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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:39

 

 "Le Portrait de Dorian Gray" m'a émerveillé à la première lecture, à 17 ans. J'ai regretté alors ne pas avoir souligné tous les traits d'esprit que je trouvais si brillants.

Je l'ai relu il y a peu, et je l'ai trouvé plutôt faible.

Ainsi, relire "Le loup des mers", "A l'ombre des jeunes filles en fleurs", "Le petit Chose", "Le Diable au corps", "Le Miracle de la rose", "La peau de chagrin", "L'idiot", "Souvenirs de la maison des morts", "Le Sous-sol", tous des livres fondateurs pour moi, ne m'est pas envisageable.

Je préfère conserver intacte la première impression.

 

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:36

 

 La lecture de Jack London m'épuise, avec ses personnages auxquels je ne ressemble que pour une part, qui m'inspirent puis me lassent, sortes de Kessel de fiction, trop forts, trop simples pour que je m'y identifie.

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:31

 

 Goodis est obsédé par les thèmes de  la chute et de la rédemption, ce qui est une des raisons pour lesquelles je l'ai apprécié, et j'aime les femmes qu'il met en scène, ce qui est une seconde excellente raison.

Mais je ne parviens plus à le lire. Il appartient à mon passé.

Pourquoi s'enliser dans la répétition du même ?

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 14:27

 

  Lorsque j'étais très préoccupé par des problèmes religieux, du type "Entre la vérité et le Christ, si les deux s'excluent, je prends le Christ", ou "Si Dieu est mort tout est permis" ( Dostoievski ), ou bien "soit le Christ est réssuscité et est réellement le Sauveur du monde, soit il n'est pas réssuscité et le message évangélique perd toute sa puissance, sa raison d'être" ( Kierkegaard ), j'étais essentiellement fasciné par la littérature russe.

Or, avec le temps et mes changements d'orientations, j'ai tranché dans le sens de l'immanence contre la transcendance, et les problèmes existentiels tels que développés chez les auteurs russes appartiennent à mon passé, à tel point que je ne parviens pas ( sans doute pour des raisons psychologiques ) à lire "Les Possédés", seul grand roman de Dosto que je n'ai pas lu.

Dès que je l'aborde, il me tombe des mains, et pourtant Dosto a longtemps été l'incontestable number one pour moi.

Je ne parviens pas, également, à entreprendre sérieusement la lecture de "Guerre et Paix", bien que cette oeuvre semble une ode à la vie. C'est peut-être la longueur du livre qui me rebute, car le temps employé à cette lecture, je ne pourrais réellement m'intéresser à rien d'autres, et j'ai suffisamment délaissé une certaine part du réel pour ne pas en rajouter.

Le dernier grand Russe que j'ai lu, c'est Gontcharov et son "Oblomov"

 

J'ai l''impression que les russes, dans l'ensemble très religieux, se sont fourvoyés.

S'ils paraissent si tendus, si déchirés entre aspirations charnelles et religieuses par exemple, c'est qu'ils tentent de guérir de leur névrose en les renforcant.

Ce que Sartre écrit sur Kierkegaard, à savoir qu'après s'être libéré de l'esprit de système Hégélien par l'éloge de la singularité existante, il s'est renfermé dans une idéologie particulière ( le protestantisme pris au sérieux ), on peut l'appliquer à Dosto par exemple ( l'orthodoxie prise au sérieux ).

 Or, prendre la religion ( surtout monothéiste ) au sérieux, c'est se constituer une sorte de surmoi intense et omniprésent, une intériorisation d' un idéal du moi qui éloigne de soi, et s'empêcher de vivre ( Stirner puis Freud ).

 

Et tous les romans de Dostoievski sont imprégnés de ses névroses, et ses personnages également.

C'est très puissant, fascinant, attachant, mais c'est aussi très lourd.

Le plaisir charnel y est toujours implicitement condamné, la femme est considérée soit comme une Sainte chaste, soit comme une prostituée promise à la grâce qui peut être sauvée, mais la chair, l'abandon à la chair, y est toujours l'oeuvre du démon.

