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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 21:35

 

Il revit Véronique, trop satisfaite de sa situation pour s’ouvrir à de la nouveauté, et, alors qu’il avait laissé le Cosmos librement décider, et qu’il pensait qu’il ne la croiserait plus, il apprit qu’une occasion se présentait pour recroiser Maria.

 

Il finit « Martin Eden », et sa lecture l’exténua. C’était bon, beau et désespéré. Il y avait trop de similitudes avec sa vie. L’effort harassant pour s’arracher à sa condition, l’inépuisable curiosité intellectuelle en philosophie, littérature, sciences humaines, l’intérêt tout spécial pour la biologie et la théorie de l’évolution, la fierté d’avoir, d’être un corps exceptionnel, l’idéalisation de la femme dont il peinait à se relever, le mépris de sa famille pour ses dons, le seul à croire en ses capacités, la critique du travail abrutissant, le besoin vital d’écrire, les bagarres qui l’avaient enfermé dans  un rôle, la déception et la désillusion confronté au monde étudiant qu’il avait paré de qualités exceptionnelles tant il en avait été éloigné, ou bien la médiocrité, le conformisme, hormis exception, des grands bourgeois, des notables et des professeurs d’université, incapables de pensées originales et qui n’apportent strictement rien au monde, l’accablement, l’épuisement, après tant d’efforts infructueux, et la tentation d’en finir, le désir de ne plus penser à rien, l’aspiration au repos…

 

Seule la gloire à laquelle était parvenu Martin lui manquait, mais, comme dans le livre, et comme Kerouac l’écrit à la fin de « Vanité de Duluoz », au fond « tout ça n’a servi à rien. »

 

Brian s’était reconnu dans le colossal effort de Martin, et comme lui, il était exténué, et aspirait au repos intellectuel, l’esprit saturé par des millions d’idées, de théories. Et cette tentation de plonger dans l’Océan, et de s’y fondre, apaisé,  ne plus rien avoir à penser, à prouver, travaillait Brian. A quoi bon ? Comme l’écrit Sartre, « le génie n’est pas un don mais l’issue qu’on s’invente dans les cas désespérés, ou le désespoir surmonté à force de rigueur », Mais à quel prix se paie ce surmontement. A cotôyer les abîmes et la folie, ou à plonger carrément dedans !

 

Au fond, le vrai monstre c’était lui. Il ne savait rien de la vie ordinaire des hommes, rien du bonheur. Il en avait été tenu éloigné dès la prime enfance par ses parents, et revenir dans la course, dans le flux plus ou moins habituel lui semblait impossible. La voie criminelle qu’il avait choisie confirmait cette irréversibilité de parcours.

 

Le danger, à éliminer des ordures avérées, c’était d’anticiper et de se débarrasser d’ordures potentielles, et finalement, poussant toujours plus loin la quête de pureté, de vices en vices combattus, on en arrivait à tuer quasiment tout le monde, et on se transformait en impitoyable dictateur, en ordure soi-même, et on finissait, comme Saddam ou Kadhafi, par se faire éliminer à son tour par une autre ordure. Etait-ce si important ? L’essentiel, c’était de donner un sens, ou une direction à sa vie. Combattre la société du spectacle, si vulgaire et abêtissante qu’elle dégradait l’homme dans sa dignité, pouvait être un bon motif d’action. Certes, toute révolte, comme l’écrit Laborit dans « Eloge de la fuite », est récupérée et à nouveau soumise à la domination, et à la corruption, mais il est bon que des hommes se révoltent aussi, que s’emportent des Hugo, Zola, Thoreau, que l’on s’insurge contre les prisons, la lobotomie, la psychiatrie, les innombrables injustices et les stupides et hégémoniques préjugés de la foule. Et comme l’homme irrationnel de Woody Allen, comme Marx l’y incitait aussi, ou pourquoi par Fight Club, Brian désirait mettre ses idées en pratique, et réaliser par des actes violents comme l’amorce d’une révolution possible. Comme le dit Gandhi, apôtre de la résolution pacifique des conflits, « s’il n’y a d’autre choix qu’entre la violence et la lâcheté, je préfère encore la violence ».

