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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 18:58

Comme la plupart des êtres qui ont subi la violence dès l'enfance, je me suis enfermé tôt derrière une carapace. Cette carapace, psychique et physique, elle est très répandue chez les taulards, les militaires, les pratiquants d'arts martiaux et de sports de combat. D'où aussi des problèmes d'identité. On se confond avec sa réputation de dur, avec ses muscles, et on nous confond avec eux. On a l'impression que si on perd cette carapace, si on lâche prise, on va se faire bouffer, arnaquer, violer, dominer, manipuler, alors on s'y cramponne, on la renforce, on se durcit à l'extrême, mais on ne sait plus qui on est vraiment, prisonnier d'une identité factice, sociale. On croit que sans cette carapace qui nous ferme à autrui, on se retrouvera sans défenses, et on ne parvient pas à s'abandonner et à retrouver son humanité et sa confiance.

Comme j'ai souffert sur le chemin de l'émancipation, toujours enfermé dans des croyances successives, incapable de m'affirmer réellement, prisonnier et sous dépendance, cherchant à me conformer à un rôle pour être apprécié et accepté, quitte, après avoir été ignoré, à passer pour un crétin, une brute stupide, un taré, image que me renvoyait ma famille, les profs et les ado que je côtoyais. Mais je cherchais trop à plaire, à maintenir la place que je m'étais faite, pour que je puisse me faire valoir autrement.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 18:36

Quand j'étais au collège, en BEP compta, j'étais un grand littéraire. Je lisais de la poésie et des classiques. J'avais été enchanté par "Le portrait de Dorian Gray", comme par "La peau de chagrin" en BEP. J'étais aussi fasciné par Schopenhauer, découvert dans le magazine littéraire. Je me sentais seul. J'étais seul. A l'armée, plongé dans "Atala", "René", "Le désert des tartares", on me disait que je faisais semblant de lire. Je fantasmais sur le monde étudiant, m'imaginant qu'il était empli de passionnés de littérature, comme dans Balzac, mais ce monde me paraissait inaccessible. Reprenant les études, en seconde, dans un lycée pour élèves difficiles, je lisais entre autres "L'éducation sentimentale", "Le voyage au bout de la nuit", Comme je passais pour une brute, les autres ne comprenaient pas pourquoi j'étais plongé dans ces bouquins. Ca ne correspondait pas à l'image qu'ils avaient de moi. Je me disais que je rencontrerai des élèves avec des inclinations similaires dans un lycée classique en filière littéraire. Quand j'intégrai la 1ère L d'un lycée public, je fus surpris car la classe n'était pas rempli d'élèves tels que je l'anticipais. Je me dis donc que j'allais en rencontrer en fac de philo , et ma déception se renouvela. J'ai parfois l'impression d'être le seul être vivant à lire des classiques. Bourdieu parle des classes sociales dominées qui n'ont pas accès à la culture des classes dominantes, et déconsidérées pour cela. C'est possible, mais les classes dominantes sont elles aussi incultes. La culture de masse a triomphé, et ce sont les réfractaires à la TV réalité, à la pornographie médiatique qui sont seuls désormais. Est-il nécessaire d'aller en prison retrouver des Ed Bunker, des Charly Graf pour rencontrer des individus complexes et inspirés?

Beaucoup souffert de mon impossibilité à m'exprimer, puis de ma réputation violente qui m'enfermait dans un rôle de brute, qui m'a poursuivie pendant des années et continue à fausser la perception et le jugement que les autres ont de moi.

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 18:24

Vu un documentaire sur un boxeur allemand, Charly Graf,qui m'a touché. Un type remarquable. Enfant maltraité, puis boxeur professionnel, et proxénète après l'arrêt de sa carrière et une dépression, il s'est lié à un ex-terroriste des brigades rouges en prison, qui l'a ouvert sur la littérature, Dostoievski, Handke, Hesse. Il a repris la boxe en prison et obtenu qu'on le laisse sortir et disputer quelques matches. Il en gagna 2 puis perdit le troisième, victoire volée par des arbitres corrompus. Après sa libération, il travaille dans une ferme, puis comme éducateur social. Ce qui est beau, c'est sa complexité. Une apparence brutale, un poids lourd aux muscles hypertrophiés qui masque une âme de personnage dostoievskien, hypersensible et tourmenté. Il parle courageusement de sa peur, de son sentiment d'insécurité, de ses erreurs, notamment la manière dont il traitait les femmes, exprime son ressenti, dit qu'il va de névrose en névrose, qu'il se sent dans une solitude absolue, écoutait en boucle en prison un émouvant morceau de jazz. Je voyais bien que malgré une rédemption apparente, il luttait toujours contre ses démons. Beaucoup de lucidité de sa part, de courage, et de résonances avec mon propre vécu, mon ressenti.

