rituelles absurdes, servent à nous faire prendre conscience des limites de la spéculation pour appréhender le réel "tel qu'en lui même".
Pourquoi pas ? Mais il faut au moins justifier ce primat de l'intuition sur l'intelligence, comme l'a fait Bergson, ou cela peut conduire à toutes sortes de dérives sectaires et incontrôlables.
N'importe quel charlatan peut s'emparer de ce procédé pour masquer son ignorance.
Pourquoi la nature nous aurait-elle attribuée la capacité à créer les concepts, s'il ne fallait en user ?

Et, dernier point, le Bouddhisme me paraît en contradiction avec la nature elle-même, le désir naturel d'expression, de communication, de transmission.
Son "idéologie", bien éloignée des exigences vitales, de la lutte pour la vie, me semble donc contre-nature.
Je ne la sens conciliable, ni avec Darwin, ni avec Lamarck.





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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 23:37


Je me suis longtemps intéressé au Bouddhisme.
J'ai eu ma période Bouddhiste, comme j'ai eu ma période catho ou ma période philo.

Le Bouddhisme a commencé à m'intriguer quand j'ai vu le film "Siddharta", de Bertolucci, avec Keanu Reeves dans le rôle du Bouddha.
J'ai trouvé que ce film dégageait une espèce de sérénité, et j'avais fort besoin de me pacifier à l'intérieur, ( comme à l'extérieur d'ailleurs ).
J'ai commencé par méditer seul. Je ne savais comment m'y prendre. Fallait-il fermer complètement les yeux ou bien les laisser entrouverts? Devions-nous fixer un point avec le regard ? Quelle était la posture exacte ? Que signifiait faire le vide ? Comment l'obtenir ? Et quel était le rôle de la respiration ?
Je me débrouillais tant bien que mal. Ma curiosité à l'égard du Bouddhisme finit par se dissiper un peu, quand je fus confronté à d'autres problématiques, d'autres exigences. Elle se réactiva quand je repris mes études au lycée, après le service militaire.
Il faut dire aussi que j'associais le Bouddhisme aux moines shaolin qui étaient en quelque sorte des modèles pour moi.
Je décidai donc d'approfondir cette voie. Je lus quelques livres sur le sujet. Mais, comme je suis extrême en toute chose, je voulais, comme le Bouddha, atteindre le Nirvana. Ne dit-on pas que tout homme a la nature du Bouddha, après tout ? Je désirai atteindre une espèce d'affranchissement définitif, sans retour ( sans régression, tentation de la régression ) possible.
Je pris contact avec la Gendronnière, temple situé près d'Orléans, et fondé par Taisen Deshimaru, disciple de Kodo Sawaki. Deshimaru est une figure du Bouddhisme Zen en France. C'est lui qui a initié son développement. Il a commencé par avoir un dojo à Paris, ou se côtoyaient quelques célébrités ( Matzneff, Béjart ) et beaucoup de drogués.
Deshimaru était mort depuis quelque temps déjà quand j'allais livrer mon corps et mon âme à une Sesshin ( pratique intensive de la méditation et de l'enseignement Zen ). Il est décédé d'un cancer foudroyant du cerveau. Trop de méditation peut-être ? Mais ce n'était de toute façon pas très important pour lui, la distinction entre la vie et la mort n'étant qu'une illusion générée par l'ego, et cette vérité apaisante de la non dualité devant nous apparaître lorsque notre ego ne rompt plus le flux, la continuité des phénomènes par ses interventions intempestives. Nous y reviendrons !

Ma première surprise, ce fut de constater la différence entre l'atmosphère particulière du Temple et celle d'un Monastère Chrétien. L'accueil y est plus froid. On doit se débrouiller seul, comme si on devait faire ses preuves, avant d'être accepté. L'ambiance y est lourde, sans doute du fait des séances de méditation, car elles font un peu l'effet d'une auto-analyse, c'est-à-dire qu'on y est seul face à soi-même. Des "Démons" surgissent toujours lors des séances, car elles durent longtemps ( 1 h 30 scindée en deux , avec une pause occupée par une marche méditative  ) et elles sont nombreuses ( 3/4 dans la journée ). Pas de transfert/contre-transfert ici, il faut assumer seul sa part d'ombre. C'est pour cela que de nombreuse personnes craquent.