Aidé de trois hommes dangereux, il se débarrasserait de Jolloré, puis d’un autre puissant, et encore d’un autre, et peut-être, il ne s’arrêterait plus, et comme les dictateurs fous, finirait-il, dans la paranoïa, par tuer ses amis, par tuer tout le monde, et las animaux, qui sont très violents, également, ou bien, comprenant que la violence est inhérente au fait de vivre, finirait-il, comme les bouddhistes, par condamner la vie, et alors soit se tuerait, soit se retirerait du monde, soit s’accommoderait de cette guerre perpétuelle. Impossible de savoir. La seule certitude, c’est qu’il désirait combattre, et extérioriser le bouillonnement intérieur qui, d’une façon ou d’une autre, le rattachait à l’aventure Malouine, spirituelle, intellectuelle, guerrière, commerciale ou voyageuse, en tout cas radicale, illustrée par Chateaubriand, Surcouf, Duguay Trouin, Jacques Cartier, Maupertuis ou La Mettrie, et il se sentait prêt à reprendre le flambeau.

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22 avril 2018 7 22 /04 /avril /2018 22:25

 

En creusant les danses thérapies, Brian s’aperçut que pour lui, toute danse était cathartique. Les danses de salon, les danses traditionnelles, la danse contemporaine étaient aussi libératrices que les danses façonnées dans le but spécifique de guérir. Il suffisait de danser pour se trouver et se libérer.

 

Relisant Martin Eden, Brian se dit que même si nombre de thèses de Bourdieu étaient pertinentes, il était prisonnier d’une espèce de paranoïa où il voyait de la domination et de la compétition partout, comme si le seul moteur de l’action humaine, c’était la dictinction. On peut fréquenter des musées par goût réel pour les musées, apprécier Proust sans snobisme, et connaître les codes culturels, savoir que Tolstoï ou Mann sont mieux côtés que London, et exprimer sans honte sa préférence pour London.

 

Il repensa à Clara. Il vit sur son blog qu’elle aimait la nature, appréciait Keats, avait fait une formation de danse « life art process » dans le sillage d’Anne Halprin. Bordel, lui aussi aimait la nature, il avait emprunté un doc sur Halprin, et il aurait pu lui parler du film de Jane Campion sur Keats, qu’il avait vu à « La Fontaine des Eaux », sur un auteur dont il avait visité la maison à Londres. Elle était incompréhensible. Il avait retenté une approche et elle l’avait jeté. Pas la moindre chance ! Incompréhensible. Elle resterait un mystère pour lui, et elle était si fermée qu’il ne désirait même plus l’élucider. Elle avait rejeté sa proposition d’amitié, d’échange, de conversation, tout. Cette froideur, dureté, indifférence, insensibilité confinait à de la cruauté. Elle connaissait les bons plans en danse, elle n’avait même pas pris la peine de lui écrire dix lignes pour l’orienter. Quel mépris ! Il ne pardonnerait pas sa violence. Brian aussi savait être dur, et implacable, quand il le fallait. Va te faire foutre Clara, pour ta dureté sans égale ! A bien y réfléchir, c’était une bourgeoise qui ne connaissait rien à la spiritualité, ni à la philosophie, ni à la littérature. Finalement, c’est lui qui la méprisait maintenant. L’idée lui était même venue que son inaccessibilité était la source de son intérêt grandissant, sans cesse réactivé par un motif quelconque, et qu’elle lui rappelait inconsciemment sa mère par son ambiguïté, l’ambivalence de ses signes. Peut-être cette dureté méprisante l’avait-il attiré parce qu’il pensait qu’il y avait du bon en elle, et espérait la fléchir en ce sens. Dans ce cas, il lui fallait considérablement évoluer sur les plans psychologiques, émotionnels et spirituels. Elle avait gagné. Elle s’était débarrassée de lui. Et il la détestait. Fini, terminé. Rupture violente. Adieu Clara. Il était enfin débarrassé de ce spectre cruel qui l’empoisonnait depuis quatre mois. Elle était en définitive toxique, plus monstrueuse que le « Monstre ». Une femme impitoyable, trop méprisable pour être digne d’être une ennemie. Ni amie ni ennemie, du quelconque !