Vu un reportage sur Donald Duck. Je me souvenais pas que c'était aussi intéressant. Ca m'a donné envie d'en relire. Ce cher bon canard.

Je vieillis. Je viens de prendre conscience que mes cheveux avaient beaucoup blanchi, mais j'ai du mal à l'intégrer. Quand j'étais plus jeune, je croyais que l'attirance pour le sexe opposé évoluait avec l'âge, et qu'à 80 ans, on se trouvait mutuellement beau. Mais ça ne marche pas comme cela. Il n'y a que dans la jeunesse ou on peut être subjugué par la beauté d'un être de son âge. Vieux, c'est encore la jeunesse qui attire, comme si le physique changeait, mais que l'âme ne suivait pas. C'est pour cela qu'arrivé à un certain âge, les vieux, qui ne peuvent plus séduire de jeunes filles, sont obligés de regarder des pornos pour être stimulés. C'est triste, car même les hommes les plus beaux, charismatiques n'échappent pas à ce déclin.

Ce qui m'a manqué, surtout, pour m'épanouir, et qui me manque toujours, c'est l'échange aboutie avec une femme qui parle à mon coeur, et à mon âme. Je n'ai vécu que des rencontres manquées, parce que quelque chose, une angoisse, une peur, une croyance m'a empêché d'approfondir, ou de me laisser approcher. J'ai ainsi plein de souvenirs de filles, de femmes avec lesquelles j'aurais pu être heureux, promesse de bonheur véritable non réalisé, et regrets irréversibles.

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 18:02

Footing d'1H10 sous la canicule. Ce n'est rien comparé aux 50 km de Yoan diniz. J'ai résisté à l'envie de faire des pompes, des dips, et du rowing. Même si j'aime cela, j'en ressens aussi le besoin pour me protéger. Toujours cette fameuse carapace.

Il faut que j'achète une chemise blanche pour un mariage, des chaussures pour courir, une passoire, une lampe, des draps, un oreiller. J'anticipe ces achats. Je m'imagine luttant pour trouver mes mots, et les vendeurs se foutant de moi. C'est une véritable épreuve, confrontation pour moi. Mais si je suis débile, on risque de se foutre de moi, ou me traiter avec une familiarité hautaine, condescendante. Comment résister, et prouver que j'existe? J'étais, plus jeune, tellement inhibé que j'avais du mal à parler, à articuler. Je ne parlais jamais en groupe et je ne pouvais sortir de moi et communiquer ce que j'avais à dire, et donc me faire valoir aux yeux des autres, prendre ma place, et exister. Cela jusqu'à l'armée à peu près. Les autres faisaient comme si je n'existais pas, comme si je n'avais rien à dire, comme si j'étais un débile, une surface sans intériorité, sans idées personnelles. Lorsque, parfois, j'arrivais à m'exprimer, les autres étaient surpris. "Tiens, il n'a pas l'air, mais il dit des chose intéressantes, il sait des choses", "tiens, tu es intéressant quand tu parles normalement". Le pire, c'était pendant les repas, car il y avait toujours beaucoup de bruit, et là j'étais incapable de sortir un son. Je souffrais beaucoup de cette impossibilité à m'exprimer, à exister dans la relation. Et cela me poursuit. Dès que je vois un groupe, ou parfois même un individu, je m'imagine à leurs côtés, vide, creux, incapable de parler, et n'ayant rien à dire, ne comptant pas. Et je m'imagine qu'il faut toujours être fort, toujours pouvoir s'exprimer, qu'à la moindre faiblesse, les autres nous lynchent, nous humilient, nous arnaquent, nous placent dans des instituts ou nous ne comptons plus, ou nous sommes infantilisés, niés, ou notre parole et notre volonté n'ont plus de poids, d'impact. Sans doute est-ce dû pour une part à la réalité(violence des prisons, des hôpitaux psychiatriques, des maisons de retraite, des institutions, des relations humaines etc) et pour une part à mon passé (succession de traumatismes) le tout amplifié par mon hyper sensibilité.