Et cela, on le retrouve complètement dans une partie de l'oeuvre de Tolstoï, et plus encore dans sa vie. Pourtant, il aimait la vie, mais comme il était terrorisé par la mort, il en vint à rejeter tout ce qui passe, est éphèmère, comme quelque chose d'inessentiel, et par conséquent à se priver de tout ce qui est seul à notre portée, et donc à lutter contre sa propre nature, et la nature en lui, et finalement, il aboutit à des tensions, des contradictions sans issue.

 

Toute autre me paraît l'option américaine.

Les grands auteurs américains cherchent à guérir de leurs névroses en en sortant.

Cela conduit non à un renforcement des tensions liées à l'adhésion insatisfaite à une idéologie particulière, mais à ce que Gilles Farcet ,à propos de Thoreau, Miller, Snyder ou Kenneth White ( écossais ) nomme "l'individualisme cosmique".

 

Les auteurs américains, grands originaux, cherchent leurs voies, et en s'individualisant à outrance, rejoigent l'universel et les vérités essentielles.

Cela ne va pas sans heurts, et certains chutent.

Mais c'est ce qui donne à leurs oeuvres quelques soient leurs sècheresses ou leurs excès, la couleur de la vie.

Je pense notamment à Thoreau, à Melville, à London, à Hemingway, à Miller, à Fante, à Kerouac, à Toole, à Harrison.

 

Il me semble que la force d'une tendance majoritaire de la littérature américaine, son impact actuel, vient de son adhésion à la vie, aux possibilités qu'elle offre et qu'elle essaie de faire fructifier, et non de l'opposition à la vie telle qu'on la rencontre chez beaucoup de russes, mais aussi, en France, chez Baudelaire, Bloy, Bernanos, Houellebecq par exemple.

 

C'est cette dimension de la littérature américaine qui est, d'après moi, la vraie spiritualité, et c'est cela qui m'attire.

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 12:52

 

 

 Thoreau est pour moi un référent. Il est le précurseur de tout ce que l'Amérique a compté et compte de libre et subversif.

Les Mark Twain, London, Steinbeck, Miller, Kerouac, Fante, Bukowski, Toole, Harrison et autres en sont les continuateurs, avec leurs modalités propres.

On parle sans cesse de "Désobéissance civile" qui influença beaucoup de contestataires, à commencer par Gandhi, dont les deux principaux maîtres furent Tolstoï et Thoreau.

 On oublie un peu "Walden".

 

Ce livre est très étrange. Je ne pense pas qu'il ait très bien été traduit. Et malgré cela, il est si profond, si original, ( je n'ai jamais rien lu qui m'ait donné cette impression ) qu'il est parfois difficile à lire.

Ce n'est pas qu'il soit complexe, ou tout à fait neuf dans ce qu'il propose, c'est la façon dont l'auteur s'y prend pour nous éclairer qui est surprenante et peut parfois sembler farfelue tant cela nous sort de l'ordinaire.

 

Thoreau a le mérite d'oeuvrer pour la vie. Il est un maître, un véritable philosophe qui ne s'est pas satisfait d'une conceptualisation, mais qui a réellement vécu, et qui est parti serein quand c'était l'heure, non pas faussement ou par l'usage de quelque artifice, mais naturellement et tout simplement, parce qu'il avait réellement et pleinement vécu.

Cet auteur nous dit qu'à la limite, on ne devrait écrire qu'empli d'énergie et de joie, de force tranquille puisée dans l'harmonie et l'abondance de la nature, et ne transmettre que cela, cette vie.

C'est tellement différent des conceptions occidentales, qui associent trop souvent l'artiste, la création, à la maladie, à la neurasthénie ( le romantisme, Baudelaire, Cioran, Houellebecq...).

C'est bon de montrer qu'il y a d'autres voies, que si "génie" et  "folie" sont souvent liés ( Van Gogh, Schumann, Artaud ), ce n'est pas une fatalité.

