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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 00:34

Une sociologie des enfants surdoués. En fait, l’idée principale du livre, c’est qu’il y a une construction sociale de la précocité, qui correspond à une demande sociale. Celle-ci est moins innocente qu’elle ne paraît. -Intérêt des psy libéraux -Intérêt des parents diplômés et déclassés -Appartenance des surdoués à des catégories particulières (garçons, milieux favorisés économiquement et culturellement etc) En fait, la véritable précocité existe sans doute, mais elle est rare et en partie favorisée par le milieu d’appartenance. Il existe de nombreux double discours sur le sujet, ou être surdoué apparaît comme une différence mais pas une supériorité mais ou c’est tout de même très valorisé d’une part, donc quand même considéré implicitement comme une supériorité, recherchée, impliquant une hiérarchie, d’autre part cela apparaît comme un plus mais aussi comme un handicap, sans que ce soit confirmé par les faits puisqu’en réalité la plupart des enfants précoces (classés comme précoces en rapport à une sélection socialement déterminée) s’en sortent bien. A vrai dire, si tant est qu’il existe des enfants précoces en difficulté, la psychanalyse semble dans le vrai, et c’est plutôt d’autres motifs (familiaux, sociaux), qui expliqueraient l’échec, plus que le fait d’être surdoué en tant que tel, qui serait plutôt avantageux pour l’adaptation et la vie sociale. La réflexivité et la sensibilité ne constituent pas en eux-mêmes des handicaps. Etonnant de voir l’importance de la recherche de reconnaissance comme concept sociologique. Rôle du classement, du déclassement, du reclassement. Quête d’objectivation, d’investissement symbolique etc. Ainsi les parents semblent se décharger de leurs propres problèmes sur leurs enfants, attendre d’eux une réponse à leurs malaises existentiels, avoir davantage besoin que leurs enfants de la reconnaissance de cette précocité, et être davantage déçus, voire meurtris si ce diagnostic n’est pas confirmé. « Il va être abattu, catastrophé ». etc Ce sont les parents qui sont abattus en fait, si le diagnostic n’est pas validé, et ils n’hésitent à faire repasser le test pour que les résultats correspondent à leurs attentes. Les problèmes de leurs enfants ne résultent pas de leur précocité éventuelle ou supposée, mais des névroses parentales non assumées, assimilées, et donc transmises aux enfants.

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 02:01

Si j’ai exposé en de nombreux textes pourquoi l’existentialisme athée ne pouvait rendre compte de la liberté, et qu’un monisme matérialiste ne pouvait être humaniste au sens Sartrien, c’est-à-dire qu’on peut considérer que les hommes sont peut-être doués d’une valeur et de propriétés spécifiques, mais qu’en aucun cas l’existence précède l’essence en l’homme, car il n’existe que des corps qui font les hommes, que ces corps fluctuent, et que l’existence d’un pour soi signifie émergence d’une complexité psychique supérieure à partir d’un arrangement corporel particulier, mais certainement pas libre arbitre , et que l’homme n’est pas libre parce qu’il est homme et homme parce qu’il est libre (je ne vais pas développer , il suffit de se reporter à mes textes nombreux sur la liberté, le matérialisme radical ou Sartre) je me suis peu servi de cet angle existentialiste athée pour nier l’égalité entre les hommes. Or, c’est curieux, car Sartre a adopté là-dessus un point de vue complètement religieux. Pour les Chrétiens, par exemple, ou les Bouddhistes, l’égalité se fonde sur le fait qu’en tout homme, et malgré les différences, il y a Jésus, ou Bouddha, comme puissance actualisable, et cette part prime sur les inégalités de capacités. D’où la responsabilité, mais aussi l’égalité fondamentale. Sartre a repris cette idée. Il écrit notamment à la fin des Mots : « Si je range l’impossible Salut au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous, et que vaut n’importe qui ». Et c’est logique, ce nivellement, car si l’existentialisme Sartrien a exactement les mêmes vues sur l’homme que les Chrétiens ou les Bouddhistes sur ce point précis de l’égalité, c’est parce qu’il considère que malgré les variétés individuelles, en chaque homme l’existence précède l’essence, donc l’homme se fait lui-même, il est libre, et cette caractéristique l’emporte en valeur sur les inégalités « matérielles », organiques, et elle fonde l’égalité entre les hommes, l’humanisme Sartrien, elle joue le rôle de l’âme chez les Chrétiens, l’immortalité en moins. Mais d’un point de vue scientifique, il n’y a que des corps aux capacités variées et évolutives, et rien d’autre, et l’existence ne précède pas l’essence en l’homme, et même si cela était, ce ne pourrait être en tous les hommes pour des causes purement organiques. Et si Sartre fait de la liberté, et donc de l’égalité la définition de l’homme, en exclurait-il tous ceux dont le corps détruit ne permet plus cette émergence ? Et à partir de quel seuil de complexité cette émergence est-elle rendue possible ? En fait, Sartre n’a même jamais analysé cette émergence, les conditions de possibilité de son effectuation. Tout dans sa pensée est donc vicié, son existentialisme est risible, et son marxisme, pourtant parfois pertinent, reste empêtré dans les impasses de sa première philosophie. Quant au marxisme, s’il n’est ni une science, un processus sans sujet au sens Althussérien, ni un processus avec sujet au sens Sartrien, il n’en reste pas grand chose.