Mais si j'avais pu m'exprimer librement à la maison, s'il n'avait pas toujours fallu tricher, faire comme si, se durcir, masquer ces émotions, taire la vérité, j'aurais pu sortir de ce système, de cette prison, de cette aliénation plus tôt. J'y suis encore d'ailleurs. Je ne me suis pas libéré de mes liens. La malédiction à la Lady Hawk. Peut-être pour cela que je ne pouvais affronter les émotions plus jeune, que j'en avais honte, que je ne pouvais regarder "Rémi sans famille" tellement c'était dur pour moi, ou ado, que le "Cercle des poètes disparus" m'avait tant ému.

Tout ce qui ne ma passionne pas m'ennuie. Je suis incapable d'apprendre, d'assimiler, de retenir quelque chose qui m'indiffère. C'est peut-être une des causes de mes difficultés à me reconvertir. J'ai tenté le droit administratif, mais je ne retenais rien, comme s'il n'y avait pas de place dans mon cerveau pour ça. J'ai tenté les assurances avec l'AFPA. Aucun des jeunes diplômés qui étaient dans la recherche d'emploi ne m'y voyait. Les assureurs que j'interrogeais me disaient que j'allais m'y ennuyer, ce à quoi je répondais" les assurances, c'est intéressant" pour leur montrer ma bonne foi, reprenant sans grande conviction les propos de mon père, "les assurances, c'est intéressant", mon père qui me conseillait d'écrire pour mes lettres de motivation :"Je suis très motivé pour tout type de poste. Je ne sais rien faire". Voilà. S'emmerder toute sa vie dans un poste que l'on n'a pas choisi, parce qu'il faut travailler, et se rabaisser autant que faire se peut. "Je ne sais rien faire" "il ne sait rien faire" " tu ne sais rien faire" m'évoquant les si encourageants "tu es un bon à rien" de mon adolescence.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 22:48

Beaucoup de personnes disent qu'elles se cherchent, qu'elles ne se sont pas trouvées, qu'elles ne savent pas qui elles sont. En réalité, il n'y a rien à trouver, mais il est possible de se retrouver. Est-ce qu'un chien, un chat ou un enfant se cherchent eux-mêmes? En fait, seul l'homme qui s'est éloigné de lui-même du fait de l'environnement, famille, société, s'est perdu et est pressé par le besoin de se chercher! Et ceux qui n'éprouvent pas ce besoin, ce sont ceux qui, soit ne se sont pas éloignés d'eux-mêmes dans leur maturation, soit sont trop atteints pour prendre clairement conscience de leur aliénation.

Jamais on ne devrait dire à un enfant des mots insultants, le diminuant. Lui dire une seule fois qu'il est un incapable, un bon à rien, peut le blesser gravement, et durablement. Alors le dévaloriser systématiquement le brise. Or, comme l'enfant se perçoit comme ses parents le perçoivent, si ce sont ces parents qui le rabaissent, il perdra l'indispensable narcissisme de base, l'estime de soi, la confiance en soi nécessaire pour vivre.

Il faut aussi que l'enfant puisse s'exprimer librement, s'affirmer afin de rester compétitif avec ses camarades, et de prendre sa place, de construire un moi fort. S'il est brimé, il sera victime par la suite d'individus pervers et déséquilibrés. Cela m'est arrivé à de maintes reprises, le manque de construction identitaire me rendant trop dépendant de la personnalité et du jugement d'autrui.

J'ai vu des reportages animaliers à la TV, sur les chimpanzés, les gorilles, les dauphins, les éléphants. Ils ne se font pas de cadeaux entre eux. Les mâles cherchent à dominer pour la nourriture et la possession des femelles et s'intimident entre eux et les femelles se disputent les mâles dominants. Les hommes les plus proches des animaux, les plus primitifs me semblent être les politiciens. Inculture crasse et quête de pouvoir, sans perspective, sans recul critique ni sur eux-mêmes ni sur leur but. Et les homme de parti,, ou les journalistes qui s'agglutinent pour interroger ces êtres sans intérêt, sont également des animaux grégaires.