 

Thoreau, dans "Walden", développe ses intuitions, ses impressions dont on peut se servir pour notre propre vie.

Bien sûr, il s'agit de notre vie, et pas de la sienne, c'est à nous de nous faire nous-mêmes.

Mais, luçide, Thoreau le dit aussi. Son but n'est pas qu'on le suive, c'est de contribuer à ce que chacun trouve sa voie, s'éveille selon ses aptitudes, goûts, besoins, désirs propres.

 

Ainsi,certaines de ses vues sont contestables.

 

Par exemple, il prône le détachement des biens naturels, mais il n'avait pas d'enfant et en avoir complique les choses.

Les parents veulent que leurs enfants aient au moins l'essentiel. Thoreau aussi le voulait, mais l'essentiel pour un enfant, et pour beaucoup d'hommes en fait, comprend aussi du superflu, du superflu "nécessaire" pour la majorité des individus pour lesquelles les conditions de vie de Thoreau, son dénuement ne seraient pas supportables.

 

De même, lorsqu'il dit qu'il n'y a pas de meilleure odeur que celle de l'air frais que l'on inspire, j'étais, comme mu par un souci mimétique. d'accord. Je me souvenais de sensations fortes, pleines de vie, où je "sentais" l'air, et c'était bon.

Mais finalement, en étant honnête avec moi-même, je m'aperçus que ce n'était pas l'odeur que je préférais, que je divergeais à cet endroit de Thoreau. Moi, l'odeur que j'aime par-dessus tout, c'est l'odeur des femmes qui me plaisent. Elle m'enivre littéralement. Je ne pourrais vivre que de cette odeur, je serais comblé.

 

Mais qu'importe ces différences, Thoreau n'oblige personne à le suivre, il m'impose rien.

 

Il ouvre pleins d'autres pistes, et ce que je pourrais en dire ne serait que la perspective d'un ignorant ( intellectuel aspirant à la sagesse, mais pas libéré ) à propos d'un véritable sage, d'un homme tout simplement.

 

 

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 21:17

 

 

 Il existe dans la littérature Française un esprit mortifère, se complaisant dans le malheur.

Ce courant va de Montaigne à Houellebecq, Schiffter, en passant par des romantiques comme Musset, des décadents comme Huysmans, des Spleeneux comme Baudelaire, des catho comme Bloy, des Schopenhaueriens comme Cioran.

 

 Heureusement, la littérature Française, ce n'est pas que cela. C'est aussi Balzac, Stendhal, Céline, Genêt, Sartre, Saint-Exupéry, bref, de l'énergie.

 

 Mais actuellement, la tendance Houellebecquienne l'emporte.

 Je trouve pourtant qu'elle manque de cohérence.

Si Schopenhauer a raison, si la vie est essentiellement souffrance, pourquoi ne nous suiciderions-nous pas, puisque  même si cet acte témoigne d'une volonté contrariée, le résultat est tout de même efficace, on ne souffre individuellement plus des effets du vouloir vivre alors.

 

Donc, si on reste en vie, si on reconnaît une valeur à la vie, on doit essayer d'aller dans son sens, de pousser vers ce sens.

Quand un Schiffter critique le manque de luçidité des gens, leur ignorance, leur préjugé optimiste, leur ridicule désir de bonheur, et qu'en même temps, il déprécie la valeur de la vie, c'est incohérent.

Car alors, qu'a t' il à leur proposer de toute façon ?

 

Soit la vie peut valoir le coup, et on est en mesure de l'encenser, de montrer pourquoi, comment, d'aider les êtres à s'épanouir, soit on considère qu'elle n'en vaut pas la peine, on la déprécie à outrance, comme une sorte d'enfer, mais dans ce cas, on ne peut en vouloir aux gens de s'illusionner, de n'être pas philosophe, car s'il n'y a que de la peine à en tirer, à quoi bon philosopher ?

La philo, dans ce dernier cas, serait l'aptitude a accroître les souffrances qui accompagnent la luçidité, mais si elle ne peut rien donner d'autre, à quoi bon ? Laissons les gens se divertir !