Le but est de n'en avoir aucun, d'être au-delà, ou en-deça de la dualité de l'espoir/désespoir, du sens/non sens, de la vie/mort. Mais, s'il ne faut pas entretenir ses pensées, on ne doit pas chercher à les dissiper volontairement. On doit seulement les laisser passer naturellement.
Par ce processus, le vide "s'instaure" progressivement, mais, plus exactement, il est ouverture à une autre forme de conscience, débarrassée de l'ego, qui allège notre perception du monde, l'épure, nous permettant de nous concentrer sur l'essentiel. ( Laisser passer les idées et images qui nous traversent peut évoquer l'association libre en psycha- nalyse ).

Evidemment, il existe de nombreuses rechutes. Pour s'en prémunir, atténuer leur impact, ou les détourner, le méditant dispose de plusieurs moyens.
D'abord, Il doit se concentrer sur sa posture, ( dos bien droit, genoux enfoncés dans le sol, épaules relâchées, menton légèrement rentré, yeux entrouverts, sommet du crâne tendu vers le haut ).
La rectification incessante de la posture aide à évacuer les pensées parasites, et à contrer l'assoupissement .
Ensuite, il doit développer une respiration lente et profonde, dont l'expiration l'emporte en durée sur l'inspiration. On prétend qu'une bonne respiration découle naturellement d'une posture correcte. Respirer convenablement, profondément, aide l'esprit à se tranquilliser ( par l'intermédiaire de l'interaction avec l'organisme ).
Enfin, le méditant peut, s'il le souhaite, demander à recevoir un coup de bâton, "kyosaku",asséné par derrière, et sur un point précis de l'omoplate. Ce coup sert à vérifier la concentration du méditant puisqu'il ne doit pas ressentir de douleur s'il est suffisamment relâché. Il sert aussi à réveiller ( à coup sûr ) celui qui s'endort. Et il est utile pour distraire celui dont l'esprit lutte avec ses obsessions.

Dans les Temples Zen, la nourriture est très bonne. Le cuisinier est très respecté, et ce n'est pas étonnant si on considère les affinités du zen avec la cuisine, art éphémère par excellence, dont les produits son si vite consommés.

Il est habituel d'associer le travail manuel à la méditation, comme chez les Trappistes "ora et labora".
J'ai ainsi pu tâter du ménage, de la  cuisine, de la vaisselle, du jardinage, et du "bucheronnage", et c'était sympa, toutes ces activités en peu de temps.
En plus, comme je dormais en dortoir, j'ai pu faire beaucoup de rencontres, dont pas mal de phénomènes, avec entre autres un sous marinier, un bûcheron, un philosophe, un grand type au crâne rasé dont la vraie passion était le Bouddhisme tibétain mais dont un maître n'avait pas voulu, lui conseillant d'aller voir un psy d'abord, ce pour quoi il était avec nous chez les zen, ( nous voulions pratiquer avec les moines de Shaolin ensemble ), et quantité "d'anciens" drogués.
Il y avait aussi des malades incurables qui cherchaient la guérison miraculeuse avec le zen. Ils n'ont pas compris que le zen, loin de redonner la santé, relativise et dédramatise la mort. Enfin, c'est peut-être de parvenir à cette façon de l'envisager qui est le miracle et la grande santé.

 

J'étais assez intransigeant. On nous enseignait qu'il fallait se tenir dans la vie comme dans le zazen, et je les voyais tous se relâcher, même nos "guides".

Plusieurs filles me draguèrent, dont une superbe actrice de théâtre, mais j'avais l'esprit si mal tourné que je les considérais comme des démons séducteurs qui me distrayaient de ma quête, comme les tentatrices de Bouddha.

Moi mon but, c'était le nirvana, et je me dis qu'il me faudrait rester en méditation jusqu'à ce que j'y parvienne. Je m'y suis abymé les genoux plus tard.

J'avais ma conception du "juste milieu". Je trouvais qu'il servait d'alibi pour ne rien foutre. En fait, le Bouddha a beaucoup lutté ( ascèse intransigeante ), avant d'accéder à la tempérance. J'avais l'impression que les Bouddhistes déniaient l'importance du combat, comme s'ils désiraient le but sans la médiation nécessaire pour y parvenir, la fin sans les moyens adéquats.
C'était sans doute vrai pour beaucoup. Mais ce qui l'est aussi, c'est que l'on doit se servir de l'exemple des anciens pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, pour atteindre plus rapidement leur niveau, sans quoi leur transmission est inutile.

J'aborderais l'aspect critique du Bouddhisme, dans un autre article.