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 01:59

Spinoza me semble largement surestimé. D ’ abord, systématiser et qui plus est circonscrire philosophiquement la réalité au modèle géométrique, c’est déjà un symptôme, le signe d’un esprit un peu dérangé et psychotique, qui ne trouve la paix que par l’établissement d’un système métaphysique cohérent qui permet d’humaniser le monde et de pouvoir s’y projeter, système impressionnant et logique mais artificiel, construit sur des fondations et des relations très contestables. On est ici proche de la tendance psychotique propre à nombre de philosophes dévoilée par Freud et bien exposée par Paul-Laurent Assoun (Hegel en était un exemple caractéristique pour Freud : Hegel pensait révéler la vérité de l’Univers, l’Esprit s’effectuant dans le monde et Hegel en exprimant le fonctionnement dans son œuvre, délire d’anthropocentrisme paroxystique). Ensuite, nombre de ses développements repris et valorisés, comme l’importance du corps, l’interaction corps/esprit, le déterminisme, la morale ouverte, l’importance des émotions et de la joie, l’actualisation de ses possibles sont mal étayés, mêlés à des considérations plus mystiques que philosophiques, accompagnées sans cesse de l’idée d’éternité, du point de vue de l’éternité, etc Or, on retrouve l’essentiel de ces idées, mais exposées plus clairement chez certains penseurs chinois ou encore chez les empiristes anglais par exemple, mais sans le verbiage philosophico-mystique. Si j’ai dit dans un autre texte que pour moi, Freud c’était Nietzsche sans le délire, Hume, avec des réserves, c’est un peu Spinoza sans le délire.

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 22:14

Nietzsche, s'il était vivant, je l'enculerais direct, pour lui apprendre la vie. Louant la grande santé mais complètement HS, le sexe mais sans doute puceau, la danse mais n'ayant certainement jamais dansé, il est l'inverse d'un Jack London en quelque sorte, un philosophe glorifiant le corps mais complètement désincarné.

Il ne faut pas oublier qu'il était rentier, et qu'il est fondamentalement écrivain pour rentier. Pas étonnant qu'il plaise tant à Gide, à Montherlant, à Matzneff etc

Moi, j'ai lu Spinoza, Balzac, Stendhal, Dosto tout comme lui, mais à 15 ans, je surinais des types en maison de correction et à 18 j'étais chez les paras. Alors tous ces bourges qui s'encanaillent dans leur salon confortable avec les pitoyables pensées de Nietzsche, style le bonheur n'est pas le but de la vie ou tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, ça me fait bien marrer. Qu'on dise ça au mec dont les bras et les jambes sont coupés, défiguré, le cerveau altéré, il va rigoler s'il le peut encore!!!