 

Par contre, dans le cas ou la vie est promesse d'épanouissement, alors la philo, dans la mesure ou elle ne se résume pas à un assemblage de concepts ( même si c'est là le plaisir de quelques-uns, et cela compte aussi ), peut aider les hommes à mieux vivre, de façon plus intense.

Elle peut contribuer à leur libération, à ce qu'ils se déterminent eux-mêmes.

De  cette meilleure appréciation des préjugés et des possibles, à une vie réellement différente et réussie, il  y a encore un monde et la bonne vie n'implique pas nécessairement l'exercice philosophique, comme la philo conduit rarement à la bonne vie.

Mais c'est toujours quelque chose, une amorce.

 

L'essentiel, c'est je crois, de suivre les traces de Thoreau, et non de Kierkegaard.

 

Le premier a tout fait pour vivre pleinement, et comme il le raconte dans "Walden", il craignait de mourir avec le sentiment de n'avoir pas vécu.

Il a agi selon cette perspective, et il est mort serein, car jusqu'à la dernière extrémité, il fut pleinement vivant.

 

Le deuxième s'est fourvoyé dans une compréhension de la religion comme devant être opposée à la vie terrestre, et à la fin de sa vie, étant passé à côté de pratiquement toutes les bonnes choses de l'existence, il dit, et c'est terrible : "A la limite, je n'ai pas vécu."

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 01:21


Lors du dernier festival "Etonnants Voyageurs", j'ai discuté de Buk avec une femme, qui m'a assuré qu'il se foutait d'être "reconnu".

Pourquoi s'est-il acharné à écrire alors, et pourquoi s'est-il efforcé de se faire publier ?
Pour les femmes, l'alcool, la tranquillité permise par l'argent des livres et des conférences?
Ce sont soient des formes de reconnaissance, soient des produits de la reconnaissance.

On ne sort pas de la recherche de l'assentiment d'autrui tant qu'on n'est pas autiste.

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 16:04

L'histoire de la découverte de Fante par Bukowski est assez connue. Il en a lui-même fait mention.
Plus ou moins désespéré, et désoeuvré, il se réfugia dans une bibliothèque publique et enchaîna la lecture de nombreux livres, dans différents domaines.
Lorsqu'enfin, il tomba sur Fante, ce fut pour lui une révélation, comme il le dit lui-même :

"Un jour j'ai sorti un livre et c'était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l'or à la décharge publique. J'ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d'une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n'avait pas peur de l'émotion. L'humour et la douleur mélangés avec une superble simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J'avais une carte de la Bibliothèque. Je sortis le livre et l'emportai dans ma chambre. Je me couchai sur mon lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu'il y avait là un homme qui avait changé l'écriture.
Le livre était "Demande à la poussière" et l'auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m'influencer dans mon travail. je terminai "Demande à la poussière" et cherchai d'autres Fante à la bibliothèque. J'en trouvai "Le vin de la jeunesse" et "Bandini". Ils étaient du même calibre, écrits avec les tripes et le coeur [...]"

On trouve de nombreuses correspondances entre Fante et Bukowski, mais aussi, à mes yeux, une différence fondamentale.

Tous les deux vécurent une enfance assez difficile ( pauvreté, donc exclusion de la vie facile, où tout va de soi ; réflexion à partir de cela, sentiment d'exclusion ) .
Ils avaient la passion du baseball, enchaînèrent les petits boulots minables, vivaient des relations complexes avec les femmes, partageaient le fantasme de l'écrivain, et le désir de s'en sortir par l'écriture, donc la conscience que la littérature était le mode d'expression qui leur correspondait le mieux, par lequel ils pourraient donner forme au meilleur d'eux-mêmes, le sortir et le communiquer, donc exister par ce moyen.

Il existe aussi des spécificités qui différencient les deux auteurs.

L'enfance de Buk a été plus rude. Son père le battait, sa mère était indifférente à son sort.
Fante, lui, était aimé par sa famille, et l'aimait.