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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 22:34
La psychanalyse est-elle fondamentalement une énergétique des pulsions ( Freud, Ricoeur, Castoriadis),  comme la Comédie Humaine était une énergétique des passions, ou bien est-elle essentiellement une affaire de linguistique ( Lacan)?

Paul Ricoeur, dans "De l'interprétation", a critiqué la réduction linguistique de la psychanalyse opérée par Lacan.
Cette démarche lui causa beaucoup d'ennuis, et beaucoup d'ennemis.
De fait, Lacan, pourfendeur de la sclérose institutionnelle de la psychanalyse, de la position du psychanalyse comme "sujet supposé savoir", est devenu, paradoxalement, "le" sujet supposé savoir par excellence pour ses disciples, un gourou adulé ne souffrant aucune contestation, et son influence a suffit à dégoûter de la psychanalyse des individus qui sont amenés à la confondre avec le "lacanisme", du fait de son emprise.

Une des critiques des théories Lacaniennes les plus intéressantes est celle effectuée par Cornélius Castoriadis.
Dans ses "Carrefours du Labyrinthe" il conteste un certain nombre de points.
Lorsque Lacan parle de "non séance", de "non analyse", de cure "sans finalité", de séances dont la durée est variable, on peut y voir une grande sagesse, un accomplissement des principes Zen, mais on peut aussi y voir un pur et incontrôlable charlatanisme.
L'homme a besoin de repères.
Si la durée de la séance varie, et se clôt par exemple en fonction des paroles du patient, il n'y a plus de stabilité possible pour celui-ci.
Le psychanalyse devient tout puissant. Cela peut conduire à tous les excès. Une séance de 5 minutes ne sera pas logiquement suivie d'une séance de 55 minutes. Cette durée de 5 minutes de la séance peut se répéter indéfiniment, selon le bon vouloir du psychanalyse.
Le patient perd tout contrôle et devient complètement dépendant.

Lorsque Lacan parle de "non finalité" de la  cure, c'est une aberration. La théorie a un but, et un but facimement identifiable.
Un individu qui "choisit" l'analyse est un individu qui souffre, dont les "formations de compromis", les "satisfactions substitutives" ne sont pas épanouissantes.
Il faut donc l'aider à sortir de la compulsion de répétition, qui transforme sa vie en tragédie, et cela pour lui faire prendre conscience qu'elle n'est pas irrémédiablement, naturellement une tragédie.
Il peut sortir de l'enfermement en un système qui le fige, se délivrer des angoisses et des symptômes qui l'entravent, en ralentissent l'action, altèrent sa capacité à jouir de la vie.
Il s'agit donc de l'aider à reprendre goût à la vie.
A lui, le désir retrouvé, l'autonomie progressivement acquise, de se construire, de se créer de nouvelles sources de jouissance, d'emprunter de nouveaux chemins.
Bien sûr, la liberté est toujours "en situation" comme dirait Sartre, et la recherche de compromis satisfaisants entre principe de plaisir et principe de réalité toujours à renouveler.

Le style de Lacan est volontairement obscur.
Est-ce pour désorienter positivement le lecteur ?
Ce procédé, ( comme le coup de bâton du moine Zen ), est sujet à caution. Il est un peu trop facile de se débarrasser des questions gênantes ainsi. Habile subterfuge d'incompétents !
Le charlatanisme de Lacan est tellement évident qu'on se surprend à se dire : "Il a des idées intéressantes, finalement il n'est peut-être pas un charlatan". On oublie que c'est encore heureux, et qu'après tout, c'est la moindre des choses. On retrouve d'ailleurs ses idées , qui sont finalement des lieux communs pour les analystes, chez la plupart des théoriciens, mais exposées autrement et plus simplement.

Et, enfin, petit apport personnel :

Lacan n'incarne t' il pas la tendance psychotique propre à l'acte philosophique ?
Son entreprise serait alors bien plus une trahison de l'oeuvre de Freud qu'un retour à Freud, et une trahison nuisible à la vie.
Un des messages essentiels de Freud, c'est qu'il peut être bon de vivre.
Pour celui qui en a saisi la substance, la littérature par exemple ne saurait être supérieure à la vie.
Elle est une simple facette de la vie, comme la philo, les sciences, et toutes les activités de l'esprit.
Il est également important de se promener, de jouer aux cartes, de pratiquer un instrument de musique, bref de jouir de ses sens.
Et il importe encore davantage d'avoir une vie sexuelle épanouie.
Il y a donc comme une relativisation de la valeur, de la place de la culture.