 

Enfin, il fallait  reprendre l’action, monter une équipe pour buter Jolloré. Maharo ne serait pas disponible pour le coup. Mais Brian aurait le « Monstre » avec lui, et deux types aux parcours tourmentés, tous deux abîmés par de longs séjours en prison, et efficaces. Un espagnol, ancien de la légion, puis mercenaire, longtemps enfermé dans des endroits sordides en Afrique, amateur de littérature, et un indonésien, ancien trafiquant d’armes et de substances diverses, qui lui avait appris les bases du silat. Deux bons guerriers et un mutant. Et lui, un putain de génie, au centre ! Ca allait pouvoir se faire.

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 00:11

 

En attendant le moment de buter Jolloré, Brian continuait à danser. Il avait un projet de danse solo. Il voulait montrer de façon esthétique et belle son évolution des arts martiaux durs et destructeurs, synthèse personnelle entre shotokan, kyokushin et divers apports, à une pratique martiale apaisée et harmonieuse, préservant agresseur et agressé, et enfin à la pure joie de danser. De la danse de mort, il passerait à la danse de la vie. Puis il terminerait par un seppuku qu’il ne parviendrait pas à aboutir. C’était de l’histoire vécue. Il l’avait tenté avec un cran d’arrêt, adolescent, dans un moment de désespoir. Mais c’était contre nature, et il avait échoué. Il désirait montrer que la dureté conduit au désespoir et à l’effondrement, et le manifester par une alternance entre le maitien trop rigide et droit et l’écroulement. Puis il se redresserait, et trouverait l’équilibre.

Seul Brian pouvait faire vivre cette histoire. Personne d’autre. Et personne d’autre ne pouvait bouger comme lui.

 

L’idée, c’était donc de « danser sa vie », d’exprimer sa vie. On était en plein concept de danse contemporaine. Il avait découvert les fondements de la mutation moderne avec les innovation de François Delsarte, pour qui le corps entier doit être mobilisé pour l’expression. Ainsi, les mouvements corporels traduisent l’état intérieur, et l’influencent en retrour. Ce précurseur français méconnu eut un rôle pour le développement de la danse en Amérique, grâce notamment à son disciple Steele Mc Kay, qui créa une méthode, les « harmonic gymnastics »

Puis, il y eut l’immense Isadora Duncan, dont la vie fut tragique et passionnante. Elle voulut réconcilier, contre les artifices de l’académisme, le corps et l’âme par des mouvements naturels. Elle s’inspira également beaucoup de la Grèce antique.

« Je suis venue en Europe pour provoquer une renaissance de la religion par la danse, pour exprimer la beauté et la sainteté du corps humain par le mouvement. »

Puis Ruth Dennis, influencée par Geneviève Stebbins, combina le delsartisme avec l’inspirante Duncan et y ajouta une technique rigoureuse et une pratique méditative. Danser était pour elle un acte spirituel.

 

Ces découvertes progressives exaltaient Brian. Il voyait s’ouvrir devant lui de nouvelles perspectives. La pratique quotidienne le réconciliait avec lui-même. Les stages et ateliers lui permettaient de s’initier à de nouvelles techniques, et de rencontrer des hommes et des femmes différents des pratiquants d’arts martiaux. Et comme il était d’un naturel bouillonnant, pressé, il avait du mal à contenir sont excitation.