Les deux écrivains souffraient de plusieurs complexes :

-Tous les deux furent élevés dans une famille pauvre. Chez Fante, cela se compliquait du fait qu'il était rital, donc catholique. Du coup, il fantasmait sur les "wasp", d'origine anglo-saxonne et protestante

-Les tâches de rousseur de Fante lui déplaisaient. Rien à voir cependant avec les furoncles de Buk, apparemment épouvantables, qui empoisonnèrent longuement ses relations amoureuses et sexuelles.

L'éducation catholique de  Fante a sans doute contribué à façonner son surmoi, ce qui lui a évité les écueils de Buk, à savoir une complaisance dans le trash ( alcool, baise, bagarre) assez répétitive et lassante à la longue.

L'humour est omniprésent et léger, enlevé chez Fante, lourd et pesant, noir chez Buk.

Malgré des tendances communes entre les deux auteurs, la tonalité entière de leurs oeuvres respectives diverge donc.

L'impression qui se dégage de Buk, c'est le dégoût. C'est subjectif bien sûr, mais il ne me pousse pas à aimer la vie. Il en prend le côté sombre, qui est bien réel, mais, comme Céline, que le côté sombre, ce qui est tout de même partial, orienté. Même le burlesque y est fondamentalement déprimant.
La vision qu'il nous transmet des petits boulots alimentaires ingrats, par exemple, n'est pas dénuée de vérité. Mais heureusement, ils ne s'y résument pas.
Les femmes qu'il met en scène sont toutes plus ou moins dégénérées.
L'épitathe de Buk, c'est, je crois, "n'essaie pas". injonction contraire à la nature d'ailleurs, à laquelle évidemment il ne s'est pas tenu.
Bien lui en a pris car, finalement, il a réussi, et je ne pense pas au fond, qu'il ait été réellement mécontent de la reconnaissance acquise, qui lui apportait entre autres tout l'argent, le confort et les femmes dont il avait le besoin !

Fante, c'est le contraire. Il me donne envie de vivre. Il est léger, fantasque, toujours soutenu par l'énivrant désir d'être écrivain, qu'il narre sur le mode humoristique. Il s'accroche, plein d'espoir. Ses femmes ont de la grâce. La tendresse, le sentiment, l'amour n'y sont jamais totalement séparés de la sexualité. Il insuffle de l'énergie, un élan  à ses lecteurs.
Il m'est un esprit frère
"Bandini", son seul roman écrit à la troisième personne, est, je trouve, le moins réussi.
 Le "je" lui était indispensable, pour plus d'humanité.

Grâce éternelle soit rendue à Buk pour les efforts qu'il exerça à la promotion de l'oeuvre de Fante. Ils n'auront pas été vains.

Conclusion : Essaie !

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 12:05




LITTERATURE FRANCAISE :

Flaubert :            - "L'éducation sentimentale"

Stendhal :           - "La chartreuse de Parme"

Balzac :               - "La peau de chagrin"
                             - "Les illusions perdues"

Huysmans:        - "Là-bas"


Zola :                    - "Germinal"
                              - "L'assommoir"

Bloy :                   - "Le désespéré"

Loti :                     - "Pêcheur d'Islande"


Proust :               - "Contre Sainte-Beuve" 
                             - "Un amour de Swann" 
                             - "A l'ombre des jeunes filles en fleurs"


Gide :
                  - "Si le grain ne meurt"

Céline :               - "Voyage au bout de la nuit"
                             - " Mort à crédit"

Montherlant :      - "Les essais"

Genêt :                - "Le miracle de la rose"

Sartre :                - "Les mots"

Vian :                   - "L'écume des jours"

Radiguet :           - "Le diable au corps"

Gary :                   - "La promesse de l'aube"

Matzneff :            - "Maîtres et complices"




LITTERATURE ETRANGERE :


Buzzati :              -  "Le désert des tartares"

Shelley :             - " Frankenstein"

Stevenson :       - "L'étrange histoire du docteur Jekyll et Mister Hyde"

DH Lawrence :  - " L'amant de Lady chatterley"