Le désir intime le plus fort, sexuel, est le désir de l'espèce, impersonnel. Mais que l'individuel et l'espèce se confondent, pourquoi serait-ce un piège de la vie, absurde? Ce peut être perçu comme une convergence positive au contraire.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 22:33

Marre de ces références constantes au Christianisme, au Bouddhisme, à l'Hindouisme, et de toutes ces niaiseries compassionnelles. La méditation "pleine conscience" doit s'affranchir de ces références au Dalaï lama, à Matthieu Ricard, à thich nhat hanh, ou à Jésus. La mode actuelle, c'est l'oecuménisme. Pour résumer, toutes les religions se rejoignent au fond, et prônent l'amour. En réalité, toutes les religions déprécient la valeur de la vie, et empêchent de s'y réaliser. Que la vie soit perçue comme préparation pour le Paradis ou la possible sortie des réincarnations successives, les religions impliquent toujours le sacrifice de ses véritables désirs. La mindfulness a du bon mais toutes sociologie ou philosophie en est bannie. Par exemple, ce besoin n'implique t il pas que l'on est dans une société malade, et qu'il faudrait faire évoluer? De même, la méditation est survalorisée. Ce besoin, cette pratique impliquent que l'on est déjà pas bien avec soi. Il existe quantité de personnes équilibrées, voire sages, qui ne méditent pas, ni n'éprouvent ce besoin. L'homme véritablement apaisé n'a que faire de 10000 heures de méditation!

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 23:24

Ce qui est angoissant dans la rencontre avec d'autres êtres humains, c'est qu'il faut trouver ses mots, toujours, et être performant. Sans les mots, on passe pour un idiot, et on ne peut se défendre. C'est pourquoi la compagnie des animaux est si apaisante.

Ma mère insistait pour que je demande à toucher la AAH, alloc adultes handicapés mentaux. Pour elle, les choses étaient simples "tu peux ou tu ne peux pas travailler, si tu peux, tu travailles, si tu ne peux pas, tu es HS". C'est plus compliqué. Beaucoup de personnes sont au chômage, et on ne les stigmatise pas pour autant. Ainsi, mes parents me perçoivent comme un handicapé mental. Et mon principal problème, c'est d'essayer de prouver que je n'en suis pas un. Mes parents sont paradoxaux car pour eux, c'est un moyen de trouver un travail plus facilement. Ainsi, il faudrait que je me reconnaisse incapable de travailler, pour trouver un travail. Se sont-ils souciés de l'impact psychologique que cela aurait eu sur moi, si je n'avais pas résisté à leur pression? Quelle bonne initiative pour rehausser l'estime de moi, et mon narcissisme défaillant.

Jamais, enfant, adolescent, je n'invitais de camarades d'école, ni n'étais invité par eux. Pas de correspondant étranger, pas de goûter d'anniversaire! Et mes parents ne s'en souciaient pas, ne s'interrogeaient pas.

Une des expressions favorites de mon père: "Qu'est-ce que tu crois!"

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 20:41

Footing d'1h05. J'ai vu des individus assemblés sur les terrasses, et je me suis vu assis parmi eux, ne disant rien, et je les ai imaginés dire:"lui, il ne parle pas", comme si je n'étais pas là, un simple objet, et je répétais en boucle, prostré "je ne suis pas débile, je ne suis pas débile". C'est que j'étais dans l'incapacité de m'affirmer, et même pratiquement de parler, pendant des années. Les autres devaient penser que j'étais un demeuré. Et j'ai toujours peur que ça revienne, et de tomber sur des gens qui me mépriseraient, me considérant et me traitant comme un idiot. L'étais-je réellement? Si je ne l'étais pas, j'ai été traité comme tel en tout cas.

Lorsque j'en parlais à ma mère au téléphone, elle s'emportait: "mais qu'est-ce que tu racontes, tu te fous de la gueule du monde". Voilà pour me rassurer, alors que c'est une obsession pour moi.

J'ai vu mes parents ce week-end à La Rochelle dans leur nouveau logement. J'ai dit à ma mère que je désirais dormir dans une chambre, que je m'y sentirai mieux que dans l'autre. Elle a refusé. Résultat, je n'ai pas dormi de la nuit, ni les nuits suivantes. Je lui en ai fait part, mais elle n'a pas souhaité me faire changer de chambre, la qualité de mon sommeil lui important peu. J'ai dit que je me sentais extrêmement seul sur Poitiers, et que j'étais tellement seul que j'en devenais fou, et que je ne savais pas comment je tenais. Ma mère m'a répondu que ça prouvait à quel point j'étais fort. Apparemment l'idée qu'elle aurait pu me téléphoner ne l'a pas effleurée, ainsi que mon père, ces 2 dernières années. Il faut que ce soit moi qui appelle (sans doute pour mon bien), et que je ne donne que de bonnes nouvelles. Si je ne vais pas bien, si je veux parler de choses profondes, je n'ai pas le droit, il y a des psys pour ça.