Pour conclure simplement, la vraie vie, c'est jouir pleinement, et pas lire 10000 pages sur la jouissance, c'est profiter de l'air frais, du soleil, de la mer, et pas s'enfermer dans son cabinet pour lire tous les séminaires de Lacan. Mishima l'avait bien compris ( voir "Le soleil et l'acier" ).
Dans le même genre ( antiblablabla ) , Sartre reprochait à Camus de n'avoir rien compris à Heidegger. Qu'est-ce qu'on en a à foutre? 
Ca ne l'a pas empêché d'être un meilleur romancier que Sartre.
Et dans le même genre encore, ( ça s'éloigne du sujet mais j'avais envie d'en parler ), Finkielkraut reproche à Van damme l'incohérence de ses propos.
Ca ne nous empêche pas de sentir une grande générosité qui émane de JCVD. Finkielkraut peut nous parler de Lévinas, de "l'infini du visage de l'Autre" pendant des heures, ce ne sont que des mots, et on ne ressent pas une grande humanité de sa part.
Voilà. En gros, Lacan, c'est du verbiage inutile et prise de tête, et nuisible parce que son étude diffère la salutaire satisfaction pulsionnelle.

 
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 01:01


Quel est l'intérêt de la philosophie, de la pratique philosophique?
Apprendre à mieux penser, remettre en cause ses croyances, ses valeurs, ses préjugés?

Dans l'idéal, ce serait cela, mais qu'est-ce que concrètement l'étude philosophique?
L'apprentissage, la comparaison, la critique de systèmes conceptuels.
Ce que devrait procurer cet apprentissage, c'est un accroissement du doute, de la capacité a s'interroger sur le monde, et sur soi.
L'étude philosophique est-elle réellement capable de cela?

Comme l'ont montré Freud, Nietzsche ou Schopenhauer, les affects, les pulsions l'emportent sur la raison qui n'est qu'un épiphénomène en justifiant après coup les orientations.
Mais si la philo ne sert pas la critique véritable, si elle n'inclut pas la possibilité d'un changement de ses pensées et de sa vie, elle  ne sert à rien.
Ce serait comme si on se donnait tout ce qu'on doit trouver dès le début ( ex: comme un dogme religieux ), et alors tous les développements ultérieurs ne pourraient que renforcer ses fondements ( comme la théologie ), jamais en corrompre la substance.

C'est un fait qu' un nombre conséquent de philosophes s'enferme dans un système de pensée, une vision du monde..
Est-ce du à ce que Freud nommait la tendance psychotique propre au philosopher ( ce que Paul-Laurent Assoun a développé dans son "Freud la philosophie et les philosophes") ?
C'est-à-dire que le philosophe, comme le religieux, a tendance à humaniser le monde avec des théories anthropomorphiques, qui le rassurent mais sont artificiellement fondées, ne correspondent à rien de réel.

Cette aliénation à une approche unique et arbitraire du monde. permet au philosophe de réinvestir le monde.
L'inadéquation de sa vision et de la réalité, de sa doctrine et de l'immensité de l'univers qu'il prétend y réduire, fait symptôme, donc a une utilité, une fonction.
Elle aide le philosophe à vivre comme le religieux.
Mais elle le bride aussi, en altère les capacités. Elle l'épuise vainement, puisqu'une part importante de son énergie est investie en vue de la résolution de fumeux problèmes ( le sexe des anges ).
C'est pourquoi Freud a pu employer l'expression de "spéculation dans le vide" pour qualifier l'exercice philosophique

Cette caractérisation négative est cependant contestable. Même si elle est très présente parmi les philosophes, même si elle est une pathologie redoutable ( bien qu'elle soit communicable, et donc qu'elle permette au philosophe de retrouver le monde, comme l'artiste reprend contact avec le réel par l'oeuvre ), on ne peut y réduire l'histoire de la philosophie.

Certes, elle ne peut remplacer la psychanalyse en ce qui concerne la reprise en main de la vie individuelle, sa libération.
Je la crois incapable de satisfaire à l'aspiration à se connaître soi-même.
Son étude est moins appropriée que la cure pour répondre à l'injonction Socratique : "Connais-toi toi même".
Elle n'est pas outillée pour cela.
Mais la psychanalyse ne remplace pas la philosophie en terme de contenus, de possibilités critiques.
La philo, si elle est impropre à changer la vie, à asssurer ce pour quoi elle était primitivement destinée, c'est-à-dire si elle n'apprend pas à vivre et à mourir, reste un formidable réservoir d'approches cohérentes et critiques des grandes questions existentielles.