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 21:20

 

 

Je lisais un livre sur La Mettrie dernièrement "La Mettrie, un matérialisme radical", par Claude Morilhat.

Je désirai intégrer l'association des amis de La Mettrie, mais je n'ai trouvé aucune référence sur le net. D'origine Malouine et philosophe, comme moi du reste, je trouvai que La Mettrie n'était pas mis en valeur par sa ville qui, emplie de grands hommes, de Corto Maltese réels, d'écrivains, mais traditionnellement catholique et monarchiste, préfère louer les mérites de Chateaubriand, de Surcouf, de Lamennais, de Jacques Cartier, de La Bourdonnais, plutôt que ceux de Maupertuis ou La Mettrie.

Mais ce dernier, novateur exceptionnel par son matérialisme radical, était si extême qu'il choquait également les matérialistes les plus endurcis de son temps, à savoir Voltaire, Diderot, D'Holbach.

Sa lecture m'a enthousiasmé,

La même passion, le même côté provocateur coule dans mes veines.

Il n'est pas impossible, qu'en plus de partager une ascendance avec Jacques Cartier, Chateaubriand et Duguay Trouin, quelques gênes dominants de l'organisme La Mettrie ne m'est été transmis.

Moi qui avait mis en exergue de mon mémoire la formule choc de Darwin : "Celui qui comprendra le fonctionnement du babouin fera plus progresser la métaphysique que Locke" , et l'avait jetée à la face des professeurs spécialistes de l'idéalisme allemand, j'aurais sans doute été approuvé par La Mettrie qui, à n'en point douter, aurait été l'ardent défenseur des thèses Darwinienne.

 

Son matérialisme, dans la lignée d'Epicure et annonçant "L'homme neuronal" de Jean-Pierre Changeux, donnant à Onfray le titre d'un de ses essais "L'art de Jouir", pousse très loin le concept Cartésien d'animal automate, de corps réduit à un mécanisme, puisque La Mettrie l'applique non seulement au corps de l'homme, comme Descartes, mais à son âme, qui n'est que conscience provisoire et épiphénomène du corps, d'où le titre de son essai le plus connu "L'homme machine".

Puisque l'homme n'est homme que par son corps, tel homme par tel corps, que l'environnement ne modifie sa conscience qu'en tant qu'il altère son corps d'abord, on peut dire que l'homme n'est pas davantage que son corps, que le tout n'est pas plus que la somme de ses parties, comme chez Bergson, mais au contraire qu'il lui est complètement réductible.

Ainsi, adieu spiritualisme mais adieu aussi au matérialisme dialectique, à l'existentialisme, à l'existence prècède -mystérieusement-  l'essence, mais place au processus sans sujet, aux pures et sans restes déterminismes des situations.

Dans un tel contexte, il ne saurait plus y avoir ni survie de "l'âme" individuelle, ni libre-arbitre. Cela change-t-il quelque chose? Comprendre les criminels n'empêche pas la sanction, non pour leur responsabilité niée, mais pour éviter qu'ils ne nuisent.

Comprendre les processus chimiques inhérents à l'amour n'empêche pas d'aimer.

Un homme ne se suicide pas parce que la lecture des Stoïciens l'y incite, car s'il était heureux, il passerait outre, mais il se tue parce qu'il ne voit pas d'issue à une situation qu'il perçoit comme désespérée.

En bref, savoir, comme dit Spinoza, que "l'homme se croit libre parce qu'il est conscient de ses actions mais ignorant des motifs qui le déterminent à agir." n'empêche pas le monde de tourner. Simplement, progressant dans la connaissance, on ne peut plus faire comme si on ne savait pas, et l'on doit oeuvrer pour réformer les institutions et accéder à l'Ultra-humain, comme l'écrit Teilhard de Chardin, ou au transhumanisme comme l'on dit maintenant.

Si le corps fait l'homme, l'homme dans son humanité mais aussi dans son effroyable bêtise la plupart du temps, et personne n'y échappe totalement, alors un corps amélioré semble la solution idéale pour que cesse l'âge de pierre où nous sommes toujours.