 

Lors d’un échauffement collectif de Jumpstyle, avec La Horde, il réalisa les exercices proposés, assez physiques, à côté d’une délégation d’étudiants et d’enseignants coréens. Il remarqua de très jolies jeunes filles, mais elles se ressemblaient toutes par leur beauté, indistinctes, et comme le narrateur de « La Recherche », elles n’étaient pour lui que des jeunes filles en fleur, et son attention disposait de trop peu de temps pour s’attacher à une figure en particulier.

Il remarqua quelques coréennes plus âgées. De l’une d’elles, grande et mince, se dégageait une profonde intelligence, et elle était pourvue d’une souplesse remarquable dont Brian se demanda si elle provenait du yoga, ou d’un art traditionnel coréen.

Mais son attention fut surtout accaparée par une petite coréenne, jeune encore bien que plus âgée que les étudiantes, sans doute une enseignante, ou un personnel de l’encadrement, qui était placée à quelque distance devant lui, à sa droite, moins belle mais douée de plus de charme, dynamique, généreuse et qui amusait Brian. Ils se regardèrent. Il eut l’impression qu’elle l’avait remarqué. Elle se déplaça et se mit juste derrière lui, seule. Elle le regarda et lui fit un signe d’encouragement et de sollicitude sur un geste ardu. Il lui montra de la connivence. Puis l’échauffement prit fin. Brian ne sut que faire. Elle s’était un peu isolée, les mains sur les hanches. Il resta sans bouger, indécis. Comment l’aborder avec le groupe Coréen resté très proche ? Finalement, il mit son manteau sur ses épaules, prit son sac et se changea dans les toilettes de la Maison des Etudiants. Puis il se dit qu’il avait merdé. Avait-il fui ? Il aurait du rester un peu plus longtemps, et la regarder plus longuement, car elle lui plaisait. Et elle l’avait distrait quelque temps de son attachement excessif pour Clara, française d’origine coréenne qu’il avait cru d’abord d’origine chinoise. Il n’y avait pas que Clara, c’était rassurant, même si la probabilité d’une nouvelle rencontre avec la petite coréenne était bien faible. Bon sang, quel tropisme pour les Coréennes tout de même ! Comme s’il partageait une âme commune avec ce Peuple. Il irait peut-être vivre en Corée, et si les choses tournaient mal, et qu’une bombe lui tombât sur la tête, il se dit qu’il mourrait volontiers avec les Coréens, au sein d’une patrie aimée et désirée. Et pourquoi pas ?

Il ne comprenait toujours pas les résistances de Clara. Elle était, se rendait inaccessible. Et il se demandait si elle ne contribuait pas par ce procédé à stimuler son intérêt. Quoi qu’il en soit, elle restait ferme et résolue dans son refus de le voir. C’était dingue parce que tant de femmes cherchaient sa compagnie, sa conversation, mais il fallait se rendre à l’évidence. Sans être indifférente, pourtant elle le fuyait.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 21:40