Cependant, le danger de l'engluement dans le concept est toujours une menace pour les philosophes.
Quand la philosophie n'est plus qu'un assemblage de systèmes, qu'un jeu de concepts comme la stigmatisaient Claude Lévi Strauss dans "Tristes Tropiques" ou Simenon dans sa correspondance, elle n'a pas davantage de valeur intrinsèque que l'utilisation du rubik's cube. Ni plus, ni moins.

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 22:52

Un tiers de la Planète se réclame d'une religion dont le "Messie", Jésus-Christ, était un psychopathe chevelu dont les intentions étaient "de prendre sur lui tous les péchés du monde" et qui s'est laissé crucifier dans ce but.
Pas étonnant si Dieu le Père ne s'est pas empressé de le sauver d'où le fameux : " Mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné?"
Le Christianisme, comme tout monothéisme, est pour moi une régression comparée au polithéiste, et à l'animisme, et même au Bouddhiste pour lequel je n'ai pourtant pas grande estime, en ce qu'il est prosélyte par nature. Tout croyant en un Dieu unique, et en une doctrine unique dont il juge qu'elle est  la seule réellement rédemptrice, ne peut que vouloir la répandre, et imposer par la force sa croyance.

Les critiques développées contre le monothéisme ne manquent pas.

Rappelons-en quelques unes brièvement.

Feuerbach pensait que Dieu était la projection de l'essence de l'homme. Il fallait donc que l'homme se réapproprie son essence, pour réellement diriger sa vie, l'assumer.
Déléguer sa responsabilité et ses qualités empêche l'homme d'être le maître de son destin.

Marx pensait que la religion en général, et pas seulement le monothéisme, était "l'opium du peuple". En effet, elle endort le peuple et l'empêche de vivre sa vie. Si les individus opprimés croient que "les derniers seront les premiers, et les derniers seront les premiers"  et cela pour l'éternité, pourquoi chercheraient-ils à modifier leurs conditions de vie?
Ils sacrifient le seul bien, la seule occasion de jouissance à leur portée, pour une hypothétique et chimérique autre vie.
La religion hindoue sert aussi à perpétuer les inégalités en légitimant le système des castes. La situation des intouchables est justifiée par leur karma, et par conséquent elle ne doit pas être remise en cause.

Pour Nietzche, la religion ( Christianisme mais aussi Bouddhisme ), affaiblit l'énergie vitale à force des restrictions qu'elle impose. Elle empêche l'homme de vivre sa vie. En condamnant son désir d'affirmation, en prônant l'humilité, elle renverse les valeurs.
L'homme doit être le créateur de ses propres valeurs.

Darwin lui a porté un grand coup en affirmant que les espèces évoluaient, et que l'homme descendait du singe ( même si ces théories ont été récupérées et détournées par les néo-créationnistes, style Teilhard, qui les ont orientées à leur avantage ).

Sartre, dans le sillage de Marx, explique que les apologètes de la religion sont des "techniciens du savoir" qui tentent de concilier artificieusement l'universel de la science avec l'idéologie particulière, locale qui assurent la domination des exploiteurs dont les religieux sont les parasites.

Freud en fait une fiction consolatrice. Dieu est le Père idéal, un Père tout puissant, capable de protéger ses enfants quand ceux-ci l'implorent.
La religion a donc son utilité pour ceux qui doutent peu car elle les dispense des névroses individuelles, mais elle inhibe considérablement leur intelligence. Elle les figent, les arrêtent, les abrutit. Elle est une "névrose universelle de l'humanité".
On gagnerait à lui substituer d'autres principes, qui, enseignés aux enfants dès le plus jeune âge, la remplaceraient avantageusement.

A chacun de piocher dans ces critiques celle qui lui plaira.

J'aimerais y ajouter une critique personnelle, à partir de Pascal  entre autres
Pour lui, nous devrions nous  concentrer sur "l'unique nécessaire", Dieu, et nous détourner des divertissements, qui nous en éloignent.
Il n'a pas vu, n'a pas accepté, que la  croyance en Dieu était le suprême divertissement, puisqu'elle faisait paraître la mort comme la vie véritable, et  la vie terrestre comme une simple préparation qu'il fallait sacrifier en vue de l'autre monde. Le fameux  "pari" est donc tronqué, car si l'on perd sa vie terrestre à vivre pour un Dieu qui n'existe pas, on perd tout, donc autant que ce qu'on pourrait gagner à parier sur l'existence de Dieu.