Alors que je parlais de complexes physiques, mon père n'a cessé de me répéter: "Sois de bonne foi, sois sincère," comme si je ne l'étais pas. C'était comme ça toute mon enfance, mon adolescence et ma jeunesse, une suspicion et un jugement permanent. Il me reproche mon élitisme mais une de ses expressions favorites, c'est :"ce n'était pas le même milieu". Il me reproche ma misanthropie alors qu'il ne cessait de stigmatiser les "bas instincts du peuple", qu'il m'a élevé dans la quête de distinction, qu'il a refréné toute spontanéité, toute extériorisation en moi, m'empêchant de me joindre aux autres quand j'étais enfant, mais me forçant à un contrôle permanent.

La structure névrotique, voir psychotique de la famille n'a pas changé. L'expression favorite de mon père, c'est d'ailleurs "c'est de la folie", ce qui n'est pas anodin.

Enfant, je n'étais pas intégré à l'école, j'étais rejeté, et je n'en parlais pas. Un de mes copains, C S, a été harcelé au Collège par un élève. Il s'en est plaint à son père, et le problème a été réglé. Mes parents réécrivent l'histoire en prétendant, soit que j'en rajoute, que j'ai tout inventé, soit que j'aurais du en parler. Mais en parler était impossible, car mon père m'aurait jugé, et dévalorisé, genre ;"qu'est-ce que j'ai fait pour avoir un fils comme ça? etc" Des années plus tard, il me reprochait de parler aux psys, et de leur dire la vérité: "Tu vas baver me disait-il, méprisant et plein de haine, comme si on était une famille mafieuse, et qu'on ne pouvait s'exprimer".

Chacun de mes problèmes, phobies et autres, étaient selon lui, exclusivement du à un manque de volonté, et si je n'étais pas d'accord, j'étais de mauvaise foi, et je rationalisais ma lâcheté, ma paresse, ma mauvaise volonté. La vérité, c'est que toute notre putain de famille est folle, et je suis celui par qui le scandale arrive, celui qui n'en pouvait plus de tricher, de faire semblant, comme si.

Si, après avoir été prof de philo, je lutte sans cesse pour affirmer que je ne suis pas un imbécile, c'est peut-être que j'ai été lynché pendant des années par mes propres parents avant tout, accablé d'insultes, mais ils nient tout cela, disent que j'exagère. Enfin, quand j'étais très déprime, en échec scolaire, souffrant de phobie scolaire, et que j'étais complètement prostré, venir dans ma chambre le matin en virant mes draps et en me bousculant, et s'acharner sur moi en me maudissant et me dépréciant alors que j'étais encore au lit, et m'accabler pendant des voyages entiers en voiture, ou j'étais littéralement lynché, a sans doute contribué à mon état de déréliction mental. Je me sentais si seul. Pas étonnant qu'après je sois de plus en plus violent avec mes camarades.

Ma mère m'a déjà dit que je pouvais être odieux comme adorable. Odieux? Quand je dis la vérité, que personne ne veut entendre? Pour mon père, sa mère et ma mère sont des saintes. Quel délire! C'est une famille ou les aînés ont toujours raison, ou il faut obéir en tout, ou on n'est aimé qu'à cette condition. Comme me l'a dit ma mère:"tu n'as peut-être pas été assez dressé", ou mon père, avec un rictus méprisant:"pour être aimé, il faut être aimable" sous entendu qu'évidemment, je ne l'étais pas...

Et toute cette violence n'a pas de fin. Mon père a le chic pour la faire advenir. Quelques paroles blessantes, qui suscitent ma colère, puis il refuse de parler avec quelqu'un de violent, d'irrationnel, ce qui fait monter encore plus de colère".