Lu dans "Philo magazine" un article sur un livre d'un philosophe, Markus Gabriel, qui veut sauver la liberté et l'esprit de l'homme, ne le réduisant pas à son cerveau. Mais cela n'a rien de philosophique de vouloir défendre absolument un point de vue. On fait des recherches, et s'il se trouve qu'il n'y a pas de libre arbitre, ou que la conscience est un épiphénomène du corps, eh bien on l'accepte. Les défenseurs du libre arbitre, comme les adeptes du New age, se servent de tout ce qui met de l'eau à leur moulin. Ainsi, de la physique quantique pour la liberté et l'esprit autrefois. Maintenant, on parle de plasticité cérébrale, du rôle de l'environnement, de la socialisation. Mais tout cela n'a rien à voir avec le libre arbitre. Le fait que les interactions avec l'extériorité m'influencent ne signifie pas que je suis libre, car à chaque fois, c'est mon corps qui est affecté d'abord, mon esprit suit. Le libre arbitre est une illusion. Il n'est pas plus réel chez l'homme que chez le chien. Je suis à chaque instant la somme de toutes mes composantes corporelles. L'homme n'est pas "un empire dans un empire" comme l'écrit Spinoza. Cela a des répercussions importantes sur la façon dont on doit envisager la psychologie et les institutions, la politique, mais ça ne nuit pas à la valeur de l'homme, à la richesse de ses productions, de ses oeuvres, à sa fécondité. Ca invalide simplement la responsabilité individuelle, qui n'apparaît plus comme ce qui différencie l'humain. Après tout, les jugements qui pénalisaient les animaux, les cochons autrefois, n'étaient pas si ridicules, puisqu'un homme n'est pas plus libre de ses actes que ne l'est un cochon. Alors soit on ne juge personne, ce qui est sensé, soit on englobe les animaux, ce qui est insensé mais plus cohérent que juger seulement les hommes.

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:36

 

J'ai déjà évoqué la PNL pour souligner le décalage entre le manque de reconnaissance scientifique de cette méthode et l'emprise inquiétante dans la formation continue, le développement personnel, les séminaires de motivation. Mais je n'ai pas à détailler car il suffit de taper sur Google PNL critique pour trouver d'excellents argumentaires, notamment celui de Stéphane Olivesi et la partie critique de l'article Wikipédia.

Mais ma cible du jour, c'est Gurdjieff. Comme beaucoup d'adolescents intéressés par la spiritualité, j'avais pris connaissance, déjà à l'époque, de son statut de maître spirituel. Je l'acceptai alors, et n'ai pas vraiment approfondi le sujet. Mais j'ai lu récemment le livre de Jérome Garcin sur Jacques Lusseyran, qui fut un temps disciple de Gurdjieff, et ce qu'il en ressort, c'est que ce dernier, en plus d'être un charlatan manifeste, était dangereux pour la santé de ces thuriféraires. J'ai effectué quelques recherches sur le net, et j'ai trouvé le texte clair (issu de ses Mémoires "Le voleur dans la maison vide") et révélant un esprit sagace du philosophe Jean-François Revel (dont les errements mystiques de jeunesse se sont transmis à Matthieu Ricard, son fils) qui fut un temps un disciple lui aussi, mais critique, et il expose brillamment et avec humour l'imposture  Gurdjieff. Mais les êtres humains sont si avides de sens et de direction qu'ils sont prêts à se laisser duper, se délestant de toute perspective individuelle, choisissant la servitude volontaire, ou n'importe quel ordre imaginaire pour peu qu'ils puissent se laisser guider. Il n'est pas inutile de rencontrer des êtres plus avancés que soi, mais on ne doit pas leur annihiler sa personnalité, d'autant plus que les gourous avides pullulent dans la mouvance spiritualité/new age.

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:18

L'écueil chez les anti corrida, c'est je le crains, une manière de se donner bonne conscience à peu de frais, et d'occulter les vrais problèmes. En effet, ce qui importe, ce n'est pas tellement les 300 taureaux ou plus dont l'intégrité physique, l'espace vital et l'épanouissement sont préservés jusqu'à une mort très brutale mais qui ne les laisse souffrir que le temps d'un spectacle.Ce qui importe, c'est la marchandisation générale et universelle de l'animal, son instrumentalisation, sa réduction à l'utilitaire, son asservissement et son conditionnement pour nos besoins. Le fait de manger des animaux n'a en soi rien de choquant. Nous sommes nous-mêmes des animaux, inclus dans la chaîne alimentaire et il n'est pas scandaleux ou contre nature que nous nous en nourrissions. De même, interdire la chasse ou la pêche est excessif et une vraie violence. Par contre considérer que les animaux sont une propriété, c'est déjà leur faire violence, et les castrer, les dégriffer, les élever et les transporter dans des conditions désastreuses, les empêcher de satisfaire leurs besoins naturels, physiques et émotionnels, les euthanasier pour des problèmes mineurs, et même les stériliser me semble criminel.