La seule façon acceptable de vivre la religion, c'est de ne pas la prendre au sérieux. Un christianisme tiède, édulcoré,  qui n'empêche pas de vivre sa vie comme on l'entend , contre le Christianisme des mystiques!
Lorsque la religion est prise au sérieux, elle est une aberration ( les types qui choisissent la prêtrise parce qu'ils ont peur de l'enfer ; les femmes qui optent pour l'habit par déni de leurs pulsions sexuelles...)

Le Protestantisme, comme l'a développé Stirner, est une aliénation pire que le Catholicisme.
En traduisant la Bible en Allemand, en la rendant facilement accessible, en supprimant la médiation entre la Parole et les hommes, la Réforme a plombé la vie des gens. C'est comme si elle avait rendu possible un tel renforcement du surmoi qu'il était susceptible d'accompagner le croyant partout, toujours, sans lui laisser plus aucun répit, aucun échappatoire.
Le Protestantisme a corrompu les Peuples plus que le Catholicisme ne l'avait fait.
Il a étendu à la majorité l'intransigeance mystique et contre-nature qui ne concernait avant lui que quelques illuminés épars.

Le pape prétend, avec beaucoup d'autres chrétiens, que le Catholicisme est une religion d'amour, et que Dieu nous laisse le choix, la liberté ( illusion à la base de tout notre système pourri soit dit en passant ).
Mais les non baptisés ont-ils une chance d'être accueillis dans le Royaume de Dieu?
Les grandes références Chrétiennes ( Saint-Paul, Saint-Augustin ) n'ont-elles pas affirmé qu' "hors de l'Eglise point de salut" ?
Quelle tolérance !
Et quelle liberté de choix , si mon athéisme me conduit tout droit en enfer !
Le primat de la crainte sur l'amour est évident dans ce qui motive l'adhésion du croyant au dogme, sile croyant pense que ses réticences peuvent être sanctionnées par l'éviction du Paradis et les tourments de l'enfer éternel !

Dernier point, le pape ose prétendre que foi et raison ne sont pas inconciliables, et cela grâce à Saint-Paul, et à ses synthèses entre la Parole de Dieu et le Logos grec, tradition reprise et retravaillée par Saint-Augustin, Saint-Thomas et j'en passe.

Mais il faut qu'on m'explique la rationalité de : -La Trinité, (le fait que Dieu soit à la fois 3 et 1, et 3 en 1)
                                                                                   -L'incarnation de Dieu en son Fils qui est aussi Lui-même  
                                                                                   -L'incarnation qui sert à racheter tous les péchés des hommes, à assurer le salut éternel des élus par la grâce de Dieu préservant néanmoins le choix individuel.
                                                                                   -La double nature de JC, à la fois complètement homme (soumis aux tentations), et complètement Dieu ( il ne pèche pas ).
                                                                                   -Le dogme de l'immaculée conception
                                                                                   -La résurrection du corps de Jésus le troisième jour, résurrection qu'il devait à la fois ignorer puisqu'il est homme, et anticiper puisqu'il est Dieu Lui-même
                                                                                   -La résurrection de JC qui ouvre la voie à celle de tous les élus lors du Jugement dernier.
                                                                                   -L'infaillibilité pontificale.


Franchement, qu'en pensez-vous?


Il existe d'autres  caractéristiques détestables chez les croyants :

-L'une d'elle est l'usage que les riches chrétiens font du terme "pauvre," usant et abusant du mot, comme s''il s"agissait de rabaisser les hommes désargentés en les placant dans une  seule catégorie stigmatisante et inférieure, comme s'ils étaient d'une autre nature.

-Une autre caractéristique est cette étrange manie qu'ont les Chrétiens de ne respecter l'humain qu'en tant qu'il est aussi le Christ, analogue à celle des Bouddhistes pour qui la nature de Bouddha est présente en chaque homme. A force de chercher Jesus ou Bouddha en tout homme, (on ne l'y trouve d'ailleurs jamais ), on oublie tout le caractère concret , réel de la personne qui nous fait face, sa singularité, ses caractéristiques, et on se concentre sur une sorte d'impersonnel ( Bouddhisme, Hindouisme ) ou de superpersonnel  ( Christianisme ) totalement abstrait.
                                  
                                                                                   -
                                                                             
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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 03:06


Dans ce blog, je me ferai l'ardent défenseur de la psychanalyse.
J'ai mes raisons pour cela.