Le matérialisme radical n'est d'ailleurs pas nécessairement incompatible avec l'humanisme, puisque le libre-arbitre ne lui est, à mon avis, pas nécessaire. Otons à l'homme sa liberté. Sa conscience, bien qu'éventuellement épiphénomène, a-t-elle disparue, ses oeuvres d'art, ses constructions ont-elles disparues, ses caractéristiques, la complexité du "Phénomène humain", ont-elles disparues? Eh bien non, tout cela reste en place.

 

La Mettrie a de belles formules.

"Les seuls philosophes qui méritent de la Patrie sont les médecins". Valorisation de la médecine, comme chez Descartes, mais La Mettrie était médecin et c'est par l'exercice de son métier qu'il comprit l'influence des processus physiologiques sur l'esprit, de l'organique sur la conscience, ce qui amorça peut-être, en tout cas fortifia sa vision du matérialisme et lui donna des arguments.

"Le matérialisme est l'antidote de la misanthropie". En effet, si l'on considère les hommes par rapport à une norme transcendante à laquelle ils doivent correspondre, se hisser, dans ce cas ils sont libres de le faire ou de ne pas le faire, car autrement il n'y aurait pas de devoir être, de devoir faire, alors comment ne pas les juger et mépriser?

Mais si on les considère comme des machines, allant comme elles peuvent jusqu'où elles peuvent selon leurs natures, leurs limites et la nécessité, sans liberté aucune, alors effectivement, le jugement fait place à la compréhension d'un enchaînement de causes et d'effets, triste mécanique menant le monde et les hommes comme des marionnettes, et il n'y a plus que de la pitié et une espèce de spectacle pathétique et grotesque.

 

Cette conception matérialiste et désillusionnée s'accorde mieux avec l'Epicurisme qu'avec le Stoïcisme. Le plaisir, la volupté sont le but de la vie, et l'ascétisme Stoïcien y est vivement critiqué comme trop dur, inhumain, désincarné. Les Stoïciens sont "sévères, tristes, durs". Ils ont fait "abstraction de leur corps".

La Mettrie respectait grandement Montaigne "le premier Français qui ait osé penser", mais lui reprochait de rester encore trop imprégné des doctrines Stoïciennes, "d'avoir cru, comme les Stoïciens, que la mort devait faire la principale étude d'un philosophe [...] La philosophie bien réglée conduit à l'amour de la vie, dont nous éloigne son fanatisme (car elle a le sien) ; mais enfin elle apprend à mourir, quand l'heure est venue."

 

 

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 21:39

 

J'y reviens sans cesse mais que l'existentialisme me semble faible philosophiquement.

"L'existence précède l'essence" chez l'homme, mais qu'est-ce qui fait l'homme? 

Un homme est libre parce qu'il est homme, homme parce qu'il est libre?

C'est bien léger.

Un homme, c'est d'abord un corps d'homme, comme un chien est chien par son corps, et c'est son corps de chat qui fait d'un chat un chat, et tel chat pour tel corps, tel homme pour tel corps etc

 

Or, un ivrogne est-il libre ? Même s'il a choisi originellement de boire, comme projet existentiel comme dirait Sartre, est-il libre dans l'état d'ivresse? Et le mongolien, l'enfant, le fou, la victime d'AVC sévère? Non, sans doute.

Et le chien est-il libre? Non plus puisque chez lui "l'essence précède l'existence".

Alors? Il faudrait donc exclusivement considéré comme libre l'individu mûr et sain d'esprit.

Mais à partir de quelle limite psychique, de quel arrangement corporel et matériel la liberté émergerait-elle du corps humain? Et pourquoi et comment la matière ferait-elle naître indétermination et libre-arbitre? Tout cela n'est qu'hypothèse gratuite, postulat métaphysique qui s'ignore, et tous les tours de passe passe dialectique de Sartre ne l'ont pas fait avancer d'un pouce sur le problème de la liberté par rapport aux limites posées par Kant.