Il y a quelques années, après soi disant beaucoup d'évolution, c'était épouvantable. Mais, comme l'a dit ma mère, "aucune excuse de sa part", car personne n'est parfait. En fait, dès que je parlais, et à la moindre de mes paroles, je subissais un acharnement atroce. C'était tellement dur que j'avais trouvé que la seule issue pour ne pas donner prise, c'était de ne plus parler du tout. Et ils me l'ont reproché, plutôt que se remettre en cause, en m'infantilisant. Ils n'ont jamais respecté mon intimité, la distance nécessaire, mon espace intérieur, ni n'avaient la moindre pudeur. Ma mère se foutait de moi avec sa soeur au téléphone, et cela alors que j'étais très mal. Combien de fois l'ai-je entendu chantonner, insouciante femme enfant, complètement indifférente aux tourments que j'éprouvais, à ma vie intérieure. Et quand j'essayais de parler, elle généralisait, répondait à côté, avec des arguments préétablis, et c'est comme si je parlais à un mur, à une machine automatique. Et ils en ont consulté, des spécialistes, dans l'espoir que l'un d'entre eux diagnostiquerait enfin mon problème, "il est schizophrène, il est autiste", au lieu de régler leurs propres problèmes. Ma mère, c'est l'enfant sage de Winnicott, dont les parents échappent à toute critique, car, "comme tous les parents, ils ne sont pas parfaits", ce qui empêche toute recherche émancipatrice.

Ma mère, avant cet article critique, ne s'est jamais intéressée à ce que je fais. Elle ne s'intéresse pas à ce que je fais. Comme Henry Miller qui jusqu'au dernier moment espérait que sa mère lui dise qu'elle avait lu ses livres, et qui ne l'a pas fait, jamais ma mère ne s'intéressera à ce que je fais je crois. Pour elle, je resterais un enfant qui doit obéir.

Mon père me disait que si je ne pouvais aller vers les femmes, ou les laisser s'approcher quand elles venaient, c'est que je n'étais pas courageux. Or, j'avais sauté en parachute à l'armée, combattu dans des tournois d'arts martiaux entre autres. Pourquoi les femmes me posaient tant de problèmes? Pourquoi avais-je tant peur d'être rejeté, si je ne m'estimais pas indigne d'être aimé? En fait, je me croyais incapable d'être aimé, et dans ma mythologie, il fallait que j'accomplisse des exploits pour être aimé, par et pour ces exploits. Je suis toujours dans cette mythologie d'ailleurs.

J'ai dit à mon père, il y a quelques années, que j'avais publié un livre. Je n'ai pas dit quel était le titre car cela aurait donné prise à de la violence. Il aurait pu me faire encore du mal en rabaissant haineusement ma production. Du mal, il m'en a fait d'ailleurs. Dans un premier temps, il m'a dit que c'était bien car ça prouvait qu'il n'avait pas tout raté dans mon éducation. Pas une pensée pour moi là-dedans. Ensuite, comme je lui disais qu'il y avait des passages sur la famille, et que j'avais eu besoin de les écrire, il m'a culpabilisé. Il m'a dit qu'il n'allait pas en parler à ma mère, car ça allait la tuer. Le fait que c'était une nécessité vitale pour moi, de m'exprimer pour donner du sens, et ne pas me tuer, il s'en foutait. Finalement, il en a parlé à ma mère, et elle me l'a reproché. Mes parents m'ont reproché l'écriture d'un livre qui m'a aidé à survivre, à ne pas mourir, et ni l'un, ni l'autre ne m'ont dit que c'était bien de l'avoir fait, puisque ça comptait tellement pour moi. Je n'y raconte que la vérité après tout. Par exemple, après avoir déserté des parachutistes, et avoir été muté, quand j'avais 18 ans, j'ai téléphoné d'une cabine à mon père. Je n'avais ni diplôme, ni amis, ni petite amie, personne à qui m'adresser. J'avais dormi dans la rue en janvier, été menacé, fait un coma éthylique, puis écopé d'une semaine de trou. J'avais failli y rester, en fait, sauvé par un passant qui avait appelé le samu. Or, mon père, auquel je téléphonai d'une cabine, dans une ville inconnue, seul, me dit que j'avais déshonoré la famille, et qu'il allait devoir s'engager à ma place. Quelle immaturité et quel manque d'empathie! Et moi, je me retrouvais, seul, avec cette réaction délirante et inutile de mon père, blessante même. Je raconte cela. C'est la vérité, et je la dis. Sans doute pour mon père, cette façon d'agir, c'était pour mon bien, comme les insultes et le rabaissement continuel, c'était pour me faire réagir, donc pour mon bien.. Pour moi, ça n'excuse rien.

Si, au moins, ils reconnaissaient le fonctionnement pathologique de notre famille, leurs erreurs, mais ils nient les choses, les faits, ou les reconnaissent partiellement, puis reviennent sur leurs aveux.