Wilde :                -  "Le portrait de Dorian Gray"
                            -  "De Profundis"
                            -  "Vera ou les nihilistes"

TE lawrence :    - "Les sept piliers de la sagesse"

Hesse :              - "Le loup des steppes"

Pouchkine :       - "La fille du capitaine"
 
Gogol :               - " Les nouvelles de Saint-Petersbourg"

Tolstoï :              - "La mort d'Ivan ilitch"

Tourgueniev :    - " Premier amour"
                             - " Père et fils"

Gontcharov :      - " Oblomov"

Dostoievski :     - "L'idiot"
                            - "Crime et châtiment"
                            - " Les frères karamazov"
                            - " Les nuits blanches "
                            - " Le sous-sol"
                            - " Souvenirs de la maison des morts "


Boulgakov :       - " Maître et Marguerite"

Agueev :             - "Roman avec cocaïne"

Mishima :           - " Le soleil et l'acier"

Yoshitaka :         - " La pierre et le sabre "

London :             - " Le vagabond du rail "
                             - " Martin Eden"
                             - " Le loup des mers"

Steinbeck :         - " Des souris et des hommes "

Fante :                 - "Mon chien stupide"
                             - " La route de Los Angeles"
                             - " Demande à la poussière"

Bukowski :         - " Souvenirs d'un pas grand-chose"

Miller :                 - " Le tropique du Capricorne"

Kerouac :           - " Sur la route"

Toole :                - "La conjuration des imbéciles"

Goodis :             - " Tirez sur le pianiste"

Mac Cain :          - "Le facteur sonne toujours deux fois"

Lehane :             - "Shutter Island"



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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 17:59




Pour annoncer la couleur, je  vais donner une liste de quelques oeuvres littéraires qui sont pour moi incontournables, parmi tant d'autres.

Je tiens à préciser, par la même occasion, le caractère subjectif de toute appréciation en matière de goût en général, et ici en littérature.

En effet, nos inclinations sont en étroite correspondance avec la singularité de nos parcours. Ainsi, tenter d'établir une liste des meilleurs livres, même si cette liste s'affirme très personnelle, n'est pas une démarche aisée pour cause d'évolution permanente, et bien que le franchissement d'étapes, ruptures qualitatives résultant d'une lente maturation, soit peu fréquent.
L'évolution du goût littéraire n'empruntera pas la même direction pour tous. Elle dépendra des commencements.

Je ne placerai pas, dans cette liste, les romans qui m'enchantèrent enfant, comme "Les Aventures du Plus Petit des Pirates et de Son Ennemi le  Gros Capitaine", "Les Aventures du Petit Baron Fauntleroy", "Mon Bel Oranger", "Voyage au Centre de la Terre", "Le Comte de Monte Cristo",  "Le Petit Chose", car je suis désormais incapable de savoir quelles impressions ils me donneraient si je les lisais actuellement.

Peut-être ne faudrait-il retenir, comme critère, que l'aspect "révélation" au moment de la découverte.
Cependant, il me paraît difficile de placer dans une liste de chefs-d'oeuvres des romans que j'adorais enfant et que je pourrais juger comme de pitoyables navets maintenant. Et les exemples ne devraient pas manquer !

Sans remonter aussi loin, je sais que certaines des oeuvres que je vais mentionner, lus il y a une dizaine d'années, ne correspondent plus à mes attentes. Mais, si je ne devais conserver que les livres qui ont été les révélations, ou les heureuses découvertes qui correspondent aux besoins qui étaient les miens ces derniers mois, ma liste serait bien pauvre, et j'aurais le sentiment de commettre une injustice envers tous les auteurs qui furent des révélations passées, m'aidèrent à tenir quand il le fallait, et me sauvèrent peut-être la vie.