Sartre a toujours voulu concilier déterminisme des situations et existentialisme, matérialisme et spiritualisme honteux en somme, et il a fait choux blanc.

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 21:18
L'argumentation classique pour apaiser l'angoisse de la mort, qui consiste à dire que la mort n'est rien pour nous parce qu'elle ne nous concerne pas de notre vivant, et qu'elle ne nous concernera plus une fois mort ("la mort est un possible que la vie n'actualise jamais"  écrivait Heidegger), me paraît très faible. Moi, vivant, j'angoisse à l'idée de ne plus vivre, et pleure mes morts.
Que m'importe qu'une fois hors du monde de la vie, je ne sois plus là pour percevoir quoi que ce soit. Je ne crains pas la mort par crainte des Dieux ou d'un châtiment. Si c'était le cas, je pourrais être apaisé par ce genre d'arguments. Mais je crains de ne plus vivre. J'aimerais vivre éternellement, ou, au moins, des milliers d'années pour vivre plusieurs vies, être rassasié, enfin las, et partir avec l'impression d'en avoir vu, goûté, appris, expérimenté, senti, vécu suffisamment.
De même, prétendre que la vie vaut la peine d'être vécue, ou doit être supportée, ou qu'elle est le seul bien parce que vie et valeur sont consubstantielles, et prétendre que la mort n'est pas un problème me semble contradictoire. Ecrire comme Marc-Aurèle que vivre 5,10 ou 100 ans, c'est du pareil au même me heurte. Si la vie est un bien potentiel, sa qualité mais aussi sa durée importe (voir sage Taoïste), et la mort qui nous l'enlève nécessairement est un mal, surtout si la mort arrivé prématurément, avant une actualisation satisfaisante des possibles.
Quant aux Stoïciens qui placent la vertu au-dessus de la vie, cela ferait bien rigoler les Epicuriens car toute la vertu de la vertu ne peut consister qu'à servir la vie, et n'est d'ailleurs que pas elle.
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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 20:56

 

Si pour un matérialiste conséquent, le libre-arbitre est une fiction, l'égalité entre les hommes également.

 

Il est facile de s'entendre sur l'égalité mensongère des conditions, la transmission des privilèges, le domaine de l'acquis se parant du masque de l'innée et s'en vantant (Bourdieu),. Les droits réels sont à distinguer des droits concrets (Marx).

 

Cependant, d'un point de vue plus profond, c'est l'égalité métaphysique entre les hommes à laquelle un matérialiste ne peut pas adhérer. Pour lui, en effet, il n'y a pas derrière les différences empiriques une essence d'ordre religieux à laquelle participerait tous les hommes, et qui serait plus essentielle que les différences.

Non, comme le dit Montaigne, "il y a plus de différences de tel homme à  tel homme que d'homme à bête".

 

Il n'y a en effet pas d'homme, mais que des corps , et des consciences plus ou moins profondes en raison de la complexité de ces corps (loi de complexité-conscience Teilhardienne, manifestation du vouloir-vivre à des degrés divers chez Schopenhauer etc), des corps donc, qui portent des potentialités plus ou moins fécondes. 

 

Ainsi, Balzac était plus intéressant que moi. Il m'était supérieur. Il ne l'est plus. Le pauvre a perdu son corps. Comme c'est triste de penser que la larve, l'insecte ont plus de valeur que ce qu'il est actuellement, rien ou quelques os.

Mais entre moi vivant et Balzac vivant, nulle égalité. Une hiérarchie, une différence qualitative. La fameuse phrase de Sartre: "Tout un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous, et que vaut n'importe qui", me semble ridiculement égalitariste et démagogique.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 14:45

 

Quelle est la meilleure voie pour se libérer de ses névroses?

Les Tcc, pour des raisons explicitées dans d'autres textes, ne me paraissent pas une solution correcte.

Je pense qu'elles préconisent tout ce qu'il ne faut pas faire.