Si j'avais pu m'exprimer librement, je pense que j'aurais pu m'affirmer et m'intégrer à l'école également. Et je n'aurais pas été progressivement dépersonnalisé par les autres, annihilé, comme dans le film "Despues de Lucia", ou une jeune fille, pour d'autres motifs, perd toute capacité de réaction, et devient, prostrée, inexistante aux yeux des autres, là sans être là, ayant perdue provisoirement la capacité de réagir aux sollicitations extérieures, et de s'exprimer, d'être reconnue et respectée comme personne. Devenue la bouc émissaire du groupe, le groupe va jusqu'à lui nier son intériorité, la réduit en esclavage. Et c'est ce que j'ai vécu. Et que je crains de revivre.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 02:30

Petite sortie de 55 minutes, avec exo de streetworkout, plus curl pour biceps. En ce moment, je m'entraîne beaucoup. Aïki mardi, footing plus exo de muscu en pdc (poids de corps) mercredi, aïki jeudi, muscu avec haltères vendredi, et donc training today. Je sors en gonflant les pectoraux, pour pas qu'on m'emmerde, pour montrer que j'existe, pour m'affirmer et prendre ma place, mais je suis sous tension, et je génère de la tension.

Suis incapable, en ce moment, de faire du yoga, de lâcher prise, car j'ai l'impression, sans doute factice, que je perdrais mes défenses, ma capacité à me défendre, et que je me retrouverais alors incapable de faire face aux agressions, et de m'affirmer.

J'ai déjà parlé du livre de Christophe André sur les phobies, mais je pense qu'il mésestime la psychanalyse. Il considère qu'il n'y a pas de "bénéfice secondaire de la maladie", que les phobiques ne sont pas névrosés etc... Je suis simplement d'accord sur le côté sectaire de la psychanalyse, les Lacaniens surtout, et sur le fait que la psychanalyse est une thérapeutique trop longue pour une si courte vie. Mais même pour l'autisme, dont on dit maintenant qu'il est une pathologie purement organique, neurologique, la psychanalyse peut être dans le vrai, car l'attitude de la mère a pu profondément influencer la structure cérébrale de l'enfant, et la modifier. Par conséquent, il est facile de critiquer la psychanalyse par l'argument que le cerveau est affecté et que donc l'environnement n'y est pour rien. En réalité, toute pathologie mentale a des résonances sur le cerveau, ce qui ne signifie pas un dysfonctionnement originel, inné, comme cause de la pathologie, mais des interactions complexes.

Je regarde trop la TV. Il y a toujours quelque chose d'intéressant. J'ai ainsi pu récemment voir des films qui m'ont ému, des docs sur la 2ème guerre mondiale, sur les animaux, les plantes, les voyages, le tango à Buenos Aires etc. Le problème, c'est que je perds le contrôle. Je suis incapable de l'arrêter une fois mise, car, éteinte, je me retrouve seul. Je zappe donc jusqu'au bout de la nuit, puis je m'écroule.

Un point que n'ont pas compris les partisans des TCC., à propos des rituels de l'obsessionnel (j'ai déjà beaucoup écrit là-dessus), c'est qu'il ne s'agit pas de rectifier des schémas de pensée absurde (l'obsessionnel sait bien qu'il n'y a pas de rapport causal entre ses manies et les effets escomptés) mais de triompher d'une angoisse originelle, racine du mal, qu'il faut assimiler et intégrer (couper le mal à la racine). En effet, on insiste toujours sur le côté négatif du processus (si l'obsessionnel ne fait pas ses rituels, il va arriver quelque chose de fâcheux ou de dramatique). Or, il y a un autre aspect qui complexifie le problème, et attache le névrosé à ses rituels, c'est le versant positif (si les rituels sont effectués, il n'y aura pas de problèmes). C'est donc là que ça se complique , car il faut que l'individu maniaque accepte le fait que quelque chose de grave puisse survenir, et que ses rituels n'y changeront rien. Or, même s'il le sait intellectuellement, il ne peut s'en passer car il obéit à un besoin pathologique de protection, ce qui l'empêche également de mûrir et d'évoluer. Plus donc que des schémas de pensée à modifier, (le névrosé sait que ses rituels n'auront pas d'impact, mais il ressent tout de même le besoin de s'y livrer), c'est la maturation vers l'autonomie psychique qui permettra l'effacement des symptômes. En attendant cette libération, lutter contre les rituels est contre productif et engendre de la souffrance pour le patient. S'y livrer quand il en ressent le besoin, sans culpabilité et pleinement, les fait passer beaucoup plus vite.