Par cette dernière idée, je comprends que le critère qui me servira à choisir une période à partir de laquelle je pourrais sélectionner des oeuvres, c'est l'âge à partir duquel les livres me sont devenus biologiquement nécessaires qui me le fixera, un certain moment de mon adolescence à seize ans où je n'étais plus "tenu" que par eux, où ils se muèrent de distraction profonde en toute autre chose, satisfactions d'un besoin vital, compagnons, ultime réconfort. Leurs aides, leurs influences dans la conduite de ma vie surpassèrent, et de loin, les avantages de la bouteille, n'en déplaise à Bukowski.


Pour reprendre brièvement sur mon parcours littéraire, je vais donner quelques exemples.

"Jacques le Fataliste" m'avait fasciné adolescent, et m'avait déconcerté  pour son étrange philosophie. La vision déterministe de Jacques m'ouvrait des portes, me donnait de nouvelles grilles de lecture pour comprendre le monde, et cela constituait un aspect central du charme de l'oeuvre. Or, depuis, (il se trouve que je suis philosophe), j'ai lu "l'Ethique " de Spinoza. Et l'influence de Diderot pour ce qui concerne la vision de Jacques, c'est Spinoza. Comme Voltaire, Diderot aimait beaucoup Spinoza et peu Leibniz (Pangloss dans "Candide" , c'est Leibniz : "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes"). Spinoza, évidemment, approfondit bien plus les implications du déterminisme que le fait Diderot par Jacques. J'ai donc été fort déçu par la relecture récente de "Jacques",  qui ne pouvait plus rien m'apporter de ce côté là. Et cette déception n'a pas été compensée par l'aspect humoristique qui m'avait moins marqué à l'époque.

La déception, je l'ai également ressentieà la relecture du "Portrait de Dorian Gray". J'avais été, adolescent, émerveillé, fasciné par l'intelligence, la spiritualité des dialogues. A la fin du livre, j'avais regretté ne pas avoir souligné les plus remarquables et nombreux passages. Et puis, je l'ai relu il y a peu, mais finalement, je n'y ai plus rien appris, alors que tout m'y paraissait nouveau, que j'avais été subjugué. Cela tient sans doute au fait que parvenu à un certain seuil de connaissances, plus rien ne surprend, au moins au niveau des idées, alors il faut trouver autre chose.

Dans ce prolongement, cela fait bien longtemps que ne ne me suis pas replongé dans '"Le Loup des Mers" de London, qui est un des rares livres que j'ai lu de nombreuses fois. C'est un roman d'aventures maritimes, et il met en scène un lettré fragile, sensible, habitué à la compagnie des femmes, dont les idées politiques sont empreintes d'altruisme, qui, au terme d'un naufrage, est confronté à un capitaine cruel, surnommé Loup Larsen, rude, sans pitié, Nietzschéen, doué d'une puissance physique colossale, d'une vigueur phénoménale, et néanmoins original en ce qu'il révèle un fond raffiné, avide de connaissances. Les deux personnages sont en fait deux incarnations de Jack London, qui était et socialiste et Nietzschéen, et ne parvenait pas à réellement concilier ses deux tendances en lui. C'est un roman captivant. Mais m'apporterait-il encore, ne serait-ce qu'un peu de l'énergie qu'il porte en lui, ou bien ce souffle, cet amour de la vie propre aux oeuvres de London, finiraient-ils par m'abattre, comme l'ont fait certains de ses romans? Je crois, en fait, avoir épuisé ce que cette oeuvre pouvait m'insuffler.

Je suis très intéressé, actuellement, par la littérature américaine, pour la raison même qui m'en a si longtemps tenu éloigné . Je reprochais aux auteurs américains leurs manques de fond, leurs manques d' idées, lorsque j'attendais des auteurs de longs développements spéculatifs sur tous les sujets possibles, arts, littérature, métaphysique, politique, science etc
C'est la raison pour laquelle je n'ai pas aimé, parmi les allemands, "Le Jeu des Perles de Verre", de Hesse, qui proposait l'élaboration de vastes synthèses de tendances opposées et complémentaires, comme le yin et le yang, l'esprit et la matière, la liberté et le déterminisme, l'homme et la femme, l'Occident et l'Orient, la foi et la raison, mais ne les développait jamais, à l'inverse de Proust, Mann, ou Dostoievski par exemple.
Or, je me suis lassé de ces sortes de développements.