Pendant mes premières années, certaines spécificités de ma situation m'ont placé à l'écart des autres enfants. Incapable de m'intégrer, mes rapports avec eux furent tumultueux, et je n'osais vraiment m'affirmer. J'étais devenu en quelque sorte le bouc-émissaire. Cela dura longtemps, de l'enfance à l'adolescence, jusqu'à ce que j'inverse la tendance et m'affirme par une violence excessive, pathologique. Je ne savais m'exprimer autrement.

Des ennuis vinrent donc s'ajouter à ceux qui préexistaient,  et je fus très rapidement sanctionné.

Je commencai, comme amorce d'une chute sans retour, par redoubler la classe de quatrième.
Après de multiples frasques en première troisième, on me renvoya et placa dans un CER, centre dont le but était la "rééducation" des jeunes délinquants, et de toutes sortes d'asociaux.
Puis je fus renvoyé d'une seconde troisième.
 Et je le fus à nouveau d'un BEPde comptabilité que j'avais "choisi" par défaut.

 Après un internement en HP pour jeunes, et une fréquentation assidue de la "zone", je désirai repartir à zéro, et optai pour la légion étrangère. Finalement, je devancai l'appel et m'engageai pour un service volontaire chez les paras.
 Ca s'y est mal passé. Ma voie était manifestement ailleurs. Je cherchais des solutions parallèles ( l'alcool, la poésie ), pour résoudre mon mal de vivre.

Je repris les études avec quelques années de retard, en seconde, et, victime des traumatismes du passé, je cherchai le salut dans les arts martiaux, la religion (  catholicisme et bouddhisme ), l'ascèse conditionnante, la philosophie, la psychiatrie. Je ne l'y ai pas trouvé.

Mes questions restaient sans réponse. Qu'est-ce qui n'allait pas en moi ? Pourquoi avais-je chuté ? Comment en sortir, ne plus être prisonnier des ombres du passé ?
On prétend que les questions importent plus que les réponses. Mais c'est devenu un cliché. A la base, quand on se pose des questions, on espère pouvoir y répondre.
Or, après tout un parcours, que j'ai relaté ici et simplidié à l'extrême, et alors que je n'y croyais plus, j'ai découvert la psychanalyse, et elle avait des solutions que ni les arts martiaux, ni la philosophie, ni les religions, ni tout le reste ne m'avaient donné.
Encore fallait-il que je sois prêt pour les recevoir.

Elle est devenue ma cause. Et, aussi, une aliénation, puisque j'ai comme l'obligation de la servir, d'en assurer le triomphe ou le renouvellement.
Elle m'a ouvert la possibilité de constituer le sens de ma propre vie. Et j'ai donc cru, peut-être à tort, qu'elle devait devenir le sens de ma vie, que je me devais d'en assurer la défense. Là est mon erreur, et un nouvel enchaînement. Je ne serais sans doute jamais un spécialiste de la chose, et je ne suis pas sûr d'en avoir le goût. A défaut donc de confondre ma vie -sa construction tâtonnante, la création d'un sens à partir de la prise de conscience de mes désirs véritables- que la psychanalyse m'a aidé à débloquer,  avec l'étude psychanalytique dont je pensais quelle serait la dominante de son sens, j'ai tout de même à coeur d'exposer et de partager quelques réflexions qui proviennent de mon étude et de mon expérience.

Elles feront l'objet d'articles à venir.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 19:57

Teilhard de Chardin est un jésuite né à Orcines (1881-1955).

Il est connu ( enfin l'était surtout ), pour avoir tenté de concilier la foi ( catholique ) et la science ( évolutionnisme contre fixisme ).
Il s'inspire davantage des théories Lamarckiennes que Darwiniennes. Il pense qu'il y a une évolution des organismes vivants vers le plus complexe, un progrès dans le monde, une finalité, donc une création évolutive et orientée, bien que partiellement libre du fait de la co-responsabilité humaine.

Pour Teilhard, il y a une loi fondamentale à l'oeuvre dans l'Univers, la complexité-conscience, qui appuie plus qu'elle ne dénie l'existence de Dieu. Elle exprime l'idée que l'Esprit s'incarne en des corps de plus en plus complexes, jusqu'au corps de l'homme, en qui apparaît la réflexion, une conscience "au carré", et la liberté.
L'Esprit transcende donc le corps de l'homme en l'homme, même si le corps est la "condition de possibilité" de sa réalisation.
Les hommes devraient continuer à progresser dans le futur, et former une noosphère ( sphère des esprits ou mondialisation ) évolutive ( noogénèse ).

Pourquoi pas ?
Cependant, sans rentrer dans le détail d'une critique religieuse du monothéisme, quelques points sont problématiques chez Teilhard.