Je ne suis pas un génie. Je suis un obsessionnel. Quand un thème m'intéresse, me passionne, m'obsède, je n'arrête pas, je poursuis la tâche, obsessionnellement, jusqu'au bout. Et le reste passe au second plan. Ou, génie, je le suis au sens Sartrien, avec sa si belle formulation: "Le génie n'est pas un don, mais l'issue qu'on s'invente dans les cas désespérés, ou le désespoir surmonté à force de rigueur". Là, je m'y reconnais.

Hypocrisie humaine! Si l'on coupe 1 patte à un chien ou 1 chat, c'est un acte de torture, mais il est admis de les castrer, ce qui est bien pire! Les mêmes qui s'offusquent de la corrida (quelques taureaux bien nourris, avec une vie en plein air, qui terminent violemment il est vrai) ne vont pas hésiter à castrer et donc mutiler gravement leurs animaux de compagnie, et avec bonne conscience et pour leur petit confort, ce qui est abominable.

Enchanté par un reportage animalier, dans lequel on voyait un jeune hippopotame dans un zoo, qui ne parvenait pas à sortir de son abri, tant il paraissait effrayé par le monde extérieur. Même quand sa mère sortait, il ne la suivait pas. Il marchait un peu puis revenait sur ses pas, ne quittant pas un lieu fermé et sombre, sans ouverture sur le monde, et il se recroquevillait sur lui-même. Puis, un jour, il eut le courage de suivre sa mère à l'extérieur, et il était tout content. Il exultait. Il semblait découvrir la vie, le monde. Le ciel, l'herbe, l'horizon, les bruits, les odeurs, le vent..; Tout cela est vivifiant, et le jeune hippopotame, ayant bravé sa peur, était manifestement enchanté. J'étais content pour lui. Et même si je n'aime pas l'expression, car elle est employée à tort et à travers, c'était une "belle leçon de vie".

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 01:39

Sortie d'1H42. C'est triste mais rien d'autre à faire dehors que courir et m'entraîner. Je ne peux que me préparer à me défendre, pas me relâcher, lâcher prise, et être sans défense. Je suis tellement mal dans ma peau que le moindre achat, la moindre confrontation avec des gens me fait peur; Je crains la familiarité, le mépris, d'être nié. Je cherche la reconnaissance. Je suis incapable d'aller vers les autres, comme des voisins, s'ils ne viennent vers moi. Peur d'être dominé, humilié, sous emprise, incapable de m'affirmer.

Je me suis levé à 18h30. J'ai regardé la TV toute la nuit. Que faire d'autre dans cet enfer? Si je me lève à 14h, que faire jusqu'au soir, à part rester seul, bloqué dans cet appart, et m'ennuyer? Passer l'été à Poitiers, seul et sans travailler, est une expérience horrible. Je ne peux sortir et m'asseoir sur un banc par exemple, Ce qui paraîtrait normal face à la mer paraîtrait une incongruité ici.

En zappant de documentaires intéressants en émissions débiles, j'ai pris conscience qu'une majorité de gens ne lisaient jamais, et encore moins de classiques, et qu'il y a un abîme entre nous. Mais même si les codes, les rites diffèrent radicalement, il doit y avoir moyen de communiquer. Mais il y a quand même des choses que je ne peux comprendre. Si les individus présents dans les émissions comme "Tellement vrai" sont pathétiques mais parfois attachants, une émission comme celle d'Arthur est d'une telle bêtise infantilisante que même en tentant de comprendre et de ne pas juger, je n'y parviens pas, comme pour Hanouna du reste.

Je suis surpris de voir des types quelconques, assez laids, ni cultivés, ni sportifs, dont le parcours est ordinaire, entourés de jolies filles, alors que je suis seul. Ce qui me manque le plus, c'est la présence féminine.

Et ma vie toute entière est de toute façon un cauchemar dont je ne parviens à sortir. Je déteste la vie que j'ai, l'endroit où j'habite, l'inactivité, l'absence de perspectives, de compagnie, mon rythme, mais je suis coincé, piégé, ne serait-ce que professionnellement. J'envie ceux qui aiment leur travail, qui s'y retrouvent, qui s'y épanouissent.

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