Un exemple récent: On tue 1 million et demi de volailles parce qu'on les suspecte de grippe aviaire. C'est dingue. On pourrait les isoler, réduire drastiquement notre consommation. L'économie en pâtirait mais nous n'en mourrions pas. Mais on juge préférable de sacrifier un million et demi de vies comme si cela comptait pour rien, sans que cela génère problèmes éthiques, questionnements, polémiques. C'est monstrueux. Misère de l'humanisme, de l'anthropocentrisme! Et les millions de poussins broyés, d'animaux élevés dans le mépris de leurs natures, instincts et besoins!

On prendra conscience, un jour, que nos agissements envers les animaux sont peut-être le plus grand crime de l'histoire, car en plus d'être d'une ampleur inouïe, il se double d'une bonne conscience qui ne s'embarrasse pas de doutes, d'une lâcheté fondamentale, et c'est proprement impardonnable!

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 22:35

J'ai tendance à écrire sur des courants de pensée, des hommes, que je descends, parce que j'en vois les failles, les faiblesses ou les travers. 

Mais il existe aussi quantité de personnes qui font un travail remarquable, dont on parle plus ou moins dans les médias. Je pense par exemple au Capitaine de la Boudeuse Patrice Franceschi aventurier, écrivain, à Jean-marie Pelt, excellent passeur sur les plantes, à Emanuelle Coccia sur la vie des plantes également, à Ameisen, avec ses célèbres "Sur les épaules de darwin", à Etienne Klein, à Yuval Noah Harari qui associe intelligemment histoire, sociologie, économie, philosophie, sciences naturelles, à Irvin Yalom, psychiatre, écrivain, dont je recommande "La méthode Schopenhauer", et "Mensonges sur le divan", à François Jullien et ses rapprochements entre philosophie Occidentale et pensée chinoise, à Matthieu Crawfort, qui montre clairement que les travaux manuels peuvent être plus riches sur le plan cognitif que les professions dites intellectuelles. 

Et tant d'autres qui font oeuvre originale, profonde et salutaire, mais qui, hélas, ne pénètrent que peu les masses.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 17:01

 

C'est la grande tendance. C'est dire si la société actuelle rend les gens malheureux pour engendrer un tel besoin. Matthieu Ricard, le Dalaï lama, Tchi nhat hanh, Eckart Tollé, Jacques Salomé, Laurent Gounelle, l'inénarrable Frédéric Lenoir, et même des philosophes qui y vont de leurs réflexions sur le bonheur.Tous ces bouquins ne cessent de ressasser les mêmes platitudes, et expriment la même médiocrité, encensée par Psychologie magazine.

Pitoyable et d'une incommensurable niaiserie! Si les gens ne font pas l'effort pour penser contre les tendances dominantes, et pour se bousculer un peu, ils resteront avec leurs préjugés et ne développeront jamais de pensée personnelle, certes inconfortable.

"Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde. Je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leurs âmes".

Tocqueville De la démocratie en Amérique

Je ne vais pas développer sur l'AT et sur la PNL, dominants dans la formation continue. Il suffit de taper sur Google "Programmation neuro linguistique critique" et on trouve d'excellents articles sur le sujet. Et pourtant ces charlatans manipulateurs continuent d'exercer leur emprise sur le monde de l'entreprise, et, comme les voyants, font payer très cher leurs prestations. J'ai regardé les contre arguments des formateurs et autres "maîtres praticiens", et ils se sont révélés bien faibles comme je m'y attendais, certains "PNListes" proches du délires et escrocs évidents. C'est le danger du Net. N'importe quel gourou peut y faire sa publicité et y prendre de l'ampleur.

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 19:52

Encore un article sur La Mettrie après La Mettrie un matérialisme radical. 