Tout d'abord, où se situe la liberté humaine, la responsabilité puisque les capacités de l'esprit d'un homme sont strictement dépendantes du niveau de complexité de son corps?

Pour la même raison, l'immortalité de l'âme pose problème, car même si le psychisme humain est peut-être capable ( c'est pas sûr ) de déborder, de dépasser les conditions de possibilité ( le corps ) qui permettent l'émergence de ce psychisme, il demeure que cette éventualité est permise par la complexité du corps humain, et donc qu'elle doit cesser en même temps que la destruction du corps, ou dès que celui-ci s'altère suffisamment.

D'autre part, autre problème, Teilhard a critiqué les Chrétiens qui se désintéressent de ce monde-ci et qui attendent tout de l'autre.
Pour leur redonner le goût de l'action, il a cru bon de prétendre qu'elle était nécessaire à la réalisation totale de la Création, et donc à la venue de Dieu Lui-même, à la Parousie.
Le problème, c'est que c'est Dieu qui doit tout apporter au final, puique nous ne pourrons jamais franchir le saut du fini à l'infini, de la mortalité à l'immortalité par nos propres moyens. Donc, en quoi notre action peut-elle servir à quelque chose qui soit essentiel à la venue de Dieu Lui-même, puiqu'il semble très clairement qu'Il est seul en mesure d'apporter cet essentiel?

On dit parfois que Teilhard est victime d'un optimisme outrancier.
Je le pense aussi puisque, pour lui, Dieu n'est pas indifférent à sa Création, comme l'est celui de Descartes. Il y est engagé. Si la Création échoue, Dieu est entraîné dans sa Création en quelque sorte. Or, je ne pense pas que Teilhard envisage un échec de Dieu lui-même. Donc, tout le processus doit se réaliser pour le mieux, quelques soient les actions des hommes. Alors oui, Teilhard est un optimiste béat, et on ne comprend pas, encore, la valeur, le rôle de l'action dans un tel système.

En fait, si Teilhard avait eu le courage de rompre avec l'Eglise, s'il n'avait artificieusement rattaché ses thèses intéressantes au Catholicisme en particulier, et au Christianisme en général, son audience resterait d'actualité.
Il n'en a hélas pas eu le courage, d'où crise de larmes, regrets, doutes etc
Et surtout, il aurait couché avec sa grande amie, Lucile Swann.
Cela lui aurait évité la même erreur que Chateaubriand avec Madame de Récamier.
Comme quoi, ce n'est jamais très bon de vivre pour un autre ( le Christ en l'occurence ), et d'y sacrifier sa vie...
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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 19:36
Fedor Emelianenko est le meilleur combattant mondial en MMA actuellement !  
Son règne dure depuis six années.

Il a commencé par le judo, puis le sambo qu'il continue ( il y est multiple champion du monde ) et il s'est initié avec brio à la boxe pied poing pour compléter sa formation.
J'aime le voir combattre. Ses poings sont étonnamment rapides pour un lourd. Il sait comment placer son corps pour y mettre du poids. Ses projections sont spectaculaires. Son sol lui permet de se tirer des pires situation. Son ground and pound est sans équivalent.

Certains irréductibles contestent encore sa suprématie.
Il a pourtant triomphé des plus grands ( Tim Silvia, Arlovski, Randleman, 2 fois Coleman, Cro Cop, Arona, 2 fois Minotauro entre autres ).

Plus surprenant, il est joueur d'échecs, et surtout il apprécie la grande littérature russe!
Meilleur combattant du monde, et fin lecteur de Dostoievski, il n'y a que l'âme slave pour être capable de cela !

Toujours humble et respectueux de ses adversaires, il cherche perpétuellement à progresser dans sa manière de combattre.
J'ai remarqué que son entraînement, et celui de beaucoup de russes, était l'inverse de celui qui est montré dans la série des Rocky.
On y voit Stallone s'entraîner en pleine nature, avec des mouvements dits "naturels" comme abdos, pompes, tractions, et son adversaire Dolph Lundgren, qui joue le russe, s'entraîne en salle avec des machines. En réalité, ce sont les russes qui s'entraînent en plein air, et les ricains en salle.
Fedor dit d'ailleurs ne pas supporter l'idée d'une autre forme d'entraînement.

Fedor, "the last Emperor", est au combat libre ce Gary  Kasparov était aux échecs, où Alexander Karelin à la lutte Gréco-romaine. Sa domination est totale, il est sans rival.
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