Lorsqu'un homme est atteint de toc par exemple, ou symptôme obsessionnel compulsif, cet homme a parfaitement conscience de l'absurdité de ses rituels, mais il ne peut s'empêcher de s'y livrer. Il n'a donc pas besoin de modifier ses schémas de pensée puisqu'il sait que ces  actes sont sans effets véritables pour conjurer le sort, mais il lui faut remonter à la source et couper le mal à la racine, comme disent les Bouddhistes. En effet, si l'angoisse primitive et source de touments constants disparaît, les symptômes cessent immédiatement, naturellement. Mais si l'angoisse persiste, lutter frontalement contre les symptômes est à proscrire absolument car cela ne peut qu'engendrer un déséquilibre et un déplacement de symptômes.

D'autre part, forcer le symptôme est une torture vouée à l'échec du fait qu'il est symptôme et que donc lui résister entraîne un surcroît de souffrance lié au sentiment de culpabilité de ne pouvoir réellement et tout à fait le surmonter. Il faut procéder exactement à l'inverse, s'y laisser aller sans aucune résistance et sentiment de culpabilité jusqu'à ce que le besoin pathologique de ritualiser soit satisfait. Il sera d'ailleurs bien plus facilement rassasié de cette manière.

 

La psychanalyse dispose des meilleurs théories sur le sujet. Inutile d'entrer dans le détail, il suffit de s'y reporter. Hélas, le facteur humain complique les choses et rend improbable toute analyse. On pourrait dire des bons psychanalystes ce que Kant dit de l'homme véritablement moral. Ce n'est pas sûr qu'il en existe seulement un, mais il faut faire comme si.

Entre les psychanalystes qui sont immatures affectivement et dépendent de leurs patients, ceux qui s'enferment dans l'intellectualisme et rationalisent à tout va, les psychotiques et les précieuses ridicules, les gourous, et ceux dont on paie les vacances mais qui vous abandonnent dès que vous n'avez plus d'argent et bien que vous soyez devenus dépendants, la position de psychanalyste n'est que rarement occupée par qui peut l'assumer.

Je suis donc réticent à conseiller cette voie tant qu'elle n'est pas partiellement remboursée par la sécurité sociale, la rapacité des psychanalystes étant hélas un cliché qui se vérifie souvent, et tant qu'elle est remplie d'incapables et de sectaires.

 

Reste la méditation, non exempt d'écueils. Les multiples "démons" qui peuvent surgir/resurgir et qu'on ne peut affronter que seul par exemple. Ou bien les innombrables problèmes théoriques, les multiples méthodes, doctrines, la prolifération et la confusion que tout ceci peut engendrer.

Méditer seul ou en groupe, privilégier l'approche laïque ou religieuse, et parmi ces dernières, favoriser l'hindouisme, le taoïsme, le bouddhime tibétain, le zen?

Je ne peux ici me substituer à un autre homme, et c'est à chacun de chercher et trouver la voie qui lui correspondra le mieux, dans laquelle il sera le plus susceptible de se trouver.

Attention, cependant, à ne pas confondre la fuite du monde avec l'éveil.

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 13:29

 

 J'ai relu "La Brièveté de la vie" de Sénèque. Du bon et du moins bon.

Il accorde une importance démesurée à la raison. On ne savait pas, à l'époque, qu' une attaque cérébrale, un traumatisme crânien affectait directement la raison, la mémoire et notre identité elle-même.

Notre capacité de nous diriger librement, de nous auto-déterminer dépend donc, pour une part au moins, de notre corps.

D'autre part, il semble méconnaître la part d'animalité en l'homme.

Celui-ci ne doit pas faire ceci, cela, etc mais c'est la nécessaire affirmation de soi qui semble parfois être niée au profit d'un détachement contre nature, mortifère.

Cependant, il y a aussi du bon, que dans mon aptitude à insister sur le mauvais, j'ai tendance à négliger.

Mais comme je suis moins doué pour appuyer sur les qualités d'une oeuvre que sur ces défauts, je laisse au lecteur le soin de s'y reporter directement.

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