Si Proust a été l'écrivain que je plaçais au-dessus de tous les autres pendant tant d'années ( je l'estimais le plus grand de tous les temps, plus universalisable que Dostoievski ), dévorant en plus de l'oeuvre les ouvrages critiques de Gaetan Picon, Geoges Poulet etc,  je finis par m'en lasser lorsque je fus sevré des longues et interminables digressions plus proches de l'intellect que de la vie, et la critique que DH Lawrence, dans "L' amant de lady Chatterley" livre sur Proust, où, pour faire simple, il fait dire que finalement il manque quelque chose d'essentiel dans cette oeuvre, de l'orde du vivant, me parut assez pertinente.  Et pourtant elle m'aurait scandalisé il y a quelques années.


Comme l'écrit Schopenhauer, le fond et la forme doivent s'équilibrer. Si la forme prime, c'est vide, ça manque d'âme, et si le fond l'emporte, le roman ne devient qu'un prétexte pour exploiter ses idées, et il s'agit alors davantage de dissertations philosophiques que de romans.
Balzac, Zola réalisent à merveille cet équilibre. Les auteurs russes également.
Malheureusement pour ces derniers, on pourrait leur appliquer la critique de Sartre à propos de Kierkegaard, c'est-à-dire que leurs réactions salvatrices à l'esprit systématique allemand et en particulier Hégélien sont limitées par leurs repliements pathologiques dans l'idéologie locale et particulière de la Slavophilie, religion Orthodoxe, âme russe etc
Il est vrai que c'est aussi ce qui fait son charme. Celui-ci provient peut-être des limitations, inhérentes à la spécialisation, comme en tout domaine. Otez à la philosophie ses concepts, au sport le mouvement, il n'en reste rien. Leur puissance réside dans ce qui les détermine et les limite.

Un des éléments qui explique que mon coeur, mon âme ont été longtemps russes, et pour lequel je vénérais plus que tout Dostoievski, est celui-là même qui, comme pour l'élément intellectuel de certains romans trop philosophiques, m' en éloigne aujourd'hui. Cet invariant des grands Romans russes qui m'attirait, c'était l'angoisse métaphysique, et les russes m'ont si profondément marqué que j'ai pensé m'inscrire, un temps, à l'Institut Saint Serge, pour me spécialiser dans l'orthodoxie, m'abreuver de la "Philocalie" etc...
Il m'était aisé, et même naturel, de me passionner pour Dostoievski, puisque, hormis hélas le talent, j'en partageais les préoccupations, l'hystérie, les obsessions religieuses, et de nombreuses craintes, d'innombrables conflits intérieurs. Or, les discussions interminables sur la vérité et le Christ, la justification du mal si Dieu est bon, les problèmes théologiques, la foi et la raison, la liberté et la grâce, la liberté n'occupent plus, du tout, la place centrale de mes réflexions. Et il faut que je m'avoue qu'il m'est bien difficile d'en détacher Dostoievski, car ces obsessions imprègnent tout le reste, et c'est jusqu'au rapport de ses personnages masculins aux femmes, complexes et que j'adorais, qui a perdu de l'attrait et du charme pour moi.


Et maintenant, l'Amérique!

Ce que j'apprécie chez les américains, chez Bukowski, Kerouac, Fante, Toole, Miller, c'est l'instauration d'un nouveau rapport à la littérature et à la vie, et de ce rapport naissent une violence et des révélations d'une autre nature que celle des autres classiques européens.  Les oeuvres des écrivains américains paraissent moins encombrées, ou plombées différemment, riches de possisibilités nouvelles, et décomplexantes tant nombre de ses réalisations paraissent plus abordables que "La Recherche" ou "La Comédie Humaine", et leurs génies moins inaccessibles.


Je termine pour annoncer que malgré ces changement incessants d'intérêt, je donnerai très rapidement une sélection embrassant les apothéoses de l'ensemble de la quête.



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