Ce que n'ont pas compris beaucoup d'interprètes, c'est que l'extension du caractère machinique du corps à l'âme humaine n'empêche pas les émotions d'exister et d'avoir leurs fonctions, et même les étend aux animaux, dans une filiation pré Darwinienne (esquissée par Maupertuis également), ce que ne permettait pas la conception du corps automate dépourvu d'âme pour les animaux chez Descartes. Il n'y a pas un corps machine mécanique froide d'un côté, et une âme raisonnable et sensible uniquement humaine de l'autre, ou une absence d'âme animale, mais chaque corps vibre et ressent, et cela inclus tout vivant, et la machine qui vit est une machine certes déterminée,, mais néanmoins originale, chaude et émotive. "L'âme est la forme du corps" comme l'écrivait Aristote.

La révolution opérée par La Mettrie, ce n'est pas une dévalorisation de l'homme par son explication mécaniciste, c'est au contraire une extension de la considération portée à tout corps, et donc aussi aux animaux, une valorisation de tout le vivant.

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 15:03

 

Philosophe mégalomaniaque par excellence, ce type est spécialiste dans l'art de la justification. Ses livres sont bourrés de contradictions, d'inconséquences, et toutes ses lacunes sont balayées trop facilement par des références constantes à Nietzsche, dont on peut dire à peu près tout et n'importe quoi.

Il est bien meilleur à l'oral qu'à l'écrit, et ses livres sont médiocres et de mauvaise foi. Les gens commencent à s'en rendre compte. Il a pris le melon comme on dit, s'exprime sur tout, et est devenu le gourou Onfray, adulé par les figures dominantes des médias, tels Olivier Giesbert.

Il descend l'œuvre de Sartre, qui, malgré ses erreurs, reste le plus grand philosophe français du 20ème siècle, et l'œuvre de Freud, un génie d'un niveau similaire à Newton, Darwin, Einstein. Romain Rolland, les surréalistes, Stefan Zweig, Thomas Mann, Ricoeur, Castoriadis, Lévy Strauss, les représentants de l'école de Francfort entre autres, ont pris Freud au sérieux, et même Einstein a correspondu avec lui. Quelle figure intellectuelle prend Onfray au sérieux?

Je l'ai même entendu mépriser les profs de fac qui cherchent à donner la meilleure place à leurs bouquins dans les rayons des librairies. Mais ces auteurs bossent des années sur des sujets pointus, et ils vendent 100 exemplaires de leurs travaux! Onfray vend des centaines de milliers d'ouvrages de piètre qualité. C'est vraiment, pour reprendre l'Evangile, se préoccuper de la paille qui obstrue l'œil de son voisin plutôt que de la poutre dans son propre œil.

De même, prendre le contrepied systématique de l'histoire de la philosophie, en méprisant les auteurs consacrés, et en valorisant les figures mineures et sans intérêt, c'est nier que si Aristote, Platon, Descartes, Kant et tous les autres ont dominé, ce n'est pas un hasard, ni un complot mortifère des puissants, mais parce qu'ils ont apporté quelque chose de vraiment plus important, de plus profond, plus précis ou révolutionnaire que les auteurs relégués au second plan. Moi-même, j'aime beaucoup La Mettrie par exemple, mais entre son œuvre et celle de Schopenhauer, y a pas photo. Schopenhauer l'emporte haut la main.

Enfin, le philosophe Onfray, héraut de l'hédonisme et de la joie de vivre, n'exhale ni générosité ni épanouissement enthousiaste, bien au contraire. On retrouve un peu l'éthique désincarnée et toute théorique de Levinas, abstraite mais sans véritable chaleur, représentée par Finkielkraut par exemple, si prompt à critiquer Van Damme, qui, lui, est réellement généreux et n'a pas besoin de vastes et fumeux développements métaphysiques sur l'irréductibilité du visage de l'autre pour aimer les gens.

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